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26 septembre 2014

Château de Monségur

Montségur et les trésors des Cathares

 

Vidéo

 

http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=10039645

 

Le nom "cathares" (du grec, katharos, "pur") fut adopté par de nombreuses sectes chrétiennes du Moyen Âge. Les cathares se signalaient par leur ascétisme rigoureux et une théologie dualiste fondée sur le manichéisme: la croyance en l'affrontement du Bien et du Mal, reflet d'un univers composé d'un monde spirituel créé par Dieu opposé au monde matériel créé par Satan.

 

Au début du XIIIe siècle l'Église catholique organisa, en accord avec le roi de France, une "croisade des Albigeois" (1209-1218) sous la direction de Simon de Montfort. Cette expédition aboutit à une sauvage répression des cathares, puis à l'annexion des territoires occitans au royaume de France.

Cependant le catharisme perdura, et l'Église catholique n'en vint à bout qu'à la fin du XIVe siècle en s'appuyant d'une part sur l'Inquisition, d'autre part sur le développement des ordres mendiants et notamment les dominicains.

En France, le mouvement cathare s'implanta surtout dans le Sud du pays et les cathares prirent le nom d'Albigeois, d'après la ville d'Albi. Il fut soutenu par la noblesse et quelques grands féodaux, dont le comte de Toulouse.

 

Les lieux cathares : la forteresse de Quéribus, la citadelle de Peyrepertuse, les châteaux de Lastours (Cabaret, Tour Régine, Quertinheux, Surdespine), le pog de Montségur, Péreille, Arques, Lordat, Puivert, Fanjeaux, Carcassonne, Laurac, Montaillou, Blanchefort, Roquefort, Laroque-de-Fa, Tarascon-sur-Ariège ...

 

MONTSEGUR

 

Situé dans l'Ariège, Montségur est connu pour son château qui symbolise depuis des siècles le bastion de la résistance cathare. Édifiée à 1200 m d'altitude au sommet d'un éperon rocheux nommé le "pog", émergeant des premiers contreforts des Pyrénées, cette forteresse sanctuaire donna lieu à de nombreuses légendes, devenues mythes à travers la littérature.

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Légende et mystère

Montségur a longtemps été considéré comme étant le château du Graal où certaines clefs de la connaissance graalique étaient, dit-on, conservées par les cathares. Refuge de la hiérarchie cathare et des chevaliers languedociens mis en fuite par la Croisade et le pouvoir royal en 1243, ce château aurait abrité le fabuleux trésor des cathares dont on raconte qu'il aurait disparu la veille de la reddition afin de ne pas tomber dans les mains ennemies. Ce mythe a perduré très longtemps puisqu'en 1933, sur l'ordre de Himmler, bras droit d'Hitler et chef des SS, des scientifiques établirent un camp de recherche du Graal près de Montségur sans aucun succès.

Un chantier de fouilles a permis depuis 1968 aux archéologues d'exhumer patiemment les vestiges de la vie quotidienne de ses derniers occupants et de reconstituer progressivement le déroulé des derniers mois du siège de 1244. En tout cas concernant le Graal, rien n'a été découvert et le mystère subsiste toujours.

 

MONTSEGUR et le solstice d'été

Montségur baigne aussi dans la légende du culte solaire. L'architecture du château présente un aspect intéressant et pour le moins étrange. Ainsi, lors du solstice d'été, le château est traversé de part en part par les rayons du soleil sans compter que le donjon au nord ouest voit ses quatre archères alignées parfaitement avec le soleil. Un tel phénomène a donc laissé penser à l'existence d'un culte solaire à Montségur, conforté par le fait que le catharisme fut considéré par certains comme une religion solaire.

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Le plan du château de Montségur est calqué sur la constellation du Bouvier (lat. Bootes). Le donjon occupe l'emplacement de l'étoile Arcturus.

Le château de Montségur

Dominant le village et la vallée du même nom, son histoire suit de près celle du catharisme, religion des hérétiques dualistes qui se manifestèrent en Occident dans la seconde moitié du XIIème siècle.

L'histoire du château

C'est en 1204 que Raymond de Pareille sur la demande de deux parfaits reconstruisit ce refuge de l'Eglise cathare à l'emplacement d'une forteresse dont on ignore l'époque d'édification. Le château de Montségur abritait en 1230 une centaine d'hommes sous le commandement de Pierre Roger de Mirepoix, et, hors de ses murs, une communauté de réfugiés cathares avec son évêque, ses diacres, ses parfaits et ses parfaites. Le prestige du lieu, les pélerinages qu'il attire portent ombrage à l'Église et à la Royauté. Lorsque, en 1242, Blanche de Castille et le clergé apprennent le massacre des membres du tribunal de l'inquisition, à Avignonet, par une troupe descendue de Montségur, ils débutent un siège en juillet 1243. Après de longs mois, la forteresse rend les armes et le 16 mars 1244, sur 500 personnes, 220 cathares refusent de renoncer à leur croyance et préfèrent se jeter d'eux-mêmes dans le bûcher. Après la chute de Montségur, le roi de France attribue le château à l'un de ses lieutenants, Guy de Lévis. Remaniée dans son architecture, la forteresse sera encore occupée par une garnison royale jusqu'au traité des Pyrénées au XVIIème siècle. Le château est classé monument historique depuis 1875, de même que le pog sur lequel il est perché, qui fut classé en 1883. Il subsiste aujourd'hui des ruines que l'on peut visiter.

Les trésors des Cathares

Le premier trésor déménagé le 24 décembre 1243

C'est à Noël 1243 que Matheus et Pierre Bonnet arriveront à fuir de Montségur, à la barbe des assaillants, en prenant tous les chevaux valides et déménageront le formidable trésor des cathares composé de pièces d'or et d'argent. Ce trésor doit être conduit en Italie, à cheval d'abord jusqu'à Port-la-Nouvelle, puis par bateau qui les attend pour les conduire à Gènes. Matheus et Pierre Bonnet suivront ce qui est actuellement le sentier cathare entre Montségur et Port-la-Nouvelle. En cette fin d'année 1243, tout le monde prépare Noël ou le jour de l'an et se soucie peu de ces quatre cavaliers. Le trésor est acheminé en une semaine de Montségur à Port-la-Nouvelle. Le 1er janvier 1244, un bateau chargé d'or et d'argent du trésor des cathares file à toutes voiles vers l'Italie, La traversée durera 8 jours.

Le départ du trésor, de Montségur à Quillan, de Quillan à Padern, de Padern à Port-la-Nouvelle, de Port la nouvelle à Menton, de Menton à Crémone, Crémone, Sirmione, Brescia, Vicence, Vérone,

Le 1er trésor des Cathares

Le second trésor déménagé le 15 mars 1244

Il sont quatre bonshommes cette fois, Amiel Aicart, Hugo, Poitevin, Sabatier à quitter Montségur et à accompagner le second trésor, les derniers documents de l'église cathare et plusieurs pièces d'or et d'argent. Mais cette fois c'est à pied qu'ils doivent emporter les documents car il n'y a plus de chevaux. On décide qu'il faudra s'en procurer en chemin.

 

Départ de Montségur, Montségur-Quillan, Le château de Coustaussa, Rennes-le-Château, Salza

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26 septembre 2014

Panthéon romain, art classique et représentation du monde

Les Mysteres du Pantheon Roman

LES MYSTERES DU PANTHEON ROMAIN. L'Heritage de Pythagore et D'Archimede. Le Panthéon, comme tous les grands sanctuaires, est un "Livre de pierre". ...

Sur internet:

http://symbolos-fg.com/Paginas/Pantheon.html

En fichier Html (sans les images): Pantheon

Notes de lecture, extraits:

LES MYSTERES DU PANTHEON ROMAIN

L'Heritage de Pythagore et D'Archimede

 

PREMIERE PARTIE: LE THEOREME OUBLIE

sous le porche, une plaque, apposée à la Renaissance, annonce que cet édifice est le plus remarquable et le plus visité de toute la sphère terrestre .

Comme le disaient les architectes médiévaux  (au temps lointain où les  Francs- Maçons étaient encore des bâtisseurs de cathédrales…)  :  " Tout art qui ne s'inspire pas d'une doctrine intellectuelle est nul et non avenu " (Ars sine scientia nihil ).

Dans tous les sens du terme, le Panthéon doit donc être apprécié de l'intérieur.

L'histoire du Panthéon, coïncide avec la création de l'Empire, qui avait  mis un terme aux guerres civiles quelques année avant le début de notre ère. *

Cet immense territoire constituait le monde connu, monde conçu comme un grand cercle :Orbis terrarum.

Au centre de ce cercle, Rome, désignée simplement comme "la Ville, et comme "capitale du monde"  (Caput Mundi  ) était elle-même entourée d'une enceinte circulaire. **

La représentation concentrique de cet "Empire du Milieu" se complétait par la présence, "au centre du centre" d'un monument "polaire".

En d'autres lieux, ce Pôle symbolique  pouvait n'être qu' un simple poteau ***, ou une borne, comme le célèbre omphalos  de Delphes, qui marquait le centre traditionnel du monde méditerranéen.

Mais l'extension de l'Empire romain imposait un monument  de plus grande ampleur, et ce monument **** n'est autre que le Panthéon, situé au milieu de la Rome nouvelle conçue sous Auguste, et donc de la Rome actuelle.

Seule la différence de taille empêche qu'on fasse le rapprochement entre l'omphalos  grec et celui de Rome.

**Le monde étant une simple extension de sa capitale, Orbis  et  Urbs  sont un même mot. Cfr. l'expression Urbi  et Orbi .

*** On conservait à Rome le Palladium, "totem" central de Troie transféré jadis à l'ancienne Rome comme à Athènes, où il était conservé à l’Acropole, dans l’Erechteion.

****  En latin, monumentum  (de monere ), joint au sens de "souvenir" celui  d'"enseignement" (documentum ).

Sa position axiale fait donc du temple comme la racine  ou le

le noyau  de tout le territoire. ***

 

Et de même que la racine contient tout l'héritage génétique de la plante et annonce, en tant que germe, tous ses futurs développements, le temple central doit résumer sous forme symbolique, tout le passé de la Cité.****

Cette mémoire séculaire représente sa "personnalité" et conditionne donc son avenir.

 

La croissance de l'organisme impérial est signalée à la périphérie par un limes  "marquant" les confins du territoire, et souvent constitué de vraies murailles, semblables à celles des villes.

 

C'est ainsi qu'à l'apogée de l'Empire romain, l'empereur Hadrien, en même temps qu'il restaurait le Panthéon, entreprit de bâtir le mur qui porte son nom, et qui devait fixer définitivement la "forme" du territoire

 

* Cette âme était symbolisée par le feu sacré de Vesta, que rien ne devait éteindre.

En fait, le Panthéon avait remplacé le temple primitif de cette déesse, centre de la vieille ville.

**** Selon Plutaque, on y enterrait, dans une fosse significativement dénommée « mundus » , les reliques des temps anciens, et en particulier celles de la ville – mère. La première de ces reliques était à Rome le Palladium de Troie.

Le Panthéon, outre qu'il est le symbole le plus extérieur d'une politique temporelle, enferme en effet une Sagesse cachée et qu'on peut dire "méta-historique", car elle transcende non seulement les vicissitudes  des Etats successifs, mais même celles des formes religieuses.

 

Cette Sophia Perennis (la Sagesse éternelle) habite  en effet, outre le Panthéon, les temples bâtis à son exemple, comme Sainte Sophie de Constantinople, ou le dôme de Florence.

 

PALLAS  VESTA (gr. HESTIA) IDENTIFIIEE AU PILIER COSMIQUE.

Comme chez les Grecs, la lance se substitue couramment au Pilier, et son inclinaison manifeste celle de l'axe terrestre.

 La monnaie date de l'Empereur Hadrien, restaurateur du Panthéon.. Elle figure le Palladium, fondement de l'Empire, devenu plus tard le célèbre Pilar  de Saragosse, emblème du "Saint Empire", également consacré à la Vierge Universelle. "

Que cela plaise ou non, la science des Anciens est profondément aristocratique, car

on exige du candidat qu'il commence par prouver son aptitude à être éduqué.

CH II

            UNE  SYNTHESE UNIVERSELLE

 

En vertu de ce qui précède, on doit s'attendre à trouver dans le Panthéon

 

    * Un témoin des cultures qui ont inspiré l'Empire

    * Un abrégé de l'Univers tout entier, dont il représente le noyau central.

 

Précisons avant tout que, par synthèse ,   il faut entendre la fusion harmonieuse de plusieurs éléments complémentaires en un organisme nouveau. *

 

Les deux éléments principaux de la synthèse impériale sont :

 

    * La culture grecque, particulièrement brillante dans le domaine de la Sagesse, des sciences et des arts. ( cf. Platon, Archimède, Phidias)

    * La culture étrusco-latine qui a fourni à Rome des législateurs et un sens aigu de l'organisation matérielle, lequel se déploie notamment dans la politique et la construction.

      En témoigne le légendaire roi Numa,  réputé d'origine étrusque, dont le nom même évoque "la Loi" ( Nomos ).**

Or la synthèse des deux traditions devrait apparaître au premier regard jeté sur le Panthéon. L'édifice combine en effet harmonieusement deux plans et deux techniques de construction à première vue incompatibles.

* Il ne s'agit donc en aucun cas d'un assemblage artificiel de parties disparates, auquel

cas on parlerait de syncrétisme .

** A ce caractère résolument gréco-latin de l'Empire s'ajoute une forte influence égyptienne. Les Grecs, aussi bien que les Romains, ont avoué leur stupeur devant la qualité et le gigantisme surhumain des constructions égyptiennes, et devant le sens de la durée qui avait soutenu des dynasties millénaires.

Sa partie antérieure est un temple grec, sur le modèle du Parthénon d'Athènes. Son schéma est donc tout angulaire :  le triangle du fronton repose sur une nef en double carré, entourée de colonnes. La construction est un simple empilement   de blocs, et son seul matériau est le marbre.

La partie proprement romaine du monument contraste totalement avec le plan grec :

- Par la forme  de la rotonde et de la coupole, cette dernière étant fondée sur le principe de la voûte, sans doute la plus géniale des inventions constructives, souvent attribuée aux Etrusques.

- Par les matériaux : brique et béton. *

L'assemblage de deux éléments aussi discordants en apparence fait penser au mariage de l'eau et du feu.

Et nous n'avançons pas cette image au hasard, car le temple manifeste, dès l'abord, cette  coïncidence des opposés  que recherchent toutes les spiritualités. Ce qui a été mis en oeuvre dans sa réalisation, c'est une véritable alchimie **, fondée aussi bien sur l'interaction des éléments que sur celle des Nombres sacrés.

En d'autres termes, l'association harmonieuse de deux structures aussi antagonistes  n'a été possible que grâce à la médiation mathématique qui constitue leur lien secret.

Le fait même que personne n'ait jamais insisté sur le caractère invraisemblable de cet assemblage est la meilleure preuve de sa parfaite réussite.

Il a réussi à se faire oublier, comme toutes les vérités dont l'évidence crève les yeux

* Selon l'architecte Vitruve, la brique relève des quatre éléments : faite de terre mêlée d'eau, sèchée à l'air puis durcie au feu. Le marbre, par son éclat et sa structure cristalline, représente leur synthèse, l'éther, ou quintessence (c. à. d. le cinquième élément), normalement invisible, mais figuré comme un fluide solidifié (eau ou neige), d'où son nom "marin"  de mar-mar-on (lat. marmor ).

en englobant le plan du Parthénon dans un ensemble plus vaste, le Panthéon manifeste de façon spectaculaire l'intégration du monde grec à l'Empire issu de l'organisation politique romaine.

Le nom même de Panthéon ( nom grec !  *) manifeste la ferme intention d'honorer "tous les Dieux", y compris ceux des autres. L'assonance même entre "Parthénon" et "Panthéon" n'est sûrement  pas fortuite, d'autant que les deux temples étaient, on le verra, dédiés secrètement à la même divinité, la Vierge Universelle Pallas.**

Cette étroite parenté des deux temples est confirmée par la présence dans chacun d'eux du  Palladium  ***, sceptre surmonté d'une statuette de la déesse, qui servit d' omphalos   aussi bien à Athènes qu'à Rome, après avoir été dérobé à Troie par Ulysse, ou encore arraché aux flammes de la ville sainte par Enée en fuite.

 

** Parthénon  signifie "temple de la Vierge". Pallas, déesse nocturne

( son emblème est la chouette lunaire), préside au culte secret des Mystères.

Assimilée à Athèna, puis à Minerve et Vesta, elle est la Sagesse divine, plus tard nommée "Sainte Sophie" ou Sedes Sapientiae , deux appellations mariales… L'architecture de l'Aghia Sophia   byzantine s'inspire directement du Panthéon..

*** Ce Pôle sacré est qualifié par Cicéron de pignus imperii   ( garantie de l'autorité et du pacte social ). C'est à ce titre que le Palladium   de Vesta ( Pallas - Minerve dans sa fonction de fondatrice ) figure sur les monnaies romaines.

Car si l'on ne pouvait guère surpasser le Parthénon, il restait possible de le compléter ., idée tout à fait conforme à l'esprit romain, dont la tournure juridique n'acceptait aucun sous-entendu. Or, le Parthénon par sa base rectangulaire, symbolisait le monde d'ici-bas, et son fronton triangulaire figurait le domaine subtil d'un Paradis  terrestre.

Mais pour que le temple soit une représentation intégrale de l'univers, il lui manquait encore une image du ciel cosmique.*

C'est cette image de la voûte céleste qu'Hadrien a ajoutée au plan grec, sous la forme de la célèbre coupole.

L'observation la plus immédiate du monument nous a donc déjà permis d'établir sa fonction unificatrice, confirmée par sa position axiale. En effet l'unité se représente géométriquement par le point, et en particulier par le point central du cercle.

Ce point est l'origine de toute la géométrie ** sur laquelle nous allons à présent porter notre attention

* Les Grecs se contentaient du ciel ouverrt au-dessus de leur temple. Il faut dire aussi que le Panthéon, caché sous sa voûte, donne une parfaite image de la caverne platonicienne.

**  Selon Dante, "Tout l'espace de la géométrie  (et donc de la politique)se situe entre le point et la circonférence".

 

 

CH. III

            UN PEU DE MATHEMATIQUE

 

Le  Panthéon est constitué d'un  naos, double cube supportant le fronton * et d'une rotonde coiffée de sa coupole hémisphérique. Représenté  en plan , il associe donc deux formes   fondamentales : le carré (ici redoublé) et le cercle. **

 

Or, dans toutes les traditions du monde, l'opposition entre le carré et le cercle (c'est à dire entre la droite et la courbe) symbolise ce qui sépare le monde des mortels de celui des Immortels, autrement dit la Terre du Ciel.

 

Deux mondes en principe incommensurables, incompatibles, à moins qu'on leur trouve une commune mesure  permettant la communication .

 

Cette commune mesure, que les Grecs appellent  médiété ( c'est à dire moyenne ) peut prendre les formes symboliques  les plus diverses. En mathématique, ce sont des moyennes arithmétiques ou géométriques, ou des  nombres "irrationnels" ***, tels que le nombre ∏ (qui réconcilie la droite du diamètre  et la circonférence ), le "Nombre d'or", ou encore l'hypoténuse du triangle rectangle. ****

 

* Ce fronton triangulaire, du fait de sa position verticale qui lui donne un statut spécial, n'apparaît  sur la vue en plan que  comme un simple trait.

**  Le Ciel est rond et tourne comme une grande roue autour de son axe polaire.

Quant à la terre, elle.apparaît, dans l'expérience immédiate de chaque homme, comme en équilibre stable et immobile, ce que symbolise la forme carrée ou cubique..

*** Ces valeurs ne sont évidemment pas "contraires à la raison". Elles ont en effet une expression géométrique toute simple, et seule leur formulation arithmétique "ne tombe pas juste", en raison  de  son caractère discontinu.

****  La médiation peut aussi être assurée par une figure mythologique, telle la Vierge Divine qui , chez les "païens" , se nommait Isis, Pallas Athèna, Vesta ou Minerve. Elle peut même - cas très particulier - s'incarner   dans une personne, qui sera donc mi-divine, mi-humaine, comme est chez nous la Vierge Médiatrice..

 

 

 

De toute façon, cette médiation constitue l'acte essentiel de toute religion. Ce terme latin de religio  désigne en effet l'acte de relier, d'unifier ce qui est apparemment séparé.

 

On s'aperçoit déjà que si la géométrie, cet art de "mesurer le monde", intéressait tant les Grecs, c'est qu'ils y voyaient un langage universel permettant d'expliquer, fût-ce à des

enfants, * les  relations  simplesqui fondent le cosmos..

 

La même chose peut se dire des nombres arithmétiques qui, bien compris, sont un langage commun à tous, hommes et Dieux. **

Chez les Anciens, arithmétique et géométrie sont d'ailleurs tout à fait inséparables. En effet, leurs nombres sont figurés.

Cela signifie qu'à chaque nombre entier correspond une forme, à commencer par 3 ***, qui correspond au triangle (la surface élémentaire). La forme triangulaire  est  la synthèse du point (son sommet) et de la ligne (sa base), soit 1 + 2.

Elle comporte certes trois éléments, mais c'est un  triangle.

Etant la forme fondamentale, le triangle sert donc à mesurer toutes les autres surfaces, justement par triangulation . ****

* Ceci pour rassurer le lecteur qui se croirait totalement "nul en maths".

L'intuition du nombre est en effet innée ;  sauf respect, même les animaux privés de raison en ont quelque notion. Essayez d'enlever un oeuf à un serin, qui en a pondu quatre, sans qu'il s'en émeuve.

**  Il faut se garder de confondre les Nombres, qui sont des idées universelles, avec les chiffres  qui les représentent et varient avec chaque époque et chaque langue.

***  1 et 2  sont des principes informels (c.à.d. antérieurs à la forme), 1 correspondant au point, qui est sans dimension, et 2 à la ligne   (distance entre deux points), qui n'en a qu'une, n'ayant  pas de surface. Cette ligne s'étend indéfiniment en deux sens opposés, et aboutirait à l'éclatement définitif de l'unité, si le nombre 3 (le triangle) ne venait, par sa nature synthétique, mettre un frein à cette expansion, qui repart d'ailleurs aussitôt avec le 4, et ainsi de suite.

**** Seules les figures courbes font exception  :  elles ne peuvent se mesurer ainsi qu'avec une approximation apparentée à celle du nombre ∏.

Mais c'est une figure fermée sur elle-même, et il faut en assembler deux ( nombre diviseur  ) pour former le premier carré, qui correspond au nombre 4, avec lequel commence

l'expansion de l'espace et du temps. (cf.les quatre points cardinaux et les quatre saisons, les quatre âges du monde, ou de l'homme, les quatre éléments etc.).

 

Le nombre 4  est le modèle du développement exponentiel, et la figure qui lui correspond, le parallélogramme, est déformable par définition. *

 

L'opposition des deux premières formes, triangle et carré, autrement dit 3 et 4, inaugure aussi l'alternance indéfinie des pairs et des impairs qui assure le développement bien réglé de la numération, de la même façon que l'alternance ondulatoire équilibre le mouvement physique élémentaire. **

 

Tout impair contient en son centre l'unité, qui assure sa cohésion. Par exemple, 3 vaut  1 + 1 + 1.

C'est en raison de ce rappel constant de l'unité que  "les Dieux préfèrent les nombres impairs". ***

 

Le pair comporte deux parties égales (paires), qui s'ouvrent sur un "vide" :  4 = 2 + 0 + 2, modèle de division.

L'impair 3  est donc naturellement plus proche de l'Unité céleste, alors que le pair 4 sert de départ à la multiplicité terrestre, par "scissiparité". ****

Ceci explique la fonction de ces deux nombres 3 et 4 dans une proposition fondamentale de la mathématique grecque, le fameux théorème de Pythagore.

** Pair et impair sont, chez les Grecs, l'équivalent exact des deux principes naturels alternants que les Chinois nomment Yin   et Yang . Leur opposition apparente est en fait une complémentarité, comme celle du féminin et du masculin..

 

CH. IV

            LE VRAI THEOREME DE PYTHAGORE

 

Son attribution au premier des philosophes montre assez que les Grecs accordaient à ce théorème* une importance capitale  : c'est qu'ils fondaient sur lui, et sur ses extensions, toute leur cosmologie sacrée. Expliquons cela.

 

Le fondement de toute religion repose, nous l'avons vu, sur la possibilité d'une relation ** entre l'existence finie des mortels et l'Etre Infini et Eternel de la Divinité

 

Or, c'est de cela qu'il est question dans le fameux triangle rectangle qui a pour côtés la suite d'entiers 3, 4 et 5.

 

Nous y retrouvons en effet le 3 (côté vertical) et le 4  (base horizontale) comme représentants du Ciel et de la Terre.  Leur position perpendiculaire indique assez qu'ils sont antagonistes comme le feu (vertical) et le "niveau d'eau", et aussi incompatibles entre eux que le cercle et le carré.

 

Pitagoras

 

Les deux côtés "antagonistes " de l'angle droit se réconcilient toutefois en leur sommet, ce point unique qui est leur origine commune. Mais ce point, étant sans dimension, ne relève pas de notre monde corporel : c'est une pure idée, sans étendue ni forme, et qui n’est donc pas "de ce monde ".

 

 

* "Théorème" est à l'origine une "contemplation" ou "méditation", et non le simple exercice technique qu'il est devenu chez nous. Le théâtre  et la théorie  ont la même origine liturgique : ce sont des "visions" ( de théaô  : contempler).

** "Religion" et "relation" sont apparentés par l'idée de "lien". Les Anciens n'ont jamais, sauf cas de démence, mis en doute la nécessaire réalité des Dieux.

Par contre, ils se sont demandé plus d'une fois, avec plus ou moins de sérieux, si les Immortels, au sein de  leur béatitude, se souciaient le moins du monde de notre misérable humanité

 

 

En d’autres termes : les contradictions de l'univers ne se résolvent qu'en dehors des formes créées, dans l'absolu qu'est l'Unité du Principe.

 

Mais l'intérêt du théorème ne s'arrête pas là.

 

En effet, on aimerait trouver  pour ces "ennemis" quelque terrain d'entente à l'intérieur même de notre existence.

 

Un tel accord entre la verticale et l'horizontale (autant dire entre Feu et Eau), s'il est possible, ne peut être que relatif, puisqu'il se situe à l'intérieur même de notre monde formel, simple reflet des réalités essentielles.*

 

On va voir que cet accommodement  ** entre antagonistes est obtenu dans notre théorème par la médiation de l'hypoténuse.

 

Du point de vue le plus extérieur, l'hypoténuse, du fait qu'elle est oblique , c'est à dire ni verticale ni horizontale (tout en tenant de l'une et de l'autre), représente déjà une telle moyenne.. ***

Cette observation pourrait paraître simpliste, si elle n'était confirmée aussitôt par le calcul.

 

En effet, l'hypoténuse 5 est la moyenne géométrique entre 3 et 4   ****

 

Mais si merveilleux qu'il soit dans sa simplicité, ce théorème ne peut s'appliquer tel quel à l'opposition du cercle et du carré, opposition que nous avons constatée dans le plan du Panthéon

 

 

* Voir, chez Platon, le mythe de la caverne. Le Panthéon est une telle caverne, avec son ouverture unique sur la vraie lumière.

** Accommoder  signifie littéralement "donner une commune mesure" ( modus

communis  )

*** Apollon était surnommé Loxios  ( "l'Oblique" ), épithète qui peut tenir à son rôle de Médiateur divin, aussi bien qu' au caractère allusif de ses oracles.

****  En effet  9 ( carré de 3 ), + 16 ( carré de 4 )  =  25, carré de 5 .

Si l'on donne aux côtés de l'angle droit les valeurs 1 et 2, l'hypoténuse vaudra  √5, ce qui confirme la valeur médiatrice du nombre 5. Mais ce dernier cas doit s'entendre en mode potentiel (non-manifesté), car le nombre 1, qui correspond au point, n'admet aucune représentation linéaire.

 

 

 

En effet, ce plan propose des relations entre surfaces, alors que jusqu'ici nous n'avons vu intervenir que des segments de droite, donc des rapports simplement linéaires;

Mais n'existerait-t-il pas aussi une forme de médiation entre le cercle et le carré, comme il en existe une entre les segments 3 et 4 du triangle  ?

Les deux cas sont en effet comparables, puisque tous deux évoquent l'incompatibilité entre "Ciel" et "Terre"

La seule forme géométrique pouvant jouer un rôle de "médiété" entre le cercle et le carré, devrait  logiquement être le pentagone, seule figure correspondant au nombre médiateur 5.

Mais pour l'instant il nous est impossible de tracer ce pentagone médiateur, faute de connaître avec précision les proportions relatives des deux parties du monument. Pour cela, l'observation archéologique est insuffisante, ce qui semble justifier le pessimisme des experts.

Ce qu'il faudrait donc, c'est retrouver les nombres permettant de mettre en proportion le double carré (le Naos ), le cercle (la rotonde) et l'hypothétique pentagone médiateur.

 

CH V UN PEU DE PSYCHOLOGIE

 

*** Il y avait dans le Panthéon une superposition de cultes, dont les plus extérieurs étaient directement accessibles. Cela commençait par les rites civils tournant autour du César, dont la statue trônait dans l'entrée. Venait ensuite le culte de Mars et Vénus, dieux qui personnifiaient les énergies naturelles, réparties en forces de division (la guerre) et d'attraction (l'amour). Les dieux "officiels" représentaient une religion fort extérieure, à laquelle plus grand monde ne croyait vraiment.

Il n'en allait pas de même du culte le plus intime, adressé à la Déesse Pallas, qui personnifiait l'Amour Sacré. Mais les Mystères auxquels présidait cette Divinité lunaire passaient forcément inaperçus.

La transmission orale étant menacée, il faut laisser derrière soi un cryptogramme aussi impérissable que possible et que le message soit indéchiffrable pour qui n’en possède pas le code.

Or le Panthéon est le seul monument de l’antiquité qui soit encore presque intact. Il faut donc le déchiffrer.

*** Monumentum vient du latin monere et désigne un document au sens large pouvant délivrer un enseignement ou un souvenir

 

Trilogie de Virgile = référence classique d’autant qu’il était en contact avec la sybille.

Le Panthéon et l’œuvre de Virgile ont été protégés.

Centre du cercle zodiacal situé sur l’axe du zodiaque et sacré++ car il échappe au mvt cosmique étant considéré c « porte du ciel ». Là trône une sorte de pontife-roi dans l’Ennéide.

 

Schéma géométrique du Panthéon c de nb tombes chinoise antiques : dit « en trou de serrure » : rond et double carré.

Orientation au sud et 8 ch de décharge constituant une « rose des vents »

Cercle céleste de rayon 56

Côté long engagé* dans le cercle = 66

Or 66 est aussi la « corde » du cercle.

* La partie rectangulaire de l’édifice est engagée dans la rotonde de telle sorte que son côté long constitue une corde du cercle.

Or si nous traçons dans un cercle de rayon 56 une corde valant 66, cette corde est le côté du pentagone inscrit au cercle.

C’est un cas aussi unique que celui du triangle 3 4 5 dont il est l’exact analogue mais cette fois en 2 dimensions.

Le pentagone exerce en effet entre les 2 figures antagonistes du carré et du rond une fonction médiatrice comparable à celle de l’hypothénuse 5 réunissant les 2 côtés de l’angle droit.

Donc il contient le signe de reconnaissance de la confrérie pythagoricienne, tel un sceau, il est l’emblème des petits mystères qui sont d’ordre hermétique.

On l’appelait aussi Pentalpha : 5 alphas enlacés. C’est l’initiale d’Athéna…

Le pentagramme lie étroitement le Ciel et la Terre dont il constitue la mesure commune. Il est donc représenté comme un nœud. Les branches sont comme « tressées telles une vannerie.

Ce Nœud symbolise la cohérence universelle inspirant les œuvres d’art de l’Empire puis les monuments romans, gothiques, byzantins, et arabes.

Même la Maçonnerie moderne se souvient du Pentagramme sous forme d’Etoile Flamboyante.

C’est une figure qui est dite « pulsante ».

Platon décrit à partir de l’axe du monde des chaînes lumineuses qui enserrent tte la sphère cosmique dans les liens de la Nécessité comme les cordes entourant les navires. Le pentagramme par triangulation rend indéformable le diagramme du Panthéon et en mesure ttes les parties…

Les diagonales du pentagone convexe donnent l’étoile, au centre on a un pentagone inversé dont les diagonales font une autre nvelle étoile …

Cette alternance indéfinie en sens croissant ou décroissant qui rappelle notamment celle des nbres pairs et impairs symbolise la pulsation de la vie !

Du fait de l’analogie microcosme/macrocosme (l’Univers et l’homme), le Pentagramme est le « nœud vital » éthéré assurant la cohérence du ternaire humain (Esprit, âme, corps). Qd ce lien cesse, c’est la mort. Aussi le Pentagramme est dénommé SANTÉ, (Hygeia).

Les Pythagoriciens nommaient le nombre 5 Gamos (mariage) : capacité expansive du 2 (Yin) + fixité synthétique du nombre 3 (Yang).

Le produit de 2 et 3 est 6 qui symbolise l’expansion universelle (cf 66 et 666). Ainsi 5 et 6 sont des nombres « conjonctifs ». Voir R Guénon l’ésotérisme de Dante.

Mais la capacité la + remarquable du 5 est géométrique :

Le P. quoique impair et donc centré sur l’unité, montre une capacité de croissance (ET DONC DE VIE) comparable à celle de Nbres pairs. Et cette qualité n’appartient qu’à lui seul.

La géométrie est « statique », mais cette « pulsation » se réalise par l’alternance des 2 formes du pentagone, convexe et étoilée.

Cette propriété paradoxale lui vient de l’élément Racine de 5 contenu ds sa formule qui est aussi caractérist. du fameux Nbre d’Or.

Ce dernier est un principe d’accroissement proportionnel à l’œuvre dans les éléments vivants. Il permet en effet à l’organisme vivant de se développer (en quantité), mais en conservant tjs les m proportions (d’ordre qualitatif).

L’organisme grandit sans perdre sa forme, cad sans rien changer de ce qui le définit. Il devient « autre » sans cesser « d’être  lui-même.

C’est en ce sens que pour Platon (Timée), le cosmos se compose d’un mélange de Même et d’Autre.

Le cercle céleste sous-tendu par le Pentagramme est dc tt entier sous la loi du Nbre d’Or. Le triangle de Pythagore est sous-tendu par son hypoténuse.

 

Les côtés valent 33 et 66. En simplifiant par 33, on obtient 1 et 2 et sa diagonale Racine de 5 (th. De Pythagore). On a ainsi par simple tracé les 3 éléments constituant la formule du N d’or : (1+Racine de 5)/2

Le panthéon est dc doté d’une sorte de vie, de rythme propre qu’il partage avec ceux de l’Univers entier !!

C’est ainsi un mystérieux médiateur entre l’ê h° et l’Univers, cad entre microcosme et Macrocosme.

 

Nombre Triangulaire

La Décade jouait le rôle de contenant (synthèse) des 9 premiers nombres. D’où le jeu de mots entre Dékas (dizaine) et Déchas (réceptacle)

Dans la tétraktys, la base « terrestre » = 4, au-dessus vient le 3 principe de la forme, puis le 2 principe de la multiplicité . 1 = Etre universel, Principe de tous les êtres.

 

LA GRUE se dit en grec « géranos », terme apparenté à ceux désignant la Couronne (corona) et même la foudre (Keraunos). On ne peut developper ce symbolisme riche qui rappelle celui de la Sephirah Kether.

 

LE PARADIS TERRESTRE

Dans le diagramme du Panthéon le contact direct entre le Soleil spirituel et la Terre se fait par les 2 pointes inférieures de l’Etoile Flamboyante qui c un compas mesure l’espace terrestre.

 

 

 

Ce contact est purement ponctuel c tjs la présence imperceptible de l’Etre dans les êtres. Il existe dc entre le Ciel et la Terre, un espace qui ne peut ê comble que par un élément jouant le rôle de Pont. (pontife sur le plan subtil)

 

C’est le triangle* qui assure cette fonction de médiation. Sa base est en étroit contact avec la manifestation terrestre. C’est ainsi qu’il achève alors que ses côtés obliques touchent aux 2 rayons inf de l’Astre Divin.

Rappelons que ds le th de Pythagore il existe entre les côtés antagonistes 3 et 4 (cad entre Ciel et Terre), un contact permanent et essentiel, a savoir le Nbre 1, au sommet de l’angle droit alors que l’hypoténuse médiatrice assure une liaison d’ordre simplement existentiel (formel).

ACHEVER dans la lange des maçons = mener le monument à son « chef », au sens de « couronnement ». D’où le sens profond du terme « chef-d’œuvre ».

 

Les 3 formes fondamentales triangle, carré et cercle qui composent notre diagramme cosmique illustrent dc exactement la tradition des 3 « mondes » correspondant à l’ensemble de la manifestation.

Au sommet de la Création, Le Monde de l’Être, origine du Ciel cosmique sous la forme d’un Point. C’est ce Point qui constitue la Porte étroite » à frnachir pour passer « à travers le Soleil » et atteindre le « Sur-être » ce qui définit la Délivrance définitive.

Hyperborée, rapport avec le Nord, décrit les régions polaires, les Pythagoriciens y font remonter leur origine.

Les Bucoliques de Virgile ou Arcadieévoquent la constelllation polaire. Boreas est l’autre nom du Septentrion (sept bœufs romains, Nord)

La déesse Artémis  était servie par des fillettes= ourses. Cela évoque le carctère polaire de la Grande Déesse Vierge. Gageons que des oursonnes et leur guide formaient un groupe de 7 c leurs gdes sœurs les Vestales romaines groupées autour du Pontife.

Boukolos = bouvier en grec, les Boukoloï sont dc en langage ésotérique les gardiens des bœufs cad les fidèles du Pôle universel.

Rapelons que les Templiers sont eux aussi des « Gardiens du pôle ».

 

 

 

A sa base, le monde corporel, décrit comme la « coagulation » (condensation ou solidification) des archétypes subtils.

Entre les 2 l’élément de liaison est précisément le monde subtil décrit c intermédiaire.

 

Figuration des éléments complémentaires du Grand Œuvre = Feu et Eau.

 

 

Le FEU : triangle droit, figure ascendante du fronton. Ce triangle « couvé » par le soleil spirituel connaît de près le feu originel.

 

L’EAU : s’étale en position basse, elle a pour symbole traditionnel la COUPE., elle est dessinée par l’intersection du Ciel et de la Terre à la partie sup de celle-ci. Les 2 éléments antagonistes st dc à la fois séparés et joints par la corde médiatrice 66.

Ce segment est assimilé aussi à une Lune ce qui renforce l’image de la COUPE. Traditionnellement la Lune est le domaine des Eaux. Les âmes si elles descendent du réservoir lunaire elles doivent aussi en remontant passer par là au cours du processus de réintégration. C’est pourquoi la Lune est aussi l’astre des morts.

