Carlos Castaneda, Notes et liens
(1) Interview Castaneda 1997
http://letarot.com/pages/pages/Carlos-Castaneda.html
C'est l'intention qui décide de la production d'un chaman, qu'elle soit littéraire ou de n'importe quelle autre sorte. Le travail des chamans est de s'informer eux-mêmes de façon consciencieuse à propos de tout ce qui peut se rapporter à leur centre d'intérêt.
Don Juan avait l'habitude de dire, "Celui qui arrange les idées qui surgissent d'un tel puits d'informations n'est pas le chaman, c'est l'intention. Le chaman est simplement un conduit impeccable". Pour don Juan écrire était un défi chamanistique, et pas une tâche littéraire.
le but du chamanisme de don Juan est de briser les paramètres de la perception historique et quotidienne et de percevoir l'inconnu. Il nous força à transcender l'intellect et à incorporer la notion de briser les frontières de la perception historique. Les chamans comme don Juan affirment que tous les êtres humains ont la capacité de voir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers.
Le point d'assemblage: la perception s'assemble à ce point; que l'énergie qui circule dans l'univers se transforme là en informations sensorielles, et que ces informations sensorielles sont ensuite interprétées, donnant comme résultat le monde de la vie de tous les jours. Les chamans affirment que l'on nous apprend à interpréter, et par conséquent on nous apprend à percevoir. La valeur pragmatique du fait de percevoir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers pour un homme du XXIe siècle ou du Ier siècle est la même. Cela lui permet d'élargir les limites de sa perception et d'utiliser cet accroissement dans son propre domaine. Don Juan disait que voir directement la merveille de l'ordre et du chaos de l'univers devait être extraordinaire.
La condition humaine est d'une manière générale dans un état de chaos horrifiant; personne ne s'en sort mieux qu'un autre. Il s'agit d'un autre aspect du pragmatisme chamanistique: prendre conscience que nous sommes des êtres humains qui vont mourir. lorsque nous faisons cela toute chose acquiert un ordre et une mesure transcendantaux.
Le critique de Castaneda,
(2) http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-castaneda-mythes-ou-realites-115667667.html
Sans verser dans l’ésotérisme, Christophe Bourseiller n’en admire pas moins la force de l’œuvre de Castaneda, « à la confluence d’une certaine mystique, d’un regard philosophique et d’une fulgurance poétique », ainsi que sa capacité à bousculer. « A la manière d’un René Char ou d’un Edmond Jabès, il n’est pas juste un grand écrivain, mais un grand penseur. La poésie ne ment pas. Les mondes symboliques aussi, sont opérants pour éclairer nos vies. »
Lâcher l’ego
« Aussi longtemps que tu te croiras important, tu ne pourras pas apprécier le monde qui t’entoure, révèle Don Juan à Carlos. Tu seras comme un cheval avec des œillères, tu ne verras que toi séparé du reste », et non la complicité malicieuse qui nous unit à l’univers, et ne peut que nous inciter à ne pas nous prendre trop au sérieux.
« L’humour est une clé importante pour comprendre Castaneda », confirme Jeremy Narby.
Carlos Castaneda : La vérité du mensonge, Christophe Bourseiller
(3) http://activerecapitulation.uniterre.com/Journal%2Bla%2Bvoie%2Bdu%2Bguerrier/
l'intentionnalité : "l'acte tacite de remplir les espaces vides laissés par la perception sensorielle directe, ou l'acte d'enrichir les phénomènes observables au moyen de l'intention."
L'intention, pour les sorciers, transcende le monde que nous connaissons. C'est quelque chose comme une vague énergétique, un faisceau d'énergie qui s'attache à nous de lui-même.
Voir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers a été le but premier des sorciers depuis le début de leur quête, les guerriers se sont efforcés de rompre les effets de notre système d'interprétation et d'être capables de percevoir l'énergie directement.
les efforts des sorciers ont été dirigés vers la suppression de la prédominance de la propre-importance, comme étant la seule condition pour suspendre les effets de notre système d'interprétation. Les sorciers ont une façon de décrire la suspension de ces effets ; ils l'appellent stopper le monde. Quand ils atteignent cet état, ils voient l'énergie directement.
la première prémisse de la voie du guerrier a été énoncée comme ceci : Nous Sommes des Perceveurs. Perceveurs a été utilisé à la place de percepteurs.