Ds les Bucoliques, la Délivrance doit avoir lieu ds la Caverne initiatique.

Cette caverne est le modèle de la Loge maçonnique opérative, mais avt tt de l’Athanor alchimique où s’opère l’union des contraires qui doit ramener l’être humain à l’unité principielle et que symbolise le mariage de l’Eau et du Feu.

La COUPE a svt pour complément la Lance modèle de verticalité. Ds les armes de Pallas, le bouclier se substitue à la Coupe.

 

II° Partie Le génie romain

Ch XVII l’apothéose de la Voûte.

L’octogone est traditionnellement présenté c la ROSE DES VENTS.

Sa géométrie en fait un élément de liaison entre le carré figurant la terre (cad) le monde corporel et le cercle, image du monde divin.

C’est cette nature médiatrice qui lui permet de symboliser le monde intermédiaire (psychique ou subtil), celui des « souffles », cad des VENTS.

L’octogone circonscrit figure la transition entre le monde profane (les ténèbres extérieures) et l’espace sacré.

 

Pour le Panthéon, 8 piliers aux angles d’un octogone.

La coupole dédiée à la Vierge Pallas se mesure par le nombre 7 qui lui est consacré. Elle comporte 5 rangées de 28 caissons, nbre multiple de 7. Or la rotonde inf est au contraire vouée au 8 par l’octogone qui la ceinture .

Pour accorder ces 2 mesures il faut conclure un « mariage » symbolique. Elles ont un rayon commun et c ce rayon vaut 56, produit de 7x8, le nbre Pi exerce donc un rôle de médiateur.

Correspond à l’association du Septénaire céleste et de l’Ogdoade h° : la façade du Panthéon c le Parthénon comporte 8 colonnes séparées par 7 portes.

L’Ogdoade est pr les Pythagoriciens le nbre de l’Harmonie subtile incarnée ds les institutions terrestres. L’Heptade symbolise le règne invisible de l’Esprit.

 

Ch XIX

La structure du Panthéon l’apparente à l’instrument alchimique essentiel nommé Athanor.

Pr les Pythagoriciens l’antre est une image du cosmos tt entier issu de l’Ether. L’alambic des alchimistes est un cosmos en réduction.

L’Octogone figure le monde intermédiaire car sa forme représente une transition et un juste milieu entre cercle céleste et carré terrestre.

 

Le trident de Poséidon : c’est le schéma de la lettre Psi, initiale de Psyché dont l’axe central entre les voies de D et G figure le Chemin direct. Ce sceptre image de l’invariable milieu diffère ds peu du caducée d’Hermès et d’Hippocrate lequel est figuré par la lettre Phi. Neptune est le maître des éléments, il régit à la fois les Eaux, les Vents, le Feu et la Terre et sa présence au seuil du Panthéon confirme la fct alchimique du monument.

Le nom même d’Hipocrate (Dompteur de chevaux) est celui d’une école madicale fondée sur l’équilibre des 4 tempéraments. Le medicus est ainsi nommé en tant qu’adepte du « juste milieu ». Ces tempéraments étaient figurés par les chevaux du quadrige apollinien.

 

XXVI Instauration

 

 

Notes

Le divin daphnis (dauphin ?) ds XVI Univers onirique ; daphné (=laurier) 

Année lunaire ou delphique voir l’oracle de Delphes de Marie Delcourt.

99 mois  tout c pour l’année pythagoricienne.

24 septembre 2014

Constellations et légende d'Orphée

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Document Pdf rédigé par Racines et Traditions avec références

 

2 juin 2014

Carlos Castaneda, concepts

Voir les messages suivants pour les sources:

1/ CARLOS CASTANEDA, RÉSUMÉ DE SA PENSÉE D'APRÈS SES OUVRAGES

http://basedonnee.canalblog.com/archives/2014/05/29/29971556.html

2/ CARLOS CASTANEDA, NOTES ET LIENS

http://basedonnee.canalblog.com/archives/2014/04/22/29718926.html

 

DANGER DE LA VOIE

Seul un toqué entreprendrait volontairement la tâche de devenir un homme de connaissance. C'est par la ruse qu'on y engage l'homme équilibré.

Ceux qui veulent entreprendre une telle tâche ne comptent pas... En général, ils sont fêlés...

 

"Une fois que l'homme apprend à voir, il se retrouve seul dans le monde avec rien d'autre que de la folie."

 

C'est seulement en étant un guerrier que l'on peut survivre à la voie de la connaissance, parce que l'art du guerrier est d'équilibrer la terreur d'être un homme avec la merveille d'être un homme.


 

C'est grâce au respect des valeurs éthiques, ce que Castaneda appelle l’impeccabilité, que les nouveaux voyants ont le pouvoir de quitter le connu et de pénétrer sans risques dans l'inconnu.


 

Seul un sentiment de sobriété suprême peut combler les contradictions. Vous pouvez appeler ce pont entre les contradictions tout ce que vous voulez: de l'Art, de l'affection, de la sobriété, de l'amour, ou même de la gentillesse.

 

Dans la vie des guerriers, il est extrêmement naturel d'être triste sans raison manifeste. Un simple aperçu de l'éternité en dehors du cocon suffit à perturber le confort de notre inventaire. La mélancolie qui en résulte est parfois si intense qu'elle peut entraîner la mort. La meilleure façon de se débarrasser de la mélancolie est de se faire plaisir.

 

Le monde que nous croyons voir n'est qu'une image, une description du monde... » Le monde des apparences quotidiennes n'est pas plus réel que l'autre monde —celui des pouvoirs et des énergies— parce que le premier est seulement le «mensonge» que notre conscience élabore dans un état particulier : la conscience éveillée ordinaire.

 

Pour eux, « le monde est une perception » et on n’est que « celui qui perçoit ». Le sens qu'on donne au monde est « l'affaire de chacun » et non seulement une question de culture.


 

Un guerrier prend son sort, quel qu'il soit, et l'accepte avec une humilité ultime. Il accepte avec humilité ce qu'il est, et non comme un motif de regret mais comme un défi de vie.

L'homme moyen cherche la certitude dans les yeux du spectateur et en retire de la confiance en soi. Le guerrier cherche l'impeccabilité à ses propres yeux et appelle cela humilité. L'homme moyen est accroché à ses semblables, tandis que le guerrier n'est accroché qu'à lui-même.

 

Point d'assemblage, force indescriptible

L'homme a besoin, aujourd'hui plus que jamais, d'être enseigné de nouvelles idées qui ont à voir exclusivement avec son monde intérieur - des idées de sorciers, pas d'idées sociales- des idées relatives à l'homme face à l'inconnu, face à sa mort personnelle. Maintenant, plus que toute autre chose, il doit être enseigné sur les secrets de point d'assemblage.

 

Tout mouvement du point d'assemblage est comme de mourir. Tout en nous est déconnecté, puis rebranché à une source de puissance beaucoup plus grande. L'amplification de l'énergie est ressentie comme une angoisse de meurtre. Lorsque cela se produit, il suffit d'attendre. L'explosion de l'énergie va passer. Une fois que vous savez, il n'y a pas de réel danger.

 

Dans le cas de l'inventaire de la première attention, les voyants le prennent, car ils ne peuvent pas désobéir. Mais une fois qu'ils l'ont pris, ils le jettent. La force indescriptible ne commande pas que nous adorions notre inventaire; elle nous ordonne de le prendre, c'est tout.

 

La première attention fonctionne très bien avec l'inconnu. Il bloque; il nie farouchement, tant qu'à la fin, l'inconnu n'existe pas pour la première attention.

La première attention consomme tout l'éclat de la prise de conscience que les êtres humains ont, et pas un iota d'énergie est laissée libre. Ainsi, les nouveaux voyants ont proposé que les guerriers, car ils doivent entrer dans l'inconnu, doivent sauver leur énergie.

Mais où vont-ils obtenir de l'énergie, si tout cela est pris? Ils l'obtiendront de l'éradication d'habitudes inutiles. Éradiquer les habitudes inutiles détache la sensibilisation de l'auto-réflexion et permet la liberté de se concentrer sur autre chose.

 

Les nouveaux voyants disent que, tout d'abord, il faut prendre conscience que le monde que nous percevons est le résultat de nos points d'assemblage situés sur un endroit précis du cocon. Une fois que c'est compris, le point d'assemblage peut se déplacer presque à volonté, à la suite de nouvelles habitudes.

L'endroit précis est déterminé par l'habitude, par des actes répétitifs. D'abord, nous apprenons qu'il peut être placé là et puis nous commandons qu'il soit là. Notre commande devient la commande de la force indescriptible et ce point est fixé là. Considérez ceci très attentivement; notre commande devient la commande de la force indescriptible.

 

Les pratiques de sorcellerie n'ont aucune valeur intrinsèque. Leur valeur est indirecte, leur fonction réelle est de faire le changement du point d'assemblage en libérant ce point du contrôle de la première attention.

Les nouveaux voyants ont réalisé le véritable rôle que ces pratiques de sorcellerie ont joué et ils ont décidé d'aller directement dans le processus permettant que les points assemblage se déplacent, évitant tous les autres non-sens des rites et des incantations.

Pourtant, les rituels et les incantations sont en effet nécessaires à un moment dans la vie de tous les guerriers. Mais seulement à des fins de leurre de la puissance d'auto-absorption de la première attention, qui maintient son point d'assemblage.

L'enchevêtrement obsessionnel de la première attention à l'auto-absorption (ou raison) est une force contraignante puissante, et le comportement rituel, parce qu'il est répétitif, oblige la première attention pour libérer de l'énergie à regarder l'inventaire, à la suite de quoi le point d'assemblage perd sa rigidité.

Lorsque cela arrive, si vous n'êtes pas un guerrier, vous pensez que vous perdez l'esprit. Si vous êtes un guerrier, vous savez que vous êtes devenu fou, mais vous attendez patiemment.

 

Deux options sont ouvertes aux guerriers dont les points assemblage ont changé. La première consiste à reconnaître qu'ils sont malades et à se comporter de manière dérangée, à réagir émotionnellement aux mondes étranges auxquels ce travail les obligent à témoigner; l'autre est de rester impassible, intact, sachant que le point d'assemblage retourne toujours à sa position d'origine.

Si le point d'assemblage ne revient pas à sa position initiale, les gens sont perdus. Ils sont soit irrémédiablement fous, parce que leurs points d'assemblage pourraient ne jamais rassembler le monde que nous connaissons, soit ils sont des voyants hors pair qui ont commencé leur mouvement vers l'inconnu.

Ce qui le détermine, c'est de l'énergie! Impeccabilité! Les guerriers impeccables ne perdent pas leurs billes. Ils restent intacts. Je vous l'ai dit de nombreuses fois que les guerriers impeccables peuvent voir des mondes horribles et l'instant d'après, ils disent une blague, rient avec leurs amis ou avec des inconnus.

 

L'erreur est dans notre réaction émotionnelle, ce qui nous empêche de réaliser que la singularité de nos expériences sensorielles est déterminée par la profondeur à laquelle notre point d'assemblage est entrée dans la bande des émanations de l'homme.

 

La force des émanations fait que notre point d'assemblage sélectionne certaines émanations et les regroupe pour l'alignement et la perception. C'est le commandement de la force indescriptible, mais tout le sens que nous donnons à ce que nous percevons est notre commande, le cadeau de notre magie.

Les nouveaux voyants disent que la position exacte du point d'assemblage est une position arbitraire choisie pour nous par nos ancêtres, il peut se déplacer avec un effort relativement faible; une fois qu'il se déplace, il oblige à de nouveaux alignements des émanations, donc de nouvelles perceptions.

La faim, la fatigue, la fièvre, et d'autres choses de ce genre peuvent avoir un effet similaire.

Si le changement est minime, les résultats sont expliqués comme fantasmes de l'esprit. Si le décalage est considérable, les résultats sont qualifiés d'hallucinations.

L'un des aspects les plus mystérieux de la connaissance des voyants est les incroyables effets de silence intérieur. Une fois le silence intérieur atteint, les liens qui unissent le point d'assemblage à l'endroit précis où il est placé commencent à se briser et le point d'assemblage est libre de se déplacer.

Si le point d'assemblage se déplace au-delà d'une certaine limite, il peut assembler des mondes totalement différents du monde que nous connaissons. Sans assez d'énergie, la force de l'alignement est écrasante. Vous devez avoir de l'énergie pour maintenir la pression d'alignements qui n'ont jamais eu lieu dans des circonstances ordinaires. Les guerriers ont à se former dans le monde à être des témoins impartiaux, afin de comprendre le mystère de soi-même et savourer la joie de trouver ce que nous sommes vraiment.

 

Ce qui rend le chemin du guerrier très dangereux, c'est qu'il est à l'opposé de la situation de vie de l'homme moderne. L'homme moderne a quitté le royaume de l'inconnu et le mystérieux, et s'est installé dans le domaine du fonctionnel. Il a tourné le dos au monde de l'appréhension et de l'exultation, il a accueilli le monde de l'ennui. Pour avoir une chance d'y retourner, le mystère du monde est parfois trop pour les guerriers, et ils succombent; ils sont interceptés par ce que j'ai appelé la grande aventure de l'inconnu. Ils oublient la quête de liberté; ils oublient d'être un impartial témoin. Ils s'enfoncent dans l'inconnu et l'adorent.

 

Les réalisations sont de deux sortes. Dans l'une on a juste de grands éclats d'émotion et rien de plus. L'autre est le produit d'un décalage du point d'assemblage; il n'est pas couplée à une explosion émotionnelle, mais à l'action. Les réalisations émotionnelles viennent plus tard, après que les guerriers ont solidifié, par l'usage, la nouvelle position de leurs points d'assemblage.

 

Afin de laisser les mystères de la sorcellerie se révéler, il est nécessaire pour l'esprit de descendre. L'esprit choisit un moment où un homme est distrait, accessible, et, ne montrant aucune pitié, l'esprit permet sa présence en elle-même de déplacer le point d'assemblage de l'homme à une position spécifique. Cet endroit est connu par les sorciers comme le lieu d'aucune pitié. La cruauté devient, de cette façon, le premier principe de la sorcellerie.
Le premier principe ne doit pas être confondu avec le premier effet de l'apprentissage de la sorcellerie, qui est le décalage entre la conscience normale et accrue.

 

Selon toutes les apparences, le changement du point d'assemblage est la première chose qui se passe réellement pour un apprenti de la sorcellerie. Ainsi, il est naturel pour un apprenti de supposer que c'est le premier principe de la sorcellerie. Mais il ne l'est pas. Némésis est le premier principe de la sorcellerie. Ce que nous devons faire pour permettre à la magie de s'emparer de nous est de bannir le doute de nos esprits. Une fois que les doutes sont bannis, tout est possible.

 

Nos points d'assemblage sont en constante évolution, sujets à des changements imperceptibles. Afin que nos points d'assemblage se déplacent vers des endroits précis nous devons engager l'intention.

 

TRAQUE

Les sorciers, dans un effort pour se protéger de l'effet écrasant de la connaissance silencieuse, ont développé l'art de la traque. Traquer déplace le point d'assemblage minutieusement mais sûrement, donnant ainsi sorciers le temps et donc la possibilité de se réétayer. Dans l'art de la traque, il y a une technique que les sorciers utilisent beaucoup: la folie contrôlée. Les sorciers affirment que la folie contrôlée est la seule façon qu'ils ont de traiter avec eux-mêmes - de leur état de conscience et perception élargie - et avec tout le monde et tout le monde des affaires quotidiennes. La folie contrôlée est l'art de la tromperie contrôlée ou l'art de faire semblant d'être immergé complètement dans l'action. La folie contrôlée n'est pas une tromperie pure et simple, mais une manière artistique sophistiquée d'être séparé de tout, tout en restant partie intégrante de tout. Contrôler la folie est un art. Un art très gênant, et difficile à apprendre, il faut beaucoup d'énergie pour l'exercer. Au moment où nous arrivons à la sorcellerie, notre personnalité est déjà formée et tout ce que nous pouvons faire est la pratique contrôlée de la folie et rire de nous-mêmes.



 

MAÎTRE, SORCIER

La première tâche d'un maître est d'introduire l'idée que le monde que nous croyons voir n'est qu'une image, une description du monde... » Le monde des apparences quotidiennes n'est pas plus réel que l'autre monde, celui des pouvoirs et des énergies parce que le premier est seulement le «mensonge» que notre conscience élabore dans un état particulier : la conscience éveillée ordinaire.

 

Pour les sorciers, « le monde est une perception » et on n’est que « celui qui perçoit». Le sens qu'on donne au monde est «l'affaire de chacun » et non seulement une question de culture.


 

Regarder le paysage autour de nous: les montagnes au loin, ou le lit de la rivière, ou le désert. Les sorciers font que plus rien ne compte sauf ce que leurs yeux peuvent absorber. De cette façon, ils se déchargent de tout le superflu.

 

Les sorciers font face aux choses d'une manière différente. Comme ils n'ont pas de temps à perdre, ils se donnent entièrement à ce qui est devant eux. Vos turbulences sont le résultat de votre manque de sobriété.

 

L'intérieur de chaque être humain est un gigantesque lac sombre de connaissance silencieuse que chacun de nous pourrait deviner. Les sorciers sont les seuls êtres sur terre qui vont délibérément au-delà du niveau intuitif grâce à la formation pour faire deux choses transcendantes: la première concevoir l'existence du point d'assemblage, la seconde de mettre en mouvement ce point d'assemblage.

Les connaissances les plus sophistiquées que les sorciers possèdent sont notre potentiel en tant que perception des êtres, et la connaissance que le contenu de la perception dépend de la position du point d'assemblage.

 

Lorsque l'assemblage se déplace de point et atteint la place de pas de pitié, la position de la rationalité et de bon sens devient faible.

 

Les sorciers croient que lorsque l'homme a pris conscience qu'il savait, et voulait être conscient de ce qu'il savait, il a perdu de vue ce qu'il savait. Cette connaissance silencieuse, que vous ne pouvez pas décrire, est, bien sûr, l'intention - l'esprit, l'abstrait. L'erreur de l'homme était de vouloir le connaître directement, de la façon dont il connaissait la vie quotidienne.

L'homme a abandonné la connaissance silencieuse pour le monde de la raison. Plus il s'accroche au monde de la raison, plus l'intention devient éphémère.

 

L'homme antique connaissait, de la façon la plus directe, ce qu'il faut faire et comment le faire au mieux. Mais, car il a si bien joué, il a commencé à développer un sentiment d'ipséité, qui lui a donné le sentiment qu'il pouvait prévoir et planifier les actions. Et c'est ainsi que l'idée d'un individu "autonome" est apparue; un moi individuel qui a commencé à dicter la nature et la portée des actions de l'homme.

Comme le sentiment du moi individuel est devenu plus fort, l'homme a perdu son lien naturel avec la connaissance silencieuse. La raison du cynisme et du désespoir de l'homme est le peu de connaissance silencieuse en lui.

La connaissance silencieuse fait deux choses: l'une, elle donne à l'homme une idée de son ancienne connexion à la source de tout; et de deux, elle fait que l'homme sans cette connexion n'a aucun espoir de paix, de satisfaction, de réalisation.

 

Les sorciers sont les artistes qui sont coachés par l'esprit lui-même. La raison de l'enseignant pour la formation d'un apprenti comme il le fait, c'est la liberté. Il veut leur liberté de convention perceptive. Et il leur apprend à être des artistes. Pour un sorcier, car il n'est pas un patron ou un vendeur d'art, la seule chose d'importance à propos d'une œuvre d'art, c'est qu'elle peut être accomplie.


 

La guerre, pour un guerrier, c'est la lutte totale contre ce soi individuel qui a privé l'homme de son pouvoir.

Némésis est la prémisse la plus fondamentale de la sorcellerie. Tout mouvement du point d'assemblage signifie un mouvement loin de la préoccupation excessive de soi-même (auto-individuelle).

L'auto-importance est la force générée par l'image de soi de l'homme. C'est cette force qui maintient le point d'assemblage fixé où il est à l'heure actuelle. Pour cette raison, l'objectif du guerrier est de détrôner sa propre importance.

 

Les sorciers ont démasqué l'auto-importance. L'apitoiement sur soi est le véritable ennemi et la source de la misère de l'homme. Sans une certaine pitié pour lui-même, l'homme ne pourrait pas se permettre d'être autant imbu de sa propre importance. Cependant une fois que la force de sa propre importance est engagée, il développe sa propre dynamique. Et c'est cette nature apparemment indépendante de sa propre importance qui lui donne son faux sentiment de valeur.

 

Un nagual dans son rôle de chef de file ou d'enseignant doit se comporter de la façon la plus efficace, mais en même temps la plus impeccable. Comme il n'est pas possible pour lui de planifier le cours de ses actions de manière rationnelle, le nagual laisse toujours l'esprit de décider son cours.

Pour un sorcier, la cruauté n'est pas la cruauté. Némésis est le contraire de l'apitoiement sur soi ou l'auto-importance. Némésis est la sobriété. L'augmentation de l'énergie des sorciers, provenant de la réduction de leur auto-réflexion, permet à leurs sens une plus grande gamme de perception. La seule solution valable de l'action, que ce soit pour des sorciers ou des hommes moyens, est de limiter notre engagement avec notre propre image. Un des apports du nagual à ses apprentis est l'éclatement de leur miroir d'auto-réflexion. Chacun de nous a un degré différent d'attachement à son auto-réflexion. Et cet attachement est ressenti comme nécessaire.

 

La seule aide concrète que vous aurez de moi, c'est que je m'attaque à votre auto-réflexion. Si ce n'était pas cela, vous perdriez votre temps. Je vous ai enseigné toutes sortes de choses afin de piéger votre attention.

Il y a très peu de valeur dans l'enseignement. Les sorciers affirment que le déplacement du point d'assemblage est tout ce qui compte. Et ce mouvement dépend de l'augmentation de l'énergie et non de l'enseignement.

 

Lorsque l'auto-importance est réduite, l'énergie qu'il faut n'est plus dépensée. Cette énergie accrue sert alors de tremplin qui lance le point d'assemblage, automatiquement et sans préméditation, dans un voyage inconcevable. Une fois que le point d'assemblage a été déplacé, le mouvement lui-même entraîne le déplacement de l'auto-réflexion, qui à son tour, assure une claire articulation à l'esprit.

Après tout, c'est l'auto-réflexion qui a déconnecté l'homme de l'esprit en premier lieu. La sorcellerie est un voyage de retour. Nous revenons victorieux à l'esprit, après être descendu aux enfers. Et de l'enfer nous rapportons des trophées. La compréhension est l'un de nos trophées. Notre difficulté dans cette simple progression est que la plupart d'entre nous ne sont pas disposés à accepter que nous ayons si peu besoin de s'accorder.

Nous sommes orientés à attendre de l'instruction, de l'enseignement, des guides, des maîtres. Et quand on nous dit que nous n'avons besoin de personne, nous ne le croyons pas. Nous devenons nerveux, alors méfiants, et enfin en colère et déçus. Si nous avons besoin d'aide, ce n'est pas dans les méthodes, mais en mettant l'accent. Si quelqu'un nous fait prendre conscience que nous devons réduire notre importance, l'aide est réelle.

 

Le monde de notre auto-réflexion ou de notre esprit est très fragile et est maintenu par quelques idées clés qui servent son ordre sous-jacent. Lorsque ces idées échouent, l'ordre sous-jacent cesse de fonctionner. La continuité est l'idée clé. La continuité est l'idée que nous sommes un bloc solide. Dans notre esprit, ce qui soutient notre monde est la certitude que nous sommes immuable.

 

Les sorciers, parce qu'ils sont des harceleurs comprennent le comportement humain à la perfection. Ils comprennent, par exemple, que les êtres humains sont des créatures de l'inventaire. Connaître les tenants et aboutissants d'un inventaire particulier est ce qui rend un homme savant ou expert dans son domaine.

Les sorciers savent que lorsque l'inventaire d'une personne moyenne échoue, la personne soit élargit son inventaire soit son monde s'effondre de l'auto-réflexion. La personne moyenne est prête à intégrer de nouveaux éléments dans son inventaire s'ils ne contredisent pas l'ordre sous-jacent de l'inventaire. Mais si les éléments contredisent cet ordre, l'esprit de la personne s'effondre. L'inventaire est l'esprit. Les sorciers comptent sur cela quand ils tentent de briser le miroir de l'auto-réflexion.

 

La continuité est si importante dans nos vies que si ça casse, elle est toujours immédiatement réparée. Dans le cas des sorciers, cependant, une fois que leurs points d'assemblage parviennent au lieu d'aucune pitié, la continuité n'est jamais la même. Vous avez affaire à un nouveau type de continuité. Il faut du temps pour s'habituer à elle. Les guerriers passent des années dans les limbes où ils ne sont ni des hommes ni des moyens sorciers. La difficulté est que le miroir de l'auto-réflexion est extrêmement puissant et ne laisse ses victimes aller qu'après une lutte féroce.

 

Les guerriers font de leur mieux, et puis, sans aucun remords ou regret, ils se détendent et permettent de l'esprit décider de l'issue. La décision de l'esprit est un autre noyau de base.

 

Le grand tour des sorciers est d'être conscients qu'ils sont morts. Leur billet pour l'impeccabilité doit être enveloppé dans la conscience. Dans cet emballage, les sorciers disent, leur billet est maintenu en parfait état. Les explications ne sont jamais perdues, car elles sont imprimées en nous pour une utilisation immédiate ou ultérieure, ou pour aider à préparer le chemin pour parvenir à la connaissance silencieuse.

La connaissance silencieuse est une position générale du Point d'Assemblage. Il y a des siècles, c'était la position normale de l'homme, mais, pour des raisons qui seraient impossibles à déterminer, le point d'assemblage de l'homme s'est éloigné de cet endroit précis et a adopté une nouvelle position appelée «raison». L'endroit sans pitié, étant une autre position du point d'assemblage, est le précurseur de la connaissance silencieuse, et encore une autre position du point d'assemblage appelée « le lieu de préoccupation », est le précurseur de la raison.

 

Peut-être que tout être humain dans des conditions normales de vie a eu à un moment ou un autre la possibilité de rompre les liaisons de convention. Je ne veux pas dire la convention sociale, mais les conventions liant notre perception. Un moment d'exaltation suffirait à déplacer nos points d'assemblage et à briser nos conventions. De même, un moment de frayeur, la mauvaise santé, la colère ou le chagrin. Mais habituellement, chaque fois que nous avons la chance de passer nos points d'assemblage nous avons pris peur. Nos milieux académiques, sociaux, religieux entrent en jeu. Ils assurent notre retour dans le troupeau avec le retour de nos points d'assemblage à la position prescrite de vie normale.

 

Tous les mystiques et les maîtres spirituels que vous connaissez ont fait exactement cela: leurs points d'assemblage se sont déplacés, soit grâce à la discipline ou à un accident, jusqu'à un certain point; puis ils sont revenus à la normale portant une mémoire qui leur a duré toute une vie.

L'homme moyen, incapable de trouver l'énergie de percevoir au-delà de ses limites quotidiennes, appelle le domaine de l'extraordinaire sorcellerie de la perception, « sorcellerie », ou œuvre du diable et le rejette, sans l'examiner plus avant.

Il n'y a pas de sorcellerie, aucun mal, aucun diable. Il n'y a qu'une perception.

Votre point d'assemblage peut aller au-delà du lieu de « pas de pitié » dans le lieu de connaissance silencieuse. Le manipuler vous-même signifie que vous avez assez d'énergie pour le déplacer entre la raison et la connaissance silencieuse à volonté. Si un sorcier a suffisamment d'énergie - ou même si il n'a pas l'énergie suffisante mais doit passer parce que c'est une question de vie ou de mort - il peut varier entre la raison et la connaissance silencieuse.

A ce stade de votre développement, tout mouvement de votre point d'assemblage sera toujours un mystère. Votre défi au début de votre apprentissage est de maintenir vos gains, plutôt que de raisonner dessus. À un certain point tout fera sens pour vous.

 

Une forte fièvre peut déplacer le point d'assemblage. La faim ou la peur ou l'amour ou la haine pourraient le faire; trop de mysticisme, et aussi une intention inflexible, ce qui est la méthode préférée des sorciers. L'intention inflexible est une sorte de simple disposition d'esprit des êtres humains; un but extrêmement bien défini pas décommandé par des intérêts ou des désirs contradictoires; l'intention inflexible est aussi la force engendrée lorsque le point d'assemblage est maintenu fixé dans une position qui n'est pas une habitude.

Un changement est un petit mouvement dans la bande de champs d'énergie que nous percevons comme le monde de la vie quotidienne.

Les sorciers voient l'intention inflexible comme le catalyseur pour déclencher leurs décisions immuables, ou l'inverse: leurs décisions immuables sont le catalyseur qui propulsent leurs points d'assemblage vers de nouvelles positions, positions qui à leur tour engendrent l'intention inflexible.

Nos points de référence sont obtenus principalement à partir de notre perception des sens. Nos sens perçoivent et différencient ce qui est immédiat pour nous de ce qui n'est pas. En utilisant cette distinction fondamentale nous extrapolons le reste. Afin d'atteindre un troisième point de référence, il faut percevoir deux endroits à la fois. La perception normale a un axe. "Ici et là" sont les périmètres de cet axe, et nous sommes partiels à la clarté de «ici». Dans la perception normale, seulement «ici» est perçu complètement, instantanément et directement. Son référent jumeau, "là" n'a pas d'immédiateté. Lorsque nous percevons deux endroits à la fois, la clarté totale est perdue, mais la perception immédiate de "là" est acquise.

Chaque apprenti doit toujours faire tout ce qui est en son pouvoir pour favoriser la libre circulation de son point d'assemblage. Cet effort tous azimuts est énigmatiquement appelé " Tendre la main pour le troisième point".

Le troisième point de référence est la liberté de la perception; c'est l'intention ; c'est l'esprit; le saut de la pensée dans le miraculeux; l'acte d'atteindre au-delà de nos frontières et toucher l'inconcevable.

 

Depuis que nos esprits sont dans notre rationalité, et notre rationalité est dans notre auto-réflexion, rien au-delà de notre auto-réflexion soit nous consterne ou nous attire, selon le type de personnes que nous sommes.

Le problème spécifique des sorciers est double. L'un est l'impossibilité de rétablir une continuité brisée; l'autre est l'impossibilité d'utiliser la continuité dictée par la nouvelle position de leurs points d'assemblage. Cette nouvelle continuité est toujours trop fragile, trop instable, et n'offre pas la garantie dont ils ont besoin pour fonctionner comme s'ils étaient dans le monde de la vie quotidienne. Les sorciers ne résolvent pas ce problème. L'esprit soit décide pour nous ou non. Si c'est le cas, un sorcier se retrouve agissant dans le monde des sorciers, mais sans savoir comment. C'est la raison pour laquelle j'ai insisté, l'impeccabilité est tout ce qui compte. Un sorcier vit une vie irréprochable et qui semble faire signe à la solution.

 

Il y a une énorme différence entre les pensées et les actes des hommes de l'antiquité et ceux des hommes modernes. Les hommes de l'Antiquité avaient une vision très réaliste de la perception et de la conscience parce que leurs points de vue découlaient de leurs observations de l'univers qui les entourait. Les hommes modernes, en revanche, ont une vue absurdement irréaliste de la perception et de la conscience parce que leur point de vue découle de leurs observations de l'ordre social et de leurs relations avec lui.

 

CONFRONTATION A LA MORT

L'idée de la mort est la seule chose qui apaise notre esprit.

 

La véritable clé de l'évolution de conscience, seul moyen de chasser notre désespoir d'être un homme, d'être tel que nous sommes, faible et limité par le temps, c'est la prise de conscience de notre mort.

C'est la seule chose capable de nous donner la force de résister à la contrainte, à la souffrance de nos vies et à nos craintes face à l'inconnu.

 

Ainsi, pour être un guerrier un homme doit être, tout d'abord, et à juste titre, très conscient de sa propre mort. Mais se sentir concerné par la mort pourrait obliger chacun d'entre nous à se concentrer sur lui-même et ce serait débilitant. Donc, il faut aussi pratiquer le détachement. L'idée d'une mort imminente, au lieu de devenir une obsession, devient une indifférence.

Vous devez vous détacher; vous détacher de tout. Seule l'idée de la mort rend un homme assez détaché, il est donc incapable de s'abandonner à quelque chose et il ne peut pas se refuser quoi que ce soit. Un homme de ce genre, cependant, n'a pas envie, car il a acquis une convoitise silencieuse pour la vie et pour toutes les choses de la vie. Il sait que sa mort le traque et ne lui donnera pas le temps de s'accrocher à quelque chose, il essaie donc tout, sans envie.

 

Un homme détaché, qui sait qu'il n'a pas la possibilité d'empêcher sa mort, n'a qu'une chose pour lui: la puissance de ses décisions. Il doit être, pour ainsi dire, le maître de ses choix. Il doit bien comprendre que son choix est de sa responsabilité et une fois qu'il le fait, il n'est plus temps pour les regrets ou récriminations. Ses décisions sont sans appel, tout simplement parce que sa mort ne lui permet pas le temps de s'accrocher à quoi que ce soit.

Et donc avec la prise de conscience de sa mort, avec son détachement, et avec la puissance de ses décisions un guerrier met sa vie en jeu d'une manière stratégique. La puissance de ses décisions finales le rend capable de choisir sans regrets et ce qu'il choisit est toujours stratégiquement le meilleur; et ainsi il exécute tout ce qu'il a à faire avec enthousiasme et efficacité.

 

La mort est le seul conseiller sage que nous avons. Chaque fois que vous sentez, comme vous le faites toujours, que tout va mal et que vous êtes sur le point d'être anéanti, pensez à votre décès et demandez si c'est le cas. Votre mort vous dira que vous avez tort; que rien ne compte vraiment en dehors de son contact.

Pensez à votre mort maintenant. Elle est à bout de bras. Elle peut vous frapper à n'importe quel moment, vraiment vous n'avez pas le temps pour des pensées et les humeurs de merde. Aucun de nous n'a le temps pour ça. La seule chose qui compte, c'est l'action, agir au lieu de parler.

 

 

SILENCE INTÉRIEUR

La technique d'« interrompre le dialogue intérieur » est la clé du monde des sorciers.


C'estle dialogue intérieur qui maintient le point d'assemblage fixé à sa position d'origine (qui correspond à la vision ordinaire du monde). Lorsque le point d'assemblage se déplace, l'humain voit autre chose. (comme voyant). Si le déplacement est minime, il s'agit de fantaisies de l'esprit. S'il est important, il s'agit d'hallucinations.

Notre bavardage intérieur maintient le monde autour de nous, nous l'entretenons tel que nous le percevons avec notre bavardage intérieur.

 

CHEMIN DU COEUR

Votre décision de garder le chemin ou de le laisser, doit être libérée de la peur ou de l'ambition.

Cette question est l'une que seul un très vieil homme demande. Est-ce que ce chemin a un cœur? Tous les chemins sont les mêmes: ils ne mènent nulle part.

Est-ce que ce chemin a un cœur? Si c'est le cas, le chemin est bon; sinon il n'est d'aucune utilité. Les deux chemins ne mènent nulle part; mais avec l'un on fait un voyage joyeux; aussi longtemps que vous le suivez, vous êtes un avec lui. L'autre vous fera maudire votre vie. L'un vous fait fort; l'autre, vous affaiblit.

 

Le chemin du coeur est un chemin se mêlant aux joies et aux tristesses du monde. Ce monde, où chacun d'entre nous est relié aux niveaux moléculaires à toutes les autres merveilles et manifestations dynamiques de l'être - ce monde est le véritable terrain de chasse du guerrier.

 

 

VOIE DU GUERRIER

1/ Nous sommes des Perceveurs.

2/NOUS SOMMES TELS QUE NOUS AVONS ETE CONÇUS. (donc avec +/- d'énergie disponible)

Il est important de devenir avare d'énergie, s'abstenir de s'engager dans des modèles de comportement qui demandent une énergie que nous n'avons pas.

Les guerriers luttent pour ramener leurs qualités de perception vers une origine plus englobante que la perception quotidienne ordinaire.

3/ LA PERCEPTION DOIT ETRE INTENTIONNELLE DANS SA TOTALITE. La perception est dénuée de bien ou de mal.

La réinterprétation de l'énergie directe telle qu'elle s'écoule dans l'univers doit être faite par un homme en possession de ces deux parties essentielles : le corps physique et le corps d'énergie.

Il faut donner son corps afin de pouvoir pénétrer dans la véritable connaissance... »

Le programme du guerrier est de parvenir à un équilibre très subtil de forces négatives et positives. Il ne doit pas tout maîtriser mais il doit tenter de faire face à toute situation de façon impeccable (en accomplissement de sa mission sacrée).

 

Le « guerrier » accepte son sort avec une profonde humilité. Celle-ci n'est pas l'humilité du mendiant, mais elle l'empêchera toujours de dominer par son savoir qui que ce soit.
Un guerrier ne peut non plus se plaindre. Sa vie est un défi perpétuel et les défis ne peuvent pas être vraiment bons ou mauvais.

Don Juan lui demande d'être préparé à mourir lorsqu'il viendra le voir, car s'il est prêt à mourir, il n'y aura ni pièges, ni surprises mal venues, ni actes inutiles.

 

Tonal et nagual

Le tonal est tout ce que nous pouvons nommer, tandis que le nagual est le reste, l'innommable. Le tonal fait le monde parce qu'il en est le témoin et parce qu'il juge d’après ses propres règles.

 

Le tonal est comme la surface d'une table, comme une île où tout est. Cette île est le monde objectif, ce qui est le plus proche à nos sens, ce que nous pouvons percevoir.

Tandis que le nagual est le monde subjectif, tout ce qui est caché à nos sens endormis.


 

Dieu lui-même fait partie du tonal personnel de chaque être humain, ainsi que du tonal de chaque époque. Le tonal a beau exercer un contrôle très habile, ce qui importe c'est que le nagual émerge. Sa manifestation, cependant, passe inaperçue.

 

INTENTION

Impossible d'être concret et utilitariste envers cette force vibratoire (l'intention qui en même temps rend tout vivant et met tout en place ), donc seule alternative raisonnable: devenir conscient de cette force sans autre but en tête que l'élégance et le bien-être qu'apporte la connaissance.

Tout ce dont on a besoin pour l'atteindre c'est le silence intérieur ; le seul lien valable que nous puissions avoir, c'est celui avec cette force, et non pas avec une personne.

 

L’intention, qui meut les individus et l’univers.

Les sorciers la décrivent comme une force perpétuelle qui imprègne l'univers tout entier ; une force qui est consciente d'elle-même, et peut répondre aux suggestions ou à l'ordre des sorciers. C'est cet acte d'utiliser l'intention qu'ils appellent "avoir l'intention". Grâce à l'intention ils disent qu'ils sont capables de libérer non seulement toutes les possibilités humaines de perception, mais aussi toutes les possibilités humaines d'action.

(Avoir l'intention ou) intentionnalité : c'est "l'acte tacite de remplir les espaces vides laissés par la perception sensorielle directe, ou l'acte d'enrichir les phénomènes observables au moyen de l'intention."