La seconde prémisse de la voie du guerrier s'énonce ainsi : NOUS SOMMES TELS QUE NOUS AVONS ETE CONÇUS. C'est une des prémisses les plus difficiles de la voie du guerrier ;
"Dans la voie du guerrier," dit-il, "rien n'est définitif. Rien n'est fixé pour toujours. Si tes parents ne t'ont pas fait comme ils auraient dû, refais-toi toi-même." Il expliqua que la première manœuvre dans l'arsenal des guerriers consiste à devenir avare d'énergie.
Don Juan me recommanda de m'abstenir de m'engager dans des modèles de comportement qui demandaient une énergie que je n'avais pas. L'abstinence était la solution, non pas parce que c'était moralement correct ou désirable, mais parce qu'énergétiquement c'était la seule manière pour moi de stocker assez d'énergie pour être au même niveau que ceux qui ont été conçus dans des conditions de très haute excitation. Le modèle de comportement dont il parlait devait inclure chaque chose que je faisais
"Tout c'est tout. Une sensation, un souvenir, un souhait, une impulsion ; peut-être la peur, le désespoir, l'espoir ; peut-être la curiosité."
Les sorciers soutiennent que de l'énergie libre est transformée en données sensorielles et que ces données sensorielles sont interprétées comme le monde de la vie quotidienne.
Pour don Juan Matus, les praticiens de la sorcellerie étaient des guerriers qui luttaient pour ramener leurs qualités de perception vers une origine qui était plus englobante que la perception accomplie dans la vie quotidienne. Guerrier gardien était pour lui synonyme de sorcier.
Ce n'est pas un effet visuel, encore que chaque sorcier que je connaisse parle de cela comme de voir l'énergie. Mais je vais te confier un secret. Je n'ai jamais vu l'énergie. Je ne fais que la sentir. Mon avantage est que je n'ai jamais essayé d'expliquer ce que je ressens. Je ressens ce que je ressens, un point c'est tout."
La troisième prémisse de la voie du guerrier est : LA PERCEPTION DOIT ETRE INTENTIONNELLE DANS SA TOTALITE. Don Juan disait que la perception était la perception, et qu'elle était dénuée de bien ou de mal. Il présentait cette prémisse comme l'une des plus importantes composantes de la voie du guerrier,
tout ce que nous percevons doit être catalogué comme perception en soi-même, sans y imposer aucune valeur, ni positive ni négative.
carnet de navigation
"C'est un carnet de bord. C'est un enregistrement de toutes les choses que les sorciers perçoivent pendant leurs voyages dans l'infinité."
c'est l'accumulation de la connaissance de toute ma lignée, mais il est court: "Dans l'infini, les sorciers ont trouvé peu de points essentiels. Les variantes sont infinies, mais pas importantes. L'énergie est extrêmement précise."
"Les sorciers sont aussi prêts à percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et ils sont capables de réinterpréter le flux d'énergie sans l'intervention de la pensée."
Le carnet de navigation est composé de ce que les sorciers perçoivent quand ils sont en état de silence intérieur total." "Voir, c'est percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et c'est certainement le début de la sorcellerie, mais ce à quoi les sorciers s'intéressent jusqu'à épuisement, c'est percevoir.
percevoir c'est interpréter le flux direct de l'énergie sans l'influence de la pensée. C'est pourquoi le livre de navigation est aussi réduit."
quand les deux cotés de l'homme, son corps et son corps d'énergie, sont reliés ensemble, le miracle de la liberté se produit. notre voyage de conscience interrompu recommence au moment de cette réunion." "Une prémisse essentielle de la voie du guerrier est donc que la perception doit être intentionnelle dans sa totalité ; c'est-à-dire que la réinterprétation de l'énergie directe telle qu'elle s'écoule dans l'univers doit être faite par un homme en possession de ces deux parties essentielles : le corps et le corps d'énergie. Cette réinterprétation, pour les sorciers, est une totalité, et comme tu le comprendras un jour, on doit en avoir l'intention.
la première chose que l'on doit faire est de devenir conscient du souci obsessionnel de soi-même.