 

Le monde que l'on sait sentir comme «intuition» est l'activation de notre lien avec l'intention.Et comme les sorciers poursuivent délibérément la compréhension et le renforcement de ce lien, on peut dire qu'ils devinent avec précision. La lecture des présages est monnaie courante pour les sorciers - des erreurs se produisent seulement quand les sentiments personnels interviennent et obscurcissent le lien de connexion avec l'intention des sorciers. Sinon, leur connaissance directe est tout à fait exacte et fonctionnelle.

 

La difficulté c'est notre réticence à accepter l'idée que la connaissance peut exister sans mots pour l'expliquer. L'acceptation de cette proposition n'est pas aussi facile que de dire que vous l'acceptez. L'ensemble de l'humanité s'est éloignée de l'abstrait. Il faut des années pour un apprenti pour pouvoir retourner à l'abstrait, c'est-à savoir que la connaissance et la langue peuvent exister indépendamment les uns des autres.

 

Par exemple, une description de ce qui se passe lors de la réunion initiale entre un nagual et un apprenti potentiel du point de vue des sorciers, serait absolument incompréhensible. Il serait absurde d'expliquer que le nagual, en raison de sa longue expérience, se concentre sur quelque chose que nous ne pouvons pas imaginer, son attention seconde - la prise de conscience acquise par la formation de la sorcellerie - sur son lien invisible avec un abstrait indéfinissable. Il fait cela pour souligner et clarifier le cadre invisible de quelqu'un d'autre.

 

Nous, les hommes moyens ne savons pas, et nous ne serons jamais en mesure de le savoir, que c'est quelque chose d'absolument réel et fonctionnel - notre lien de rattachement avec l'intention - qui nous donne notre préoccupation héréditaire par rapport au destin. Au cours de nos vies actives nous n'avons jamais l'occasion d'aller au-delà du simple niveau de préoccupation, car depuis des temps immémoriaux l'accalmie des affaires quotidiennes nous a fait somnolents.

Ce n'est que lorsque nos vies sont presque finies que notre préoccupation héréditaire avec le destin commence à prendre un caractère différent. Il commence à nous le faire voir à travers le brouillard des affaires quotidiennes. Malheureusement, cette prise de conscience vient toujours de pair avec la perte d'énergie causée par le vieillissement, quand nous n'avons plus de force pour tourner notre préoccupation vers une découverte pragmatique et positive. À ce stade, tout ce qu'il reste est une angoisse amorphe qui perce, un désir de quelque chose d'indescriptible, et la simple colère d'avoir manqué quelque chose.

 

Les sorciers disent que la prise de conscience est le portail d'intention. Et ils l'utilisent en tant que tel. Pensez-y. Vous devez atteindre le point où vous comprenez ce qu'est l'intention. Et, par-dessus tout, vous devez comprendre que cette connaissance ne peut pas être mise en mots. Cette connaissance est là pour tout le monde. Elle est là à se faire sentir, pour être utilisée, mais pas être expliquée. On peut y entrer par l'évolution des niveaux de prise de conscience, par conséquent, une sensibilisation accrue est une entrée. Mais même l'entrée ne peut pas être expliquée. On ne peut en faire usage.
La connaissance naturelle de l'intention est accessible à tous, mais le commandement appartient à ceux qui la sonde. 


 

La Volonté est la force qui maintient les émanations de la force indescriptible séparées et elle n'est pas seulement responsable de notre conscience, mais aussi de tout l'univers. Cette force a une conscience totale et elle vient dans les champs mêmes de l'énergie qui font l'univers. L'Intention est un nom plus approprié pour cela que la volonté. À long terme, cependant, le nom se révèle désavantageux, parce qu'il ne décrit pas son importance écrasante ni la connexion de vie qu'il a avec tout dans l'univers.


Notre grand défaut collectif est que nous vivons nos vies faisant complètement abstraction de cette connexion. L'agitation de nos vies, de nos intérêts sans relâche, les préoccupations, les espoirs, les frustrations et les peurs ont la préséance, et sur une base quotidienne, nous ne sommes pas conscients d'être lié à tout le reste.
Être chassés du jardin d'Eden sonne comme une allégorie de perdre notre connaissance silencieuse, notre connaissance de l'intention. La sorcellerie, alors, est un retour à l'origine, un retour au paradis.

 

L'esprit est la force qui soutient l'univers. L'intention n'est pas quelque chose qu'on pourrait utiliser ou commander ou déplacer de n'importe quelle manière - néanmoins, on pourrait l'utiliser, la commander, ou la déplacer comme un désir. Cette contradiction est l'essence de la sorcellerie. Ne pas le comprendre a apporté à des générations de sorciers une douleur et une tristesse inimaginables. Les naguals modernes, dans un effort pour éviter de payer ce prix exorbitant dans la douleur, ont mis au point un code de conduite appelé la voie du guerrier, ou l'action impeccable, qui prépare sorciers en améliorant leur sobriété et leur réflexion. Les sorciers se préoccupent exclusivement de ce que leur lien de rattachement avec l'intention doit les libérer pour allumer le feu de l'intérieur.
Tous les sorciers modernes auront à lutter farouchement pour obtenir la solidité de l'esprit. La sorcellerie est une tentative pour rétablir notre connaissance de l'intention et en retrouver l'usage sans y succomber.

 

LÂCHER L'EGO

Aussi longtemps que tu te croiras important, tu ne pourras pas apprécier le monde qui t’entoure, révèle Don Juan à Carlos. Tu seras comme un cheval avec des œillères, tu ne verras que toi séparé du reste », et non la complicité malicieuse qui nous unit à l’univers, et ne peut que nous inciter à ne pas nous prendre trop au sérieux. DONC CULTIVER L'HUMOUR ++

 

Vous pensez trop à vous-même et cela vous donne une fatigue étrange qui vous coupe du monde autour de vous et vous fait vous accrocher à vos arguments. Se sentir important fait un lourd, maladroit, et vain. Pour être un homme de connaissance, il faut être clair et fluide.

 

Il faut réduire au minimum tout ce qui est inutile dans sa vie.

 

Ce qui nous épuise habituellement, c'est l'usure de notre propre importance. Tout homme qui a un iota de fierté est déchiré par fait de se sentir inutile.

 

La suffisance est notre plus grand ennemi.

Notre suffisance nous contraint à passer la plus grande partie de notre vie à être offensé par nos semblables (actes, paroles, méfaits...) C'est ce qui nous affaiblit le plus.

Freiner la suffisance c'est comprendre que la réalité est une interprétation que nous élaborons nous-mêmes/ Donc NE PAS SE PRENDRE AU SÉRIEUX!

Les petits tyrans ont le pouvoir de persécuter, faire souffrir. Grâce à tout cela tu apprends le détachement, cela t'aide à te débarrasser de l'orgueil et à prendre conscience du fait que l'impeccabilité est la seule chose qui compte sur le chemin de la connaissance. Et ce n'est rien d'autre que le bon usage de l'énergie.

Face aux petits tyrans, les guerriers ont une stratégie bien conçue (ils observent le comportement du tyran au lieu de seulement le subir, ils comprennent son fonctionnement).

 

Garder le moral quand vous êtes bafoués, c'est garder le contrôle.

 

L'Auto-importance est un monstre qui a trois mille têtes. Et on peut y faire face et le détruire selon l'une des trois façons. La première façon est de couper chaque tête une à la fois; la seconde est de parvenir à cet état mystérieux appelé le lieu sans pitié, qui détruit sa propre importance en l'affamant lentement; et le troisième est de payer pour l'anéantissement instantané du monstre à trois mille têtes avec sa mort symbolique. 
Considérez-vous chanceux si vous avez la chance de choisir. Car c'est l'esprit qui détermine généralement de quelle manière le sorcier doit y d'aller, et il est du devoir du sorcier de suivre.


 

Rien ne peut tempérer l'esprit d'un guerrier autant que le défi de traiter avec des gens impossibles dans des positions de pouvoir. Ce n'est que dans ces conditions que les guerriers peuvent acquérir la sobriété et la sérénité pour résister à la pression de l'inconnaissable.

 

Les mots sont très puissants et importants et sont la propriété magique de celui qui les a. Les sorciers ont une règle d'or: ils disent que plus profond le points d'assemblage se déplace, plus on a le sentiment de connaissances et pas de mots pour l'expliquer. Parfois, le point d'assemblage de personnes moyennes peut se déplacer sans une cause connue et sans qu'ils en soient conscients, sauf qu'ils deviennent muets, confus et évasifs.

 

Chaînes d'auto-réflexion.

Couper nos chaînes est merveilleux, mais aussi très souhaitable, car personne ne veut être libre. Quel étrange sentiment: se rendre compte que tout ce que nous pensons, tout ce que nous disons dépend de la position du point d'assemblage. Le secret de nos chaînes, c'est qu'elles nous emprisonnent, mais en nous tenant épinglés sur notre place confortable de l'auto-réflexion, ils nous défendent contre les assauts de l'inconnu.
Une fois que nos chaînes sont coupées, nous ne sommes plus liés par les préoccupations du monde de tous les jours. Nous sommes encore dans le monde de tous les jours, mais nous n'y appartenons plus. Pour en faire partie nous devons partager les préoccupations des gens. Et sans chaînes nous ne pouvons pas.

 

Si vous n'avez pas d'antécédents personnels, pas d'explications sont nécessaires; personne est en colère ou déçu par vos actes. Et surtout personne ne vous entraîne vers le bas avec ses pensées. Il est préférable d'effacer toute l'histoire personnelle parce que cela nous libère de la pensée grevant d'autres personnes.

 

A partir de maintenant vous devez tout simplement montrer aux gens ce que vous vous souciez de leur montrer, mais sans jamais dire exactement comment vous l'avez fait. Vous voyez, nous n'avons que deux alternatives; soit nous prenons tout pour nous et réel, ou nous ne le faisons pas. Si nous suivons la première, nous nous retrouvons à nous ennuyer à mourir avec nous-mêmes et avec le monde. Si nous suivons la seconde et effaçons l'histoire personnelle, nous créons un brouillard autour de nous, un état très excitant et mystérieux dont personne ne sait où le lapin va sortir, pas même nous-mêmes.

Lorsque rien n'est sûr, nous restons attentifs, perpétuellement sur le qui-vive. Il est plus excitant de ne pas savoir derrière quel buisson le lapin se cache que de se comporter comme si nous savions tout.

 

Tant que vous sentez que vous êtes la chose la plus importante dans le monde, vous ne pouvez pas vraiment apprécier le monde autour de vous.

Pour vous aider à perdre votre auto-importance, parlez à de petites plantes. Ce n'est pas grave ce que vous dites à une plante, ce qui est important, c'est le sentiment de l'aimer, et de la traiter comme un égal.

Le monde autour de nous est un mystère, et les hommes ne sont pas mieux que toute autre chose.

 

Avant de prendre une décision pense et inquiète-toi, une fois prise, libère-toi des pensées et des inquiétudes.

Il faut s'inquiéter et réfléchir avant de prendre toute décision, mais une fois que vous la prenez, avancez sur votre chemin libre de soucis ou des pensées; il y aura un million d'autres décisions encore qui vous attendent. C'est la voie du guerrier.

Un guerrier pense à sa mort quand les choses deviennent confuses. L'idée de la mort est la seule chose qui tempère notre esprit.

La vie d'un guerrier est un exercice continuel de stratégie, il n'a que faire du sens des choses (il sait que tout ce qui l'entoure, tout être est un mystère insondable). Jusqu'à la fin il se bat, il agit.

Un guerrier choisit les éléments qui constituent son monde, chacun de ces éléments constitue un bouclier protecteur contre les attaques des forces qu'il désire utiliser.

L'homme moyen a aussi ses boucliers, toutes les choses auxquelles il s'affaire.

1° le guerrier est toujours prêt à la rencontre donc il se prépare, il a choisi des choses dont il peut faire usage pour éloigner ses pensées de frayeur, donc refermer sa trouée (du cocon) et devenir solide.

2° le guerrier dans sa vie quotidienne choisit de suivre le chemin-qui-a-du-coeur. Il sait qu'un chemin a du coeur quand il ne fait qu'un avec ce chemin, qu'il éprouve une paix et un plaisir immense à le parcourir. Les choses qu'il sélectionne sont des éléments de ce chemin et font ses boucliers.

 

ENERGIE

 

L'énergie libre est transformée en données sensorielles et ces données sensorielles sont interprétées comme le monde de la vie quotidienne.

 

Economiser l'énergie: devenir conscient du souci obsessionnel de soi-même!

 

L'univers est composé de champs d'énergie qui défient la description ou le contrôle. Ils ressemblent à des filaments de lumière ordinaire, sauf que la lumière est sans vie par rapport à des émanations de la force indescriptible.

La perception normale se produit lorsque l'intention, qui est énergie pure, allume une partie des filaments lumineux à l'intérieur de notre cocon, et en même temps éclaire une longue extension des mêmes filaments lumineux s'étendant à l'infini en dehors de notre cocon. La perception extraordinaire, voir, se produit quand par la force d'intention, un autre groupe de champs d'énergie alimente et éclaire. Quand un certain nombre de champs d'énergie sont allumés à l'intérieur du cocon lumineux, un sorcier est capable de voir les champs d'énergie eux-mêmes.

 

Les sorciers de ma lignée estiment que l'un des résultats les plus convoités du silence intérieur est une interaction spécifique de l'énergie, qui est toujours annoncée par une forte émotion. Une telle interaction se manifeste en termes de teintes qui sont projetés sur un horizon dans le monde de la vie quotidienne, qu'il s'agisse d'une montagne, le ciel, un mur, ou simplement les paumes des mains.

Un point d'un rouge particulier, riche, rouge grenade montre, comme si éclataient les nuages de lavande. Comme les sorciers deviennent plus disciplinés et expérimentés, le point de grenade se dilate et enfin explose dans des pensées ou des visions, ou dans le cas d'un homme lettré, dans les mots écrits; les sorciers ont soit des visions engendrées par l'énergie, entendent des pensées exprimées en mots, ou lisent des mots écrits.

 

Rien de doux pour les sorciers ou la sorcellerie. La première fois que l'infini descend sur vous, ce peut être une prise de contrôle total de vos facultés. Dans la mesure où la vitesse de vos visions vous concerne, vous devrez apprendre à vous ajuster. Pour certains sorciers, c'est le travail de toute une vie. L'énergie peut vous paraître comme si elle était projetée sur un écran de cinéma.

Laissez votre esprit vrai régler la vitesse. Taisez-vous, et ne vous inquiétez pas, peu importe ce qui se passe. Quoi que ce soit, l'infini choisit. Le guerrier-voyageur acquiesce simplement à ce choix. Mais surtout, ne soyez pas submergé par l'événement parce que vous ne pouvez pas le décrire. Il s'agit d'un événement indépendant de la syntaxe de notre langue.

 

IMPULSION DE LA TERRE

(changement d'état de conscience)

La clé magique qui ouvre les portes de la terre est formée par le silence intérieur + un objet brillant. (Ex. le scintillement du soleil, sur une montagne + ce silence intérieur peuvent secouer ton point d'assemblage).

La clé universelle consiste à savoir de 1° main que la terre est un être sensible entourée d'un cocon lumineux et qu'elle peut donner à l'homme impeccable (car la force de l'impulsion est énorme) un élan extraordinaire.

 

La terre est en effet notre source ultime. Ce sont les anciens voyants qui, en découvrant que la perception est l'alignement, sont tombés sur quelque chose de monumental. C'est la clé magique qui ouvre les portes de la terre, elle est faite de silence intérieur, plus de tout ce qui brille.

Il faut juste couper le dialogue interne. La clé de tout est la connaissance de première main que la terre est un être sensible et en tant que tel elle peut donner un formidable élan aux guerriers; il y a une impulsion qui vient de la conscience de la terre elle-même à l'instant où les émanations à l'intérieur des cocons de guerriers sont alignées avec les émanations appropriées à l'intérieur du cocon de la terre.

La terre et l'homme sont des êtres sensibles, leurs émanations coïncident, ou plutôt, la terre a toutes les émanations présentes chez l'homme et toutes les émanations qui sont présentes dans tous les êtres vivants, organiques et inorganiques.

Quand un alignement a lieu, les êtres vivants utilisent l'alignement d'une manière limitée et perçoivent leur monde.

Les guerriers peuvent utiliser l'alignement pour percevoir, comme tout le monde, ou comme un coup de pouce qui leur permet d'entrer dans des mondes inimaginables.

 

Nous pouvons assembler sept mondes en plus de celui que nous connaissons.

 

La conscience suprême de la terre est ce qui rend possible pour nous de changer vers d'autres grands groupes d'émanations.

Nous sommes des êtres vivants percepteurs. Et nous percevons parce que certaines émanations à l'intérieur du cocon de l'homme deviennent alignées avec des émanations de l'extérieur. L'alignement, par conséquent, est le passage secret, et le coup de pouce de la terre est la clé.

 

Lorsque le point d'assemblage assemble un monde, ce monde est total. C'est la merveille que les anciens voyants qui sont tombés dessus n'ont jamais réalisé ce que c'était; la prise de conscience de la terre peut nous donner un coup de pouce pour aligner d'autres grands groupes de émanations, et la force de ce nouveau tracé fait disparaître le monde.

 

Un guerrier est toujours heureux parce que son amour est inaltérable et que sa bien-aimée, la terre, l'embrasse et lui octroie des cadeaux inestimables.

La tristesse n'apparaît qu'à ceux qui détestent ce qui l’abrite

 

IMPECCABILITE

 

L'Impeccabilité est de faire de votre mieux ce dans quoi vous êtes engagés.

La clé de toutes ces questions d'impeccabilité est le sentiment d'avoir ou ne pas avoir le temps. En règle générale, lorsque vous vous sentez et agissez comme un être immortel qui a tout le temps dans le monde, vous n'êtes pas impeccable;

 

Soyez un modèle de patience et de constance en luttant pour l'impeccabilité. Transformez-vous tous les jours.

C'est une occasion rare pour un guerrier d'avoir une chance réelle d'être impeccable, en dépit de ses sentiments de base. L'acte de donner librement et impeccablement vous rajeunit et renouvelle votre émerveillement.

 

L'Impeccabilité n'est rien d'autre que le bon usage de l'énergie. C'est la seule chose qui compte sur le chemin de la connaissance,

Une vie impeccable mène à la modération qui à son tour amène le déplacement du point d'assemblage.

Naturellement, il appelle à la frugalité, la prévenance, la simplicité, l'innocence; et surtout, il appelle à un manque de réflexion sur soi. Tout cela donne l'impression d'un manuel pour la vie monastique, mais ça ne l'est pas.

Les sorciers disent que pour commander l'esprit, et par là ils signifient pour commander le mouvement du point d'assemblage, il faut de l'énergie. La seule chose qui stocke l'énergie pour nous est notre impeccabilité.

 

La Modération: la force intérieure signifie un sens de l'équanimité, presque d'indifférence, un sentiment de bien-être, mais surtout un penchant pour l'étude, pour la compréhension.

L'impeccabilité libère de l'énergie et cela commence par un seul acte qui doit être délibéré, précis et soutenu. On acquiert si cet acte se répète assez longtemps, le sens d'une intention inflexible qui peut s'appliquer à tout. Si on y parvient la route se dégage.

Une chose en entraîne une autre jusqu'à ce que le guerrier prenne conscience de tout son potentiel.

 

Condition intérieure impeccable: être libre des suppositions rationnelles et des peurs rationnelles.

 

Le comportement des sorciers est toujours impeccable. Les sorciers, cependant, ont un but inavoué dans leurs actes, qui n'a rien à voir avec le gain personnel. L'homme moyen agit seulement s'il y a une chance de profit. Les guerriers disent qu'ils n'agissent pas pour le profit mais pour l'esprit. Nous n'avons pas de souci de gain personnel. Nos actes sont dictés par l'impeccabilité - nous ne pouvons pas être en colère ou déçus.

 

ACTE CHAMANIQUE

Mission de vie, écriture ou autre: c'est l'intention qui en décide, cela devient alors un acte chamanique.

« Ton travail est de t'informer en rapport avec ton centre d'intérêt. Et tu dois être un canal impeccable. »

C'est l'intention qui décide de la production d'un chaman, qu'elle soit littéraire ou de n'importe quelle autre sorte. Le travail des chamans est de s'informer eux-mêmes de façon consciencieuse à propos de tout ce qui peut se rapporter à leur centre d'intérêt.

 

IL FAUT TRANSCENDER L'INTELLECT et briser la perception historique et quotidienne, percevoir l'inconnu.

 

 

L'AIGLE

Mystères de l’Aigle: l’intention, qui meut les individus et l’univers

 

La quête de l’apprenti a abouti à la découverte du symbolisme de l'Aigle, qui « est le pouvoir qui gouverne la destinée de tous les êtres vivants ».


L'apprenti accédant à la condition d'homme de connaissance reçoit la « règle », le moyen d'accéder à la liberté: la révélation des trois préceptes : Tout ce qui entoure l'homme est un mystère insondable, il faut explorer ces mystères sans même espérer y parvenir et enfin le mystère de l'être est infini.

 

L'Aigle donne la lueur de la conscience aux individus par le truchement de la force sexuelle et pour cette raison le guerrier doit être avare de son énergie.

 

L'un des chapitres les plus remarquables — à cause de sa vision écologique — sur le vieux sorcier yaqui est celui qui traite de « l'impulsion de la terre ». « Les anciens voyants virent » révèle-t-il, « que la terre est enveloppée dans une boule, un cocon lumineux qui emprisonne les émanations de l'Aigle.

La terre est un être sensible gigantesque, soumis aux mêmes forces que nous ».



 

Peu à peu, l'architecture conceptuelle s'achève avec la perception des émanations de l'Aigle (archétype dernier de sa recherche qui symbolise l'une des manifestations de la totalité) sous forme de «fibres de lumière irrésistibles » qui se multiplient, éclatent en s'ouvrant et donnent naissance à des myriades de nouvelles fibres.

 

RECAPITULER

C'est important d'intégrer tout ce qui a été « vu » et fait en s'élevant vers de nouveaux niveaux de conscience. Le problème est que l'homme régresse pour un oui ou un non et retombe à son point de départ en ayant tout oublié.

 

La TÂCHE qui incombe après avoir connu différentes expériences de déplacement donc états de conscience, c'est de les intégrer en un tout cohérent. Il faut choisir non un autre monde (dangereux!, illusoire), mais la conscience accrue, vers la conscience totale.

 

La récapitulation des événements de la vie crée de l'espace intérieur pour autre chose que les problèmes de la vie courante. La récapitulation économise l'énergie, permet de conserver mieux la force vitale.

Méthode:

Faire la liste de tous les gens rencontrés en remontant du présent jusqu'au début de la vie.

Y associer la respiration : inspirer lentement en tournant la tête de droite à gauche, puis expirer de même.

 

La récapitulation a le pouvoir de remuer le fond de notre mémoire et de faire remonter à la surface tous les rebuts de notre vie.

La marche favorise l'apparition des souvenirs (les péripéties de notre vie seraient inscrites dans notre corps sous forme de sensations en particulier dans les jambes).

 

La récapitulation peut changer le plus le guerrier:

Faire la liste des événements à revivre

Limiter son corps (caisse),

Respirer: poser le menton sur l'épaule droite et inspirer lentement en tournant la tête jusqu'à l'épaule gauche.

A la fin de l'inspiration, la tête revient au milieu. L'expiration se fait en regardant devant soi.

Prendre l'événement en tête de sa liste et rester avec lui jusqu'à récapitulation de tous les sentiments qui lui sont liés.

La respiration permet de reconstituer l'énergie.

Les émotions (donc toutes les situations où les sentiments entrent en jeu (ex. relations humaines)) entraînent la projection de filaments lumineux (hors du cocon de l'homme), ce qui épuise le corps lumineux. Mais en se rappelant un sentiment et en respirant de droite à gauche on rattrape les filaments.

La respiration suivante se fait de gauche à droite, par l'expiration on expulse les filaments (d'énergie) laissés en soi par les autres corps lumineux impliqués dans l'événement dont on se souvient.

Ces filaments étrangers sont à la base de la capacité illimitée de s'enfermer dans sa propre importance.

La récapitulation détaillée est un rire du fond du coeur qui surgit au spectacle de la répétition lassante de notre prétention – noyau de toutes nos relations humaines.

 

Récapitulation :

1° méthode systématique : se remémorer chaque personne rencontrée...

2° méthode, nouveau modèle de la récapitulation. Construire un puzzle en récapitulant, sans ordre apparent, différents événements de votre vie. Ça va être un gâchis si vous laissez votre mesquinerie choisir les événements que vous allez récapituler. Au lieu de cela, laissez l'esprit décider. Soyez silencieux, puis rendez-vous à l'événement que l'esprit indique.

Il y a deux tours de base à la récapitulation, le premier est appelé formalité et rigidité, le deuxième fluidité.

 

Pratiquer l’exercice quotidien de la " récapitulation ", qui consiste à examiner les événements de notre histoire personnelle pour en trouver son intrigue cachée.

 

Notre ennemi tout comme notre ami est notre dialogue intérieur, notre inventaire.

Fais taire ton dialogue intérieur, fais un voyage de reconquête, dresse ton inventaire et jette-le.

Les nouveaux voyants dressent des inventaires précis puis s'en gaussent. Débarrassé de l'inventaire, le point d'assemblage se libère.

 

Votre album (de souvenirs), est un acte de guerre, il exige une sélection super-prudente. Il s'agit d'une collection précise des moments inoubliables de votre vie, et tout ce qui vous a amené à eux. Concentrer en lui ce qui a été et sera utile pour vous. L'album d'un guerrier est quelque chose de plus concret, quelque chose de si au point qu'il est bouleversant.

Asseyez-vous, seul, et laissez vos pensées, souvenirs et idées venir à vous librement. Faites un effort pour laisser la voix du fond vous parler et vous dire ce qu'il faut sélectionner.

La sélection n'est pas une chose facile. C'est la raison pour laquelle je dis que faire cet album est un acte de guerre. Vous devez le refaire dix fois afin de savoir quoi choisir.

Ne pas inclure des histoires qui se rapportent exclusivement à vous comme une personne qui pense, sent, pleure, ou ne sent rien du tout. Les événements mémorables de l'album d'un chaman sont des affaires qui résisteront à l'épreuve du temps parce qu'elles n'ont rien à faire avec lui, et pourtant il est dans leur épaisseur. Il y sera toujours pour la durée de sa vie, et peut-être au-delà, mais pas tout à fait personnellement.

Dans mon temps, je ne savais pas quoi choisir, je pensais que je n'avais pas d'expérience à choisir. Il semblait que rien ne s'était passé pour moi. Bien sûr, tout s'était passé pour moi, mais dans mon effort pour défendre l'idée de moi-même, je n'avais pas eu le temps ou l'envie de remarquer les expériences.

Les histoires de l'album d'un guerrier ne sont pas personnelles, pas des affirmations sur vous comme le centre de tout. Vous vous sentez, vous ne vous sentez pas; vous vous rendez compte, vous ne réalisez pas. Tout ce type d'histoire est juste que vous.

Ces événements mémorables ont le contact sombre de l'impersonnel.

Je ne peux vous expliquer beaucoup. Les sorciers disent que dans toute explication, il y a des excuses cachées.

 

Écoutez votre voix intérieure. Ne pas écouter la voix superficielle qui vous met en colère. Écouter cette voix profonde qui va vous guider à partir de maintenant, la voix qui rit. Écoutez-la! Et riez avec elle.

Rire! Rire!

 

La manière pour les sorciers d'effectuer la récapitulation est très formelle. Elle consiste à écrire une liste de toutes les personnes rencontrées, du présent au tout début de leur vie. Une fois qu'ils ont cette liste, ils prennent la première personne et se rappellent tout ce qu'ils peuvent sur cette personne. Et je dis bien tout, chaque détail. Il est préférable de récapituler du présent au passé, parce que les souvenirs du présent sont frais, et de cette manière, la capacité de mémoire est aiguisée.

Ce que les pratiquants ont à faire est de se rappeler et de respirer. Ils inhalent lentement et délibérément portant la tête de droite à gauche, dans une oscillation à peine perceptible, et expirent de la même façon. 
Les inspirations et expirations doivent être naturelles; si elles sont trop rapides, on entre dans des respirations pénibles qui nécessitent une respiration plus lente après afin de calmer les muscles.

Commencez à faire votre liste aujourd'hui à diviser par année, par profession, à organiser dans l'ordre que vous voulez, mais de façon séquentielle, avec la première personne plus récente, et finir avec maman et papa. Et puis, rappelez-vous tout sur eux.

 

L'alimentation de la récapitulation, c'est qu'elle attise toutes les ordures de nos vies et les apporte à la surface.

 

Si nous acceptons que les sens sont la mer obscure de la conscience, nous devons admettre que l'interprétation que les sens font des données sensorielles est aussi la mer obscure de la conscience. Affronter le monde autour de nous, dans les termes avec lesquels nous le faisons est le résultat du système d'interprétation de l'humanité, chaque être humain en est équipé. Chaque organisme dans l'existence doit avoir un système d'interprétation qui lui permet de fonctionner dans son environnement.

 

La mer obscure de la conscience ne veut que nos expériences de vie, pas notre force de vie. Les sorciers croient que lorsque nous récapitulons nos vies, tous les débris, comme je vous l'ai dit, viennent à la surface. Nous réalisons nos incohérences, nos répétitions, mais quelque chose en nous met en place une énorme résistance à récapituler.

Les sorciers disent que la route est libre seulement après un bouleversement gigantesque, après l'apparition sur notre écran de la mémoire d'un événement qui secoue nos fondations avec sa clarté terrifiante de détail. C'est l'événement qui nous entraîne au moment même où nous l'avons vécu. Les sorciers l'appellent l'huissier (ouvreur), car à partir de là chaque événement est revécu, pas seulement rappelé.

 

La marche est toujours quelque chose qui précipite les souvenirs. Les sorciers de l'ancien Mexique croyaient que tout ce que nous vivons, nous le stockons comme une sensation sur le dos des jambes. Ils ont estimé que le dos des jambes peut être l'entrepôt de l'histoire personnelle de l'homme. 


 

Trouver un huissier (ouvreur): un événement dans votre vie dont vous vous souviendrez avec une telle clarté qu'il servira de projecteur pour éclairer tout le reste dans votre récapitulation avec la même clarté. Faites ce que les sorciers appellent récapituler les pièces d'un puzzle. Quelque chose vous mènera à vous rappeler l'événement qui vous servira d'huissier.

 

Relater des événements est magique pour les sorciers. Ce n'est pas seulement raconter des histoires. C'est voir le tissu sous-jacent des événements. C'est la raison pour laquelle ce récit est si important et vaste.

 

Aujourd'hui, vous pouvez vous souvenir d'un cas qui résume votre vie totale. Nous sommes toujours confrontés à une situation qui est la même que celle que nous n'avons jamais résolue. L'Infini nous met toujours dans cette terrible situation d'avoir à choisir. Nous voulons l'infini, mais en même temps, nous voulons le fuir. Vous voulez sauter dans un lac, mais en même temps vous êtes obligé de rester. Il serait infiniment plus facile pour vous de simplement être contraint de rester.

L'Infini est une force consciente qui intervient délibérément dans la vie des sorciers.

 

Chacun de vos souvenirs deviendra de plus en plus vif, de plus en plus exaspérant pour vous, parce que comme je vous l'ai déjà dit, vous avez amorcé un processus irréversible. Votre véritable esprit émerge, se réveillant d'un état de léthargie permanente. L'Infini vous réclame. Tous les moyens qu'il utilise pour se signaler à vous ne peut avoir aucune autre raison, aucune autre cause, aucune autre valeur que cela.

Ce que vous devez faire, cependant, c'est d'être prêt pour les attaques de l'infini. Vous devez être en permanence dans un état vous préparant à un coup de formidable ampleur.

C'est la façon sobre et saine dans laquelle les sorciers font face à l'infini. Tout ce que vous faites doit être un acte de sorcellerie. Un acte libre des attentes, de la peur de l'échec, d'espoir de succès. Libre du culte de moi ; tout ce que vous faites doit être improvisé, un travail de magie où vous vous ouvrez librement aux impulsions de l'infini.

 

ATTENTION

L'être humain est composé de deux segments perceptibles : le corps physique et le corps lumineux.

Il divise la conscience en trois parties inégales : la première attention (développée chez les personnes ordinaires), l'attention seconde (la conscience du corps lumineux) et la tierce attention (la « conscience incommensurable qui engage des aspects indéfinissables de la conscience des corps physique et lumineux »).

Trois types d'attention : la première, la conscience animale, qui prend en charge l'univers quotidien et représente le plus grand atout de l'homme ordinaire.

La seconde, plus complexe et plus spécialisée, est liée à l'inconnu, mais on peut y accéder facilement et c'est pour cela qu’elle est attirante.

La troisième attention se manifeste quand la lueur de la conscience devient le feu intérieur ; les êtres humains y accèdent à l'instant de leur mort, atteignant ainsi l'inconnaissable.

 

De la maîtrise de l'attention seconde dépend l'idée de vouloir qui «est ressenti comme une force qui irradie à partir du milieu du corps, à la suite du silence le plus absolu... » et qui est en fait la définition même de la volonté.

 

VOULOIR

Un guerrier sait qu'il attend et sait ce qu'il attend. Il est très difficile, voire impossible, pour l'homme moyen de savoir ce qu'il attend. Un guerrier, cependant, n'a pas de problèmes; il sait qu'il est en attente de sa volonté.Vouloir est quelque chose de très clair et puissant qui peut diriger nos actes.

Vouloir est une force qui est le véritable lien entre les hommes et le monde. 
Le monde est ce que nous percevons, de quelque manière que nous pouvons choisir de percevoir. Percevoir le monde implique un processus d'appréhender ce qui se présente à nous. Cette perception particulière est faite avec nos sens et notre volonté. Vouloir est une relation entre nous et le monde perçu.

 

Un sorcier utilise sa volonté de percevoir le monde.

Un sorcier peut avoir une volonté très forte et pourtant il ne peut pas voir; ce qui signifie que seul un homme de connaissance perçoit le monde avec ses sens et sa volonté et aussi avec sa vision. Regardez attentivement tout ce que vous faites. La chose qui pourrait vous aider à développer votre volonté est au milieu de toutes les petites choses que vous faites.

 

Quand un guerrier a acquis la patience il est sur son chemin vers la volonté. Il sait attendre. Sa mort est assis avec lui sur sa natte, ils sont amis. Sa mort lui conseille, de façon mystérieuse, comment choisir, comment vivre de façon stratégique. Et le guerrier attend!

Je dirais que le guerrier apprend sans hâte parce qu'il sait qu'il est en attente de sa volonté; et un jour, il parvient à réaliser quelque chose de tout à fait normalement impossible à accomplir. Il peut même ne pas remarquer son acte extraordinaire. Mais comme il ne cesse de poser des actes impossibles, ou que des choses impossibles lui arrivent, il se rend compte qu'une sorte de pouvoir se dessine.

Ce sentiment est la volonté, et quand il est capable de saisir avec, on peut à juste titre dire que le guerrier est un sorcier, et qu'il a acquis la volonté.

 

POUVOIR

Pour lui, perception et prise de conscience formaient une cellule unique, compacte, une unité qui avait deux domaines… » Le premier était le premier anneau de pouvoir ou « l'attention du tonal», qui est la capacité des gens de percevoir et de situer leur conscience sur la vie quotidienne.

Le second domaine était le second anneau de pouvoir ou «l'attention du nagual », le don que tous les hommes ont, mais que seuls les sorciers utilisent : celui de situer leur conscience dans la réalité non ordinaire.

 

1° anneau de pouvoir: attention du tonal, nous concerne tous, percevoir et situer la conscience dans le monde ordinaire: formidable capacité de mettre de l'ordre dans notre perception du quotidien. Le tonal fait le monde parce qu'il en est le témoin et parce qu'il juge d’après ses propres règles. Le tonal est le monde objectif, ce qui est le plus proche à nos sens, ce que nous pouvons percevoir.


Dieu lui-même fait partie du tonal personnel de chaque être humain, ainsi que du tonal de chaque époque. Le tonal a beau exercer un contrôle très habile, ce qui importe c'est que le nagual émerge. Sa manifestation, cependant, passe inaperçue.

 

2° anneau de pouvoir: attention du nagual, pour le sorcier c'est la conscience placée dans le monde non ordinaire (mettre de l'ordre dans le monde non ordinaire). Par l'attention à ce domaine nous découvrons une capacité prodigieuse.

Le nagual est le monde subjectif, tout ce qui est caché à nos sens endormis.


L'attention seconde ordinaire est fixée sur le côté terrifiant du monde; celle des guerriers est sur la beauté du monde. Il faut changer de côté et rejoindre les guerriers.

Les guerriers parviennent à l'attention seconde uniquement après avoir « nettoyé » ce qui encombre l'attention première: Vie impeccable.

 

VOIR, INTENTION...

Chaque fois que les anciens voyants faisaient un nouvel alignement, ils ont cru qu'ils étaient descendus dans les profondeurs ou montés aux cieux. Ils ne savaient pas que le monde disparaît comme une bouffée d'air quand un nouvel alignement total nous fait percevoir un autre monde total.

Pour voir les émanations de la force indescriptible, vous devez d'abord déplacer votre point d'assemblage jusqu'à ce que vous voyiez le cocon de l'homme. L'alignement est une force unique parce qu'elle permet soit le changement du point assemblage, soit elle le maintient collé à sa position habituelle. L'aspect de l'alignement qui maintient le point fixe est la volonté ; et l'aspect qui le fait se déplacer est l'intention.

 

Ce sera un long moment avant de pouvoir appliquer le principe que votre commande est la commande de la force indescriptible. C'est l'essence même de la maîtrise de l'intention. Dans le même temps, il faut faire une commande puis ne pas s'inquiéter, pas même aux pires moments de doute. Ce sera un processus lent jusqu'à ce que la commande soit entendue et obéie comme si c'était la commande de la force indescriptible.

 

Contempler est le moyen de piéger l'attention 2de

Ex Feuille: 1 différente chaque jour: quand l'élève se rend compte de l'unicité de chaque feuille c'est contempler.

Petits tas de feuilles sèches, les déplacer en spirale de la main gauche et « rêver » les dessins que font les feuilles.

Le rêveur maîtrise la contemplation quand il rêve d'abord les dessins des feuilles et retrouve ces mêmes dessins dans son tas le lendemain! (perso : synchronicité)

Avec la contemplation les pensées se taisent, sans pensée l'attention 2de s'accroche aux feuilles et les feuilles deviennent « autre chose ». Mais il faut être prudent,... Pour l'homme ordinaire l'attention 2de peut nous confronter à une sorte de malade mental en nous-même. C'est pour éviter cette irruption incontrôlée que notre éternel dialogue intérieur s'apparente à un bouclier protecteur!

 

Les rêveurs doivent contempler pour pouvoir rêver et ensuite ils doivent chercher leurs rêves dans leur contemplation.