"Ne penser qu'à soi-même produit une étrange fatigue ; une fatigue épuisante et étouffante au maximum."
le seul moyen d'avoir assez d'énergie pour se détourner de ce souci - quelque chose qui ne peut pas être obtenu intellectuellement - est de pratiquer les passes magiques. Une telle pratique génère de l'énergie, et l'énergie accomplit des merveilles. Si la réalisation des passes magiques est couplée avec ce que les sorciers appellent la récapitulation, qui est le passage en revue systématique et l'examen des expériences de notre vie, nos chances de sortir du cercle vicieux de notre auto-contemplation sont multipliées dans une proportion considérable.
la réalisation des passes magiques était, au mieux de sa connaissance, le seul moyen d'établir une fondation pour devenir pleinement conscient de cette force vibratoire et agglutinante ; quelque chose qui se passe quand toutes les prémisses de la voie du guerrier sont intériorisées et mises en pratique.
il maniait les prémisses de la voie du guerrier de telle manière qu'il nous devenait possible, à moi et à ses autres disciples, de les transformer en des éléments de notre vie quotidienne.
les êtres humains, pris comme conglomérats de champs d'énergie, sont tenus assemblé non pas par des enveloppes énergétiques ou des ligaments énergétiques, mais par une sorte de vibration qui en même temps rend tout vivant et met tout en place ; une certaine énergie, une certaine force vibratoire, un certain pouvoir qui agglutine ces champs d'énergie en une seule unité énergétique.
Les praticiens modernes, héritiers culturels de ces sorciers de l'antiquité, ayant découvert qu'il était impossible d'être concret et utilitariste envers cette force vibratoire, ont opté pour la seule alternative raisonnable : devenir conscient de cette force sans autre but en tête que l'élégance et le bien-être qu'apporte la connaissance.
Le premier de ces concepts, qui est la pierre angulaire des activités et croyances des sorciers, est appelé voir. Par voir, les sorciers entendent, dans leur croyance, la capacité que les êtres humains ont de percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers. Ce que prétendent les sorciers, et qui est démontré par leurs pratiques, est que l'énergie peut être perçue directement telle qu'elle s'écoule dans l'univers, en utilisant notre organisme tout entier comme véhicule pour la perception. Les sorciers font une distinction entre le corps qui est du domaine de la connaissance de notre vie quotidienne, et l'organisme entier en tant qu'unité énergétique qui ne fait pas partie de notre système cognitif. Cette unité énergétique inclut les parties invisibles du corps, telles que les organes internes et l'énergie qui s'écoule au travers d'eux. Ils affirment que c'est avec ces parties que l'énergie peut être perçue directement.
A cause de la prédominance de la vue dans notre manière habituelle de percevoir le monde, les sorciers décrivent l'acte d'appréhender directement l'énergie comme voir. Pour les sorciers, percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers signifie que l'énergie adopte des configurations spécifiques, qui se répètent elles-mêmes régulièrement, et que cela peut être appréhendé dans les mêmes termes par n'importe qui qui voit.
l'intention: Ils la décrivent comme une force perpétuelle qui imprègne l'univers tout entier ; une force qui est consciente d'elle-même, et tellement consciente qu'elle en arrive à répondre aux suggestions ou à l'ordre des sorciers. C'est cet acte d'utiliser l'intention qu'ils appellent "avoir l'intention". Grâce à l'intention ils disent qu'ils sont capables de libérer non seulement toutes les possibilités humaines de perception, mais aussi toutes les possibilités humaines d'action. Ils soutiennent qu'au travers de l'intention, les plus fascinantes formulations [créations] peuvent être réalisées.
Les sorciers déclarent que la perception de telles formulations est, en elle-même et par elle-même, la clef de la libération du potentiel humain qui est retenu bloqué et ne peut jamais se manifester. De telles formulations de l'énergie, puisqu'elles se produisent, par définition, indépendamment de la volonté et de l'intervention des hommes, sont capables de donner naissance à une nouvelle subjectivité. Comme elles sont cohérentes et homogènes pour tous les êtres humains qui voient, ces formulations de l'énergie sont pour les sorciers la source d'une nouvelle intersubjectivité.
D'après les sorciers, la subjectivité de la vie quotidienne est dictée par la syntaxe de notre langage. Cela nécessite des modes d'emploi et des professeurs qui, sous prétexte de l’ apprentissage traditionnel bien admis qui semble être historiquement le produit de notre évolution, commencent à nous conduire vers la perception du monde, depuis l'instant de notre naissance.
les sorciers sont convaincus que la subjectivité résultant de la perception directe de l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers n'est pas guidée par la syntaxe. Il n'est pas nécessaire d'avoir des directives et des moniteurs pour faire ressortir ceci ou cela avec des commentaires ou des injonctions. L'intersubjectivité parmi les sorciers existe grâce à quelque chose qu'ils appellent le pouvoir, qui est la quantité totale de toute l'intention accumulée par un individu.
En somme, l'intentionnalité ou avoir l'intention, pour les sorciers, est l'utilisation pratique de l'intention, la force qui active tout. Pour eux, l'intention est une voie pragmatique de réalisation, et l'intentionnalité est l'explication de son utilisation.
se réalise que lorsque l'organisme humain total, avec tout son potentiel, est engagé dans un seul but global : avoir l'intention.
Don Juan disait que le point d'assemblage, à part faire tout cela, avait aussi une fonction secondaire très importante : c'était le lien étroit entre le corps physique et le point d'assemblage du corps d'énergie. Il décrivait cette liaison comme étant analogue à deux cercles magnétiques, chacun de la taille d'une balle de tennis, s'attirant l'un l'autre grâce à la force de l'intention. Il disait aussi que tant que le corps physique et le corps d'énergie ne se sont pas rejoints, la connexion entre eux n'est qu'une ligne éthérique, qui est si ténue parfois qu'elle semble ne pas exister.
Les sorciers disent que le seul maître que l'on puisse éventuellement avoir est l'esprit, c'est-à-dire une force abstraite et impersonnelle qui existe dans l'univers et qui est consciente d'elle-même. Peut-être qu'on peut l'appeler par un autre nom, comme conscience, connaissance, ou force de vie. Les sorciers croient qu'elle infiltre l'univers tout entier et qu'elle peut les guider, et que tout ce dont ils ont besoin pour l'atteindre c'est le silence intérieur ; de là vient leur affirmation que le seul lien valable que nous puissions avoir, c'est celui avec cette force, et non pas avec une personne.
La Tenségrité est basée sur ces passes magiques, Il décrivait l'aspect "magique" des mouvements comme un changement subtil que les praticiens expérimentaient en les exécutant ; Il parlait de ce changement subtil comme de la marque d'un "contact avec l'esprit" ; comme si les praticiens, à travers les mouvements, rétablissaient un lien inutilisé avec la force de vie qui les soutenait. Il ajouta que les mouvements étaient appelés passes magiques parce qu'en les pratiquant, les sorciers étaient transportés, en terme de perception, dans d'autres états, à partir desquels ils pouvaient sentir le monde d'une manière indescriptible.
Les passes magiques accroissent la conscience, sans qu'on se soucie de la manière dont on les prend. La chose intelligente serait de les prendre pour ce qu'elles sont : des passes magiques, qui, en étant pratiquées, conduisent les praticiens à faire tomber le masque de la socialisation." répondit don Juan. "Qu'est-ce que le masque de la socialisation ?" demandais-je. "La façade extérieure que nous défendons tous et pour laquelle nous mourons," dit-il. "Le masque que nous acquérons dans le monde ; celui qui nous empêche d'atteindre tout notre potentiel ; celui qui nous fait croire que nous sommes immortels."
Le point de vue qui a été adopté dans ce cas est que l'effet physique des passes magiques est le résultat le plus important quand on veut établir une solide base d'énergie chez les praticiens.
L'exécution des passes magiques, comme on le montre dans la Tenségrité, requiert bien qu'on y consacre un espace ou un moment particulier, mais idéalement, les mouvements devraient être faits en solitaire, suivant l'inspiration du moment, ou lorsque la nécessité se fait sentir. Cependant, les conditions de la vie urbaine facilitent la formation de groupes, et dans ces circonstances, la seule manière dont la Tenségrité peut être enseignée est à des groupes de praticiens.
A mesure que nous gagnons en discipline et que notre intention s'éclaircit, les effets des passes magiques peuvent être sélectionnés par chacun de nous personnellement et individuellement, dans des buts qui nous demeurent spécifiques.
La saturation qui aura été entretenue et accumulée donnera à la fin les résultats que les shamans de l’ancien Mexique recherchaient tant : entrer dans un état de silence intérieur, et décider, à partir du silence intérieur, quelle sera la prochaine étape.
l'état idéal de n'importe quel praticien de la Tenségrité par rapport à ses mouvements, est le même que l'état idéal d'un praticien de sorcellerie par rapport à l'exécution des passes magiques. Les deux sont guidés par les mouvements eux-mêmes vers un point culminant et sans précédent : le silence intérieur.