Contemplation de pluie, d'étoile, de nuage, d'arbre, d'ombres, de rocher, de lointains...

 

Pour contempler encore plus:

s'installer le dos bien droit et calé dans la nature (arbre, rocher...) assis confortablement. Yeux mi-clos balayer lentement l'objet contemplé en sens inverse des aiguilles d'une montre sans remuer la tête.

 

RECOURS+++

Il y a une immense zone de conscience entre la position ordinaire du point d'assemblage et celle qui ne comporte plus de doute qui est presque l'emplacement où apparaît la barrière de la perception. Dans cette zone on peut être frappé par des sentiments de défaite...

Quand tu es menacé par l'impatience, le désespoir, la colère ou la tristesse, roule des yeux. Le mouvement des yeux déplace le point d'assemblage, cela soulage. Cela se fait à la place de la vraie maîtrise de l'intention.

 

Les yeux

Némésis rend les yeux des sorciers brillants. Chaque attache vers laquelle leurs points d'assemblage se déplacent est indiquée par un éclat spécifique de leurs yeux. Leurs yeux ont leur propre mémoire, ils peuvent appeler le souvenir de n'importe quel endroit en appelant l'éclat spécifique associée à cet endroit.

Les yeux sont directement connectés à l'intention. Cela peut paraître contradictoire, mais la vérité est que les yeux ne sont que superficiellement connectés au monde de la vie quotidienne. Leur connexion plus profonde est avec l'abstrait.

Les seuls avantages que les sorciers peuvent avoir sur la moyenne des hommes est qu'ils ont enregistré leur énergie, ce qui signifie, un lien plus clair de connexion, plus précis avec l'intention. Naturellement, cela signifie aussi qu'ils peuvent se rappeler à volonté, en utilisant l'éclat de leurs yeux, comment déplacer leurs points d'assemblage.

 

LA TRAQUE

Lorsque la pression de leur lien de connexion est trop grande, les sorciers se soulagent eux-mêmes par la traque. Leur harcèlement criminel (criminel au sens de sans pitié) est une procédure très simple. Le harcèlement criminel est un comportement particulier qui suit certains principes. Il est furtif, le comportement trompeur secret est conçu pour offrir une secousse. Et lorsque vous vous traquez vous vous secouez, en utilisant votre propre comportement d'une façon impitoyable avec ruse. Lorsque la prise de conscience d'un sorcier s'enlise avec le poids de son entrée perceptive, la meilleure, ou même peut-être la seule, solution consiste à utiliser l'idée de la mort pour la secousse de la traque.

L'idée de la mort est donc d'une importance monumentale dans la vie d'un sorcier.

La connaissance de notre fin imminente et inévitable est ce qui nous donne la sobriété. Notre erreur la plus coûteuse pour la moyenne des hommes est qu'ils se livrent au sens de l'immortalité. C'est comme si nous croyions que si nous ne pensions pas à la mort, nous pouvions nous protéger. Ne pas penser à la mort nous protège de s'inquiéter à ce sujet.

Sans une vision claire de la mort, il n'y a pas d'ordre, pas de sobriété, pas de beauté. Les sorciers du mal à acquérir une compréhension cruciale pour les aider à réaliser au niveau le plus profond possible qu'ils n'ont aucune assurance que leur vie va continuer au-delà du moment. Cette prise de conscience donne aux sorciers le courage d'être patient et de prendre encore des mesures, le courage d'être consentant sans être stupide.

 

(L'idée de leur mort) ou les poèmes

Il donne aux sorciers le courage d'être malin sans être prétentieux, et surtout il leur donne le courage d'être impitoyable sans être auto-important. Les sorciers se traquent eux-mêmes afin de briser la puissance de leurs obsessions. Il y a plusieurs façons de se harceler soi-même. Si vous ne souhaitez pas utiliser l'idée de votre mort, vous pouvez utiliser des poèmes pour vous traquer vous-même. 
Je me harcèle moi-même avec eux. Je me livre une secousse avec eux. J'écoute, et j'éteins mon dialogue intérieur et je laisse mon silence intérieur prendre de l'élan. Ensuite, la combinaison du poème et du silence offre la secousse.

C'est une autre raison pour laquelle j'aime les poèmes. Je les prends comme coureurs d'avance. Mais les poètes ne savent pas aussi exactement que les sorciers ce que ces coureurs d'avance peuvent accomplir.

 

 

MOULE DE L'HOMME

Les nouveaux voyants grâce à leur modération ont découvert que le moule de l'homme n'est pas créateur mais qu'il est le modèle de tous les attributs humains. Face au moule de l'homme on suppose aussitôt qu'il s'agit de Dieu!

 

Vision d'extase et de plénitude, le moule de l'homme est une escale de paix et sérénité, mais il n'est qu'une étape. Ce n'est qu'une image de l'homme (donc ce peut être une femme pour la femme!). Ce moule peut aussi être vu sous forme d'une lumière resplendissante, dans cette position (du point d'assemblage) proche de celle de la barrière de la perception.

 

Le moule est « un modèle d'énergie qui sert à imprimer les qualités de l'humain sur des boules amorphes de matière biologique ». Les anciens voyants et les mystiques contemporains se ressemblent en ce sens qu'ils sont arrivés à voir le moule humain sans en comprendre la véritable nature.

 

Il fait la différence entre l'expérience mystique (comme un acte de voir fortuit) à travers laquelle on voit le prototype statique de l'humanité, l'image patriarcale d'un Dieu sans aucun pouvoir et la véritable perception des chamans qui s'approche de la notion de matrice, de principe féminin.

Un voyant devait aller au-delà du moule, qui n'était qu'une étape, une escale, dans le long périple à travers l'inconnu.

Le moule humain (pris pour Dieu au début) n'est qu'une image de l'homme, reflétée par un miroir, et en même temps le miroir lui-même.

 

 

DROGUE

Le peyotl servit à exagérer les subtiles contradictions de ma glose interprétative, et ceci m'aida à rompre avec la manière Occidentale de voir le monde autour de moi et de m'en parler intérieurement. Mais l'approche psychotropique a un prix - la fatigue physique et émotionnelle. Il me fallut des mois pour m'en remettre.

L'intérêt de l'état non-ordinaire, dans lequel vous rentrez avec le peyotl ou d'autres plantes psychotropes, est de préciser ce dont vous avez besoin afin d'embrasser le caractère prodigieux de la réalité ordinaire.

 

Son intelligence était tellement « soudée », son orgueil scientifique si ancré en lui qu'il devait prendre des produits psychotropes pour débloquer sa raison et enfin devenir lui-même.

 

Elles ont débordé d'information ton tonal (son ego, sa culture) et ont obligé le ‘dialogue intérieur’ à s’interrompre.


Les plantes sont excellentes pour ça, mais très coûteuses.
Elles produisent un dommage immense au corps.

 

EFFACER l'HISTOIRE PERSONNELLE

"Pour entrer ou sortir furtivement des différents mondes, vous devez demeurer insaisissable,"

"Plus vous êtes identifiés par les idées que les gens ont sur vous et la manière dont vous allez agir, plus votre liberté subit des contraintes. Don Juan insistait sur l'importance d'effacer l'histoire personnelle. Si petit à petit vous créez un brouillard autour de vous, alors on ne vous considérera plus comme quelqu'un d'accessible, et vous aurez plus de place pour vous transformer."

 

Vous devez apprendre à devenir délibérément disponible et indisponible. Dans votre vie de maintenant, vous êtes sans le savoir disponible à tout moment. Ne pas être disponible ne signifie pas pour autant se cacher ou être secret, mais être inaccessible.

Nous sommes fous, nous tous, et on ne peut pas être différent. À un moment de ma vie, comme vous, je me suis rendu disponible, encore et encore jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien de moi de côté, sauf peut-être pour pleurer. Et je l'ai fait, tout comme vous.

 

Etre inaccessible signifie que vous touchez le monde autour de vous avec parcimonie. Vous ne vous exposez à la puissance du vent que si elle est obligatoire. Vous n'utilisez pas et serrez les gens jusqu'à ce qu'ils soient réduits à rien, surtout les gens que vous aimez.

Ne pas être disponible signifie que vous évitez délibérément ce qui vous épuise.

Cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas traiter avec des gens non plus. Un chasseur utilise son monde avec parcimonie et tendresse, que le monde soit des choses, ou des plantes ou des animaux, ou des personnes, ou de l'énergie. Un chasseur interfère intimement avec son monde et pourtant il est inaccessible à ce même monde. Il reste aussi longtemps qu'il a besoin, et puis rapidement il s'éloigne laissant à peine une marque.

 

Chacun d'entre nous est un imbécile. Vous vous sentez toujours obligé d'expliquer vos actes, comme si vous étiez le seul homme sur terre qui a tort. C'est votre vieux sentiment d'importance. Vous en avez trop; vous avez aussi trop d'histoire personnelle. D'autre part, vous ne supposez pas la responsabilité de vos actes; vous n'utilisez pas votre mort comme un conseiller, et surtout vous êtes trop accessible.

Il faut assumer la responsabilité d'être dans un monde étrange. Pour vous le monde est bizarre parce que si vous ne vous ennuyez pas avec lui, vous êtes en désaccord avec lui.

Pour moi, le monde est étrange car il est magnifique, impressionnant, mystérieux, insondable; mon intérêt a été de vous convaincre que vous devez assumer la responsabilité d'être ici, dans ce monde merveilleux, dans ce merveilleux désert, dans ce merveilleux moment. C'est un bonheur étrange d'agir avec la pleine connaissance que tout ce que l'on fait peut très bien être notre dernier acte sur la terre. Je vous recommande de reconsidérer votre vie et vos actes dans cette lumière.

 

Don Juan disait qu’il était préférable de ne rien savoir à propos d’un chaman ; de cette manière, au lieu de rencontrer une personne, on rencontre une idée qui peut être soutenue ; à l’opposé de ce qui se passe dans le monde de tous les jours où nous faisons face uniquement à des gens qui ont des problèmes psychologiques mais pas d’idée, tous ces gens remplis à ras bord de ‘moi, moi, moi’. »

 

« Effacer son histoire personnelle » permet à l’apprenti à s’éloigner de son « moi » et atteindre un état de fluidité où le « moi » personnel ne compte plus. Cela explique qu’il ait refusé qu’on le prenne en photo et qu’on enregistre sa voix pour ne pas accroître son importance personnelle.

 

Les effets de ces deux techniques (« effacer son histoire personnelle» et « rêver ») étaient, en dernière instance, destructeurs, si elles étaient utilisées de façon absolue et s'il n’avait eu, comme tous les maîtres, le souci d'empêcher son apprenti de plonger dans l'aberration et le morbide.

 

ARRÊTER LE MONDE

Afin d'arriver à voir il faut d'abord arrêter le monde. L'Arrêt du monde est en effet une interprétation appropriée de certains états de conscience dans lesquels la réalité de la vie quotidienne est modifiée parce que le flux de l'interprétation, qui se déroule habituellement sans interruption, a été arrêté par un ensemble de circonstances étrangères à ce flux.

 

Après l'arrêt du monde la prochaine étape est de voir. J'entends par là ce qui pourrait être classé comme répondant aux sollicitations de la perception d'un monde en dehors de la description que nous avons appris à appeler la réalité.

 

VOIR

 

Il faut une humeur spéciale pour voir. C’est très difficile de voir pour moi. Je dois devenir très sombre, très lourd. Si j’ai le cœur léger et que je vous regarde, je ne vois rien. Puis, je me retourne et je la vois, et qu’est-ce que je vois ? « J’ai rejoins la Marine pour voir le monde, et qu’est-ce que je vois ? Je vois la mer ! » Je sais plus que ce que je voudrais savoir. C’est l’enfer, vraiment. Si vous voyez trop, vous devenez insupportable.

 

L'art de voir, de manière à ce que pour la première fois il puisse véritablement percevoir la nature extraordinaire du monde. "Lorsque l'on voit," dit don Juan, "il n'y a plus de repères familiers dans le monde. Tout est neuf. Rien ne s'est encore produit. Le monde est incroyable !"

 

L'objectif du guerrier est de voir, ce qui signifie —dans la structure mentale du sorcier yaqui— expérimenter directement le monde, saisir son essence, sans l'interpréter.

 

Au début, voir est source de confusion et il est facile de s'y perdre. La vision du guerrier devient un savoir direct. Un guerrier pose une question, et par sa vision, il obtient une réponse, mais la réponse est simple.

 

Éteignez votre dialogue interne et laissez quelque chose en vous s'écouler et se développer. Ce quelque chose est votre perception, mais n'essayez pas de comprendre ce que je veux dire. Laissez juste le chuchotement du nagual vous guider.

 

Ce qui importe n'est pas d'apprendre une nouvelle description mais d'arriver à la totalité de soi-même. Il faut se rendre au nagual sans dénigrer la tonalité, et surtout, sans blesser son corps.

 

Voir l'énergie. Mais je vais te confier un secret. Je n'ai jamais vu l'énergie. Je ne fais que la sentir. Mon avantage est que je n'ai jamais essayé d'expliquer ce que je ressens. Je ressens ce que je ressens, un point c'est tout."

"Voir, c'est percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et c'est certainement le début de la sorcellerie, mais ce à quoi les sorciers s'intéressent jusqu'à épuisement, c'est percevoir.

L'énergie peut être perçue directement telle qu'elle s'écoule dans l'univers, en utilisant notre organisme tout entier comme véhicule pour la perception.
(corps physique ET énergétique)

L'énergie adopte des configurations spécifiques, qui se répètent elles-mêmes régulièrement, et cela peut être appréhendé dans les mêmes termes par n'importe qui accédant à cette perception.

 

La valeur pragmatique du fait de percevoir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers pour un homme du XXIe siècle ou du Ier siècle est la même. Cela lui permet d'élargir les limites de sa perception et d'utiliser cet accroissement dans son propre domaine.

 

Voir directement la merveille de l'ordre et du chaos de l'univers devait être extraordinaire.

 

Voir les hommes comme des fibres de lumière, comme un oeuf de fibres vivantes. Oeuf de « lumière ».

 

Un homme qui « voit » ne s'intéresse plus activement à ses semblables. Voir l'a détaché de tout, tout ce qu'il connaissait avant;

 

La vie d'un guerrier est un exercice continuel de stratégie, il n'a que faire du sens des choses (il sait que tout ce qui l'entoure, tout être est un mystère insondable). Jusqu'à la fin il se bat, il agit.

 

Un homme peut aller encore plus loin; un homme peut apprendre à voir. En apprenant à voir, il n'a plus besoin de vivre comme un guerrier, ni être un sorcier. En apprenant à voir un homme devient tout en devenant rien.

 

Je dirais que c'est le moment où un homme peut être ou peut obtenir tout ce qu'il désire. Mais il ne désire rien, et au lieu de jouer avec ses semblables comme s'ils étaient des jouets, il les rencontre dans le milieu de leur folie. La seule différence entre eux est qu'un homme qui voit contrôle sa folie, tandis que ses semblables ne peuvent pas. Un homme qui voit n'a plus un intérêt actif pour ses semblables. Voir l'a déjà détaché absolument de tout ce qu'il savait avant.

 

Nous sommes des hommes et notre sort est d'apprendre et d'être jeté dans de nouveaux mondes inconcevables.

Quand vous voyez, il n'y a plus d'élément familier dans le monde. Tout est nouveau. Rien ne s'est jamais produit avant. Le monde est incroyable!

Les choses ne disparaissent pas, elles sont devenues tout simplement rien et pourtant elles sont toujours là. Voir fait comprendre le peu d'importance de tout.

 

Les Voyants visent à être libres, à être des témoins impartiaux incapables de porter un jugement; sinon ils auraient à assumer la responsabilité d'établir un cycle plus ajusté. Personne ne peut le faire. Le nouveau cycle, s'il est à venir, doit venir de lui-même.

 

PERCEVOIR

Percevoir c'est interpréter le flux direct de l'énergie sans l'influence de la pensée.

 

Homme de connaissance

L'homme ne vit que pour apprendre. Et c'est la nature de son sort, bon ou mauvais.

 

Voie ou chemin du guerrier.

Grâce à ce système, ils ont acquis la force intérieure qui a le sens de l'équanimité, un sentiment de bien-être et un penchant naturel et profond pour la compréhension.

 

Un homme de connaissance vit en agissant, pas en pensant à agir, ni en pensant à ce qu'il va penser quand il a fini d'agir. Un homme de connaissance choisit un chemin avec le cœur et le suit; puis il regarde et se réjouit et rit; et puis il voit et connaît.

 

Rien n'est plus important que toute autre chose, un homme de connaissance choisit tout acte, et agit comme si il lui importe. Quand il s'acquitte de ses actes, il se retire dans la paix, et que ses actes soient bons ou mauvais, ou aient fonctionné ou pas, ne fait en aucune façon partie de ses préoccupations.

 

Détachement du guerrier: capacité de se plonger dans l'instant et de n'avoir aucune pensée pour tout le reste.

 

« Pas d'indifférence ni de négligence face à l'action ni désir de rester seul, mais une paix étrange devenue la force souveraine de ma vie. »

 

Il sait parce qu'il « voit » que rien n'est plus important qu'autre chose. Quand l'action est accomplie il se retire en paix que son résultat soit bon ou mauvais, réussi ou non, ne le concerne en aucune façon. Il peut même décider de ne rien faire, d'être impassible et de se conduire comme si c'était très important pour lui.

 

L'homme moyen cherche la certitude dans les yeux du spectateur et en retire de la confiance en soi. Le guerrier cherche l'impeccabilité à ses propres yeux et appelle cela humilité. L'homme moyen est accroché à ses semblables, tandis que le guerrier n'est accroché qu'à lui-même. Vous êtes dans la confiance en soi de l'homme moyen, quand vous devriez chercher l'humilité d'un guerrier.

Un guerrier prend son sort, quel qu'il soit, et l'accepte avec une humilité ultime. Il accepte avec humilité ce qu'il est, et non comme un motif de regret mais comme un défi de vie.

 

La différence fondamentale entre un homme ordinaire et un guerrier, c'est qu'un guerrier prend tout comme un défi, tandis qu'un homme ordinaire prend tout soit comme une bénédiction ou une malédiction.

 

Il n'y a pas de vide dans la vie d'un homme de connaissance, tout est rempli à ras bord et tout est égal. Pour moi, il n'y a pas de victoire, ou de défaite, ou de vacuité. Tout est rempli à ras bord et tout est égal et mon combat vaut la peine de mon temps.

 

Afin de devenir un homme de connaissance, il faut être un guerrier. Il faut s'efforcer sans renoncer, sans une plainte, sans broncher, jusqu'à ce que l'on voit, pour se rendre compte alors que rien n'a d'importance.

 

Vous êtes trop préoccupés à aimer les gens ou à être aimé. Un homme de connaissance aime qui ou ce qu'il veut, mais il utilise sa folie contrôlée pour être indifférent à ce sujet.

 

Un homme de connaissance est celui qui a suivi fidèlement les difficultés d'apprentissage; un homme qui, sans se précipiter ou chanceler, est allé aussi loin qu'il le peut afin de dévoiler les secrets du pouvoir personnel. Il est seulement intéressé par l'idée de stocker de l'énergie personnelle.

 

La puissance de chasse est une très étrange affaire. Il n'existe aucun moyen de planifier à l'avance. C'est ce qui est passionnant à ce sujet. Un guerrier procède comme s'il avait un bon plan, parce qu'il fait confiance à son pouvoir personnel. Il sait pertinemment que cela va le faire agir de la façon la plus appropriée.


 

Faites confiance à votre pouvoir personnel. C'est tout ce que l'on a dans ce monde mystérieux.

Un guerrier agit comme s'il savait ce qu'il faisait, alors qu'en effet il ne sait rien. Un guerrier agit impeccablement quand il fait confiance à son pouvoir personnel, peu importe s'il est petit ou énorme.

 

Vous ne devriez pas avoir de remords pour ce que vous avez fait, parce qu'isoler les actes de l'un comme étant moyen ou laid, ou mal, c'est accorder une importance injustifiée au moi.

 

Le bien-être est une réussite qu'il faut chercher délibérément.

L'astuce consiste à ce sur quoi on met l'accent. Nous nous faisons nous-mêmes soit misérable, soit fort. Le volume de travail est la même.

 

Nouveaux voyants: ils ont acquis la force intérieure qui a le sens de l'équanimité, un sentiment de bien-être et un penchant naturel et profond pour la compréhension.

La complexité du choix n'est pas de choisir, mais d'accepter élégamment les sollicitations de l'infini.

 

Non-faire... donne l'énergie

Le concept de s'arrêter dans le monde est aussi nécessaire pour les sorciers que la lecture et l'écriture le sont pour l'homme moyen. Il consiste à introduire un élément dissonant dans le tissu du comportement de tous les jours afin de mettre un terme au déroulement des événements ordinaires. Événements qui sont catalogués dans nos esprits par la raison.

 

L'élément dissonant est appelé non-faire, à l'opposé de faire. Faire quelque chose fait partie d'un ensemble pour lequel nous avons un compte cognitif. Non-faire est un élément qui n'appartient pas à ce qui est sur la carte.

 

Concentrez toute votre attention sur l'écoute de sons et faites de votre mieux pour trouver les trous entre les sons. Restez en vigilance complète. Tout est significatif pour un sorcier. Les sons ont des trous en eux et il en va ainsi tout autour de vous.

Pratiquer le non-faire en regardant un arbre ou un buisson; fixer votre attention non pas sur les feuilles, mais sur les ombres des feuilles.

Ne pas-faire ce que vous savez comment faire est la clé du pouvoir.

La première étape délibérée de stocker de l'énergie personnelle est de permettre à l'organisme à ne pas faire. Le corps aime ce genre de choses. Vous pouvez arrêter le monde en utilisant cette technique. Une fois que vous avez réussi, vous devez travailler comme si rien ne s'était passé pour vous et ne pas le mentionner ou même être concerné par l'un des événements que vous avez vécus.


 

Quand on est dans le non-faire, on se sent dans le monde, et on sent le monde à travers ses lignes. Pas-faire est très simple, mais très difficile. Ce n'est pas une question de compréhension, mais de maîtrise.

Voir, bien sûr, est la réalisation finale d'un homme de connaissance, et voir est atteint seulement quand on a arrêté le monde grâce à la technique du non-faire.

Le réel, c'est quand le corps se rend compte qu'il peut voir. C'est alors seulement qu'on est capable de savoir que le monde que nous regardons tous les jours n'est qu'une description.

 

ETAPES DU CHEMIN, les ennemis et les seuils

1° ennemi: Peur

Il doit défier sa peur, et en dépit de cela, il doit prendre la prochaine étape dans l'apprentissage, et la suivante, et la suivante. Il doit être pleinement dans la peur, et pourtant il ne doit pas s'arrêter.

Son intention devient plus forte. L'apprentissage n'est plus une tâche effrayante. Lorsque ce moment de joie vient, l'homme peut dire sans hésitation qu'il a vaincu son premier ennemi naturel.

Au lieu de la peur, il a acquis la clarté - une clarté d'esprit qui efface la peur.

2° ennemi: Clarté d'esprit

Elle dissipe la peur, mais aussi aveugle. Elle oblige l'homme à ne jamais douter de lui. Elle lui donne l'assurance qu'il peut faire ce qu'il veut, car il voit clair dans tout.

Il doit défier sa clarté et l'utiliser seulement pour voir, et attendre patiemment et mesurer soigneusement avant de prendre de nouvelles mesures; il doit penser, avant tout, que sa clarté est presque une erreur. Et un moment viendra où il comprendra que sa clarté était seulement un point devant ses yeux.

3° ennemi: Puissance, pouvoir.

Il parviendra à une position où rien ne peut plus lui nuire. Ce ne sera pas une erreur. Ce ne sera pas seulement un point devant ses yeux. Ce sera le vrai pouvoir. Son souhait est la règle. Il voit tout ce qui est autour de lui. Il commande; il commence par prendre des risques calculés, et termine par l'élaboration de règles, parce qu'il est un maître.

Mais un homme qui est dominé, vaincu par la puissance meurt sans vraiment savoir comment la gérer. Puissance est seulement un fardeau dans son destin.

Si, toutefois, il est aveuglé par le pouvoir, puis refuse, son combat est toujours en cours. Cela signifie qu'il est encore en train de devenir un homme de connaissance. Un homme est vaincu seulement quand il ne cherche plus, et s'abandonne.

Il doit se rendre compte que le pouvoir qu'il a conquis en apparence est en réalité jamais le sien.

S'il peut voir que la clarté et la puissance, sans son contrôle sur lui-même, sont pires que des erreurs, il atteindra un point où tout est tenu en échec. Il saura alors quand et comment utiliser son pouvoir. Et ainsi, il aura vaincu son troisième ennemi.

L'homme sera, alors, à la fin de son parcours d'apprentissage, et presque sans avertissement, il arrivera sur le dernier de ses ennemis: Vieillesse!

4° ennemi Vieillesse, désir de se reposer (fatigue), d'abandonner.

Celui qu'il ne sera pas en mesure de vaincre complètement, mais seulement lutter pour l'écarter.

Son désir de se retirer l'emportera sur toute sa clarté, sa puissance, et sa connaissance.

Mais si l'homme se débarrasse de sa fatigue, et vit bien son sort, il peut alors être appelé un homme de connaissance, si ce n'est que pour le bref moment où il réussit à repousser son dernier ennemi invincible. Ce moment de clarté, puissance et connaissance est suffisant.

 

Un guerrier traite tout avec respect et ne piétine pas quoi que ce soit, à moins qu'il ne le doive. Il ne s'abandonne pas à quoi que ce soit, pas même à sa mort. Il n'est pas un partenaire prêt et n'est pas disponible, et s'il se comporte avec quelque chose, vous pouvez être sûr qu'il est conscient de ce qu'il fait. Pour un guerrier il n'y a rien hors de contrôle. La vie d'un guerrier est un exercice de stratégie. Mais vous voulez trouver le sens de la vie...

Un guerrier ne se soucie pas de sens. Il mène sa vie de façon stratégique. Ainsi, s'il ne pouvait pas éviter l'accident, il trouverait moyen de compenser son handicap, ou d'éviter ses conséquences, ou bataillerait contre.
Un guerrier n'est jamais disponible; jamais il est debout sur la route attendant d'être mis à mal. Ainsi, il réduit au minimum ses chances de l'imprévu. 

Un guerrier n'est jamais inactif et jamais pressé.

Quand un homme apprend à voir, pas une seule chose qu'il sait prévaut.

 

Un guerrier vit stratégique et ne porte jamais de charges qu'il ne peut pas gérer.

Le monde est en effet plein de choses effrayantes et nous sommes des créatures sans défense entourées par des forces qui sont inexplicables et inflexibles. L'homme moyen, dans l'ignorance, estime que ces forces peuvent être expliquées ou modifiées; il ne sait pas vraiment comment faire cela, mais il s'attend à ce que les actions des hommes les expliqueront ou les changeront tôt ou tard.

 

Un sorcier ne pense pas à leur explication ou à leur modification; à la place, il apprend à utiliser ces forces en se réorientant et en s'adaptant à leur direction. C'est son truc. Il y a très peu de sorcellerie une fois que vous trouvez son truc.

Un sorcier, en s'ouvrant à la connaissance, est en proie à ces forces et a seulement un moyen, sa volonté; donc il doit se sentir et agir comme un guerrier.

Voir sans être d'abord un guerrier vous rendrait faible; cela vous donnerait une fausse humilité, un désir de vous retirer; votre corps se dégraderait parce que vous voudriez devenir indifférent. C'est mon engagement personnel, faire de vous un guerrier de sorte que vous ne vous écroulerez pas.


 

Un guerrier doit être préparé seulement à la bataille. Son esprit n'est pas adapté à se livrer et se plaindre, et il n'est pas adapté à gagner ou perdre. Ainsi, le résultat importe peu pour lui. Dans sa dernière bataille sur terre un guerrier laisse le flux de son esprit libre et clair. Et comme il mène son combat, sachant que sa volonté est impeccable, un guerrier rit et rit encore.

 

Un guerrier sélectionne les articles qui font son monde. Il choisit délibérément et chaque article qu'il choisit est un bouclier qui le protège contre les attaques des forces, il s'efforce de l'utiliser.

 

Chaque fois qu'un sorcier a une rencontre avec l'une de ces forces inexplicables et inflexibles dont nous allons parler, son « écart » (béance énergétique) s'ouvre, le rendant plus sensible à sa mort qu'il ne l'est habituellement. Nous mourons par cet écart, donc si il est ouvert, il faudrait avoir sa volonté prête à le remplir; c'est le cas si l'on est un guerrier. Si l'on n'est pas un guerrier, alors on n'a pas d'autre recours que d'utiliser les activités de la vie quotidienne pour tenir son esprit loin de la peur de la rencontre et permettre ainsi son écart de se combler. 


Vous devez agir comme un guerrier et sélectionner les éléments de votre monde. Vous ne pouvez pas vous entourer de choses pêle-mêle.

Un guerrier prend la responsabilité de protéger sa vie. Ensuite, si une de ces forces ouvre son « écart », il doit s'efforcer de le fermer délibérément par lui-même.

À cette fin, il doit avoir un certain nombre de choses qui lui donnent une grande paix et du plaisir, des choses qu'il peut délibérément utiliser pour éloigner ses pensées de sa frayeur, fermer son espace (écart) et le rendre solide. 


 

Dans sa vie au jour le jour un guerrier choisit de suivre le chemin avec le cœur. C'est le choix cohérent de ce chemin avec le cœur qui fait un guerrier, différent de l'homme moyen. Il sait que le chemin a du cœur quand il est un avec lui, quand il éprouve une grande paix et du plaisir en traversant sa longueur. Les choses qu'un guerrier sélectionne pour faire ses boucliers sont les éléments d'un chemin avec le cœur. Vous devez vous entourer avec les éléments d'un chemin avec le cœur et vous devez refuser le reste.

 

Nous répétons les mêmes choix jusqu'à ce jour où nous mourrons, parce que nous continuons à répéter le même discours interne à plusieurs reprises jusqu'au jour de notre mort. Un guerrier est conscient de cela et s'efforce d'arrêter sa conversation intérieure. C'est le dernier point que vous devez savoir si vous voulez vivre comme un guerrier.

 

Tout d'abord, vous devez utiliser vos oreilles pour prendre une partie de la charge de vos yeux.

Nous utilisons nos yeux pour juger le monde, depuis que nous sommes nés. Nous parlons aux autres et à nous-mêmes principalement sur ce que nous voyons. Un guerrier est conscient de cela et écoute le monde; il écoute les bruits du monde. Il est conscient que le monde va changer dès qu'il cessera de parler de lui-même et il doit être préparé pour cette secousse monumentale. Le monde est tel ou tel que parce que nous nous disons que c'est la façon dont il est. Si nous cessons de nous dire que le monde est tel ou tel, le monde cessera d'être ainsi. Vous devez commencer lentement à défaire le monde.

 

Le monde est incompréhensible. Nous ne pourrons jamais le comprendre; nous ne pourrons jamais percer ses secrets. Ainsi, nous devons le traiter comme il est, un mystère pur! 


Un homme moyen ne le fait pas cependant. Le monde n'est jamais un mystère pour lui, et quand il arrive à un âge avancé, il est convaincu qu'il n'a plus rien à vivre. Un vieil homme n'a pas épuisé le monde. Il n'a épuisé que ce que les gens font.

C'est un vil prix à payer pour nos écrans de protection! 
Un guerrier est conscient de cette confusion et apprend à traiter les choses correctement. Les choses qui font que les gens ne peuvent sous aucune condition être plus importants que le monde. Et donc un guerrier traite le monde comme un mystère sans fin et ce que les gens font comme une folie sans fin.

Votre problème est que vous voulez tout comprendre, et ce n'est pas possible.
La compréhension est seulement une très petite affaire, si petite – et encore une sobre compréhension est essentielle.

 

AIDER

Pour aider vraiment les gens, il ne faut pas le vouloir (il faut simplement faire ce qui doit être fait), il ne faut pas s'y attacher, car l'attachement entraîne l'attente de reconnaissance...

La chose la plus dure au monde pour un guerrier c'est de laisser les autres tranquilles. Considérer qu'ils sont capables de mener leur vie.

L'impeccabilité du guerrier c'est de laisser vivre les autres et de les accepter tels qu'ils sont. Et s'ils ne sont pas impeccables, votre devoir est de l'être vous-même et de ne pas dire un mot.

Seul un sorcier qui voit et qui est sans forme (comme personna) peut se permettre d'aider quelqu'un.

29 mai 2014

Carlos Castaneda, résumé de sa pensée d'après ses ouvrages

Résumé de la pensée de Carlos Castaneda, ouvrage par ouvrage

D'après un site en anglais: http://www.prismagems.com/castaneda/djintro.html

cliquer en bas de page pour les résumés d'ouvrage;

Traduction google:

http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&tl=fr&u=http%3A%2F%2Fwww.prismagems.com%2Fcastaneda%2Fdjintro.html&sandbox=1

 

Mes notes de lecture de ces résumés 

D'après la traduction en français du site cité en haut de message.

Avant-propos

Dans son premier livre, Les Enseignements de Don Juan, publié par l'University of California Press, là où Carlos Castaneda a obtenu son doctorat en anthropologie, on nous dit:

En 1960, comme un étudiant en anthropologie à l'Université de Californie, Los Angeles, Carlos Castaneda a commencé à recueillir des informations sur les plantes médicinales utilisées par les Indiens du sud-ouest. Par la suite, il a rencontré et est devenu l'apprenti de Don Juan, un indien Yaqui. 
De 1968 à 1999 les dix livres suivants ont été publiés. Ils racontent son apprentissage avec don Juan et nous décrivent la connaissance que don Juan lui transmet - la connaissance d'un ancien système pour devenir un "homme de connaissance." 


1968 - Les enseignements de don Juan: A Yaqui Way of Knowledge 


1971 - A Separate Reality: Des conversations avec don Juan 


1972 - Voyage à Ixtlan: les leçons de don Juan 


1974 - Tales Of Power 


1977 - Le Second Anneau de Pouvoir 


1981 - Le cadeau de L'Aigle 


1984 - Le feu de l'intérieur

1987 - The Power of Silence: Des leçons de don Juan 
1993 - L'Art de Rêver 


1999 - Le côté actif de l'infini. 

 

 

« Ce livre est une compilation de la plupart des idées, procédures, méthodes, systèmes, processus, concepts et principes des enseignements de don Juan présentés par Carlos Castaneda. 
J'ai, le cas échéant, modifié le texte original pour que l'enseignement soit dirigé comme venant de don Juan à tout nouvel étudiant. »

 

Introduction

Le principe de base de la sorcellerie pour un sorcier est que le monde de la vie quotidienne n'est pas réel, ou là-bas, car nous croyons qu'il est. Pour un sorcier, la réalité, ou le monde que nous connaissons tous est seulement une description.

 

 

1/ Une réalité séparée

Afin d'arriver à voir il faut d'abord arrêter le monde. L'Arrêt du monde est en effet une interprétation appropriée de certains états de conscience dans lesquels la réalité de la vie quotidienne est modifiée parce que le flux de l'interprétation, qui se déroule habituellement sans interruption, a été arrêté par un ensemble de circonstances étrangères à ce flux.

Dans ce cas, l'ensemble des circonstances étrangères à notre flux normal des interprétations est la description de la sorcellerie du monde.

La condition préalable pour arrêter le monde est que l'on doit être convaincu; en d'autres termes, on doit apprendre la nouvelle description dans un sens total, dans le but de l'opposer à l'ancienne, et de cette façon briser la certitude dogmatique, que nous partageons tous, que la validité de nos perceptions, ou notre réalité du monde, ne doit pas être remis en question.

Après l'arrêt du monde la prochaine étape est de voir. J'entends par là ce qui pourrait être classé comme répondant aux sollicitations de la perception d'un monde en dehors de la description que nous avons appris à appeler la réalité.

 

(L'apprenti sorcier, homme de connaissance) S'il cède à la peur, il ne sera jamais vainqueur, car il va se détourner de l'apprentissage et ne jamais essayer de nouveau. Mais s'il essaie d'apprendre pendant des années au milieu de sa peur, il finira par conquérir (cet état espéré).

Par conséquent, il ne doit pas fuir. Il doit défier sa peur, et en dépit de cela, il doit prendre la prochaine étape dans l'apprentissage, et la suivante, et la suivante. Il doit être pleinement dans la peur, et pourtant il ne doit pas s'arrêter. C'est la règle! Et un moment viendra où son premier ennemi se retire. L'homme commence à se sentir sûr de lui. Son intention devient plus forte. L'apprentissage n'est plus une tâche effrayante.

Lorsque ce moment de joie vient, l'homme peut dire sans hésitation qu'il a vaincu son premier ennemi naturel. Il y arrive peu à peu, et la peur est soudain vaincue.

Une fois qu'un homme a vaincu la peur, il en est libre pour le reste de sa vie, parce que, au lieu de la peur, il a acquis la clarté - une clarté d'esprit qui efface la peur. De là, un homme connaît ses désirs; il sait comment satisfaire ces désirs. Il peut anticiper les nouvelles étapes de l'apprentissage et une clarté vive entoure tout. L'homme sent que rien n'est caché.

 

Et c'est ainsi qu'il a rencontré son deuxième ennemi: la clarté! Cette clarté d'esprit, qui est si difficile à obtenir, dissipe la peur, mais aussi aveugle. Elle oblige l'homme à ne jamais douter de lui. Elle lui donne l'assurance qu'il peut faire ce qu'il veut, car il voit clair dans tout. Et il est courageux parce qu'il est clair, et il ne recule devant rien parce qu'il est clair. Mais tout ceci est une erreur; c'est comme quelque chose d'incomplet.

Si l'homme cède à ce pouvoir « faire croire », il a succombé à son deuxième ennemi. Son deuxième ennemi vient de l'arrêter d'essayer de devenir un homme de connaissance.

Au lieu de cela, l'homme peut se transformer en un guerrier ou un clown. Pourtant, la clarté pour laquelle il a payé si cher ne se changera jamais en obscurité et peur à nouveau. Mais il ne sera plus en apprentissage, ou aspirant à rien.

Il doit faire ce qu'il a fait avec la crainte: il doit défier sa clarté et l'utiliser seulement pour voir, et attendre patiemment et mesurer soigneusement avant de prendre de nouvelles mesures; il doit penser, avant tout, que sa clarté est presque une erreur. Et un moment viendra où il comprendra que sa clarté était seulement un point devant ses yeux.

Et ainsi, il aura surmonté son deuxième ennemi, et parviendra à une position où rien ne peut plus lui nuire. Ce ne sera pas une erreur. Ce ne sera pas seulement un point devant ses yeux. Ce sera le vrai pouvoir.

Il saura à ce moment que le pouvoir qu'il poursuit depuis si longtemps est enfin le sien. Il peut en faire ce qu'il veut. Son allié est à son commandement. Son souhait est la règle. Il voit tout ce qui est autour de lui.

Mais il a également rencontré son troisième ennemi: le Pouvoir!