Depuis le silence intérieur, les praticiens de la Tenségrité seront capables d'exécuter, par eux-mêmes et pour tout effet qu'ils jugeraient valable, et sans aucune ressource externe, n'importe quel mouvement parmi la masse de ceux avec lesquels ils ont été saturés ; ils seront capables de les exécuter avec précision et rapidité, pendant qu'ils marchent, mangent, se reposent ou font quelque chose.
(4)http://ambre.bleu.free.fr/lectures/nagual.htm
Commençant par les enseignements de Don Juan, il définit les prémisses du chemin du " guerrier ", c’est à dire de celui qui possède un comportement impeccable, du contrôle, de la discipline et de l’endurance.
.......... Une fois incorporés, ces principes emmènent les praticiens vers d’autres techniques plus complexes dont l’objectif est de percevoir le monde d’une autre façon.
.......... Une fois ce voyage accompli, l’étudiant est en passe de se mouvoir dans l’environnement de ses rêves selon sa conscience et sa volonté, tout comme il le fait dans sa vie journalière.
.......... A cette technique sont ajoutés ce que Don Juan dénomma comme " l’art de la traque " ou l’art de jouer avec ses comportements, et l’exercice quotidien de la " récapitulation ", qui consiste à examiner les événements de notre histoire personnelle pour en trouver son intrigue cachée.
(5) Carlos Castaneda Le feu du dedans Gallimard 1985
La suffisance est notre plus grand ennemi.
Notre suffisance nous contraint à passer la plus grande partie de notre vie à être offensé par nos semblables (actes, paroles, méfaits...) C'est ce qui nous affaiblit le plus.
Freiner la suffisance c'est comprendre que la réalité est une interprétation que nous élaborons nous-mêmes/ Donc NE PAS SE PRENDRE AU SÉRIEUX!
Les petits tyrans ont le pouvoir de persécuter, faire souffrir. Grâce à tout cela tu apprends le détachement, cela t'aide à te débarrasser de l'orgueil et à prendre conscience du fait que l'impeccabilité est la seule chose qui compte sur le chemin de la connaissance. L'Impeccabilité n'est rien d'autre que le bon usage de l'énergie.
Face aux petits tyrans, les guerriers sont débarrassés de la suffisance et ont une stratégie bien conçue (ils observent le comportement du tyran au lieu de seulement le subir, ils comprennent son fonctionnement). Garder le moral quand vous êtes bafoués, c'est garder le contrôle.
C'estle dialogue intérieur qui maintient le point d'assemblage fixé à sa position d'origine (qui correspond à la vision ordinaire du monde). Lorsque le point d'assemblage se déplace, l'humain voit autre chose. (comme voyant). Si le déplacement est minime, il s'agit de fantaisies de l'esprit. S'il est important, il s'agit d'hallucinations.
la force intérieure signifie un sens de l'équanimité, presque d'indifférence, un sentiment de bien-être, mais surtout un penchant pour l'étude, pour la compréhension. C'est la Modération.
Pour les nouveaux voyants, une vie impeccable mène à la modération qui à son tour amène le déplacement du point d'assemblage.
La position de notre point d'assemblage dicte notre manière de nous comporter et la nature de nos sentiments. Pour le déplacer il faut instaurer de nouvelles habitudes, vouloir qu'il se déplace. Ce qui le déplace c'est l'intention. C'est la maîtrise de la conscience qui donne au point d'assemblage l'impulsion nécessaire.
« Voir » désigne le déplacement du point d'assemblage.
L'alignement est la force liée à tout ce qui existe.
Notre ennemi tout comme notre ami est notre dialogue intérieur, notre inventaire.
Fais taire ton dialogue intérieur, fais un voyage de reconquête, dresse ton inventaire et jette-le.
Les nouveaux voyants dressent des inventaires précis puis s'en gaussent. Débarrassé de l'inventaire, le point d'assemblage se libère.
Notre idée de Dieu est ce qui le fixe le plus dans sa position d'origine. Pour s'en libérer il faut voir seul le moule de l'homme.
Les nouveaux voyants menacés par l'impatience, le désespoir, la colère ou la tristesse recommandent de rouler des yeux. Le mouvement des yeux déplace le point d'assemblage, cela soulage. Cela se fait à la place de la vraie maîtrise de l'intention.
Expérience mystique = acte de « voir » fortuit, mouvement du point d'assemblage du au hasard. Face au moule de l'homme on suppose aussitôt qu'il s'agit de Dieu!
Vision d'extase et de plénitude, le moule est une escale de paix et sérénité, mais il n'est qu'une étape. Ce n'est qu'une image de l'homme (dc peut être une femme pour la femme!). Ce moule peut aussi être vu sous forme d'une lumière resplendissante.
QUEL SOULAGEMENT D'ETRE DANS LE MONDE ORDINAIRE (plutôt que voyager dans l'inconnu!)
Dans un déplacement extrême du point d'assemblage tu n'as plus de doute car tu sais tout. Dans une autre (conscience normale) tu n'en as pas non plus car tu ne sais rien.
La TÂCHE qui incombe après avoir connu différentes expériences de déplacement donc états de conscience, c'est de les intégrer en un tout cohérent. Il faut choisir non un autre monde (dangereux!, illusoire), mais la conscience accrue, vers la conscience totale.
Pour aider vraiment les gens, il ne faut pas le vouloir (faire ce qui doit être fait), il ne faut pas s'y attacher, car l'attachement entraîne l'attente de reconnaissance...
(6) Le voyage définitif, Carlos Castaneda, 2000
La récapitulation des événements de la vie crée de l'espace intérieur pour autre chose que les problèmes de la vie courante. La récapitulation économise l'énergie, permet de conserver mieux la force vitale.
Faire la liste de tous les gens rencontrés en remontant du présent jusqu'au début de la vie.
Y associer la respiration : inspirer lentement en tournant la tête de droite à gauche, puis expirer de même.
La récapitulation a le pouvoir de remuer le fond de notre mémoire et de faire remonter à la surface tous les rebuts de notre vie.
Tous les organismes vivants ont un système interprétatif qui leur permet de fonctionner dans leur environnement.
L'Ouvreur: événement qui ébranle nos fondations en nous faisant revivre ce qui s'est produit (et non pas seulement en nous le faisant remémorer). La marche favorise l'apparition des souvenirs (les péripéties de notre vie seraient inscrites dans notre corps sous forme de sensations en particulier dans les jambes).
La complexité du choix n'est pas de choisir, mais d'accepter élégamment les sollicitations de l'infini.
Fantôme ou apparition: Configurations génératrices d'énergie ou simples créations fantasmagoriques d'une conscience puissante.
La seule alternative qui reste à l'humanité c'est la discipline. Faculté permettant d'affronter sereinement les difficultés imprévues.
Le silence intérieur peut constituer une barrière énergétique. Quand cette barrière t'entoure, la force de ton intention peut chasser des moustiques envahissants!
C'est important d'intégrer tout ce qui a été « vu » et fait en s'élevant vers de nouveaux niveaux de conscience. Le problème est que l'homme régresse pour un oui ou un non et retombe à son point de départ en ayant tout oublié.
(7) Carlos Castaneda Le second anneau de pouvoir
« Traquer » ses faiblesses, ses habitudes:
Le « faire » a besoin d'un ensemble d'éléments pour fonctionner. Si certains éléments manquent, le « faire » est en panne.
Par ex pour le fait de manger en excès:
-
il faut casser sa fixation (se mettre au défi)
-
utiliser une petite éponge dans la bouche (elle disait qu'elle avait mal aux dents)
-
Manger comme un guerrier: en silence, lentement, très peu à la fois (4 bouchées puis arrêter, reprendre 4 bouchées plus tard...)
Un GUERRIER MARCHE BEAUCOUP
Ne rien prescrire à faire ou ne pas faire: les humains aiment qu'on leur dise quoi faire mais ils aiment encore plus lutter pour ne pas faire ce qu'on leur a dit; ils se retournent contre celui qui au départ les a conseillés.
Traquer ses faiblesses ne suffit pas, ce dont un guerrier a besoin c'est d'un dessein.
Véritable clé de l'évolution de conscience, seul moyen de chasser notre désespoir d'être un homme, d'être tel que nous sommes, faible et limité par le temps, c'est la prise de conscience de notre mort.
C'est la seule chose capable de nous donner la force de résister à la contrainte, à la souffrance de nos vies et à nos craintes face à l'inconnu.
La « forme humaine »
Chacun a sa forme dans laquelle il joue sa vie, et en général il se complaît dans sa façon d'être (l'un joue au sage qui sait tout, l'autre au timide...)
La forme humaine se repaît des sentiments humains de tristesse, d'apitoiement sur soi-même.
Le coeur de notre être est l'acte de percevoir, la magie de notre être est l'acte de prendre conscience.