La puissance est la plus forte de tous les ennemis. Et naturellement, la meilleure chose à faire est de s'y donner; après tout, l'homme est vraiment invincible. Il commande; il commence par prendre des risques calculés, et termine par l'élaboration de règles, parce qu'il est un maître.

Un homme à ce stade remarque à peine que son troisième ennemi va se refermer sur lui. Et tout à coup, sans savoir, il aura certainement perdu la bataille. Son ennemi aura fait de lui, un homme capricieux, cruel, mais il ne perdra jamais sa clarté ou son pouvoir.

Un homme qui est vaincu par la puissance meurt sans vraiment savoir comment la gérer. La Puissance est seulement un fardeau dans son destin. Un tel homme ne commande pas lui-même, et ne peut pas dire quand ou comment utiliser son pouvoir.

Une fois que l'un de ces ennemis domine un homme il n'y a rien qu'il puisse faire. Il n'est pas possible, par exemple, qu'un homme qui est vaincu par la puissance puisse voir son erreur et s'amender.

Si, toutefois, il est aveuglé par le pouvoir, puis refuse, son combat est toujours en cours. Cela signifie qu'il est encore en train de devenir un homme de connaissance. Un homme est vaincu seulement quand il ne cherche plus, et s'abandonne.

Il doit se rendre compte que le pouvoir qu'il a conquis en apparence n'est en réalité jamais le sien.

Si il peut voir que la clarté et la puissance, sans son contrôle sur lui-même, sont pires que des erreurs, il atteindra un point où tout est tenu en échec. Il saura alors quand et comment utiliser son pouvoir. Et ainsi, il aura vaincu son troisième ennemi.

L'homme sera, alors à la fin de son parcours d'apprentissage, et presque sans avertissement, il arrivera sur le dernier de ses ennemis: la Vieillesse!

Cet ennemi est le plus cruel de tous, celui qu'il ne sera pas en mesure de vaincre complètement, mais il pourra seulement lutter pour l'écarter.

C'est le moment où un homme a un désir inébranlable de se reposer. S'il donne tout à son désir de se coucher et d'oublier, si il se soulage de la fatigue, il aura perdu son dernier tour, et son ennemi le réduira dans une ancienne créature faible. Son désir de se retirer l'emportera sur toute sa clarté, sa puissance, et sa connaissance.

Mais si l'homme se débarrasse de sa fatigue, et vit bien son sort, il peut alors être appelé un homme de connaissance, si ce n'est que pour le bref moment où il réussit à repousser son dernier ennemi invincible. Ce moment de clarté, puissance et connaissance est suffisant.

 

Pour avoir une telle clarté vous devez mener une vie disciplinée. C'est seulement alors que vous savez que n'importe quel chemin est seulement un chemin, en laissant tomber si c'est ce que votre coeur vous dit de faire. Mais votre décision de garder le chemin ou de le laisser, doit être libérée de la peur ou de l'ambition. Je vous préviens. Regardez tous les chemins de près et délibérément.

Cette question est l'une que seul un très vieil homme demande. Est-ce que ce chemin a un cœur? Tous les chemins sont les mêmes: ils ne mènent nulle part. Ils sont des chemins qui traversent la brousse, ou dans la brousse. Dans ma propre vie, je pourrais dire que j'ai parcouru de longs trajets, mais je ne suis pas n'importe où.

Est-ce que ce chemin a un cœur? Si c'est le cas, le chemin est bon; sinon il n'est d'aucune utilité. Les deux chemins ne mènent nulle part; mais avec l'un on fait un voyage joyeux; aussi longtemps que vous le suivez, vous êtes un avec lui. L'autre vous fera maudire votre vie. L'un vous fait fort; l'autre, vous affaiblit.

 

Le problème est que personne ne pose la question; et quand un homme se rend finalement compte qu'il a pris un chemin sans cœur, le chemin est prêt à le tuer. À ce moment-là très peu d'hommes peuvent s'arrêter pour délibérer, et laisser ce chemin. Un chemin sans cœur n'est jamais agréable, un chemin avec le cœur est facile.

 

Vous pensez trop à vous-même et cela vous donne une fatigue étrange qui vous coupe du monde autour de vous et vous fait vous accrocher à vos arguments. Se sentir important fait un lourd, maladroit, et vain. Pour être un homme de connaissance, il faut être clair et fluide.

 

Il faut réduire au minimum tout ce qui est inutile dans sa vie.

 

Une fois que vous décidez quelque chose, il faut mettre toutes vos petites peurs au loin. Votre décision doit les vaincre. Je vais vous dire maintes et maintes fois, le moyen le plus efficace de vivre est d'être un guerrier. Il faut s'inquiéter et réfléchir avant de prendre toute décision, mais une fois que vous la prenez, avancez sur votre chemin libre de soucis ou des pensées; il y aura un million d'autres décisions encore qui vous attendent. C'est la voie du guerrier.

Un guerrier pense à sa mort quand les choses deviennent confuses. L'idée de la mort est la seule chose qui tempère notre esprit.

 

Pour être un guerrier, vous devez être très clair.

 

Une fois qu'un homme apprend à voir, il se retrouve seul dans le monde avec rien si ce n'est la folie.

Vos actes, ainsi que les actes de vos semblables en général, semblent être importants pour vous parce que vous avez appris à penser qu'ils sont importants.

Nous apprenons à penser à tout, et alors nous formons nos yeux pour regarder ce que nous pensons des choses que nous regardons. Nous nous regardons et pensons déjà que nous sommes importants. Et donc nous nous sentons importants! Mais quand un homme apprend à voir, il se rend compte qu'il ne peut plus penser aux choses qu'il regarde, et s'il ne peut pas penser à ce qu'il regarde tout devient sans importance. Tout est égal et donc sans importance.

 

Un homme de connaissance vit en agissant, pas en pensant à agir, ni en pensant à ce qu'il va penser quand il a fini d'agir. Un homme de connaissance choisit un chemin avec le cœur et le suit; puis il regarde et se réjouit et rit; et puis il voit et connaît.

Il sait que lui, ainsi que tous les autres, ne vont nulle part; il sait, parce qu'il voit, que rien n'est plus important que toute autre chose. En d'autres termes, un homme de connaissance n'a pas d'honneur, pas de dignité, pas de famille, pas de nom, pas de pays, mais seulement la vie à vivre, et dans ces circonstances, son seul lien avec ses semblables est sa folie contrôlée.

 

Rien n'est plus important que toute autre chose, un homme de connaissance choisit tout acte, et agit comme si il lui importe. Quand il s'acquitte de ses actes, il se retire dans la paix, et que ses actes soient bons ou mauvais, ou aient fonctionné ou pas, ne fait en aucune façon partie de ses préoccupations.

 

Notre sort d'homme est d'apprendre et, comme je l'ai dit, on va à la connaissance comme on va à la guerre; avec crainte, respect, conscient que l'on va à la guerre, et avec une confiance absolue en soi.

Mettez votre confiance en vous-même. Il n'y a pas de vide dans la vie d'un homme de connaissance, tout est rempli à ras bord et tout est égal. Pour moi, il n'y a pas de victoire, ou de défaite, ou de vacuité. Tout est rempli à ras bord et tout est égal et mon combat vaut la peine de mon temps.

Afin de devenir un homme de connaissance, il faut être un guerrier. Il faut s'efforcer sans renoncer, sans une plainte, sans broncher, jusqu'à ce que l'on voit, pour se rendre compte alors que rien n'a d'importance.

Vous êtes trop préoccupés à aimer les gens ou à être aimé. Un homme de connaissance aime qui ou ce qu'il veut, mais il utilise sa folie contrôlée pour être indifférent à ce sujet.

Un guerrier sait qu'il attend et ce qu'il attend; et pendant qu'il attend, il ne veut rien et donc le peu de chose qu'il obtient est plus que ce qu'il peut prendre. Si il a besoin de manger, il trouve un moyen, parce qu'il n'a pas faim; si quelque chose fait mal dans son corps, il trouve un moyen de l'arrêter, parce qu'il n'est pas dans la douleur.

 

Un guerrier sait qu'il attend et sait ce qu'il attend. Il est très difficile, voire impossible, pour l'homme moyen de savoir ce qu'il attend. Un guerrier, cependant, n'a pas de problèmes; il sait qu'il est en attente de sa volonté.Vouloir est quelque chose de très clair et puissant qui peut diriger nos actes. Vouloir est quelque chose qu'un homme utilise, par exemple, pour gagner une bataille que par tous les calculs, il devrait perdre. Ce n'est pas ce que nous appelons courage. Courage, c'est autre chose. Les hommes de courage sont des hommes fiables, nobles hommes perpétuellement entourés par des gens qui se pressent autour d'eux et les admirent; encore très peu d'hommes de courage ont la volonté.

Vouloir est une force qui est le véritable lien entre les hommes et le monde. 
Le monde est ce que nous percevons, de quelque manière que nous pouvons choisir de percevoir. Percevoir le monde implique un processus d'appréhender ce qui se présente à nous. Cette perception particulière est faite avec nos sens et notre volonté. Vouloir est une relation entre nous et le monde perçu.

Un homme moyen peut "saisir" les choses du monde que par ses mains ou ses sens, mais un sorcier peut les saisir aussi avec sa volonté.

Un sorcier utilise sa volonté de percevoir le monde.

Un sorcier peut avoir une volonté très forte et pourtant il ne peut pas voir; ce qui signifie que seul un homme de connaissance perçoit le monde avec ses sens et sa volonté et aussi avec sa vision. 
Maintenant, vous savez ce que vous attendez de votre volonté. Vous ne savez toujours pas ce que c'est, ni comment cela pourrait vous arriver. Alors regardez attentivement tout ce que vous faites. La chose qui pourrait vous aider à développer votre volonté est au milieu de toutes les petites choses que vous faites.

 

Chaque élément de la connaissance qui devient puissance a la mort comme force centrale. Le décès prête l'ultime touche et tout ce qui est touché par la mort devient en effet pouvoir.

Un homme qui suit les chemins de la sorcellerie est confronté à une annihilation imminente à chaque tour de la voie, et inévitablement, il devient tout à fait conscient de sa mort. Sans la conscience de la mort, il ne serait qu'un homme ordinaire impliqué dans des actes ordinaires. Il n'aurait pas la puissance nécessaire, la concentration nécessaire qui transforme son temps ordinaire sur la terre en puissance magique.

Ainsi, pour être un guerrier un homme doit être, tout d'abord, et à juste titre, très conscient de sa propre mort. Mais se sentir concerné par la mort pourrait obliger chacun d'entre nous à se concentrer sur lui-même et ce serait débilitant. Donc, il faut aussi pratiquer le détachement. L'idée d'une mort imminente, au lieu de devenir une obsession, devient une indifférence.

Maintenant, vous devez vous détacher; vous détacher de tout. Seule l'idée de la mort rend un homme assez détaché, il est donc incapable de s'abandonner à quelque chose. Seule l'idée de la mort rend un homme suffisamment détaché il ne peut pas se refuser quoi que ce soit. Un homme de ce genre, cependant, n'a pas envie, car il a acquis une convoitise silencieuse pour la vie et pour toutes les choses de la vie. Il sait que sa mort le traque et ne lui donnera pas le temps de s'accrocher à quelque chose, il essaie donc tout, sans envie.

Un homme détaché, qui sait qu'il n'a pas la possibilité d'empêcher sa mort, n'a qu'une chose pour lui: la puissance de ses décisions. Il doit être, pour ainsi dire, le maître de ses choix. Il doit bien comprendre que son choix est de sa responsabilité et une fois qu'il le fait, il n'est plus temps pour les regrets ou récriminations. Ses décisions sont sans appel, tout simplement parce que sa mort ne lui permet pas le temps de s'accrocher à quoi que ce soit.

Et donc avec la prise de conscience de sa mort, avec son détachement, et avec la puissance de ses décisions un guerrier met sa vie en jeu d'une manière stratégique. La connaissance de sa mort le guide et le fait détaché et silencieusement vigoureux; la puissance de ses décisions finales le rend capable de choisir sans regrets et ce qu'il choisit est toujours stratégiquement le meilleur; et ainsi il exécute tout ce qu'il a à faire avec enthousiasme et efficacité.

Quand un guerrier a acquis la patience il est sur son chemin vers la volonté. Il sait attendre. Sa mort est assis avec lui sur sa natte, ils sont amis. Sa mort lui conseille, de façon mystérieuse, comment choisir, comment vivre de façon stratégique. Et le guerrier attend!

Je dirais que le guerrier apprend sans hâte parce qu'il sait qu'il est en attente de sa volonté; et un jour, il parvient à réaliser quelque chose de tout à fait normalement impossible à accomplir. Il peut même ne pas remarquer son acte extraordinaire. Mais comme il ne cesse de poser des actes impossibles, ou que des choses impossibles lui arrivent, il se rend compte qu'une sorte de pouvoir se dessine. Une puissance qui sort de son corps comme il progresse sur la voie de la connaissance. Il s'aperçoit qu'il peut effectivement toucher tout ce qu'il veut avec un sentiment qui sort de son corps d'un endroit juste en dessous ou juste au-dessus de son nombril.

 

Ce sentiment est la volonté, et quand il est capable de saisir avec, on peut à juste titre dire que le guerrier est un sorcier, et qu'il a acquis la volonté.

 

Un homme peut aller encore plus loin; un homme peut apprendre à voir. En apprenant à voir, il n'a plus besoin de vivre comme un guerrier, ni être un sorcier. En apprenant à voir un homme devient tout en devenant rien.

Pour ainsi dire, il disparaît et pourtant il est là. Je dirais que c'est le moment où un homme peut être ou peut obtenir tout ce qu'il désire. Mais il ne désire rien, et au lieu de jouer avec ses semblables comme s'ils étaient des jouets, il les rencontre dans le milieu de leur folie. La seule différence entre eux est qu'un homme qui voit contrôle sa folie, tandis que ses semblables ne peuvent pas. Un homme qui voit n'a plus un intérêt actif pour ses semblables. Voir l'a déjà détaché absolument de tout ce qu'il savait avant.

Ne laissez pas l'idée d'être détaché de tout ce que vous savez vous donner des frissons. La chose qui devrait vous donner des frissons n'est pas d'avoir quelque chose à espérer, mais une durée de vie pour faire ce que vous avez toujours fait. Pensez à l'homme qui plante année après année le maïs jusqu'à ce qu'il soit trop vieux et fatigué pour se lever, de sorte qu'il se trouve comme un vieux chien. Ses pensées et ses sentiments, le meilleur de lui, sans autre but que les seules choses qu'il n'a jamais fait, planter du maïs. Pour moi, c'est le déchet le plus effrayant qui soit.

Nous sommes des hommes et notre sort est d'apprendre et d'être jeté dans de nouveaux mondes inconcevables.

Voir est pour les hommes impeccables. Tempérez votre esprit maintenant, devenez un guerrier, apprenez à voir, et alors vous saurez qu'il n'y a pas de fin aux nouveaux mondes pour notre vision.

Quand vous voyez, il n'y a plus d'éléments familiers dans le monde. Tout est nouveau. Rien ne s'est jamais produit avant. Le monde est incroyable! Tout ce que vous regardez devient rien!

Les choses ne disparaissent pas, elles sont devenues tout simplement rien et pourtant elles sont toujours là. Voir fait comprendre le peu d'importance de tout.

 

Un guerrier traite tout avec respect et ne piétine pas quoi que ce soit, à moins qu'il ne le doive. Il ne s'abandonne pas à quoi que ce soit, pas même à sa mort. Il n'est pas un partenaire prêt et n'est pas disponible, et s'il se comporte avec quelque chose, vous pouvez être sûr qu'il est conscient de ce qu'il fait. Pour un guerrier il n'y a rien hors de contrôle. La vie d'un guerrier est un exercice de stratégie. Mais vous voulez trouver le sens de la vie...

Un guerrier ne se soucie pas de sens. Il mène sa vie de façon stratégique. Ainsi, si il ne pouvait pas éviter l'accident, il trouverait moyen de compenser son handicap, ou d'éviter ses conséquences, ou bataillerait contre.
Un guerrier n'est jamais disponible; jamais il est debout sur la route attendant d'être mis à mal. Ainsi, il réduit au minimum ses chances de l'imprévu. 

Un guerrier n'est jamais inactif et jamais pressé.

Quand un homme apprend à voir, pas une seule chose qu'il sait prévaut.

 

Un guerrier vit stratégique et ne porte jamais de charges qu'il ne peut pas gérer.

Le monde est en effet plein de choses effrayantes et nous sommes des créatures sans défense entourées par des forces qui sont inexplicables et inflexibles. L'homme moyen, dans l'ignorance, estime que ces forces peuvent être expliquées ou modifiées; il ne sait pas vraiment comment faire cela, mais il s'attend à ce que les actions des hommes les expliqueront ou les changeront tôt ou tard.

Un sorcier ne pense pas à leur explication ou à leur modification; à la place, il apprend à utiliser ces forces en se réorientant et en s'adaptant à leur direction. C'est son truc. Il y a très peu de sorcellerie une fois que vous trouvez son truc.

Un sorcier, en s'ouvrant à la connaissance, est en proie à ces forces et a seulement un moyen, sa volonté; donc il doit se sentir et agir comme un guerrier. Je vais répéter une fois de plus: on ne peut survivre à la voie de la connaissance qu'en vivant comme un guerrier.

 

Voir sans être d'abord un guerrier vous rendrait faible; cela vous donnerait une fausse humilité, un désir de vous retirer; votre corps se dégraderait parce que vous voudriez devenir indifférent. C'est mon engagement personnel, faire de vous un guerrier de sorte que vous ne vous écroulerez pas.


Un guerrier doit être préparé seulement à la bataille. Son esprit n'est pas adapté à se livrer et se plaindre, et il n'est pas adapté à gagner ou perdre. L'esprit d'un guerrier est destiné uniquement à lutter, et chaque lutte est la dernière bataille d'un guerrier sur la terre. Ainsi, le résultat importe peu pour lui. Dans sa dernière bataille sur terre un guerrier laisse le flux de son esprit libre et clair. Et comme il mène son combat, sachant que sa volonté est impeccable, un guerrier rit et rit encore. 
Un guerrier sélectionne les articles qui font son monde. Il choisit délibérément et chaque article qu'il choisit est un bouclier qui le protège contre les attaques des forces, il s'efforce de l'utiliser.

 

Chaque fois qu'un sorcier a une rencontre avec l'une de ces forces inexplicables et inflexibles dont nous allons parler, son « écart » (béance énergétique) s'ouvre, le rendant plus sensible à sa mort qu'il ne l'est habituellement. Nous mourons par cet écart, donc si il est ouvert, il faudrait avoir sa volonté prête à le remplir; c'est le cas si l'on est un guerrier. Si l'on n'est pas un guerrier, comme vous, alors on n'a pas d'autre recours que d'utiliser les activités de la vie quotidienne à tenir son esprit loin de la peur de la rencontre et de permettre ainsi son écart de se combler. 


Vous devez agir comme un guerrier et sélectionner les éléments de votre monde. Vous ne pouvez pas vous entourer de choses pêle-mêle.

Un guerrier rencontre ces forces inexplicables et inflexibles parce qu'il les cherche délibérément, donc il est toujours prêt pour la rencontre. La première chose que vous devez faire, alors, est être préparé. Un guerrier prend la responsabilité de protéger sa vie. Ensuite, si une de ces forces ouvre son « écart », il doit s'efforcer de le fermer délibérément par lui-même.

À cette fin, il doit avoir un certain nombre de choses qui lui donnent une grande paix et du plaisir, des choses qu'il peut délibérément utiliser pour éloigner ses pensées de sa frayeur, fermer son espace (écart) et le rendre solide. 


 

Dans sa vie au jour le jour un guerrier choisit de suivre le chemin avec le cœur. C'est le choix cohérent de ce chemin avec le cœur qui fait un guerrier; différent de l'homme moyen. Il sait que le chemin a du cœur quand il est un avec lui, quand il éprouve une grande paix et du plaisir en traversant sa longueur. Les choses qu'un guerrier sélectionne pour faire ses boucliers sont les éléments d'un chemin avec le cœur. Vous devez vous entourer avec les éléments d'un chemin avec le cœur et vous devez refuser le reste.

Nous répétons les mêmes choix jusqu'à ce jour où nous mourrons, parce que nous continuons à répéter le même discours interne à plusieurs reprises jusqu'au jour de notre mort. Un guerrier est conscient de cela et s'efforce d'arrêter sa conversation intérieure. C'est le dernier point que vous devez savoir si vous voulez vivre comme un guerrier. 
Tout d'abord, vous devez utiliser vos oreilles pour prendre une partie de la charge de vos yeux.

Nous utilisons nos yeux pour juger le monde, depuis le temps que nous sommes nés. Nous parlons aux autres et à nous-mêmes principalement sur ce que nous voyons. Un guerrier est conscient de cela et écoute le monde; il écoute les bruits du monde. Il est conscient que le monde va changer dès qu'il cessera de parler de lui-même et il doit être préparé pour cette secousse monumentale. Le monde est tel ou tel que parce que nous nous disons que c'est la façon dont il est. Si nous cessons de nous dire que le monde est tel ou tel, le monde cessera d'être ainsi. Vous devez commencer lentement à défaire le monde.

 

Le monde est incompréhensible. Nous ne pourrons jamais le comprendre; nous ne pourrons jamais percer ses secrets. Ainsi, nous devons le traiter comme il est, un mystère pur! 


Un homme moyen ne le fait pas cependant. Le monde n'est jamais un mystère pour lui, et quand il arrive à un âge avancé, il est convaincu qu'il n'a plus rien à vivre. Un vieil homme n'a pas épuisé le monde. Il a épuisé que ce que les gens font. Mais dans sa confusion stupide qu'il croit que le monde n'a plus de mystères pour lui.

C'est un vil prix à payer pour nos écrans de protection! 
Un guerrier est conscient de cette confusion et apprend à traiter les choses correctement. Les choses qui font que les gens ne peuvent sous aucune condition être plus importants que le monde. Et donc un guerrier traite le monde comme un mystère sans fin et ce que les gens font comme une folie sans fin.

Concentrez toute votre attention sur l'écoute de sons et faites de votre mieux pour trouver les trous entre les sons. Restez en vigilance complète. 
Tout est significatif pour un sorcier. Les sons ont des trous en eux et il en va ainsi tout autour de vous.

Votre problème est que vous voulez tout comprendre, et ce n'est pas possible.
La compréhension est seulement une très petite affaire, si petite – et encore une sobre compréhension est essentielle.

 

Voyage à Ixtlan

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Nous ne devrions pas essayer d'imposer notre volonté quand les gens ne se comportent pas comme nous le voulons. La pire chose que l'on peut faire est de confronter les êtres humains sans ambages. Un guerrier procède stratégique. Si l'on veut arrêter nos semblables, il faut toujours être à l'extérieur du cercle qui les appuie. De cette façon, on peut toujours diriger la pression.

 

Si vous n'avez pas d'antécédents personnels, pas d'explications sont nécessaires; personne est en colère ou déçu par vos actes. Et surtout pas un ne vous entraîne vers le bas avec leurs pensées. Il est préférable d'effacer toute l'histoire personnelle parce que cela nous libère de la pensée grevant d'autres personnes. J'ai peu à peu, créé un brouillard autour de moi et de ma vie. Et maintenant, personne ne sait vraiment qui je suis ou ce que je fais. Pas même moi. Comment puis-je savoir qui je suis, quand je suis tout cela?

 

Commencez par des choses simples, comme ne pas révéler ce que vous faites réellement. Le problème est que lorsque les gens vous connaissent, vous êtes une affaire de soi et de ce moment-là vous ne serez pas en mesure de briser l'égalité de leurs pensées. Personnellement, j'aime la liberté ultime d'être inconnu.

 

A partir de maintenant vous devez tout simplement montrer aux gens ce que vous vous souciez de leur montrer, mais sans jamais dire exactement comment vous l'avez fait. Vous voyez, nous n'avons que deux alternatives; soit nous prenons tout pour nous et réel, ou nous ne le faisons pas. Si nous suivons la première, nous nous retrouvons à nous ennuyer à mourir avec nous-mêmes et avec le monde. Si nous suivons la seconde et effaçons l'histoire personnelle, nous créons un brouillard autour de nous, un état très excitant et mystérieux dont personne ne sait où le lapin va sortir, pas même nous-mêmes.

Lorsque rien n'est sûr, nous restons attentifs, perpétuellement sur le qui-vive. Il est plus excitant de ne pas savoir derrière quel buisson le lapin se cache que de se comporter comme si nous savions tout.

 

Tant que vous sentez que vous êtes la chose la plus importante dans le monde, vous ne pouvez pas vraiment apprécier le monde autour de vous.

Pour vous aider à perdre votre auto-importance, parlez à de petites plantes. Ce n'est pas grave ce que vous dites à une plante, ce qui est important, c'est le sentiment de l'aimer, et de la traiter comme un égal.

Un homme qui rassemble des plantes doit s'excuser à chaque fois de les prendre et doit les assurer qu'un jour son propre corps leur servira de nourriture.

A partir de maintenant parlez aux petites plantes, parlez jusqu'à ce que vous perdiez tout sens de l'importance. Parlez-leur comme vous pouvez le faire en face des autres. Vous devez leur parler d'une voix forte et claire, si vous voulez qu'ils vous répondent.

Le monde autour de nous est un mystère, et les hommes ne sont pas mieux que toute autre chose. Si une petite plante est généreuse avec nous, nous devons la remercier.

 

La mort est le seul conseiller sage que nous avons. Chaque fois que vous sentez, comme vous le faites toujours, que tout va mal et que vous êtes sur le point d'être anéanti, pensez à votre décès et demandez si c'est le cas. Votre mort vous dira que vous avez tort; que rien ne compte vraiment en dehors de son contact. Votre mort va vous dire: «Je ne vous ai pas encore touché."

L'un de nous ici doit apprendre à nouveau que la mort est le chasseur, et qu'il est toujours à sa gauche. L'un de nous doit demander des conseils à sa mort et déposer la mesquinerie maudite qui appartient aux hommes qui vivent leur vie comme si la mort ne les frappera jamais.

 

Pensez à votre mort maintenant. Elle est à bout de bras. Elle peut vous frapper à n'importe quel moment, vraiment vous n'avez pas le temps pour des pensées et les humeurs de merde. Aucun de nous n'a le temps pour ça. La seule chose qui compte, c'est l'action, agir au lieu de parler.

***

Quand un homme décide de faire quelque chose, il doit parcourir tout le chemin, mais il doit prendre la responsabilité de ce qu'il fait. Peu importe ce qu'il fait, il faut savoir d'abord pourquoi il le fait, et il doit alors procéder à ses actions sans avoir de doutes ou de remords à leur sujet.

 

Dans un monde où la mort est le chasseur, mon ami, il n'y a pas de temps pour les regrets ou des doutes. Il y a seulement le temps de prendre des décisions.

Lorsque vous êtes en colère, vous vous sentez toujours juste. Vous vous êtes plaint toute votre vie parce que vous n'assumez pas la responsabilité de vos décisions. Assumer la responsabilité de ses décisions signifie que l'on est prêt à mourir pour elles. Peut importe ce qu'est la décision. Dans un monde où la mort est le chasseur, il n'y a pas de petites ou de grandes décisions. Il n'y a que les décisions que nous prenons dans la confrontation à notre mort inévitable.

Vous devez apprendre à devenir délibérément disponible et indisponible. Dans votre vie de maintenant, vous êtes sans le savoir disponible à tout moment. Ne pas être disponible ne signifie pas pour autant se cacher ou être secret, mais être inaccessible. Cela ne fait aucune différence de se cacher si tout le monde sait que vous vous cachez.

Nous sommes fous, nous tous, et on ne peut pas être différent. À un moment de ma vie, comme vous, je me suis rendu disponible, encore et encore jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien de moi de côté, sauf peut-être pour pleurer. Et je l'ai fait, tout comme vous.

 

Etre inaccessible signifie que vous touchez le monde autour de vous avec parcimonie. Vous ne vous exposez à la puissance du vent que si elle est obligatoire. Vous n'utilisez pas et serrez les gens jusqu'à ce qu'ils soient réduits à rien, surtout les gens que vous aimez.

Ne pas être disponible signifie que vous évitez délibérément ce qui vous épuise.

Cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas traiter avec des gens non plus. Un chasseur utilise son monde avec parcimonie et tendresse, que le monde soit des choses, ou des plantes ou des animaux, ou des personnes, ou de l'énergie. Un chasseur interfère intimement avec son monde et pourtant il est inaccessible à ce même monde. Il tapote légèrement, reste aussi longtemps qu'il a besoin, et puis rapidement il s'éloigne laissant à peine une marque.

 

Chacun d'entre nous est un imbécile. Vous vous sentez toujours obligé d'expliquer vos actes, comme si vous étiez le seul homme sur terre qui a tort. C'est votre vieux sentiment d'importance. Vous en avez trop; vous avez aussi trop d'histoire personnelle. D'autre part, vous ne supposez pas la responsabilité de vos actes; vous n'utilisez pas votre mort comme un conseiller, et surtout vous êtes trop accessible.

Il faut assumer la responsabilité d'être dans un monde étrange. Pour vous le monde est bizarre parce que si vous ne vous ennuyez pas avec lui, vous êtes en désaccord avec lui.

Pour moi, le monde est étrange car il est magnifique, impressionnant, mystérieux, insondable; mon intérêt a été de vous convaincre que vous devez assumer la responsabilité d'être ici, dans ce monde merveilleux, dans ce merveilleux désert, dans ce merveilleux moment. Je tiens à vous convaincre que vous devez apprendre à faire compter chaque acte, puisque vous allez être ici pour une courte période, en effet, trop court pour être témoin de tant de merveilles.

Changer! Si vous ne répondez pas à ce défi, vous êtes aussi bon que si vous étiez mort. Vous n'avez jamais pris la responsabilité d'être dans ce monde insondable. Par conséquent, vous n'avez jamais été un artiste, et peut-être vous ne serez jamais un chasseur. Il est une chose simplement mal avec vous - vous pensez que vous avez beaucoup de temps. Vous pensez que votre vie va durer éternellement.

 

Il y a des gens qui sont très prudents sur la nature de leurs actes. Leur bonheur est d'agir en pleine connaissance qu'ils n'ont pas le temps; par conséquent, leurs actes ont un pouvoir particulier.

Surtout quand la personne qui agit sait que ces actes sont sa dernière bataille. C'est un bonheur étrange d'agir avec la pleine connaissance que tout ce que l'on fait peut très bien être notre dernier acte sur la terre. Je vous recommande de reconsidérer votre vie et vos actes dans cette lumière.

 

Concentrez votre attention sur votre lien avec votre mort, sans remords ni tristesse ou inquiétude. Concentrez votre attention sur le fait que vous n'avez pas le temps et laissez vos actes en découler en conséquence. Que chacun de vos actes soit votre dernière bataille sur terre. Ce n'est que dans ces conditions que vos actes ont leur pouvoir légitime. Sinon, ils seront, pour aussi longtemps que vous vivez, les actes d'un homme timide. Il n'y a pas de temps pour de la timidité, tout simplement parce que c'est la timidité qui vous fait vous accrocher à quelque chose qui n'existe que dans vos pensées.

 

Un guerrier est un chasseur qui chasse l'impeccable puissance. S'il réussit dans sa chasse, il peut être un homme de connaissance.

L'apitoiement sur soi ne cadre pas avec le pouvoir. Le milieu de vie d'un guerrier l'appelle au contrôle de lui-même et en même temps il l'appelle à s'abandonner.

 

Un homme de connaissance est celui qui a suivi fidèlement les difficultés d'apprentissage; un homme qui, sans se précipiter ou chanceler, est allé aussi loin qu'il le peut afin de dévoiler les secrets du pouvoir personnel. Il est seulement intéressé par l'idée de stocker de l'énergie personnelle.

 

La puissance de chasse est une très étrange affaire. Il n'existe aucun moyen de planifier à l'avance. C'est ce qui est passionnant à ce sujet. Un guerrier procède comme s'il avait un bon plan, parce qu'il fait confiance à son pouvoir personnel. Il sait pertinemment que cela va le faire agir de la façon la plus appropriée.


 

Je ne prévois rien. Tout est décidé par la même puissance qui vous a permis de trouver cet endroit. 
Je vérifie vos conditions de présence ici... Un guerrier s'assure toujours que tout est en ordre, non pas parce qu'il croit qu'il va survivre à l'épreuve qu'il est sur le point d'entreprendre, mais parce que c'est une partie de son comportement irréprochable.

Faites confiance à votre pouvoir personnel. C'est tout ce que l'on a dans ce monde mystérieux.

Un guerrier agit comme s'il savait ce qu'il faisait, alors qu'en effet il ne sait rien. Un guerrier agit impeccablement quand il fait confiance à son pouvoir personnel, peu importe si il est petit ou énorme.

Il n'y a qu'une façon d'apprendre, et cette façon est de se mettre au travail. Si vous voulez savoir ce qu'est le pouvoir, vous devez aborder tout vous-même. 


Prenez-moi comme un exemple. Je ne savais pas que j'étais en train de stocker de l'énergie quand j'ai commencé à apprendre les manières d'un guerrier. Tout comme vous, je pensais que je faisais rien de particulier, mais ce n'était pas le cas. Le Pouvoir a la particularité d'être invisible quand il est stocké.

 

Votre corps a besoin d'effroi. Il l'aime. Votre corps a besoin de l'obscurité et du vent.

Je vous ai dit que le secret d'un corps solide n'est pas dans ce que vous faites pour lui, mais ce que vous ne faites pas. Maintenant, il est temps pour vous de ne pas faire ce que vous faites toujours. 


Pratiquer le non-faire en regardant un arbre ou un buisson; fixer votre attention non pas sur les feuilles, mais sur les ombres des feuilles.

Ne pas-faire ce que vous savez comment faire est la clé du pouvoir. Dans le cas de la recherche d'un arbre ou un buisson, ce que vous savez faire c'est de vous concentrer immédiatement sur le feuillage. Les ombres des feuilles ou les espaces entre les feuilles ne sont jamais votre préoccupation. Commencer à se concentrer sur les ombres des feuilles sur une seule branche, puis éventuellement continuer avec l'arbre tout entier, et ne laissez pas vos yeux remonter aux feuilles, parce que la première étape délibérée de stocker de l'énergie personnelle est de permettre à l'organisme à ne pas faire. Le corps aime ce genre de choses. Vous pouvez arrêter le monde en utilisant cette technique. Une fois que vous avez réussi, vous devez travailler comme si rien ne s'était passé pour vous et ne pas le mentionner ou même être concerné par l'un des événements que vous avez vécus.


 

Vous ne devriez pas avoir de remords pour ce que vous avez fait, parce que pour isoler les actes de l'un comme étant moyen ou laid, ou mal, c'est accorder une importance injustifiée au moi.

 

Le bien-être est une réussite qu'il faut chercher délibérément.

L'astuce consiste à ce sur quoi on met l'accent. Nous nous faisons nous-mêmes soit misérable, soit fort. Le volume de travail est la même.

 

Il y a un nombre infini de lignes qui se joignent à nous pour les choses. Ce sont des lignes réelles. Vous pouvez les sentir. La partie la plus difficile sur le chemin du guerrier est de réaliser que le monde est un sentiment. Quand on est dans le non-faire, on se sent dans le monde, et on sent le monde à travers ses lignes. Pas-faire est très simple, mais très difficile. Ce n'est pas une question de compréhension, mais de maîtrise.

Voir, bien sûr, est la réalisation finale d'un homme de connaissance, et voir est atteint seulement quand on a arrêté le monde grâce à la technique du non-faire .

Le réel, c'est quand le corps se rend compte qu'il peut voir. C'est alors seulement qu'on est capable de savoir que le monde que nous regardons tous les jours n'est qu'une description.

 

C'est seulement en étant un guerrier que l'on peut survivre à la voie de la connaissance, parce que l'art du guerrier est d'équilibrer la terreur d'être un homme avec la merveille d'être un homme.


 

Fables de pouvoir

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L'homme moyen cherche la certitude dans les yeux du spectateur et en retire de la confiance en soi. Le guerrier cherche l'impeccabilité à ses propres yeux et appelle cela humilité. L'homme moyen est accroché à ses semblables, tandis que le guerrier n'est accroché qu'à lui-même. Vous êtes dans la confiance en soi de l'homme moyen, quand vous devriez chercher l'humilité d'un guerrier.

Un guerrier prend son sort, quel qu'il soit, et l'accepte avec une humilité ultime. Il accepte avec humilité ce qu'il est, et non comme un motif de regret mais comme un défi de vie.

 

La faille avec des mots, c'est qu'ils nous obligent toujours à nous sentir éclairé, mais quand nous nous tournons vers le monde, ils nous manquent toujours et nous nous retrouvons face au monde comme nous l'avons toujours fait, sans illumination. Pour cette raison, un sorcier cherche à agir plutôt que de parler et à cet effet il obtient une nouvelle description du monde - une nouvelle description où parler n'est pas si important, et où de nouveaux actes entraînent de nouvelles réflexions. 


Nous sommes des êtres lumineux et tout ce que nous sommes ou ce que nous pensons forme des spectacles dans nos fibres. Les humains ont une luminosité particulière pour eux seuls. C'est la seule façon de les distinguer des autres êtres vivants lumineux.

 

La différence fondamentale entre un homme ordinaire et un guerrier, c'est qu'un guerrier prend tout comme un défi, tandis qu'un homme ordinaire prend tout soit comme une bénédiction ou une malédiction.

 

Chaque être humain a deux côtés, deux entités distinctes, deux homologues qui deviennent opératoires au moment de la naissance; l'un est appelé le «tonal» et l'autre le "nagual". 


La tonalité est la personne sociale. La tonalité est, à juste titre, un protecteur, un gardien - un tuteur qui la plupart du temps se transforme en gardien. 
La tonalité est l'organisateur du monde. Peut-être la meilleure façon de décrire son œuvre monumentale est de dire que sur ses épaules repose la tâche de mettre le chaos du monde dans l'ordre. Il n'est pas exagéré de soutenir, comme le font les sorciers, que tout ce que nous savons et faisons comme les hommes est l'œuvre du tonal. En ce moment, par exemple, ce qui est engagé pour tenter de donner un sens à notre conversation est votre tonal; sans elle il n'y aurait que des sons et des grimaces bizarres et vous ne seriez pas capable comprendre une seule chose de ce que je dis. Je dirais alors que la tonalité est un gardien qui protège quelque chose d'inestimable, notre être même. Par conséquent, une qualité inhérente du tonal est d'être méfiant et jaloux de ses faits et gestes. Et puisque ses oeuvres sont de loin la partie la plus importante de notre vie, il n'est pas étonnant qu'il se change à terme, en chacun de nous, de tuteur en garde. Un tuteur est large d'esprit et plein de compréhension. Un gardien, d'autre part, est un justicier, étroit d'esprit et la plupart du temps despotique. Je dis donc, que la tonalité en chacun de nous a été transformée en un petit garde despotique alors qu'elle devrait être un tuteur large d'esprit.