1° anneau de pouvoir: attention du tonal, nous concerne tous, percevoir et situer la conscience dans le monde ordinaire: formidable capacité de mettre de l'ordre dans notre perception du quotidien.
2° anneau de pouvoir: attention du nagual, pour le sorcier c'est la conscience placée dans le monde non ordinaire (mettre de l'ordre dans e monde non ordinaire). Par l'attention à ce domaine nous découvrons une capacité prodigieuse.
L'attention seconde ordinaire est fixée sur le côté terrifiant du monde; celle des guerriers est sur la beauté du monde. Il faut changer de côté et rejoindre les guerriers.
Les guerriers parviennent à l'attention seconde uniquement après avoir « nettoyé » ce qui encombre l'attention première: Vie impeccable.
Contempler est le moyen de piéger l'attention 2de
Ex Feuille: 1 différente chaque jour: quand l'élève se rend compte de l'unicité de chaque feuille c'est contempler.
Petits tas de feuilles sèches, les déplacer en spirale de la main gauche et « rêver » les dessins que font les feuilles.
Le rêveur maîtrise la contemplation quand il rêve d'abord les dessins des feuilles et retrouvent ces mêmes dessins dans son tas le lendemain! (perso : synchronicité)
Avec la contemplation les pensées se taisent, sans pensée l'attention 2de s'accroche aux feuilles et les feuilles deviennent « autre chose ». Mais il faut être prudent,... Pour l'homme ordinaire l'attention 2de peut nous confronter à une sorte de malade mental en nous-même. C'est pour éviter cette irruption incontrôlée que notre éternel dialogue intérieur s'apparente à un bouclier protecteur!
Les rêveurs doivent contempler pour pouvoir rêver et ensuite ils doivent chercher leurs rêves dans leur contemplation.
Contemplation de pluie, d'étoile, de nuage, d'arbre, d'ombres, de rocher, de lointains...
Pour contempler encore plus:
s'installer le dos bien droit et calé dans la nature (arbre, rocher...) assis confortablement. Yeux mi-clos balayer lentement l'objet contemplé en sens inverse des aiguilles d'une montre sans remuer la tête.
La chose la plus dure au monde pour un guerrier c'est de laisser les autres tranquilles. Considérer qu'ils sont capables de mener leur vie.
L'impeccabilité du guerrier c'est de laisser vivre les autres et de les accepter tels qu'ils sont. Et s'ils ne sont pas impeccables, votre devoir est de l'être vous-même et de ne pas dire un mot.
Seul un sorcier qui voit et qui est sans forme (comme personna) peut se permettre d'aider quelqu'un.
(8) Carlos Castaneda Le don de l'Aigle
Détachement du guerrier: capacité de se plonger dans l'instant et de n'avoir aucune pensée pour tout le reste.
« Pas d'indifférence ni de négligence face à l'action ni désir de rester seul, mais une paix étrange devenue la force souveraine de ma vie. »
Le silence intérieur donne naissance à l'intention (vouloir) d'orienter l'attention 2de, de la commander.
L'attention 2de survient à la suite d'un instant du silence le plus absolu, de pure terreur ou de tristesse profonde.
La tierce attention survient au moment de l'ouverture du cocon (de l'homme). Le corps est embrasé de connaissance dans sa totalité. La clé de voûte de ce niveau de conscience est de concevoir qu'il puisse exister un tel niveau de conscience.
Dans la conscience gauche (conscience 2de), ce qu'on perçoit du monde est une énigme, un mystère qu'on ne peut qu'accepter dans l'humilité et le respect.
La récapitulation peut changer le plus le guerrier:
Faire la liste des événements à revivre
Limiter son corps (caisse),
Respirer: poser le menton sur l'épaule droite et inspirer lentement en tournant la tête jusqu'à l'épaule gauche.
A la fin de l'inspiration, la tête revient au milieu. L'expiration se fait en regardant devant soi.
Prendre l'événement en tête de sa liste et rester avec lui jusqu'à récapitulation de tous les sentiments qui lui sont liés.
La respiration permet de reconstituer l'énergie.
Les émotions (donc toutes les situations ou les sentiments entrent en jeu (ex. relations humaines)) entraînent la projection de de filaments lumineux (hors du cocon de l'homme), ce qui épuise le corps lumineux. Mais en se rappelant un sentiment et en respirant de droite à gauche on rattrape les filaments.
La respiration suivante se fait de gauche à droite, par l'expiration on expulse les filaments (d'énergie) laissés en lui par les autres corps lumineux impliqués dans l'événement dont il se souvient.