La tonalité est tout ce que nous savons, et cela inclut non seulement nous, en tant que personnes, mais tout dans notre monde. On peut dire que la tonalité est tout ce que rencontre l'oeil. Nous commençons à le toiletter au moment de la naissance. Au moment où nous prenons la première bouffée d'air, nous respirons aussi en puissance pour le tonal. Ainsi, il est juste de dire que la tonalité d'un être humain est intimement liée à sa naissance. 
Vous devez vous rappeler ce point. Il est d'une grande importance dans la compréhension de tout cela. La tonalité commence à la naissance et se termine à la mort. 


La tonalité ne peut pas créer ou modifier quoi que ce soit, parce que sa fonction est de juger et d'évaluer. D'une manière très étrange le tonal est un créateur qui ne crée pas une chose. En d'autres termes, le tonal représente les règles selon lesquelles il appréhende le monde. Donc, d'une certaine manière de parler, il crée le monde.

La tonalité de l'époque est ce qui nous rend semblables.

Le tonal est comme je l'ai déjà dit, tout ce que nous pensons que le monde est composé y compris Dieu, bien sûr. Dieu n'a pas une importance autre que d'être une partie de la tonalité de notre temps. 


 

Le nagual est au service du guerrier. Il peut être vu, mais il ne peut pas être parlé. Le nagual est là, autour de l'île de la tonalité. Là où plane de la puissance. On sent, à partir du moment que nous sommes nés, qu'il y a deux parties en nous. Au moment de la naissance, et pendant un moment après, nous sommes tous nagual. On sent, alors, que pour fonctionner il faut une contrepartie à ce que nous avons. La tonalité est absente, ce qui nous donne, dès le début, un sentiment d'incomplétude. Puis le tonal commence à se développer et il devient tout à fait important dans notre fonctionnement, tellement important qu'il masque l'éclat du nagual.

 

Au début, voir est source de confusion et il est facile de s'y perdre. La vision du guerrier devient un savoir direct. Un guerrier pose une question, et par sa vision, il obtient une réponse, mais la réponse est simple.

Une règle de base pour un guerrier, c'est qu'il prend ses décisions avec tant de soin que rien de ce qui peut se produire ne peut le surprendre, encore moins drainer son pouvoir.

 

La voie du guerrier est l'harmonie - l'harmonie entre les actions et les décisions, dans un premier temps, puis l'harmonie entre tonal et nagual C'est la tonalité qui doit abandonner le contrôle.

 

Le tonal se réduit à certains moments, surtout en cas d'embarras. Une fois que la tonalité s'est rétrécie, le nagual, si il est déjà en mouvement, peu importe l'importance de ce mouvement, va prendre les choses en charge et réaliser des choses extraordinaires.

Les affaires du nagual peuvent être assistées seulement avec le corps, pas la raison.

Le tonal doit être protégé à tout prix. La couronne doit être enlevée, mais il doit rester comme le surveillant protégé. Toute menace à la tonalité se traduit toujours par sa mort. Et si la tonalité meurt, c'est le fait de l'homme tout entier. En raison de sa faiblesse inhérente la tonalité est facilement détruite, et donc l'un des arts d'équilibrage du guerrier est de rendre le nagual émergeant afin de soutenir le tonal. Je dis que c'est un art, parce que les sorciers savent que c'est seulement en augmentant la tonalité que le nagual peut émerger. Que l'augmentation est appelé le pouvoir personnel.

Mon avantage sur vous en ce moment, c'est que je sais comment me rendre au nagual , et vous ne le savez pas. Mais une fois que je l'ai obtenu, je n'ai pas plus d'avantage et pas plus de connaissances que vous.

Tout ce que vous avez à faire est de configurer votre intention comme une maison de douane. Chaque fois que vous êtes dans le monde de la tonalité, vous devez être un impeccable tonal ; pas le temps pour de la merde irrationnelle. Mais chaque fois que vous êtes dans le monde du nagual, vous devriez aussi être impeccable; pas le temps pour de la merde rationnelle. Pour le guerrier, l'intention est la porte entre les deux. Elle se ferme complètement derrière lui quand il va d'une manière ou d'une autre.

 

Autre chose qu'il faut faire face au nagual est de passer la ligne des yeux de temps en temps, afin de rompre le charme du nagual. La modification de la position des yeux facilite toujours le fardeau de la tonalité. Ce déplacement doit être effectué uniquement comme un soulagement, mais non pas comme une façon de vous isoler.

L'Impeccabilité est de faire de votre mieux ce dans quoi vous êtes engagés.

La clé de toutes ces questions d'impeccabilité est le sentiment d'avoir ou ne pas avoir le temps. En règle générale, lorsque vous vous sentez et agissez comme un être immortel qui a tout le temps dans le monde, vous n'êtes pas impeccable; à ces moments vous devez tourner, regarder autour, et puis vous vous rendrez compte que votre sentiment d'avoir du temps est une idiotie. Il n'y a pas de survivants sur cette terre! Éteignez votre dialogue interne et laissez quelque chose en vous s'écouler et se développer. Ce quelque chose est votre perception, mais n'essayez pas de comprendre ce que je veux dire. Laissez juste le chuchotement du nagual vous guider.

 

Ce qui importe n'est pas d'apprendre une nouvelle description mais d'arriver à la totalité de soi-même. Il faut se rendre au nagual sans dénigrer la tonalité, et surtout, sans blesser son corps.

 

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Le feu du dedans

 

Rien ne peut tempérer l'esprit d'un guerrier autant que le défi de traiter avec des gens impossibles dans des positions de pouvoir. Ce n'est que dans ces conditions que les guerriers peuvent acquérir la sobriété et la sérénité pour résister à la pression de l'inconnaissable.

L'ingrédient parfait pour la réalisation d'un superbe voyant est un petit tyran aux prérogatives illimitées. Les guerriers élaborent une stratégie en utilisant les quatre attributs du guerrier: le contrôle, la discipline, la patience, et la synchronisation.

Ce qui nous épuise habituellement, c'est l'usure de notre propre importance. Tout homme qui a un iota de fierté est déchiré en étant fait de se sentir inutile.

Accorder l'esprit quand quelqu'un vous bafoue, c'est le contrôle. Au lieu de se sentir désolé pour lui-même un guerrier se met immédiatement à établir la cartographie des points forts du petit tyran, ses faiblesses, ses bizarreries de comportement.

Recueillir toutes ces informations alors qu'il vous tabasse s'appelle la discipline. Un petit tyran parfait n'a pas de fonction rédemptrice.

La tolérance est d'attendre patiemment - pas de précipitation, pas d'inquiétude - un retour de maintien simple, joyeux de ce qui est dû.

Un guerrier sait qu'il attend et ce qu'il attend. Là est la grande joie de guerrier.

 

Vous n'avez pas besoin d'avoir une attitude puritaine envers le sexe. Il n'y a rien de mal avec la sensualité de l'homme. C'est l'ignorance et le mépris de la nature pour son aspect magique qui est mauvais chez l'homme. C'est une erreur de perdre imprudemment la force de la vie sexuelle, mais c'est aussi une erreur de ne pas savoir que d'avoir des enfants IMPOSE une lueur de conscience.

 

Les Voyants visent à être libres, à être des témoins impartiaux incapables de porter un jugement; sinon ils auraient à assumer la responsabilité d'établir un cycle plus ajusté. Personne ne peut le faire. Le nouveau cycle, si il est à venir, doit venir de lui-même.

 

Par exemple, les voyants doivent être méthodiques, des êtres rationnels, des parangons de la sobriété, et en même temps ils doivent se détourner de toutes ces qualités pour être complètement libres et ouverts aux merveilles et mystères de l'existence.

Seul un sentiment de sobriété suprême peut combler les contradictions. Vous pouvez appeler ce pont entre les contradictions tout ce que vous voulez: de l'Art, de l'affection, de la sobriété, de l'amour, ou même de la gentillesse.

 

Dans le cas de l'inventaire de la première attention, les voyants le prennent, car ils ne peuvent pas désobéir. Mais une fois qu'ils l'ont pris, ils le jettent. La force indescriptible ne commande pas que nous adorions notre inventaire; elle nous ordonne de le prendre, c'est tout.

Les émanations à l'intérieur du cocon de l'homme ne sont pas calmées aux fins de leur adéquation avec celles de l'extérieur.

Mais les êtres humains calment leurs émanations, puis réfléchissent sur elles. Les émanations se concentrent sur elles-mêmes. Les êtres humains portent le commandement de faire l'inventaire jusqu'à son extrême logique et négligent tout le reste. Une fois qu'ils sont profondément impliqués dans l'inventaire, deux choses peuvent se produire. Ils peuvent ignorer les impulsions des émanations dans son ensemble, ou ils peuvent les utiliser d'une manière très spécifique.

Le résultat d'ignorer ces impulsions après la prise de l'inventaire de fin est un état unique appelé raison. Le résultat de l'utilisation de chaque impulsion d'une manière spécialisée est connu comme l'auto-absorption.

 

La première attention fonctionne très bien avec l'inconnu. Il bloque; il nie farouchement, tant qu'à la fin, l'inconnu n'existe pas pour la première attention.

C'est la réalisation d'un inventaire qui nous rend invulnérable. C'est pourquoi l'inventaire est né en premier lieu.

La première attention consomme tout l'éclat de la prise de conscience que les êtres humains ont, et pas un iota d'énergie est laissée libre. Ainsi, les nouveaux voyants ont proposé que les guerriers, car ils doivent entrer dans l'inconnu, doivent sauver leur énergie.

Mais où vont-ils obtenir de l'énergie, si tout cela est pris? Ils l'obtiendront de l'éradication d'habitudes inutiles. Éradiquer les habitudes inutiles détache la sensibilisation de l'auto-réflexion et permet la liberté de se concentrer sur autre chose.

L'inconnu est toujours présent, mais il est en dehors de la possibilité de notre conscience normale. L'inconnu est la partie superflue de l'homme moyen. Et il est inutile parce que l'homme moyen n'a pas assez d'énergie libre de la saisir.

 

Dans la vie des guerriers, il est extrêmement naturel d'être triste sans raison manifeste. Les Voyants disent que l'oeuf lumineux, comme un champ d'énergie, détecte sa destination finale à chaque fois que les limites du connu sont brisés. Un simple aperçu de l'éternité en dehors du cocon suffit à perturber le confort de notre inventaire. La mélancolie qui en résulte est parfois si intense qu'elle peut entraîner la mort. La meilleure façon de se débarrasser de la mélancolie est de se faire plaisir.

Rien n'est plus solitaire que l'éternité. Et rien n'est plus agréable pour nous que d'être un être humain. C'est en effet une autre contradiction - comment l'homme peut garder les liens de son humanité et encore s'aventurer volontiers et volontairement dans la solitude absolue de l'éternité? Chaque fois que vous pourrez résoudre cette énigme, vous serez prêt pour le voyage définitif.

Les nouveaux voyants ont trouvé que la seule chose qui compte est l'impeccabilité. C'est de l'énergie libérée. Pour vous ressaisir et ne pas combattre votre peur, mais rouler avec. Avoir peur sans être terrifié. Mettez toute votre concentration sur le milieu de votre corps - un véritable centre d'énergie en chacun de nous. La peur n'existe pas dès que la lueur des coups de sensibilisation passe au-delà d'un certain seuil à l'intérieur du cocon de l'homme.

 

L'une des percées les plus importantes pour les nouveaux voyants était de constater que l'endroit où ce point est situé sur le cocon de tous les êtres vivants n'est pas une caractéristique permanente, mais est établi sur ce point précis par habitude. Les nouveaux voyants misent sur de nouvelles actions, de nouvelles pratiques. Ils veulent désespérément d'arriver à de nouveaux usages, de nouvelles habitudes.

Une question de grande importance est la bonne compréhension des vérités sur la sensibilisation afin de se rendre compte que ce point peut être déplacé de l'intérieur.

La triste vérité est que les êtres humains perdent toujours par défaut. Ils ne savent tout simplement pas leurs possibilités.

Les nouveaux voyants disent que, tout d'abord, il faut prendre conscience que le monde que nous percevons est le résultat de nos points d'assemblage situés sur un endroit précis du cocon. Une fois que c'est compris, le point d'assemblage peut se déplacer presque à volonté, à la suite de nouvelles habitudes.

Le point d'assemblage de l'homme apparaît autour d'une zone déterminée du cocon, parce que la force indescriptible l'ordonne. Mais l'endroit précis est déterminé par l'habitude, par des actes répétitifs. D'abord, nous apprenons qu'il peut être placé là et puis nous commandons qu'il soit là. Notre commande devient la commande de la force indescriptible et ce point est fixé là. Considérez ceci très attentivement; notre commande devient la commande de la force indescriptible.

Je vous ai parlé que la sorcellerie est quelque chose comme entrer dans une impasse. Ce que je voulais dire, c'est que les pratiques de sorcellerie n'ont aucune valeur intrinsèque. Leur valeur est indirecte, leur fonction réelle est de faire le changement du point d'assemblage en libérant ce point du contrôle de la première attention.

Les nouveaux voyants ont réalisé le véritable rôle que ces pratiques de sorcellerie ont joué et ils ont décidé d'aller directement dans le processus permettant que les points assemblage se déplacent, évitant tous les autres non-sens des rites et des incantations.

Pourtant, les rituels et les incantations sont en effet nécessaires à un moment dans la vie de tous les guerriers. Mais seulement à des fins de leurre de la puissance d'auto-absorption de la première attention, qui maintient son point d'assemblage.

L'enchevêtrement obsessionnel de la première attention à l'auto-absorption (ou raison) est une force contraignante puissante, et le comportement rituel, parce qu'il est répétitif, oblige la première attention pour libérer de l'énergie à regarder l'inventaire, à la suite de quoi le point d'assemblage perd sa rigidité.

Lorsque cela arrive, si vous n'êtes pas un guerrier, vous pensez que vous perdez l'esprit. Si vous êtes un guerrier, vous savez que vous êtes devenu fous, mais vous attendez patiemment. Vous voyez, comme des hommes moyens et sains d'esprit quand le point d'assemblage est immobile. Quand il se déplace, il signifie littéralement que l'on est dérangé.

Deux options sont ouvertes aux guerriers dont les points assemblage ont changé. La première consiste à reconnaître qu'ils sont malades et à se comporter de manière dérangée, à réagir émotionnellement aux mondes étranges auxquels ce travail les obligent à témoigner; l'autre est de rester impassible, intact, sachant que le point d'assemblage retourne toujours à sa position d'origine.

Si le point d'assemblage ne revient pas à sa position initiale, les gens sont perdus. Ils sont soit irrémédiablement fous, parce que leurs points d'assemblage pourraient ne jamais rassembler le monde que nous connaissons, soit ils sont des voyants hors pair qui ont commencé leur mouvement vers l'inconnu.

Ce qui le détermine, c'est de l'énergie! Impeccabilité! Les guerriers impeccables ne perdent pas leurs billes. Ils restent intacts. Je vous l'ai dit de nombreuses fois que les guerriers impeccables peuvent voir des mondes horribles et l'instant d'après, ils disent une blague, rient avec leurs amis ou avec des inconnus.

L'esprit, pour un voyant, n'est autre que l'auto-réflexion de l'inventaire de l'homme. Si vous perdez cette auto-réflexion, mais ne perdez pas vos bases, vous vivez réellement une vie infiniment plus forte que si vous l'aviez gardé.

L'erreur est dans notre réaction émotionnelle, ce qui nous empêche de réaliser que la singularité de nos expériences sensorielles est déterminée par la profondeur à laquelle notre point d'assemblage est entrée dans la bande des émanations de l'homme.

 

Un des plus grands moments des nouveaux voyants a été quand ils ont découvert que l'inconnu est simplement les émanations rejetées par la première attention. 
L'inconnaissable, d'autre part, c'est une éternité où notre point d'assemblage n'a aucun moyen de tout regrouper. Le point d'assemblage est comme un aimant lumineux qui capte les émanations et les regroupe partout où il se déplace dans les limites de la bande des émanations de l'homme. Cette découverte a été la gloire des nouveaux voyants, car elle met l'inconnu dans une nouvelle lumière. Les nouveaux voyants ont remarqué que certaines des visions obsédantes de voyants, celles qui étaient presque impossibles à concevoir, ont coïncidé avec un changement du point d'assemblage dans la région de la bande de l'homme qui est diamétralement opposée à l'endroit où elle se trouve ordinairement. 
C'étaient des visions du côté sombre de l'homme, sombre et sinistre.

 

Chacun de nous, dans son propre droit, est un magicien magistral et notre magie est de garder notre point d'assemblage résolument fixé.

La force des émanations fait que notre point d'assemblage sélectionne certaines émanations et les regroupe pour l'alignement et la perception. C'est le commandement de la force indescriptible, mais tout le sens que nous donnons à ce que nous percevons est notre commande, le cadeau de notre magie.

Les nouveaux voyants disent que la position exacte du point d'assemblage est une position arbitraire choisie pour nous par nos ancêtres, il peut se déplacer avec un effort relativement faible; une fois qu'il se déplace, il oblige à de nouveaux alignements des émanations, donc de nouvelles perceptions.

La faim, la fatigue, la fièvre, et d'autres choses de ce genre peuvent avoir un effet similaire. La faille de l'homme moyen, c'est qu'il pense que le résultat d'un changement est purement mental. Il ne l'est pas.

Sur les deux bords de la bande des émanations de l'homme il y a un étrange stockage de déchets, un tas d'ordure humaine incalculable.

Toute personne peut atteindre cet entrepôt en arrêtant tout simplement son dialogue interne. Si le changement est minime, les résultats sont expliqués comme fantasmes de l'esprit. Si le décalage est considérable, les résultats sont qualifiés d'hallucinations.

L'un des aspects les plus mystérieux de la connaissance des voyants est les incroyables effets de silence intérieur. Une fois le silence intérieur atteint, les liens qui unissent le point d'assemblage à l'endroit précis où il est placé commencent à se briser et le point d'assemblage est libre de se déplacer.

Si le point d'assemblage se déplace au-delà d'une certaine limite, il peut assembler des mondes totalement différents du monde que nous connaissons. Sans assez d'énergie, la force de l'alignement est écrasante. Vous devez avoir de l'énergie pour maintenir la pression d'alignements qui n'ont jamais eu lieu dans des circonstances ordinaires. Les guerriers ont à se former dans le monde à être des témoins impartiaux, afin de comprendre le mystère de soi-même et savourer la joie de trouver ce que nous sommes vraiment .

Pour être un nagual hors pair, il faut aimer la liberté et il faut avoir un détachement suprême. Ce qui rend le chemin du guerrier très dangereux, c'est qu'il est à l'opposé de la situation de vie de l'homme moderne. L'homme moderne a quitté le royaume de l'inconnu et le mystérieux, et s'est installé dans le domaine du fonctionnel. Il a tourné le dos au monde de l'appréhension et de l'exultation, il a accueilli le monde de l'ennui. Pour avoir une chance d'y retourner, le mystère du monde est parfois trop pour les guerriers, et ils succombent; ils sont interceptés par ce que j'ai appelé la grande aventure de l'inconnu. Ils oublient la quête de liberté; ils oublient d'être impartial témoin. Ils s'enfoncent dans l'inconnu et l'adorent. Afin d'être témoins impartiaux, nous commençons à comprendre que la fixation ou le mouvement du point d'assemblage est tout ce qu'il y a à nous et le monde auquel nous assistons en découle, quel que soit ce monde.

 

Je vais vous dire ce que mon professeur m'a dit quand je suis arrivé à un certain point. Il m'a dit que j'avais été expulsé de la maison où j'avais vécu toute ma vie. Après avoir économisé l'énergie, avait eu lieu la rupture de mon nid dans le monde de la vie quotidienne, confortable mais tout à fait limité et ennuyeux. Ma dépression, m'a-t-il dit, n'est pas tant la tristesse d'avoir perdu mon nid, mais le désagrément d'avoir à chercher de nouveaux quartiers. "Les nouveaux quartiers ne sont pas aussi confortables» me dit-il, "mais ils sont infiniment plus spacieux."

Mon avis d'expulsion est venu sous la forme d'une grande dépression, une perte de l'envie de vivre. Quand j'ai dit à mon professeur que je n'avais pas envie de vivre, il ne pouvait pas s'empêcher de rire.

 

Les réalisations sont de deux sortes. Dans l'une on a juste de grands éclats d'émotion et rien de plus. L'autre est le produit d'un décalage du point d'assemblage; il n'est pas couplée à une explosion émotionnelle, mais à l'action. Les réalisations émotionnelles viennent plus tard, après que les guerriers ont solidifié, par l'usage, la nouvelle position de leurs points d'assemblage.

 

La terre est en effet notre source ultime. Ce sont les anciens voyants qui, en découvrant que la perception est l'alignement, sont tombés sur quelque chose de monumental. C'est la clé magique qui ouvre les portes de la terre, elle est faite de silence intérieur, plus de tout ce qui brille.

Il faut juste couper le dialogue interne. La clé de tout est la connaissance de première main que la terre est un être sensible et en tant que tel elle peut donner un formidable élan aux guerriers; il y a une impulsion qui vient de la conscience de la terre elle-même à l'instant où les émanations à l'intérieur des cocons de guerriers sont alignées avec les émanations appropriées à l'intérieur du cocon de la terre. La terre et l'homme sont des êtres sensibles, leurs émanations coïncident, ou plutôt, la terre a toutes les émanations présentes chez l'homme et toutes les émanations qui sont présentes dans tous les êtres vivants, organiques et inorganiques.

Quand un alignement a lieu, les êtres vivants utilisent l'alignement d'une manière limitée et perçoivent leur monde.

Les guerriers peuvent utiliser l'alignement pour percevoir, comme tout le monde, ou comme un coup de pouce qui leur permet d'entrer dans des mondes inimaginables.

L'inconnu n'est pas vraiment à l'intérieur du cocon de l'homme dans les émanations épargnée par la conscience, et pourtant il est là, selon une façon de parler.

 

Nous pouvons assembler sept mondes en plus de celui que nous connaissons.

 

La conscience suprême de la terre est ce qui rend possible pour nous de changer vers d'autres grands groupes d'émanations.

Nous sommes des êtres vivants percepteurs. Et nous percevons parce que certaines émanations à l'intérieur du cocon de l'homme deviennent alignées avec des émanations de l'extérieur. L'alignement, par conséquent, est le passage secret, et le coup de pouce de la terre est la clé.

 

Lorsque le point d'assemblage assemble un monde, ce monde est total. C'est la merveille que les anciens voyants qui sont tombés dessus n'ont jamais réalisé ce que c'était; la prise de conscience de la terre peut nous donner un coup de pouce pour aligner d'autres grands groupes de émanations, et la force de ce nouveau tracé fait disparaître le monde.

Chaque fois que les anciens voyants faisaient un nouvel alignement, ils ont cru qu'ils étaient descendus dans les profondeurs ou montés aux cieux. Ils ne savaient pas que le monde disparaît comme une bouffée d'air quand un nouvel alignement total nous fait percevoir un autre monde total.

Pour voir les émanations de la force indescriptible, vous devez d'abord déplacer votre point d'assemblage jusqu'à ce que vous voyiez le cocon de l'homme. L'alignement est une force unique parce qu'elle permet soit le changement du point assemblage, soit elle le maintient collé à sa position habituelle. L'aspect de l'alignement qui maintient le point fixe est la volonté ; et l'aspect qui le fait se déplacer est l'intention.

L'un des mystères les plus obsédants est la force impersonnelle de l'alignement, les changements dans l'intention, la force personnalisée, qui sont au service de chaque individu. Le plus étrange de ce mystère est que le changement est si facile à réaliser. Mais ce n'est pas si facile de nous convaincre que c'est possible.

Nous devons juste être convaincus. Et aucun de nous ne veut l'être. C'est possible pour vous que l'intention de votre point d'assemblage vous fasse passer plus loin dans le côté gauche, à une position de rêve.

Les guerriers ne devraient jamais essayer de voir s'ils ne sont pas aidés par rêver. Pour déplacer le point d'assemblage en dehors de son milieu naturel et le maintenir à un nouvel emplacement il faut dormir; avec la pratique, les voyants apprennent à dormir et encore à se comporter comme si rien ne se passe pour eux.

 

Aux fins de voir le cocon de l'homme, il faut regarder les gens de derrière, comme ils s'en vont. Il est inutile de regarder les gens face à face, parce que la face avant du cocon-oeuf de l'homme a un bouclier de protection, que les voyants appellent la plaque avant. C'est un bouclier inflexible presque imprenable qui nous protège tout au long de notre vie.

 

Les guerriers vivent avec la mort à leur côté, et de la connaissance que la mort est avec eux, ils tirent le courage d'affronter n'importe quoi. Le pire qui puisse nous arriver est que nous devons mourir, et puisque c'est déjà notre destin immuable, nous sommes libres; ceux qui ont tout perdu n'ont plus rien à craindre.

 

Ce sera un long moment avant de pouvoir appliquer le principe que votre commande est la commande de la force indescriptible. C'est l'essence même de la maîtrise de l'intention. Dans le même temps, il faut faire une commande maintenant de ne pas s'inquiéter, pas même aux pires moments de doute. Ce sera un processus lent jusqu'à ce que la commande soit entendue et obéie comme si c'était la commande de la force indescriptible.

 

 

Le pouvoir du silence

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Le monde que l'on sait sentir comme «intuition» est l'activation de notre lien avec l'intention. Et comme les sorciers poursuivent délibérément la compréhension et le renforcement de ce lien, on peut dire qu'ils devinent tout infailliblement et avec précision. La lecture des présages est monnaie courante pour les sorciers - des erreurs se produisent seulement quand les sentiments personnels interviennent et obscurcit le lien de connexion avec l'intention des sorciers. Sinon, leur connaissance directe est tout à fait exacte et fonctionnelle.

 

Toute la vérité est que l'esprit se révèle à tout le monde avec la même intensité et cohérence, mais seulement des sorciers, et les naguals en particulier, sont sensibles à ces révélations. Les naguals prennent des décisions. C'est sans égard pour les conséquences qu'ils prennent des mesures ou choisissent de ne pas en prendre. Les imposteurs réfléchissent et sont paralysés.

 

La pensée signifie la connaissance sans paroles, en dehors de notre compréhension immédiate, mais pas au-delà de nos possibilités ultimes pour la compréhension. L'arrangement ultérieur de l'abstrait est la connaissance sans paroles ou l'édifice de l'intention. L'arrangement ultérieur du résumé est de connaître le résumé directement, sans l'intervention de la langue.

 

La difficulté c'est notre réticence à accepter l'idée que la connaissance ne peut exister sans mots pour l'expliquer. L'acceptation de cette proposition n'est pas aussi facile que de dire que vous l'acceptiez. L'ensemble de l'humanité s'est éloignée de l'abstrait. Il faut des années pour un apprenti pour pouvoir retourner à l'abstrait, c'est-à savoir que la connaissance et la langue peuvent exister indépendamment les uns des autres.

 

Par exemple, une description de ce qui se passe lors de la réunion initiale entre un nagual et un apprenti potentiel du point de vue des sorciers, serait absolument incompréhensible. Il serait absurde d'expliquer que le nagual, en raison de sa longue expérience, se concentre sur quelque chose que nous ne pouvons pas imaginer, son attention seconde - la prise de conscience acquise par la formation de la sorcellerie - sur son lien invisible avec un abstrait indéfinissable. Il fait cela pour souligner et clarifier le cadre invisible de quelqu'un d'autre.

 

Nous, les hommes moyens ne savons pas, et nous ne serons jamais en mesure de le savoir, que c'est quelque chose d'absolument réel et fonctionnel - notre lien de rattachement avec l'intention - qui nous donne notre préoccupation héréditaire par rapport au destin. Au cours de nos vies actives nous n'avons jamais l'occasion d'aller au-delà du simple niveau de préoccupation, car depuis des temps immémoriaux l'accalmie des affaires quotidiennes nous a fait somnolent. Ce n'est que lorsque nos vies sont presque finies que notre préoccupation héréditaire avec le destin commence à prendre un caractère différent. Il commence à nous faire voir à travers le brouillard des affaires quotidiennes. Malheureusement, cette prise de conscience vient toujours de pair avec la perte d'énergie causée par le vieillissement, quand nous n'avons plus de force pour tourner notre préoccupation vers une découverte pragmatique et positive. À ce stade, tout ce qu'il reste est une angoisse amorphe qui perce, un désir de quelque chose d'indescriptible, et la simple colère d'avoir manqué quelque chose.

 

Le comportement des sorciers est toujours impeccable. Les sorciers, cependant, ont un but inavoué dans leurs actes, qui n'a rien à voir avec le gain personnel. L'homme moyen agit seulement s'il y a une chance de profit. Les guerriers disent qu'ils n'agissent pas pour le profit mais pour l'esprit. Nous n'avons pas de souci de gain personnel. Nos actes sont dictés par l'impeccabilité - nous ne pouvons pas être en colère ou déçus.

 

Les mots sont très puissants et importants et sont la propriété magique de celui qui les a. Les sorciers ont une règle d'or: ils disent que plus profond le points d'assemblage se déplace, plus on a le sentiment de connaissances et pas de mots pour l'expliquer. Parfois, le point d'assemblage de personnes moyennes peut se déplacer sans une cause connue et sans qu'ils en soient conscients, sauf qu'ils deviennent muets, confus et évasifs.

 

Les sorciers disent que la prise de conscience est le portail d'intention. Et ils l'utilisent en tant que tel. Pensez-y. Vous devez atteindre le point où vous comprenez ce qu'est l'intention. Et, par-dessus tout, vous devez comprendre que cette connaissance ne peut pas être mise en mots. Cette connaissance est là pour tout le monde. Elle est là à se faire sentir, pour être utilisée, mais pas être expliquée. On peut y entrer par l'évolution des niveaux de prise de conscience, par conséquent, une sensibilisation accrue est une entrée. Mais même l'entrée ne peut pas être expliquée. On ne peut en faire usage.
La connaissance naturelle de l'intention est accessible à tous, mais le commandement appartient à ceux qui la sonde. 


 

Chaînes d'auto-réflexion.

Couper nos chaînes est merveilleux, mais aussi très souhaitable, car personne ne veut être libre. Quel étrange sentiment: se rendre compte que tout ce que nous pensons, tout ce que nous disons dépend de la position du point d'assemblage. Le secret de nos chaînes, c'est qu'elles nous emprisonnent, mais en nous tenant épinglés sur notre place confortable de l'auto-réflexion, ils nous défendent contre les assauts de l'inconnu.
Une fois que nos chaînes sont coupées, nous ne sommes plus liés par les préoccupations du monde de tous les jours. Nous sommes encore dans le monde de tous les jours, mais nous n'y appartenons plus. Pour en faire partie nous devons partager les préoccupations des gens. Et sans chaînes nous ne pouvons pas.

 

L'univers est composé de champs d'énergie qui défient la description ou le contrôle. Ils ressemblent à des filaments de lumière ordinaire, sauf que la lumière est sans vie par rapport à des émanations de la force indescriptible.

La perception normale se produit lorsque l'intention, qui est énergie pure, allume une partie des filaments lumineux à l'intérieur de notre cocon, et en même temps éclaire une longue extension des mêmes filaments lumineux s'étendant à l'infini en dehors de notre cocon. La perception extraordinaire, voir, se produit quand par la force d'intention, un autre groupe de champs d'énergie alimente et éclaire. Quand un certain nombre de champs d'énergie sont allumés à l'intérieur du cocon lumineux, un sorcier est capable de voir les champs d'énergie eux-mêmes.

La sensibilisation a lieu lorsque les domaines de l'énergie à l'intérieur de notre cocon lumineux sont alignés avec les mêmes champs d'énergie à l'extérieur. 
Seule une très petite partie du nombre total de filaments lumineux à l'intérieur du cocon sont sous tension alors que le reste demeure inchangé. Les filaments ne doivent pas être alignés pour être illuminés, parce que ceux à l'intérieur de notre cocon sont les mêmes que ceux de l'extérieur. Ce qui les excite est certainement une force indépendante. Nous ne pouvons pas l'appeler la conscience parce que la conscience est la lueur des champs d'énergie allumés.

 

La Volonté est la force qui maintient les émanations de la force indescriptible séparées et elle n'est pas seulement responsable de notre conscience, mais aussi de tout l'univers. Cette force a une conscience totale et elle vient dans les champs mêmes de l'énergie qui font l'univers. L'Intention est un nom plus approprié pour cela que la volonté. À long terme, cependant, le nom se révèle désavantageux, parce qu'il ne décrit pas son importance écrasante ni la connexion de vie qu'il a avec tout dans l'univers. 
Notre grand défaut collectif est que nous vivons nos vies faisant complètement abstraction de cette connexion. L'agitation de nos vies, de nos intérêts sans relâche, les préoccupations, les espoirs, les frustrations et les peurs ont la préséance, et sur une base quotidienne, nous ne sommes pas conscients d'être lié à tout le reste.
Être chassés du jardin d'Eden sonne comme une allégorie de perdre notre connaissance silencieuse, notre connaissance de l'intention. La sorcellerie, alors, est un retour à l'origine, un retour au paradis.

 

L'esprit est la force qui soutient l'univers. L'intention n'est pas quelque chose qu'on pourrait utiliser ou commander ou déplacer de n'importe quelle manière - néanmoins, on pourrait l'utiliser, la commander, ou la déplacer comme un désir. Cette contradiction est l'essence de la sorcellerie. Ne pas le comprendre a apporté à des générations de sorciers douleur et une tristesse inimaginable. Les naguals modernes, dans un effort pour éviter de payer ce prix exorbitant dans la douleur, ont mis au point un code de conduite appelé la voie du guerrier, ou l'action impeccable, qui prépare sorciers en améliorant leur sobriété et leur réflexion. Les sorciers se préoccupent exclusivement de la capacité que leur lien de rattachement avec l'intention doit les libérer pour allumer le feu de l'intérieur.
Tous les sorciers modernes auront à lutter farouchement pour obtenir la solidité de l'esprit. La sorcellerie est une tentative pour rétablir notre connaissance de l'intention et en retrouver l'usage sans y succomber.

 

Lorsque la pression de leur lien de connexion est trop grande, les sorciers se soulagent eux-mêmes par la traque. Leur harcèlement criminel est une procédure très simple. Le harcèlement criminel est un comportement particulier qui suit certains principes. Il est furtif, le comportement trompeur secret est conçu pour offrir une secousse. Et lorsque vous traquez vous-même vous vous secouez, en utilisant votre propre comportement d'une façon impitoyable avec ruse. Lorsque la prise de conscience d'un sorcier s'enlise avec le poids de son entrée perceptive, la meilleure, ou même peut-être la seule, solution consiste à utiliser l'idée de la mort pour la secousse de la traque. L'idée de la mort est donc d'une importance monumentale dans la vie d'un sorcier.

La connaissance de notre fin imminente et inévitable est ce qui nous donne la sobriété. Notre erreur la plus coûteuse pour la moyenne des hommes est qu'ils se livrent au sens de l'immortalité. C'est comme si nous croyions que si nous ne pensions pas à la mort, nous pouvions nous protéger. Ne pas penser à la mort nous protège de s'inquiéter à ce sujet.

Sans une vision claire de la mort, il n'y a pas d'ordre, pas de sobriété, pas de beauté. Les sorciers du mal à acquérir une compréhension cruciale pour les aider à réaliser au niveau le plus profond possible qu'ils n'ont aucune assurance que leur vie va continuer au-delà du moment. Cette prise de conscience donne aux sorciers le courage d'être patient et de prendre encore des mesures, le courage d'être consentant sans être stupide.

 

(L'idée de leur mort)

Il donne aux sorciers le courage d'être malin sans être prétentieux, et surtout il leur donne le courage d'être impitoyable sans être auto-important. Les sorciers se traquent eux-mêmes afin de briser la puissance de leurs obsessions. Il y a plusieurs façons de se harceler soi-même. Si vous ne souhaitez pas utiliser l'idée de votre mort, vous pouvez utiliser des poèmes pour vous traquer vous-même. 
Je me harcèle moi-même avec eux. Je livre une secousse à moi-même avec eux. J'écoute, et j'éteins mon dialogue intérieur et je laisse mon silence intérieur prendre de l'élan. Ensuite, la combinaison du poème et du silence offre la secousse. 
Voyez si vous pouvez ressentir ce dont je parle avec ce poème de José Gorostiza. 


... ce incessante mort têtue, 


cette mort vivante, 


qui vous tue, oh Dieu, 
dans votre œuvre rigoureuse, 
dans les roses, les pierres, dans les étoiles indomptables

et dans la chair qui brûle,

comme un feu de joie allumé par une chanson, 


un rêve, 
une teinte qui frappe l'œil. ... et vous, vous ,

peut-être morts pour l'éternité des âges là-bas,

sans que nous sachions à ce sujet, ce qui nous lie,

les miettes, les cendres de vous;

vous qui êtes toujours présent,

comme une étoile truquée par un son très léger,

une lumière vide sans étoiles qui nous parvient,

cachant sa catastrophe infinie.


 

C'est une autre raison pour laquelle j'aime les poèmes. Je les prends comme coureurs d'avance. Mais les poètes ne savent pas aussi exactement que les sorciers ce que ces coureurs d'avance peuvent accomplir.

 

Il n'y a pas de techniques ou manœuvres pour un sorcier d'apprendre à l'avance pour déplacer l'énergie d'un endroit à l'autre. Il s'agit plutôt d'une question de changement instantané qui a lieu une fois un certain niveau de compétence atteint.
Le niveau de compétence est l'entendement pur. Pour atteindre ce changement instantané de l'énergie, il faut un lien évident avec l'intention, et pour obtenir un lien clair il faut seulement l'intention à travers l'entendement pur. La compréhension pure est avant coureur qu'un sorcier va pouvoir sonder cette immensité là-bas. La nature des cruautés, c'est qu'il est le contraire de l'apitoiement sur soi. Tous les sorciers sont impitoyables.


 

Afin de laisser les mystères de la sorcellerie se révéler, il est nécessaire pour l'esprit de descendre. L'esprit choisit un moment où un homme est distrait, accessible, et, ne montrant aucune pitié, l'esprit permet sa présence en elle-même de déplacer le point d'assemblage de l'homme à une position spécifique. Cet endroit est connu par les sorciers comme le lieu d'aucune pitié. La cruauté devient, de cette façon, le premier principe de la sorcellerie.
Le premier principe ne doit pas être confondu avec le premier effet de l'apprentissage de la sorcellerie, qui est le décalage entre la conscience normale et accrue.

 

Selon toutes les apparences, le changement du point d'assemblage est la première chose qui se passe réellement pour un apprenti de la sorcellerie. Ainsi, il est naturel pour un apprenti de supposer que c'est le premier principe de la sorcellerie. Mais il ne l'est pas. Némésis est le premier principe de la sorcellerie. Ce que nous devons faire pour permettre à la magie de s'emparer de nous est de bannir le doute de nos esprits. Une fois que les doutes sont bannis, tout est possible.

 

Les guerriers commencent leur récapitulation en pensant, en se rappelant les actes les plus importants de leur vie. Au lieu de simplement y penser, ils les revivent ensuite comme s'ils étaient réellement sur le site de l'événement. Quand ils peuvent le faire - être sur le site de l'événement – ils ont changé avec succès leur point d'assemblage à l'endroit précis où il était lorsque l'événement a eu lieu. Ramener le total de l'événement par le biais de déplacer le point d'assemblage est connu comme le souvenir de sorciers.

Récapituler n'est pas la même chose que se souvenir. Se souvenir est dicté par le type de pensée au jour le jour, tandis que récapituler est dicté par le mouvement du point d'assemblage.

Nos points d'assemblage sont en constante évolution, sujets à des changements imperceptibles. Afin que nos points d'assemblage se déplacent vers des endroits précis nous devons engager l'intention.

 

Ce que vous ressentez et interprétez comme le désir est en fait le mouvement brusque de votre point d'assemblage.

Némésis rend les yeux des sorciers brillants. Chaque attache vers laquelle leurs points d'assemblage se déplacent est indiquée par un éclat spécifique de leurs yeux. Leurs yeux ont leur propre mémoire, ils peuvent appeler le souvenir de n'importe quel endroit en appelant l'éclat spécifique associée à cet endroit.

Les yeux sont directement connectés à l'intention. Cela peut paraître contradictoire, mais la vérité est que les yeux ne sont que superficiellement connectés au monde de la vie quotidienne. Leur connexion plus profonde est avec l'abstrait.

Les seuls avantages que les sorciers peuvent avoir sur la moyenne des hommes est qu'ils ont enregistré leur énergie, ce qui signifie, un lien plus clair de connexion, plus précis avec l'intention. Naturellement, cela signifie aussi qu'ils peuvent se rappeler à volonté, en utilisant l'éclat de leurs yeux, comment déplacer leurs points d'assemblage.

 

Soyez un modèle de patience et de constance en luttant pour l'impeccabilité. Transformez-vous tous les jours.

C'est une occasion rare pour un guerrier d'avoir une chance réelle d'être impeccable, en dépit de ses sentiments de base. L'acte de donner librement et impeccablement vous rajeunit et renouvelle votre émerveillement.

 

Les yeux de tous les êtres vivants peuvent déplacer le point d'assemblage de quelqu'un d'autre, surtout si leurs yeux sont rivés sur l'intention. Dans des conditions normales cependant, les yeux des peuples sont tournés sur le monde, en quête de nourriture ... à la recherche d'un abri ...

Pour que les sorciers utilisent l'éclat de leurs yeux pour déplacer le point d'assemblage de leur propre chef sur quelqu'un d'autre, ils doivent être impitoyables. Autrement dit, ils doivent être au courant de cette position spécifique du point appelé le lieu sans pitié d'assemblage. Cela est particulièrement vrai pour les naguals.

Chaque nagual développe une marque de cruauté propre à lui seul. Les naguals masquent leur cruauté automatiquement, même contre leur volonté. Je ne suis pas un homme rationnel, je parais seulement l'être parce que mon masque est efficace. Ce que vous percevez comme raisonnable est mon manque de pitié, parce que c'est ce que la cruauté est, une absence totale de pitié

Déplacez votre point d'assemblage à l'endroit précis où la pitié disparaît. Cet endroit est connu comme le lieu d'aucune pitié. Le problème que les sorciers ont à résoudre est que le lieu d'aucune pitié doit être atteint avec une aide minimale. Tout se fait à la suite d'un mouvement de leurs points d'assemblage, et ces mouvements sont régis par le montant de l'énergie dont disposent les sorciers.

L'intérieur de chaque être humain est un gigantesque lac sombre de connaissance silencieuse que chacun de nous pourrait deviner. Les sorciers sont les seuls êtres sur terre qui vont délibérément au-delà du niveau intuitif grâce à la formation pour faire deux choses transcendantes: La première concevoir l'existence du point d'assemblage, la seconde de mettre en mouvement ce point d'assemblage.

Les connaissances les plus sophistiquées que les sorciers possèdent sont notre potentiel en tant que perception des êtres, et la connaissance que le contenu de la perception dépend de la position du point d'assemblage.

 

Lorsque l'assemblage se déplace de point et atteint la place de pas de pitié, la position de la rationalité et de bon sens devient faible.

 

 

Les sorciers croient que lorsque l'homme a pris conscience qu'il savait, et voulait être conscient de ce qu'il savait, il a perdu de vue ce qu'il savait. Cette connaissance silencieuse, que vous ne pouvez pas décrire, est, bien sûr, l'intention - l'esprit, l'abstrait. L'erreur de l'homme était de le vouloir connaître directement, de la façon dont il connaissait la vie quotidienne.

L'homme a abandonné la connaissance silencieuse pour le monde de la raison. Plus il s'accroche au monde de la raison, plus l'intention devient éphémère.

 

L'origine de l'anxiété qui dépasse un apprenti à la vitesse de l'incendie de forêt est le mouvement brusque de son point d'assemblage. Il doit s'habituer à l'idée d'attaques récurrentes d'anxiété, parce que son point d'assemblage va continuer à avancer.

Tout mouvement du point d'assemblage est comme de mourir. Tout en nous est déconnecté, puis rebranché à une source de puissance beaucoup plus grande. L'amplification de l'énergie est ressentie comme une angoisse de meurtre. Lorsque cela se produit, il suffit d'attendre. L'explosion de l'énergie va passer. Une fois que vous savez, il n'y a pas de réel danger.

 

L'homme antique connaissait, de la façon la plus directe, ce qu'il faut faire et comment le faire au mieux. Mais, car il a joué si bien, il a commencé à développer un sentiment d'ipséité, qui lui a donné le sentiment qu'il pouvait prévoir et planifier les actions. Et c'est ainsi que l'idée d'un individu "auto" est apparu; un moi individuel qui a commencé à dicter la nature et la portée des actions de l'homme.

Comme le sentiment du moi individuel est devenu plus fort, l'homme a perdu son lien naturel avec la connaissance silencieuse. La raison du cynisme et du désespoir de l'homme est le peu de connaissance silencieuse gauche en lui, qui fait deux choses: l'une, il donne à l'homme une idée de son ancienne connexion à la source de tout; et de deux, il fait que l'homme sans cette connexion n'a aucun espoir de paix, de satisfaction, de réalisation.

La guerre est l'état naturel pour un guerrier, et la paix est une anomalie. Mais la guerre, pour un guerrier, ne signifie pas des actes de stupidité individuelle ou collective ou de violence gratuite. La guerre, pour un guerrier, c'est la lutte totale contre ce soi individuel qui a privé l'homme de son pouvoir.

Némésis est la prémisse la plus fondamentale de la sorcellerie. Tout mouvement du point d'assemblage signifie un mouvement loin de la préoccupation excessive de soi-même (auto-individuelle).

L'auto-importance est la force générée par l'image de soi de l'homme. C'est cette force qui maintient le point d'assemblage fixé où il est à l'heure actuelle. Pour cette raison, la poussée de la manière du guerrier est de détrôner sa propre importance. Et tout ce que les sorciers font, est dirigé vers l'accomplissement de cet objectif.

Les sorciers ont démasqué l'auto-importance. L'apitoiement sur soi est le véritable ennemi et la source de la misère de l'homme. Sans une certaine pitié pour lui-même, l'homme ne pourrait pas se permettre d'être autant imbu de sa propre importance. Cependant une fois que la force de sa propre importance est engagée, il développe sa propre dynamique. Et c'est cette nature apparemment indépendante de sa propre importance qui lui donne son faux sentiment de valeur.

Les sorciers sont absolument convaincus qu'en déplaçant nos points d'assemblage loin de leur position habituelle, nous atteignons un état d'être qui ne peut être appelé que cruauté. Les sorciers savent par le biais de leurs actions concrètes, que dès que leurs points d'assemblage se déplacent, leur auto-importance s'écroule. Sans la position habituelle de leurs points d'assemblage, leur image de soi ne peut plus être maintenue. Et sans ce lourd accent sur l'image de soi, ils perdent leur auto-compassion, et avec elle leur propre importance.

 

Un nagual dans son rôle de chef de file ou d'enseignant doit se comporter de la façon la plus efficace, mais en même temps la plus impeccable. Comme il n'est pas possible pour lui de planifier le cours de ses actions de manière rationnelle, le nagual laisse toujours l'esprit de décider son cours.

 

La position de l'auto-réflexion oblige le point d'assemblage à assembler un monde de compassion feinte, mais de très réelle cruauté et d'égocentrisme. Dans ce monde, les seuls vrais sentiments sont ceux qui sont commodes pour celui qui a ces sentiments.

Pour un sorcier, la cruauté n'est pas la cruauté. Némésis est le contraire de l'apitoiement sur soi ou l'auto-importance. Némésis est la sobriété. L'augmentation de l'énergie des sorciers, provenant de la réduction de leur auto-réflexion, permet à leurs sens une plus grande gamme de perception. La seule solution valable de l'action, que ce soit pour des sorciers ou des hommes moyens, est de limiter notre engagement avec notre propre image. Un des apports du nagual à ses apprentis est l'éclatement de leur miroir d'auto-réflexion. Chacun de nous a un degré différent d'attachement à son auto-réflexion. Et cet attachement est ressenti comme nécessaire.

 

Il est possible pour les sorciers, ou la moyenne des hommes d'obtenir la paix, l'harmonie, le rire, la connaissance, directement à partir de l'esprit - sans besoin d'intermédiaire. Pour vous et pour moi, c'est différent. Je suis votre intermédiaire et mon professeur l'était pour moi. L'intermédiaire en plus de fournir une chance minime - la prise de conscience de l'intention -. aide à briser les miroirs des multiples formes de l'auto-réflexion.

 

La seule aide concrète que vous aurez de moi, c'est que je m'attaque à votre auto-réflexion. Si ce n'était pas cela, vous perdriez votre temps. Je vous ai enseigné toutes sortes de choses afin de piéger votre attention.

Il y a très peu de valeur dans l'enseignement. Les sorciers affirment que le déplacement du point d'assemblage est tout ce qui compte. Et ce mouvement dépend de l'augmentation de l'énergie et non de l'enseignement.

Tout être humain qui suivrait une séquence spécifique et simple d'actions peut apprendre à déplacer son point d'assemblage. La séquence d'actions dont je parle est celle qui découle d'être au courant.

Le Nagual offre une chance minime, mais ce n'est pas l'instruction, comme l'instruction pour apprendre à faire fonctionner une machine. La chance minime consiste à être mis au courant de l'esprit. La séquence spécifique que j'ai à l'esprit appelle à être conscient du fait que l'auto-importance est la force qui maintient le point d'assemblage fixé. Lorsque l'auto-importance est réduite, l'énergie qu'il faut n'est plus dépensée. Cette énergie accrue sert alors de tremplin qui lance le point d'assemblage, automatiquement et sans préméditation, dans un voyage inconcevable. Une fois que le point d'assemblage a été déplacé, le mouvement lui-même entraîne le déplacement de l'auto-réflexion, qui à son tour, assure une claire articulation à l'esprit.

Après tout, c'est l'auto-réflexion qui a déconnecté l'homme de l'esprit en premier lieu. La sorcellerie est un voyage de retour. Nous revenons victorieux à l'esprit, après être descendu aux enfers. Et de l'enfer nous rapportons des trophées. La compréhension est l'un de nos trophées. Notre difficulté dans cette simple progression est que la plupart d'entre nous ne sont pas disposés à accepter que nous ayons si peu besoin de s'accorder.

Nous sommes orientés à attendre de l'instruction, de l'enseignement, des guides, des maîtres. Et quand on nous dit que nous n'avons besoin de personne, nous ne le croyons pas. Nous devenons nerveux, alors méfiants, et enfin en colère et déçus. Si nous avons besoin d'aide, ce n'est pas dans les méthodes, mais en mettant l'accent. Si quelqu'un nous fait prendre conscience que nous devons réduire notre importance, l'aide est réelle.

 

Les sorciers disent que nous devrions n'avoir besoin de personne pour nous convaincre que le monde est infiniment plus complexe que nos fantasmes les plus fous. Alors, pourquoi sommes-nous dépendants? Pourquoi aspirons-nous à avoir quelqu'un pour nous guider quand nous pouvons le faire nous-mêmes? Grande question, n'est-ce pas? L'esprit se déplace par le point d'assemblage.

Il n'y a pas de procédures en sorcellerie. Il n'existe aucune méthode, aucune mesure. La seule chose qui importe, c'est le mouvement du point d'assemblage. Et aucune procédure peut causer cela. C'est un effet qui se fait tout seul. Le nagual incite le point d'assemblage à se déplacer en aidant à détruire le miroir de l'auto-réflexion. Mais c'est tout ce que le nagual peut faire. L'auteur réel est l'esprit, l'abstrait; quelque chose qui ne peut pas être vu ou senti; quelque chose qui ne semble pas exister.

 

Pour cette raison, les sorciers affirment que le point d'assemblage se déplace tout seul. Parce que l'esprit n'a pas d'essence perceptible, les sorciers ont plutôt affaire avec les instances et les manières spécifiques dont ils sont capables pour briser le miroir de l'auto-réflexion. Le monde de notre auto-réflexion ou de notre esprit est très fragile et est maintenu par quelques idées clés qui servent son ordre sous-jacent. Lorsque ces idées échouent, l'ordre sous-jacent cesse de fonctionner. La continuité est l'idée clé. La continuité est l'idée que nous sommes un bloc solide. Dans notre esprit, ce qui soutient notre monde est la certitude que nous sommes immuable.

 

 

Le concept de s'arrêter dans le monde est aussi nécessaire pour les sorciers que la lecture et l'écriture le sont pour l'homme moyen. Il consiste à introduire un élément dissonant dans le tissu du comportement de tous les jours à des fins de mettre un terme au bon déroulement des événements ordinaires. Événements qui sont catalogués dans nos esprits par la raison.

 

L'élément dissonant est appelé non-faire, à l'opposé de faire. Faire quelque chose fait partie d'un ensemble pour lequel nous avons un compte cognitif. Non-faire est un élément qui n'appartient pas à ce qui est sur la carte.

Les sorciers, parce qu'ils sont des harceleurs comprennent le comportement humain à la perfection. Ils comprennent, par exemple, que les êtres humains sont des créatures de l'inventaire. Connaître les tenants et aboutissants d'un inventaire particulier est ce qui rend un homme savant ou expert dans son domaine.

Les sorciers savent que lorsque l'inventaire d'une personne moyenne échoue, la personne soit élargit son inventaire soit son monde s'effondre de l'auto-réflexion. La personne moyenne est prête à intégrer de nouveaux éléments dans son inventaire s'ils ne contredisent pas l'ordre sous-jacent de l'inventaire. Mais si les éléments contredisent cet ordre, l'esprit de la personne s'effondre. L'inventaire est l'esprit. Les sorciers comptent sur cela quand ils tentent de briser le miroir de l'auto-réflexion.

 

La continuité est si importante dans nos vies que si ça casse, elle est toujours immédiatement réparée. Dans le cas des sorciers, cependant, une fois que leurs points d'assemblage parviennent au lieu d'aucune pitié, la continuité n'est jamais la même. Vous avez affaire à un nouveau type de continuité. Il faut du temps pour s'habituer à elle. Les guerriers passent des années dans les limbes où ils ne sont ni des hommes ni des moyens sorciers. La difficulté est que le miroir de l'auto-réflexion est extrêmement puissant et ne laisse ses victimes aller qu'après une lutte féroce.

 

Les guerriers font de leur mieux, et puis, sans aucun remords ou regret, ils se détendent et permettent de l'esprit décider de l'issue. La décision de l'esprit est un autre noyau de base.

 

Le grand tour des sorciers, cependant, est d'être conscients qu'ils sont morts. Leur billet pour l'impeccabilité doit être enveloppé dans la conscience. Dans cet emballage, les sorciers disent, leur billet est maintenu en parfait état. Les explications ne sont jamais perdues, car elles sont imprimées en nous pour une utilisation immédiate ou ultérieure, ou pour aider à préparer le chemin pour parvenir à la connaissance silencieuse.

 

La connaissance silencieuse est une position générale du Point d'Assemblage. Il y a des siècles, c'était la position normale de l'homme, mais, pour des raisons qui seraient impossibles à déterminer, le point d'assemblage de l'homme s'est éloigné de cet endroit précis et a adopté une nouvelle position appelée «raison». L'endroit sans pitié, étant une autre position du point d'assemblage, est le précurseur de la connaissance silencieuse, et encore une autre position du point d'assemblage appelée « le lieu de préoccupation », est le précurseur de la raison.

 

Peut-être que tout être humain dans des conditions normales de vie a eu à un moment ou un autre la possibilité de rompre les liaisons de convention. Je ne veux pas dire la convention sociale, mais les conventions liant notre perception. Un moment d'exaltation suffirait à déplacer nos points d'assemblage et à briser nos conventions. De même, un moment de frayeur, la mauvaise santé, la colère ou le chagrin. Mais habituellement, chaque fois que nous avons la chance de passer nos points d'assemblage nous avons pris peur. Nos milieux académiques, sociaux, religieux entrent en jeu. Ils assurent notre retour dans le troupeau avec le retour de nos points d'assemblage à la position prescrite de vie normale.

Tous les mystiques et les maîtres spirituels que vous connaissez ont fait exactement cela: leurs points d'assemblage se sont déplacés, soit grâce à la discipline ou à un accident, jusqu'à un certain point; puis ils sont revenus à la normale portant une mémoire qui leur a duré toute une vie.

L'homme moyen, incapable de trouver l'énergie de percevoir au-delà de ses limites quotidiennes, appelle le domaine de l'extraordinaire sorcellerie de la perception, « sorcellerie », ou œuvre du diable et le rejette, sans l'examiner plus avant.

Il n'y a pas de sorcellerie, aucun mal, aucun diable. Il n'y a qu'une perception. Il s'agit de tout transformer en ce que c'est vraiment: le résumé, l'esprit, le nagual.

Votre point d'assemblage peut aller au-delà du lieu de « pas de pitié » dans le lieu de connaissance silencieuse. Le manipuler vous-même signifie que vous avez assez d'énergie pour le déplacer entre la raison et la connaissance silencieuse à volonté. Si un sorcier a suffisamment d'énergie - ou même si il n'a pas l'énergie suffisante mais doit passer parce que c'est une question de vie ou de mort - il peut varier entre la raison et la connaissance silencieuse.

A ce stade de votre développement, tout mouvement de votre point d'assemblage sera toujours un mystère. Votre défi au début de votre apprentissage est de maintenir vos gains, plutôt que de raisonner dessus. À un certain point tout fera sens pour vous.

Vous devez être en mesure d'expliquer la connaissance de vous-même avant de pouvoir prétendre qu'elle fait sens pour vous. Pour un mouvement de votre point d'assemblage permettant de donner un sens, vous aurez besoin d'avoir de l'énergie pour fluctuer de la place de la raison à la place de la connaissance silencieuse.

Votre point d'assemblage peut se déplacer par lui-même. Vous pouvez avoir l'intention du mouvement en manipulant certains sentiments et, ce faisant, votre point d'assemblage peut atteindre la position de connaissance silencieuse.

Une façon de parler de la perception atteinte à la place de la connaissance silencieuse est de l'appeler "ici et là."

 

Pour l'homme rationnel tenir fermement à son image de soi assure son ignorance abyssale. Il ne tient pas compte, par exemple, du fait que la sorcellerie n'est pas incantations et tours de passe-passe, mais la liberté de percevoir non seulement le monde de soi, mais tout ce qui est humainement possible.

C'est là que la stupidité de l'homme moyen est la plus dangereuse; il a peur de la sorcellerie. Il tremble à la possibilité de la liberté. Et la liberté est au bout des doigts. C'est ce qu'on appelle le troisième point. Et il peut être atteint aussi facilement que le point d'assemblage peut être amené à se déplacer.

Ceci est une autre des contradictions des sorciers: c'est très difficile et pourtant c'est la chose la plus simple du monde. Je vous ai déjà dit qu'une forte fièvre peut déplacer le point d'assemblage. La faim ou la peur ou l'amour ou la haine pourraient le faire; trop de mysticisme, et aussi une intention inflexible, ce qui est la méthode préférée des sorciers. L'intention inflexible est une sorte de simple disposition d'esprit des êtres humains; un but extrêmement bien défini pas décommandé par des intérêts ou des désirs contradictoires; l'intention inflexible est aussi la force engendrée lorsque le point d'assemblage est maintenu fixé dans une position qui n'est pas une habitude.

 

Un changement est un petit mouvement dans la bande de champs d'énergie que nous percevons comme le monde de la vie quotidienne. Les sorciers voient l'intention inflexible comme le catalyseur pour déclencher leurs décisions immuables, ou l'inverse: leurs décisions immuables sont le catalyseur qui propulsent leurs points d'assemblage vers de nouvelles positions, positions qui à leur tour engendrent l'intention inflexible. Essayer de raisonner sur les descriptions métaphoriques des sorciers est aussi inutile que d'essayer de raisonner sur la connaissance silencieuse. Le monde de la vie quotidienne se compose de deux points de référence. Nous avons par exemple, ici et là, dedans et dehors, de haut en bas, le bien et le mal, et ainsi de suite. Ainsi, à proprement parler, notre perception de nos vies est à deux dimensions.

Rien de ce que nous percevons nous donne de la profondeur. Un sorcier perçoit ses actions avec la profondeur. Ses actions sont tridimensionnelles pour lui. Elles ont un troisième point de référence. Nos points de référence sont obtenus principalement à partir de notre perception des sens. Nos sens perçoivent et différencient ce qui est immédiat pour nous de ce qui n'est pas. En utilisant cette distinction fondamentale nous extrapolons le reste. Afin d'atteindre le troisième point de référence, il faut percevoir deux endroits à la fois. La perception normale a un axe. "Ici et là" sont les périmètres de cet axe, et nous sommes partiels à la clarté de «ici». Dans la perception normale, seulement «ici» est perçu complètement, instantanément et directement. Son référent jumeau, "là" n'a pas d'immédiateté. Lorsque nous percevons deux endroits à la fois, la clarté totale est perdue, mais la perception immédiate de "là" est acquise.

 

 

Chaque apprenti doit toujours faire tout ce qui est en son pouvoir pour favoriser la libre circulation de son point d'assemblage. Cet effort tous azimuts est énigmatiquement appelé " Tendre la main pour le troisième point".

Le troisième point de référence est la liberté de la perception; c'est l'intention ; c'est l'esprit; le saut de la pensée dans le miraculeux; l'acte d'atteindre au-delà de nos frontières et toucher l'inconcevable.

Découvrir la possibilité d'être à deux endroits à la fois est très excitant pour l'esprit. Depuis que nos esprits sont dans notre rationalité, et notre rationalité est dans notre auto-réflexion, rien au-delà de notre auto-réflexion soit nous consterne ou nous attire, selon le type de personnes que nous sommes.

 

En termes de sa relation avec l'intention , un guerrier passe par quatre étapes. La première, c'est quand il a un lien non fiable, rouillé avec l'intention. La deuxième, c'est quand il réussit à le nettoyer. La troisième, c'est quand il apprend à manipuler. Et la quatrième est quand il apprend à accepter les conceptions de l'abstrait.

Votre inconvénient dans le monde des sorciers est votre manque de familiarité avec cela. Dans ce monde, il faut se rapporter à tout d'une manière nouvelle, qui est infiniment plus difficile, car il a très peu à voir avec la continuité de votre vie quotidienne. Le problème spécifique des sorciers est double. L'un est l'impossibilité de rétablir une continuité brisée; l'autre est l'impossibilité d'utiliser la continuité dictée par la nouvelle position de leurs points d'assemblage. Cette nouvelle continuité est toujours trop fragile, trop instable, et n'offre pas la garantie dont ils ont besoin pour fonctionner comme s'ils étaient dans le monde de la vie quotidienne. Les sorciers ne résolvent pas ce problème. L'esprit soit décide pour nous ou non. Si c'est le cas, un sorcier se retrouve agissant dans le monde des sorciers, mais sans savoir comment. C'est la raison pour laquelle j'ai insisté, l'impeccabilité est tout ce qui compte. Un sorcier vit une vie irréprochable et qui semble faire signe à la solution.

 

L'Impeccabilité, comme je vous l'ai dit tant de fois, n'est pas la morale, elle ne ressemble pas à la morale. L'Impeccabilité est tout simplement le meilleur usage de notre niveau d'énergie. Naturellement, il appelle à la frugalité, la prévenance, la simplicité, l'innocence; et surtout, il appelle à un manque de réflexion sur soi. Tout cela donne l'impression d'un manuel pour la vie monastique, mais ça ne l'est pas.

Les sorciers disent que pour commander l'esprit, et par là ils signifient pour commander le mouvement du point d'assemblage, il faut de l'énergie. La seule chose qui stocke l'énergie pour nous est notre impeccabilité.

 

Parfois, en raison de causes naturelles, mais aussi de circonstances dramatiques, comme la guerre, les privations, le stress, la fatigue, la tristesse, l'impuissance, les points d'assemblage des hommes subissent des mouvements profonds. Si les hommes qui se trouvent dans de telles circonstances sont en mesure d'adopter l'idéologie d'un sorcier, ils seront en mesure de maximiser ce mouvement naturel sans aucun problème.

Et ils chercheront et trouveront des choses extraordinaires au lieu de faire ce que les hommes font dans de telles circonstances: avoir envie de retour à la normale.

Quand un mouvement du point d'assemblage est maximisé, autant l'homme moyen ou l'apprenti à la sorcellerie deviennent un sorcier, car en maximisant ce mouvement, la continuité est brisée au-delà de la réparation.

Vous maximisez ce mouvement en réduisant l'auto-réflexion. Déplacer le point d'assemblage ou casser sa continuité n'est pas la vraie difficulté. La vraie difficulté est d'avoir de l'énergie. Si on a de l'énergie, une fois que le point d'assemblage se déplace, les choses inconcevables sont là pour le demander.

L'homme dans cette situation, devine ses ressources cachées, mais il n'ose pas les utiliser. C'est pourquoi les sorciers disent que le sort de l'homme est le contrepoint entre sa bêtise et son ignorance. L'homme a besoin, aujourd'hui plus que jamais, d'être enseigné de nouvelles idées qui ont à voir exclusivement avec son monde intérieur - des idées de sorciers, pas d'idées sociales- des idées relatives à l'homme face à l'inconnu, face à sa mort personnelle. Maintenant, plus que toute autre chose, il doit être enseigné sur les secrets de point d'assemblage.

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Les sorciers comptent leur vie en heures. En une heure, il est possible pour un sorcier de vivre l'équivalent en intensité d'une vie normale. Cette intensité est un avantage quand il s'agit de stocker des informations dans le mouvement du point d'assemblage. Le point d'assemblage, avec même le déplacement le plus minutieux, crée des îles totalement isolées de perception. Les informations, sous la forme d'expériences dans la complexité de la conscience peuvent être stockée.

Mais comment l'information peut être stockée dans quelque chose d'aussi vague? L'esprit est tout aussi vague, et vous avez encore confiance en vous parce que vous êtes familier avec elle. Vous n'avez pas encore la même familiarité avec le mouvement du point d'assemblage, mais il est à peu près le même. L'information est stockée dans l'expérience elle-même. Plus tard, quand un sorcier déplace son point d'assemblage à l'endroit exact où il était, il revit l'expérience totale. Le souvenir du sorcier est le moyen de revenir à toutes les informations stockées dans le mouvement du point d'assemblage. L'intensité est un résultat automatique du mouvement du point d'assemblage. L'intensité, étant un aspect de l'intention, est reliée naturellement à l'éclat des yeux de sorciers. Pour rappeler ces îles isolées de perception des sorciers l'intention suffit de l'éclat particulier de leurs yeux associé à n'importe quel endroit où ils veulent revenir. Parce que son taux d'intensité est plus grande que la normale, en quelques heures un sorcier peut vivre l'équivalent d'un durée de vie normale. Son point d'assemblage, en passant à une position inconnue, prend plus d'énergie que d'habitude. Ce flux supplémentaire d'énergie est appelée intensité.

 

HARCÈLEMENT

Méfiez-vous d'une réaction qui touche généralement les sorciers -. une volonté frustrante d'expliquer l'expérience de la sorcellerie de façon convaincante, en termes bien motivés. L'expérience des sorciers est tellement bizarre que les sorciers considèrent comme un exercice intellectuel, et l'utilisent pour se traquer eux-mêmes. Leur atout comme harceleurs, cependant, est qu'ils restent bien conscients que nous sommes percepteurs et que la perception a plus de possibilités que l'esprit peut concevoir. Afin de se protéger contre cette immensité, les sorciers apprennent à maintenir un parfait mélange de cruauté, ruse, patience et douceur. Ces quatre bases sont inextricablement liés. Les sorciers les cultivent par l'intention. Ces bases sont naturellement, les positions du point d'assemblage. Tout acte accompli par un sorcier est par définition régi par ces quatre principes. Ainsi, à proprement parler, chaque action de chaque sorcier est volontaire dans la pensée et la réalisation, et a le mélange spécifique des quatre bases du harcèlement .

Les sorciers utilisent les quatre humeurs de harcèlement comme guides. Il s'agit de quatre cadres différents de l'esprit, quatre marques différentes d'intensité que les sorciers peuvent utiliser pour inciter leurs points d'assemblage à accéder à des postes spécifiques.

Notre tendance est de réfléchir, de remettre en question, de chercher à savoir. Et il n'y a pas moyen de le faire au sein de la discipline de la sorcellerie. La sorcellerie est l'acte d'atteindre le lieu de connaissance silencieuse, et la connaissance silencieuse ne peut être raisonnée. Il ne peut être connu.

 

TRAQUE

Les sorciers, dans un effort pour se protéger de l'effet écrasant de la connaissance silencieuse, ont développé l'art de la traque. Traquer déplace le point d'assemblage minutieusement mais sûrement, donnant ainsi sorciers le temps et donc la possibilité de se réétayer. Dans l'art de la traque, il y a une technique que les sorciers utilisent beaucoup: la folie contrôlée. Les sorciers affirment que la folie contrôlée est la seule façon qu'ils ont de traiter avec eux-mêmes - de leur état de conscience et perception élargie - et avec tout le monde et tout le monde des affaires quotidiennes. La folie contrôlée est l'art de la tromperie contrôlée ou l'art de faire semblant d'être immergé complètement dans l'action. La folie contrôlée n'est pas une tromperie pure et simple, mais une manière artistique sophistiquée d'être séparé de tout, tout en restant partie intégrante de tout. Contrôler la folie est un art. Un art très gênant, et difficile à apprendre. Beaucoup de sorciers n'ont pas l'estomac pour cela, non pas parce qu'il sont tout intrinsèquement mauvais avec l'art, mais parce qu'il faut beaucoup d'énergie pour l'exercer. Au moment où nous arrivons à la sorcellerie, notre personnalité est déjà formée et tout ce que nous pouvons faire est la pratique contrôlée de la folie et rire de nous-mêmes.



 

Les sorciers qui pratiquent la folie contrôlée croient que, en matière de personnalité, toute la race humaine se divise en trois catégories. Les sorciers ont appris que seule notre auto-réflexion personnelle tombe dans une des catégories. L'ennui avec nous, c'est que nous nous prenons au sérieux. Si nous n'étions pas suffisants, la catégorie dans laquelle nous sommes tombés ne serait pas grave du tout.


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Je ne peux pas répéter assez souvent que tout homme dont le point d'assemblage se déplace peut le déplacer plus loin. Et la seule raison pour laquelle nous avons besoin d'un enseignant est de nous y inciter sans pitié. Sinon notre réaction naturelle est d'arrêter, de nous féliciter pour avoir couvert beaucoup de terrain.


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L'Auto-importance est un monstre qui a trois mille têtes. Et on peut y faire face et le détruire selon l'une des trois façons. La première façon est de couper chaque tête une à la fois; la seconde est de parvenir à cet état mystérieux appelé le lieu sans pitié, qui détruit sa propre importance en l'affamant lentement; et le troisième est de payer pour l'anéantissement instantané du monstre à trois mille têtes avec sa mort symbolique. 
Considérez-vous chanceux si vous avez la chance de choisir. Car c'est l'esprit qui détermine généralement de quelle manière le sorcier doit y d'aller, et il est du devoir du sorcier de suivre.


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Le lieu d'aucune pitié est une position du point d'assemblage, une position qui rend l'auto-apitoiement inopérant.

 

L'apparence est l'essence de la folie contrôlée, et les harceleurs créent des apparitions par l'intention. Entendre des apparences est exclusivement un exercice pour les harceleurs. Les sorciers appellent l'intention. La partie indispensable de l'acte d'appeler l'intention est une concentration totale sur ce qui est prévu.


 

L'homme a un côté sombre. C'est ce qu'on appelle la bêtise. Dans la même mesure que le rituel a obligé l'homme moyen à construire d'énormes églises qui étaient des monuments à l'auto-importance, le rituel a également forcé les sorciers de construire des édifices de morbidité et d'obsession. En conséquence, il est du devoir de chaque nagual pour guider la conscience de voler vers l'abstrait, sans privilège ni hypothèque. Les rituels peuvent piéger notre attention mieux que tout ce que je peux penser. Mais ils exigent aussi un prix très élevé. Ce prix élevé est la morbidité; et la morbidité pourrait avoir les privilèges et les hypothèques les plus lourdes sur notre conscience.

Les sorciers sont les artistes qui sont coachés par l'esprit lui-même. La raison de l'enseignant pour la formation d'un apprenti comme il le fait, c'est la liberté. Il veut leur liberté de convention perceptive. Et il leur apprend à être des artistes. Le harcèlement criminel est un art. Pour un sorcier, car il n'est pas un patron ou un vendeur d'art, la seule chose d'importance à propos d'une œuvre d'art, c'est qu'elle peut être accomplie.


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Pensez aux noyaux de base des histoires de sorcellerie. Ou plutôt, ne pensez pas à eux, mais à faire se déplacer votre point d'assemblage vers le lieu de la connaissance silencieuse. Le déplacement du point d'assemblage est tout, mais cela ne signifie rien si ce n'est pas, un mouvement sobre contrôlé. Alors, fermez la porte de l'auto-réflexion. Soyez impeccable et vous aurez l'énergie pour atteindre le lieu de la connaissance silencieuse.


 

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L'art de rêver

Récapitulation :

1° méthode systématique : se remémorer chaque personne rencontrée...

2° méthode, nouveau modèle de la récapitulation. Construire un puzzle en récapitulant, sans ordre apparent, différents événements de votre vie. Ça va être un gâchis si vous laissez votre mesquinerie choisir les événements que vous allez récapituler. Au lieu de cela, laissez l'esprit décider. Soyez silencieux, puis rendez-vous à l'événement que l'esprit indique.

Il y a deux tours de base à la récapitulation, le premier est appelé formalité et rigidité, le deuxième fluidité.

 

Notre problème est notre cynisme. Le cynisme ne nous permet pas de faire des changements drastiques dans notre compréhension du monde. Il nous oblige aussi à sentir que nous avons toujours raison.

Je propose que vous fassiez une chose absurde qui pourrait inverser la tendance. Répétez-vous sans cesse que la charnière de la sorcellerie est le mystère du point d'assemblage. Si vous répétez cela pour vous assez longtemps, une force invisible prend le relais et effectue les modifications appropriées pour vous.

Coupez votre attitude cynique! Répétez cette manière justifiée. Le mystère du point d'assemblage est tout de la sorcellerie. Ou plutôt, tout en sorcellerie repose sur la manipulation du point d'assemblage. Vous savez peut-être tout cela, mais il faut le répéter.

***

Il y a une énorme différence entre les pensées et les actes des hommes de l'antiquité et ceux des hommes modernes. Les hommes de l'Antiquité avaient une vision très réaliste de la perception et de la conscience parce que leurs points de vue découlaient de leurs observations de l'univers qui les entoure. Les hommes modernes, en revanche, ont une vue absurdement irréaliste de la perception et de la conscience parce que leur point de vue découle de leurs observations de l'ordre social et de leurs relations avec lui.

 

Vous êtes un homme moderne impliqué avec les vues et observations des hommes de l'antiquité. Et aucun de ces points de vue et observations ne sont familiers. Maintenant plus que jamais vous avez besoin de sobriété et d'aplomb. Je suis en train de faire un pont solide, un pont sur lequel vous pouvez marcher, entre les points de vue des hommes de l'Antiquité et ceux des hommes modernes.

De toutes les observations transcendantales des hommes de l'Antiquité, le seul avec lequel vous êtes familier, parce qu'il a filtré jusqu'à nos jours, est l'idée de vendre nos âmes au diable en échange de l'immortalité, qui me semble quelque chose tout droit sorti de la relation entre les anciens sorciers avec les êtres inorganiques.

Succomber à la tentation des êtres inorganiques n'est pas seulement une idée; c'est vrai. Le Rêve, de même, est réel; il s'agit d'une condition de génération d'énergie.

 

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L'art de l'infini

Votre album (de souvenirs), est un acte de guerre, il exige une sélection super-prudente. Il s'agit d'une collection précise des moments inoubliables de votre vie, et tout ce qui vous a amené à eux. Concentrer en lui ce qui a été et sera utile pour vous. L'album d'un guerrier est quelque chose de plus concret, quelque chose de si au point qu'il est bouleversant.

Asseyez-vous, seul, et laissez vos pensées, souvenirs et idées venir à vous librement. Faites un effort pour laisser la voix du fond vous parler et vous dire ce qu'il faut sélectionner.

La sélection n'est pas une chose facile. C'est la raison pour laquelle je dis que faire cet album est un acte de guerre. Vous devez le refaire dix fois afin de savoir quoi choisir.

Ne pas inclure des histoires qui se rapportent exclusivement à vous comme une personne qui pense, sent, pleure, ou ne sent rien du tout. Les événements mémorables de l'album d'un chaman sont des affaires qui résisteront à l'épreuve du temps parce qu'elles n'ont rien à faire avec lui, et pourtant il est dans leur épaisseur. Il y sera toujours pour la durée de sa vie, et peut-être au-delà, mais pas tout à fait personnellement.

Dans mon temps, je ne savais pas quoi choisir, je pensais que je n'avais pas d'expérience à choisir. Il semblait que rien ne s'était passé pour moi. Bien sûr, tout s'était passé pour moi, mais dans mon effort pour défendre l'idée de moi-même, je n'avais pas eu le temps ou l'envie de remarquer les expériences.

Les histoires de l'album d'un guerrier ne sont pas personnelles, pas des affirmations sur vous comme le centre de tout. Vous vous sentez, vous ne vous sentez pas; vous vous rendez compte, vous ne réalisez pas. Tout ce type d'histoire est juste que vous.

Ces événements mémorables ont le contact sombre de l'impersonnel.

Je ne peux vous expliquer beaucoup. Les sorciers disent que dans toute explication, il y a des excuses cachées.

 

Écoutez votre voix intérieure. Ne pas écouter la voix superficielle qui vous met en colère. Écouter cette voix profonde qui va vous guider à partir de maintenant, la voix qui rit. Écoutez-la! Et riez avec elle.