Ces filaments étrangers sont à la base de la capacité illimitée de s'enfermer dans sa propre importance.
La récapitulation détaillée est un rire du fond du coeur qui surgit au spectacle de la répétition lassante de note prétention – noyau de toutes nos relations humaines.
Le programme du guerrier est de parvenir à un équilibre très subtil de forces – et +. Il ne doit pas tout maîtriser mais il doit tenter de faire face à toute situation de façon impeccable (en accomplissement de sa mission sacrée).
La conscience du côté droit permet la capacité à juger par avance des sentiments à venir.
(9) Carlos Castaneda Voir
Voir les hommes comme des fibres de lumière, comme un oeuf de fibres vivantes. Oeuf de « lumière ».
Seul un toqué entreprendrait volontairement la tâche de devenir un homme de connaissance. C'est par la ruse qu'on y engage l'homme équilibré.
Ceux qui veulent entreprendre une telle tâche ne comptent pas... En général, ils sont fêlés...
Avant de prendre une décision pense et inquiète-toi, une fois prise, libère-toi des pensées et des inquiétudes.
Si les choses sont confuses, le guerrier pense à sa mort. L'idée de la mort est la seule chose qui apaise notre esprit.
Un homme de connaissance vit en agissant et non en pensant à agir. Il choisit un « chemin qui a du coeur » et le suit. Il sait parce qu'il « voit » que rien n'est plus important qu'autre chose.
Quand l'action est accomplie il se retire en paix que son résultat soit bon
ou mauvais, réussi ou non, ne le concerne en aucune façon. Il peut même décider de ne rien faire, d'être impassible et de se conduire comme si c'était très important pour lui.
Une fois qu'un homme a appris à « voir », il n'a plus besoin de vivre comme un guerrier ni d'être un sorcier. Cela transforme un homme en tout en ne devenant rien.
Un homme qui « voit » ne s'intéresse plus activement à ses semblables. Voir l'a détaché de tout, tout ce qu'il connaissait avant;
La vie d'un guerrier est un exercice continuel de stratégie, il n'a que faire du sens des choses (il sait que tout ce qui l'entoure, tout être est un mystère insondable). Jusqu'à la fin il se bat, il agit.
Un guerrier choisit les éléments qui constituent son monde, chacun de ces éléments constitue un bouclier protecteur contre les attaques des forces qu'il désire utiliser.
L'homme moyen a aussi ses boucliers, toutes les choses auxquelles ils s'affairent.
1° le guerrier est toujours prêt à la rencontre donc il se prépare, il a choisi des choses dont il peut faire usage pour éloigner ses pensées de frayeur, donc refermer sa trouée (du cocon) et devenir solide.
2° le guerrier dans sa vie quotidienne choisit de suivre le chemin-qui-a-du-coeur. Il sait que'un chemin a du coeur quand il ne fait qu'un avec ce chemin, qu'il éprouve une paix et un plaisir immense à le parcourir. Les choses qu'il sélectionne sont des éléments de ce chemin et font ses boucliers.
Notre bavardage intérieur maintient le monde autour de nous, nous l'entretenons tel que nous le percevons avec notre bavardage intérieur. Et nous choisissons nos chemeins comme nous nous parlons à nous-mêmes. Nous répétons les mêmes choix car nous continuons toujours le même bavardage intérieur jusqu'au jour où nous mourons.
Un guerrier en est conscient et il s'efforce de mettre fin à son bavardage intérieur.
1° chose à faire: utiliser les oreilles au lieu des yeux (qui sont l'organe dominant dans notre culture occidentale). Un guerrier écoute les sons du monde.
Les choses que nous faisons nous procurent le confort et nous donnent un sentiment de sécurité, mais ce ne sont que des boucliers contre les forces environnantes; or si nous ne le savons pas nous laissons ces choses dominer, écraser notre vie.
En fait pour l'homme ce que font les gens est plus important que le monde lui-même.
Pour le guerrier le monde est un mystère absolu, pour lui le monde est plus important que ce que font les gens. Il traite les choses de manière appropriée et le monde comme un mystère infini et ce que font les gens comme une folie...
L'homme peut épuiser l'intérêt des choses que font les gens, il ne peut épuiser le mystère du monde. Mais au sein de sa stupide confusion il croit que le monde n'a plus de mystère. C'est un sacré prix à payer pour avoir nos boucliers!