Rire! Rire!

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Ne gaspillez pas votre énergie à vous inquiéter au sujet des choses. Tout le monde est enfermé dans un cercle vicieux. Nous avons tous notre remède magique qui nous l'espérons, peut tout guérir, et résoudre tous nos problèmes.

 

***

Les aspirations des sorciers sont de parvenir à l'infini, et d'être conscient de cela. La tâche des sorciers est de faire face à l'infini. Ils plongent dans les jours, comme un pêcheur plonge dans la mer. C'est une tâche si écrasante que les sorciers doivent indiquer leurs noms avant de s'aventurer en elle. De cette manière, ils affirment leur individualité en face de l'infini.

 

Regarder le paysage autour de nous: les montagnes au loin, ou le lit de la rivière, ou le désert. Les sorciers font que plus rien ne compte sauf ce que leurs yeux peuvent absorber. De cette façon, ils se déchargent de tout le superflu.

Les sorciers ne disent jamais des choses sans rien faire. Je suis très attentif à ce que je dis, à vous ou à quelqu'un d'autre. La différence entre vous et moi, c'est que je n'ai pas de temps, et j'agis en conséquence. Vous, en revanche, croyez que vous avez tout le temps dans le monde, et vous agissez en conséquence. Le résultat de nos comportements individuels final est que je mesure tout ce que je fais et je dis, et vous ne le faites pas.

Vous êtes à la recherche pour les médicaments d'un sorcier de supprimer tout gênant de vous, sans aucun effort du tout de votre part. Vous voulez des résultats et une potion et être guéri.

Les sorciers font face aux choses d'une manière différente. Comme ils n'ont pas de temps à perdre, ils se donnent entièrement à ce qui est devant eux. Vos turbulences sont le résultat de votre manque de sobriété.

 

La manière pour les sorciers d'effectuer la récapitulation est très formelle. Elle consiste à écrire une liste de toutes les personnes rencontrées, du présent au tout début de leur vie. Une fois qu'ils ont cette liste, ils prennent la première personne et se rappellent tout ce qu'ils peuvent sur cette personne. Et je dis bien tout, chaque détail. Il est préférable de récapituler du présent au passé, parce que les souvenirs du présent sont frais, et de cette manière, la capacité de mémoire est aiguisée.

Ce que les pratiquants ont à faire est de se rappeler et de respirer. Ils inhalent lentement et délibérément portant la tête de droite à gauche, dans une oscillation à peine perceptible, et expirent de la même façon. 
Les inspirations et expirations doivent être naturelles; si elles sont trop rapides, on entre dans des respirations pénibles qui nécessitent une respiration plus lente après afin de calmer les muscles.

Commencez à faire votre liste aujourd'hui à diviser par année, par profession, à organiser dans l'ordre que vous voulez, mais de façon séquentielle, avec la première personne plus récente, et finir avec maman et papa. Et puis, rappelez-vous tout sur eux.

 

L'alimentation de la récapitulation, c'est qu'elle attise toutes les ordures de nos vies et les apporte à la surface.

 

Si nous acceptons que les sens sont la mer obscure de la conscience, nous devons admettre que l'interprétation que les sens font des données sensorielles est aussi la mer obscure de la conscience. Affronter le monde autour de nous, dans les termes avec lesquels nous le faisons est le résultat du système d'interprétation de l'humanité, chaque être humain en est équipé. Chaque organisme dans l'existence doit avoir un système d'interprétation qui lui permet de fonctionner dans son environnement.

 

La mer obscure de la conscience ne veut que nos expériences de vie, pas notre force de vie. Les sorciers croient que lorsque nous récapitulons nos vies, tous les débris, comme je vous l'ai dit, viennent à la surface. Nous réalisons nos incohérences, nos répétitions, mais quelque chose en nous met en place une énorme résistance à récapituler.

Les sorciers disent que la route est libre seulement après un bouleversement gigantesque, après l'apparition sur notre écran de la mémoire d'un événement qui secoue nos fondations avec sa clarté terrifiante de détail. C'est l'événement qui nous entraîne au moment même où nous l'avons vécu. Les sorciers l'appellent l'huissier (ouvreur), car à partir de là chaque événement est revécu, pas seulement rappelé.

 

La marche est toujours quelque chose qui précipite les souvenirs. Les sorciers de l'ancien Mexique croyaient que tout ce que nous vivons, nous le stockons comme une sensation sur le dos des jambes. Ils ont estimé que le dos des jambes peut être l'entrepôt de l'histoire personnelle de l'homme. 


 

Trouver un huissier (ouvreur): un événement dans votre vie dont vous vous souviendrez avec une telle clarté qu'il servira de projecteur pour éclairer tout le reste dans votre récapitulation avec la même clarté. Faites ce que les sorciers appellent récapituler les pièces d'un puzzle. Quelque chose vous mènera à vous rappeler l'événement qui vous servira d'huissier .

 

Relater des événements est magique pour les sorciers. Ce n'est pas seulement raconter des histoires. C'est voir le tissu sous-jacent des événements. C'est la raison pour laquelle ce récit est si important et vaste.

 

La puissance des guerriers-voyageurs est d'être vigilant, pour obtenir un effet maximum de l'impulsion minimale. Et surtout, leur pouvoir est de ne pas interférer. Les événements ont une force, une gravité de leur propre chef, et les voyageurs ne sont que des voyageurs. Tout autour d'eux apparaît à leurs seuls yeux. Dans ce mode, les voyageurs construisent le sens de chaque situation, sans jamais demander comment cela s'est passé de cette façon ou de cette façon.

Aujourd'hui, vous pouvez vous souvenir d'un cas qui résume votre vie totale. Nous sommes toujours confrontés à une situation qui est la même que celle que nous n'avons jamais résolue. L'Infini nous met toujours dans cette terrible situation d'avoir à choisir. Nous voulons l'infini, mais en même temps, nous voulons le fuir. Vous voulez sauter dans un lac, mais en même temps vous êtes obligé de rester. Il serait infiniment plus facile pour vous de simplement être contraint de rester.

L'Infini est une force consciente qui intervient délibérément dans la vie des sorciers.

 

Chacun de vos souvenirs deviendra de plus en plus vif, de plus en plus exaspérant pour vous, parce que comme je vous l'ai déjà dit, vous avez amorcé un processus irréversible. Votre véritable esprit émerge, se réveillant d'un état de léthargie permanente. L'Infini vous réclame. Tous les moyens qu'il utilise pour se signaler à vous ne peut avoir aucune autre raison, aucune autre cause, aucune autre valeur que cela. Ce que vous devez faire, cependant, c'est d'être prêt pour les attaques de l'infini . Vous devez être en permanence dans un état vous préparant à un coup de formidable ampleur. C'est la façon sobre et saine dans laquelle les sorciers font face à l'infini. Tout ce que vous faites doit être un acte de sorcellerie. Un acte libre des attentes, de la peur de l'échec, d'espoir de succès. Libre du culte de moi ; tout ce que vous faites doit être improvisé, un travail de magie où vous vous ouvrez librement aux impulsions de l'infini.

 

Les sorciers de ma lignée estiment que l'un des résultats les plus convoités du silence intérieur est une interaction spécifique de l'énergie, qui est toujours annoncée par une forte émotion. Une telle interaction se manifeste en termes de teintes qui sont projetés sur un horizon dans le monde de la vie quotidienne, qu'il s'agisse d'une montagne, le ciel, un mur, ou simplement les paumes des mains. Ce jeu de teintes commence avec l'apparition d'un coup de pinceau ténu de lavande sur l'horizon. Dans le temps, ce coup de pinceau lavande commence à s'étendre jusqu'à ce qu'il couvre l'horizon visible, comme des nuages de tempête. Un point d'un rouge particulier, riche, rouge grenade montre, comme si éclataient les nuages de lavande. Comme les sorciers deviennent plus disciplinés et expérimentés, le point de grenade se dilate et enfin explose dans des pensées ou des visions, ou dans le cas d'un homme lettré, dans les mots écrits; les sorciers ont soit des visions engendrées par l'énergie, entendent des pensées exprimées en mots, ou lisent des mots écrits.

Rien de doux pour les sorciers ou la sorcellerie. La première fois que l'infini descend sur vous, ce peut être une prise de contrôle total de vos facultés. Dans la mesure où la vitesse de vos visions vous concerne, vous devrez apprendre à vous ajuster. Pour certains sorciers, c'est le travail de toute une vie. L'énergie peut vous paraître comme si elle était projetée sur un écran de cinéma.

Afin de donner une interprétation précise, vous avez besoin d'expérience. Ma recommandation est que vous ne devriez pas être timide, et vous devriez commencer maintenant. Votre véritable esprit apparaît, et cela n'a rien à voir avec l'esprit qui est une installation étrangère. Laissez votre esprit vrai régler la vitesse. Taisez-vous, et ne vous inquiétez pas, peu importe ce qui se passe. Quoi que ce soit, l'infini choisit. Le guerrier-voyageur acquiesce simplement à ce choix. Mais surtout, ne soyez pas submergé par l'événement parce que vous ne pouvez pas le décrire. Il s'agit d'un événement indépendant de la syntaxe de notre langue.

 

L'homme ne vit que pour apprendre. Et c'est la nature de son sort, bon ou mauvais.

 

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22 mai 2014

Barbe Bleue, traces d'un mythe, en passant par Psyché et Eros

 

http://www.ia94.ac-creteil.fr/premier_degre/romans/pistes_bar_bleue.htm

Le thème de la curiosité punie

La pomme d'Eve

La boîte de Pandore

La lampe de Psyché

L’outre des vents dans L’Odyssée

Le thème du monstre

Chronos, le cyclope, et toute les thématiques de l’ogre, du cannibale, du loup dévoreur.

Les motifs de la chambre interdite et/ou de la chambre indélébile*

Grimm, L'oiseau d'Ourdi ; Marienkind ;

Les Mille et une Nuits, "Histoire du troisième calender"

Cochon enchanté (conte roumain).

 

*on pourra à cet égard voir ce que Perrault a supprimé ou détourné des motifs des contes populaires :

suppression des animaux intercesseurs (le chien/ l'oiseau). L'oiseau messager remplacé par les deux frères.

le motif de la chambre interdite (tabou d'ordre sexuel) est affaibli par le motif de la "curiosité".

Si la clé tachée de sang est un élément merveilleux conservé, il a surtout un rôle de dénonciateur.

Symbolisme maçonnique de la Clé++

http://www.ledifice.net/A046-9.html

 

Synthèse d'interprétations

http://www.weblettres.net/spip/article.php3?id_article=1165

 

Agnès Echène

http://matricien.files.wordpress.com/2012/05/barbe-bleue-ou-le-couple-mortel.pdf

Et rien, autour de lui, ne s’oppose à l’infraction: Mélusine en son bain, ou la femme de Barbe Bleue, sont accessibles, sans défense et sans protection, seules face à l’agresseur, au transgresseur ; pas de groupe ou de familiers pour s’interposer. Et l’homme le plus charmant du monde peut se trouver dépassé par une pulsion, et devenir un monstre de violence et de cruauté. Il s’agit donc d’un "effet de structure" typique de la famille conjugale, et non de mauvaise volonté, mauvaise éducation, perte des valeurs ou autre régression, personnelle ou sociale. Cet "effet de structure" découle de notre organisation familiale, de type conjugal, impropre à protéger la faiblesse, la fragilité, la différence ; propre plutôt à l’exploiter ou la détruire. Les observations ethnologiques et sociologiques attestent et confirment l’incapacité de la famille conjugale à faire respecter le Tabou sexuel ou la Loi : on observe aujourd’hui qu’ils sont massivement transgressés et, par conséquent, que les interdits sexuels disparaissent de nos sociétés, bien qu’elles tentent constamment de les renforcer ; toujours en vain. Le sexe familier, c’est-à-dire le couple (mariage, concubinage, Pacs, hétérosexuel ou homosexuel), est la transgression majeure ; Bataille ne s’y est pas trompé qui médite sur "le mariage envisagé comme une transgression." [2]. La conjugalité apparaît dès lors comme le phénomène le plus nocif - pourtant le plus massif - de notre organisation sociale. Elle est le détonateur de la violence sexuelle. Il ne s’agit pas de mettre en doute ou de bannir la richesse et la profondeur du sentiment amoureux ; au contraire, il faut le protéger. Pour cela, il faut l’écarter du "nid", que les bêtes n’utilisent d’ailleurs jamais pour copuler, ni même pour se bécoter ! Or, il est remarquable que, dans les instances politiques et sociales, ni la structure conjugale, ni le mode d’habitation ne soient mis en question ; alors que là est certainement la condition principale permettant la transgression ou garantissant le respect des interdits, c’est-à-dire de la jugulation de la violence sexuelle : il s’agit en effet de séparer absolument la sexualité de la cohabitation, d’imposer cette distance de protection qui assure la survie des femelles et de leurs petits, dans le règne animal, comme chez les humains. Le Tabou n’est qu’un élément du dispositif ; les autres composantes (distance, protection, habitation, éducation ...) importent autant, sinon plus, sous peine de faire disparaître les interdits si elles font défaut.

Les gens appartenant à un même Totem, ou à une même famille natale, se portent assistance mutuelle, travaillent ensemble, élèvent ensemble leurs enfants, mangent ensemble mais ne doivent ni cueillir ou chasser ni consommer le végétal ou l’animal totémique, ni faire couler le sang les uns des autres ni copuler ensemble. C’est là que l’on retrouve la notion d’exogamie. Selon les descriptions ethnologiques, dans ces sociétés non conjugalisées, les relations amoureuses sont empreintes d’une totale liberté. Hommes et femmes, dès la puberté, se déclarent et se rencontrent avec empressement et simplicité. Ce sont les hommes qui se déplacent chez les femmes : ils leur rendent des visites nocturnes qu’elles acceptent ou non ; ces nuits amoureuses ayant lieu au domicile de la femme, celle-ci bénéficie de la protection de toute la maisonnée : à la moindre alerte, quelqu’un se lève et peut secourir la femme, s’interposer ou chasser l’indésirable ; mais quel amant souhaitant être à nouveau reçu plusieurs nuits à venir, en viendrait à violenter son amante ?

La discrétion en matière de sexe semble préserver le Tabou interdisant la sexualité entre gens de la maison. Il est curieux de constater cette apparente pudibonderie associée à la plus totale licence sexuelle. La situation est tout à fait inverse en Occident : à la plus grande liberté d’évocation sexuelle, dans le discours (familier, radiophonique, littéraire ou autre) comme dans l’image (publicitaire, plastique, cinématographique ou autre), semble être associée une prohibition sexuelle dissimulée mais patente ; en effet, si la liberté sexuelle était une réalité, alors il devrait exister "une infraction punissant le fait d’empêcher quelqu’un d’avoir des rapports de cette nature" [12] en l’occurrence des rapports sexuels. On voit donc bien que l’interdit sexuel (le Tabou) ne peut être efficace et respecté que si la famille natale (le Totem) est la norme, entraînant dans son sillage une liberté sexuelle réelle et protégée ; en d’autres termes, les interdits liés au sexe et à la violence ne peuvent être efficaces et respectés que dans les sociétés non conjugalisées ; mais difficilement, voire invraisemblablement, dans les sociétés conjugalisées, puisqu’elles associent la sexualité à la vie quotidienne, et privent les femmes de la protection de leurs proches. Or, si les interdits ne sont pas respectés, alors les femmes ne sont pas protégées, alors la violence surgit, alors la liberté disparaît. Il semble donc parfaitement irréaliste, voire illusoire, de vouloir libérer la sexualité, en même temps qu’éliminer la violence sexuelle, sans éliminer la conjugalité.

 

"La prohibition de l’inceste est moins une règle qui interdit d’épouser mère, sœur ou fille, qu’une règle qui oblige à donner mère, sœur ou fille à autrui." Voici donc le frère mis en demeure de bien calculer la valeur du bien qu’il met sur le marché. Quelle sœur contre quelle épouse ? La mission de “partage des femmes” que se sont donnée les hommes, à savoir : se répartir entre eux des êtres humains à utiliser comme prestataires de services sexuels et domestiques, n’a jamais fait l’objet d’une quelconque réflexion philosophique, politique ou sociale. L’intime conviction du “droit à” est sans doute à la base de cette inconscience. Même des penseurs considérés comme subversifs se situent dans le cadre de cette convention masculine immémoriale. Le souci affiché n’est pas d’affranchir des êtres humains d’une tutelle inique, mais d’instaurer une équité dans le partage entre les profiteurs

 

la violence domestique n’est pas propre au mariage, mais au domicile (comme son nom l’indique) c’est-à-dire au couple. Les concubins, même contestataires, même anarchistes, pacifistes ou non-violents, se révèlent souvent aussi violents que leurs confrères dûment mariés, lorsqu’ils ont une femme “sous la main” et pour eux tout seuls.

 

La divine blessure Jacqueline Kelen

obsession enfantine de notre société : bien-être éternel, dc quand pb, il faut le « guérir ».

Plus de « souci de l'âme », mais préservation du cher petit moi.

Au sens sacré, guérir= réparer la blessure de l'homme mortel, restaurer la nature édenique, son être divin.

La blessure=accès à une autre perception, aspiration à l'infini que ne peut combler aucun bien en ce monde.

 

La blessure implique de s'orienter différemment (cesser la course folle), elle invite à la quête, appelle à une infinie liberté.

 

http://www.emilius-ankylosaurus.com/lanerouge/desobeir/art_1_5.htm

Qu'y avait-il dans le petit cabinet de Barbe-Bleue ? Toutes les femmes qui avaient voulu lever son secret, donc le connaître, donc l'aimer, car l'amour n'est-il pas libre connaissance ? Dans ce petit cabinet des secrets des hommes, il y a leur silence séculaire concernant l'infidélité, leurs décrets qui édictent ce qui est vérité ou mensonge, bien ou mal, les cadavres cachés dans les placards des familles, les pères incestueux, violeurs et attoucheurs, les vieux fils amoureux de leurs mères, de leurs s¦urs, de leurs cousines, de leurs secrétaires, du premier objet qui passe pourvu qu'il soit le plus proche. Et bien évidemment ce sont les femmes curieuses qui sont là, muettes, alignées contre le mur et se mirant dans leur sang "caillé" ! Il y a pour maintenir les secrets des hommes, les femmes silencieuses et complices, celles sous lesquelles ils affirment leur virilité, les vieilles petites filles éternellement amoureuses, de qui ? devinez ?
Perrault avait raison, leurs reliques, leurs grimoires, les détentrices macabres de l'ordre patriarcal, il y a les mères étouffantes et possessives, défaites mais brandissant leur sacrifice. Il y a tous les secrets de la famille et de l'endogamie, et l'injonction faite aux femmes de ne pas ouvrir les portes fermées à clef, de "ne pas l'ouvrir".

Ainsi le meurtre rituel des curieuses que Barbe-Bleue perpétue dans l'appartement bas, Perrault l'accomplit au nom d'un Enfant - qui ne parle pas - pour la Grande Mademoiselle, la Super woman de la cour. Mais en amenant Barbe-Bleue sur la scène du conte, Charles Perrault libère la Belle. Le fait qu'une belle y échappe fait exister l'histoire, le conte, le temps.

Dans le secret du cabinet du psychanalyste, les femmes s'affrontent au terrorisme des pères, à leur pouvoir sexuel, et à leur désir, à l'interdit de connaître, sans compter, mais c'est une autre histoire, qu'il y a aussi la sauvagerie maternelle et l'humiliation qui traverse des générations de femmes tues. Si les hommes craignent l'accès des femmes au savoir et à la connaissance, c'est qu'ils veulent maintenir à tout prix les privilèges silencieux et les secrets de l'ordre patriarcal. D'autant plus que, c'est bien connu, les femmes qui entrent dans la connaissance sont des infidèles, immaîtrisables, sans sujétion aucune aux maîtres, aux Dieux. Ni Dieu, ni maître ! Alors quoi ?

 

Didon et Enée??

Légendes avant Virgile

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fe/04/tradition.html

l'histoire d'amour entre Énée et Didon s'est modelée sur l'histoire d'amour entre Médée et Jason, telle que l'avait racontée Apollonius de Rhodes dans ses Argonautiques. Mais d'autres influences sont plus subtiles, qu'il s'agisse de motifs, ou simplement d'emprunts textuels. Pour un poète latin en effet, une manière classique de rendre hommage à un de ses prédécesseurs était de lui emprunter des bouts de vers (souvent des hémistiches), sans mettre de guillemets bien sûr. Virgile est un doctus poeta, et ces hommages discrets ne sont sensibles qu'à un lecteur très informé : le doctus poeta exige un doctus lector.

 

Aspect culturel pour Virgile, Médée, Didon...

http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/Enseignement/Glor2330/Virgile_didon/Didon/IV,1-30/synth.htm

 

Médée, déesse

http://francoib.chez-alice.fr/medesaph/frmedeas.htm

 

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1996_num_51_5_410904_t1_1085_0000_001?_Prescripts_Search_tabs1=standard&

 

http://sisyphe.org/spip.php?article3772

Il faudra attendre en 1996 pour que la romancière allemande Christa Wolf révèle la version différente que donnait, au VIIe siècle avant notre ère, le poète Créophylos. Pour lui, ce sont les Corinthiens qui ont massacré les enfants de Médée et payé quarante talents pour qu’elle soit calomniée et rendue responsable de tous les maux qui les accablent. À la même époque, le poète Eumélos considère, pour sa part, que la déesse Médée, liée à un mortel, essaya d’immortaliser ses enfants en les enterrant dès leur naissance dans le cimetière d’Héra à Corinthe, comme le voulait le rituel à cette époque mais, à son grand désespoir, elle échoua et perdit ses enfants.

Depuis ces deux versions soigneusement oubliées, pendant deux millénaires et demi, tous les auteurs d’œuvres consacrés à Médée ont été masculins et ils ont mis allègrement dans ce personnage leur peur et leur haine des femmes sans que personne n’y trouve à redire. Pour Michèle Dancourt, on assiste avec Médée à "l’appropriation d’une image de femme et de mère sur fond d’antagonisme entre les sexes et les rapports de domination entre les cultures et les identités".

 

http://www.hommes-et-faits.com/mythes/Kb_Mythe_Src_02.htm

La déesse-mère

Médée, ancienne déesse+++

 

Epreuves de Psyché++

http://books.google.fr/books?id=VaTeswMYqTEC&pg=PA46&lpg=PA46&dq=symbolisme+toison+d'or+psyché&source=bl&ots=xpRuZltOBi&sig=4AEavAvs2QliZLpf2YhWBpuhsdo&hl=fr&sa=X&ei=fTFFU7n_GI2W0QXhkID4DA&ved=0CE8Q6AEwCA#v=onepage&q=symbolisme%20toison%20d'or%20psyché&f=false

 

http://books.google.fr/books?id=ZcU1sckxBf8C&pg=PA23&lpg=PA23&dq=symbolisme+trier+les+graines+Psyché&source=bl&ots=L675wsTeQP&sig=dE2OICV5PC26jP-7Knxi6AvL9Pg&hl=fr&sa=X&ei=U1NKU961B8SX1AX5joH4BQ&ved=0CFsQ6AEwCA#v=onepage&q=symbolisme%20trier%20les%20graines%20Psyché&f=false

 

21 mai 2014

Antériorité de Barbe Bleue, remonter au mythe (2) Ishtar

Ishtar et les portes de l'Enfer, voyage souterrain, Tammuz

 

 

Ishtar +++

http://www.digitorient.com/wp/wp-content/uploads/2008/12/Parpola-Istar.pdf

Femme, elle était aussi mâle et elle est occasionnellement représentée avec une barbe [photo-6]. En assumant un caractère androgyne, elle était comme la planète Vénus, qui était feminine en tant qu'Étoile du soir mais mâle, en tant qu'Étoile du matin, et elle possédait le pouvoir de changer les femmes en hommes et les hommes en femmes.

Nous avons certes vu qu'Ishtar était "la Dame de la bataille" et la "Dame de l'amour" — mais ils ratent totalement l'essence même de la déesse et n'expliquent pas son image contradictoire. Comme l'a observé Rivkah Harris, "[Inanna-Ishtar] incarnait en elle des polarités et des contraires, et par là même, les transcendait.... Elle était beaucoup plus que simplement la déesse de la fertilité, de l'amour et de la guerre, et l'étoile Vénus".

Sa figure complexe, qui combine les traits de la Madone avec ceux de la prostituée et d'un guerrier, a été correctement caractérisée par Harris comme un "paradoxe et une coïncidence de contraires".

Ainsi la prééminence donnée à la luminosité de la Déesse dans l'hymne que je viens de citer et dans les arts assyriens, souligne sa sainteté et sa pureté. De ce point de vue, la barbe de la déesse ne peut pas avoir été un symbole de virilité ou un caractère martial mais doit avoir souligné son caractère androgyne, conçu comme un état de pureté sublime et de perfection, comme dans le Gnosticisme et le Christianisme primitif.

Reconnaître en Mullissu/Ishtar l'équivalent assyrien du Saint-Esprit aide à comprendre son rôle éminent comme déesse oraculaire dans la prophétie assyrienne; comme le Souffle de Dieu donnant vie à toute la création et animant tous les êtres vivants; elle était aussi l'Esprit de Dieu résidant dans les prophètes et autres personnes sacrées et parlant par leur bouche.

Le mot assyrien pour "souffle, esprit" est l'exact correspondant sémantique de l'hébreu raah, "vent, souffle, esprit [de Dieu]" et du grec pneuma, "esprit (prophétique)".

Le rôle central joué par la prophétie extatique dans le culte d'Ishtar rend en fin de compte possible de comprendre pourquoi elle était représentée comme une prostituée, un rôle diamétralement opposé à celui de la Reine des Cieux. Ces deux rôles contradictoires de la déesse étaient fondamentaux pour le culte d'Ishtar et son fondement doctrinal, le mythe de La Descente d'Ishtar aux Enfers, que nous allons maintenant examiner en détails.

La descente d'Ishtar est l'archétype de l'âme humaine. La première partie du mythe souligne l'origine divine de l'âme et sa chute, la seconde partie décrit son chemin de salut au moyen de la repentance, du baptême et de l'ascension graduelle vers la perfection originelle.

En haut, dans le Ciel, l'âme est la chaste et sage "Fille de la Lune", pure et innocente comme une fiancée voilée. Mélangée à la matière, cependant, elle perd peu à peu son caractère divin et devient une prostituée nue et pécheresse, semblable à "Ereshkigal, Reine des Enfers". La Déesse du mythe est ainsi une entité à deux faces. Sa descente représente le souffle de Dieu entrant dans la prison du corps; son ascension représente la prostituée repentante dont les prières obtiennent pardon et salut. Ce double rôle explique la figure mythologique contradictoire, qui combine l'image d'une vierge sainte avec celle d'une prostituée.

Le mythe fonctionne à 2 niveaux: un premier, littéral, qui s'adresse au vulgum pecus, et l'autre, allégorique, qui s'adresse aux initiés du culte d'Ishtar. Les deux sont intrinsèquement liés et également importants pour comprendre le mythe. À un premier niveau superficiel, les Enfers du mythe sont une localité cosmique, le séjour des morts, mais au niveau allégorique, il s'agit du monde physique des humains compris comme une prison et comme la tombe de l'âme.

 

Le mythe de La Descente d'Ishtar aux Enfers était le pilier de la doctrine du culte du Salut. Une composante majeure de cette doctrine était le concept de l'Homme céleste Parfait envoyé pour la rédemption de l'humanité, matérialisé dans l'institution de la royauté. Dans La Descente d'Ishtar, le rôle rédempteur du roi est exprimé par l'image du berger-roi, Tammouz, livré comme un substitut d'Ishtar aux Enfers, c'est-à-dire le monde matériel. L'image correspond au rôle du roi en tant que représentant terrestre de Dieu et trouve une autre expression dans l'image du roi comme "Soleil des gens" (irradiant une brillance céleste à la Ténèbre du monde) et en tant qu'incarnation du Dieu Sauveur, Ninurta, le vainqueur du Péché, de la Ténèbre et de la Mort.

Le symbole central du culte était l'Arbre sacré qui reliait le Ciel et la Terre, qui contenait la clef secrète pour l'aventure psychique de l'Homme Parfait et, ainsi, pour la vie éternelle. L'orientation à 2 niveaux du mythe (âme cosmique = âme humaine) correspond à celle de l'Arbre sacré qui symbolisait à la fois le Cosmos et l'Homme Parfait. L'association de l'Arbre avec Ishtar ne laisse pas de doute qu'il jouait un rôle important comme objet de méditation dans son culte, comme l'arbre Asherah cananéen [photo 17], ou "l'arbre séfirote" de la Kabale extatique [photo 18].

Le messager en larmes qui apporte la nouvelle de la mort d'Ishtar aux Cieux symbolise les prières désespérées de l'âme pénitente. L'assinnu émasculé créé pour son secours est un dévot de la Déesse, un instrument de Dieu qui apporte à l'âme harassée un mot de réconfort et la connaissance de la voie du Salut. On peut postuler que les assinnu jouaient un rôle important dans le culte d'Ishtar comme "aides" des novices du culte, les encourageant par des mots de réconfort et des promesses de salut. Il est probable qu'ils les conduisaient au sacrement du "Mariage sacré", qui ne doit pas être mé-compris comme un acte sexuel physique mais comme la propagation d'un savoir ésotérique relatif à l'ascension de l'Âme, c'est-à-dire la restauration de l'unité originale de l'âme avec Dieu, qui était envisagée en termes de noces célestes.

En somme, il semble certain que La Descente d'Ishtar contenait le texte de base d'un culte à mystère extatique promettant aux croyants l'absolution des péchés, la renaissance spirituelle et la résurrection d'entre les morts.

Le chemin vers les Cieux du dévot était esquissé dans le mythe, mais il était représenté de façon codée dans l'Arbre sacré, médiation sur lequel certainement jouait une importante partie du culte. Le tronc de l'Arbre, représenté comme un palmier stylisé, symbolisait Ishtar comme le pouvoir de jeter un pont sur l'Abîme qui séparait les Cieux de la Matière. La somme des nombres mystiques de la couronne (1) et de la base (14) équivaut au chiffre mystique d'Ishtar (15), et sa représentation comme un nœud au milieu du tronc, rappelle une des définitions par St Augustin de l'Esprit Saint comme "l'amour mutuel du Père et du Fils, le lien consubstantiel qui les unit."

Le chiffre mystique d'Ishtar, 15, correspond au chiffre de la pleine lune dans le calendrier lunaire mésopotamien. Assurément, le disque brillant, immaculé de la pleine lune était un parfait symbole pour l'aspect céleste d'Ishtar, la radieuse Reine des Cieux et la "Fille sans reproche de la Lune". De manière correspondante, la perte graduelle de luminosité de la lune déclinante à la conjonction symbolisait sa mort, et l'augmentation progressive de luminosité après la conjonction, son ascension et le retour à son état originel de perfection.

L'ordre dans lequel Ishtar perd ses habits et parures reflète la structure de l'Arbre sacré. À la première porte, elle perd sa couronne; à la deuxième porte, ses boucles d'oreilles; à la troisième porte, son collier; à la quatrième porte, son pectoral; à la cinquième porte, sa ceinture; à la sixième porte, ses bracelets et à la septième porte, son pagne. Notez la progression constante du haut vers le bas et l'alternance des pièces uniques et de celles qui vont par paires d'habillement. La couronne enlevée correspond à la couronne de palmettes de l'Arbre, ses colliers, ceinture et pagne aux trois nœuds du tronc et ses boucles d'oreilles, pectoral et bracelets aux cercles qui entourent le tronc. De façon correspondante, les différents habits et ornements peuvent être identifiés avec les pouvoirs divins des "Grands Dieux" constituant l'Arbre. Dans le précurseur sumérien du mythe, La Descente d'Inanna, ils sont en fait explicitement appelés "pouvoirs divins".

En référence à l'âme humaine, les "habits" et les "parures" d'Ishtar doivent donc être compris comme une allégorie pour les pouvoirs divins ou vertus, dont la présence ou l'absence dans l'âme résultait en salut ou perdition.

Fondés sur les fonctions et attributs des "Grands Dieux", ces pouvoirs peuvent être définis comme autorité ou dignité (Porte 1 = Au), sagesse et prudence (Porte 2 = Ea et Sîn), raison (porte 3 = Mummu), jugement et compassion (Porte 4 = Shamash et Marduk) amour (Porte 5 = Ishtar); honneur et Fierté (Porte 6 = Adad et Nabû) et Vergogne (porte 7 = Nergal). L'Arbre sacré peut ainsi être vu comme une représentation symbolique de l'Âme parfaite et non souillée dans sa gloire céleste, revêtue de tous ses pouvoirs divins — en d'autres mots, une image de Mullissu, l'Ishtar céleste. Regagner ces vertus dans l'ordre où elles avaient été perdues devait ainsi restituer l'âme à son état primitif, céleste, et restaurer son immortalité.

L'idée était aussi implicite dans un autre symbole central du culte, la Tour du temple mésopotamien, la Ziggourat, qui figurait comme un attribut d'Ishtar dans l'hymne d'Assurbanipal, cité ci-dessus. Les sept étages et la forme en montagne de cette structure l'associaient à la descente et à la montée en sept paliers de la Déesse.

 

chacun de ces étages était peint d'une couleur différente, la séquence des couleurs correspondant au coloriage des sept murs concentriques d'Ecbatane dans Hérodote I 98 (blanc, noir, pourpre, bleu, orange, or, argent). Ce coloriage symbolisait sans doute les sept sphères planétaires de Vénus, Saturne, Mars, Mercure, Jupiter, le Soleil et la Lune. La descente en sept paliers depuis le toit couleur argent de la Ziggourat, associé à la Lune, devait symboliser le passage à travers les sept portes des Enfers et le déshabillage, tandis que le fait de les remonter devait signifier le retour aux Cieux dans les brillants habits et les parures de la Déesse. Une telle imagerie se trouve probablement derrière l'ascension mithraïque de l'âme décrite dans le Contra Celsum [= Contre Celse] d'Origène, où l'initié grimpe "un escalier avec sept portes"; la première (de plomb) associée à Saturne, la seconde (d'étain) à Vénus, la troisième (de bronze) à Jupiter, la quatrième (de fer) à Mercure, la cinquième (d'électrum) à Mars, la sixième (d'argent) à la Lune et la septième (d'Or) au Soleil. Dans cette imagerie, l'ascension vers le Ciel est liée à la ré-acquisition de pouvoirs divins perdus, représentés par les couleurs, dont la séquence complète représentait la gloire céleste de l'Âme.

Du fait de son association aux couleurs de la Ziggourat, Ishtar était aussi associée à l'Arc-en-ciel, un autre important symbole relatif à l'ascension de l'Âme [photo 20]. La convergence du spectre complet des couleurs dans l'arc-en-ciel symbolisait l'origine céleste d'Ishtar comme fille d'Anu, dans lequel convergeaient les identités de tous les Dieux, tandis que la forme en arc la représentait comme l'Arc de Dieu contre le Péché et la Mort.

 

Dans l'Enama elîß, Marduk fabrique un arc, le désigne comme son arme, et défait Ti'amat par son moyen; plus tard, Anu, le levant, l'embrasse et l'appelle "ma fille" et en fait une constellation dans le ciel. La constellation en question, “l'Étoile de l'Arc", notre Canis Major [ Alpha du Chien], est bien connue des textes assyriens où elle est mise en équivalence avec Ishtar comme "Fille de An" et "Fille de la Lune". Par conséquent, elle était l'arme avec laquelle Marduk a vaincu Ti'amat. Ailleurs, dans l'Enama elîß, cette arme est appelée "Déluge", allusion au rôle bien connu d'Ishtar qui apporte le déluge dans Gilgamesh X. L'"Arc- Déluge", qui se trouve déjà dans la mythologie sumérienne comme arc de Ninurta, n'est bien sûr pas autre chose que l'arc-en-ciel, qui se trouve comme un nom d'Ishtar dans la liste des noms de dieux assyrienne. De plus, à la fois "Étoile de l'Arc" et "Étoile de l'Arc-en-ciel" se trouvent comme noms de Vénus et sont mises en équivalence avec la constellation de la Vierge dans les textes astrologiques. Divisé en ses éléments, le sumérogramme pour "arc-en-ciel", ∂tir-an-na signifie "Arc de Anu" ou "Arc du Ciel".

Avec son "Arc-Déluge", Dieu détruit les méchants mais sauve les justes. Dans La Descente d'Ishtar, l'ascension de l'Âme a pour condition l'abandon de Tammouz comme substitut de la Déesse dans les Enfers. C'est une allégorie pour l'institution de la royauté divine sur la terre et une étiologie pour la "mort rédemptrice" du roi. En matérialisant l'idée de "l'Homme Parfait" dans le roi humain, Dieu a donné à l'humanité un exemple à suivre et un Berger pour le guider sur le chemin du salut. Tammouz, le Berger-Roi mésopotamien, est le roi comme un "arbre planté par Ishtar"; le Fils de Dieu qui devait advenir au monde, prend une forme humaine, meurt et ressuscite pour pourvoir l'humanité d'un exemple vivant de la perfection requise pour le salut.

Tammouz qui meurt et ressuscite doit donc être compris comme un des pôles mythologiques les plus centraux du roi, le Rédempteur sacrifié pour l'amour de l'Homme. Tandis que Ninurta est le roi en tant que Sauveur victorieux qui triomphe de la Mort et de la Maladie, retourne à son père en triomphe et voit sa gloire exaltée dans le Ciel, Tammouz est le berger qui meurt pour son troupeau, l'arbre abattu, dont la mort est amèrement déplorée. En faisant d'Ishtar la responsable pour la mort de son “fils" bien aimé, le mythe présente ce sacrifice comme un acte d'amour divin comparable à Jean 4:9, "Car Dieu est Amour, et Son amour nous a été révélé par ce fait qu'il nous a envoyé Son Fils unique en ce monde pour nous procurer la Vie." Cette idée semble être encodée dans le motif du "Dieu qui tire à l'Arc" [photo 21], une image bien connue mais énigmatique dans l'art impérial assyrien, qui peut être interprétée comme une représentation symbolique du "Dieu, le Père, envoyant son Fils au Monde". Le Dieu qui envoie la flèche dans la cible symbolise Enlil/Marduk, le roi divin; la "flèche" symbolise son fils, Ninurta/Nabû, le Vainqueur du péché; l"Arc" symbolise Mullissu/Ishtar, et le "Monstre" touché par la flèche symbolise le monde comme lieu du Péché, de la Ténèbre et de la Mort. Il doit être noté qu'à la fois Assur et Ishtar partagent dans les sources assyriennes l'épithète de "ami de (toute) l'humanité".

Nous avons ainsi dans le roi assyrien la parfaite contrepartie doctrinale du Sauveur Chrétien un Verbe de Dieu devenu Chair, un Agneau de Dieu sacrifié pour l'amour de l'Homme. Ce qui est plus, sa relation à Dieu est définie exactement en termes de la doctrine trinitaire ("une substance - trois personnes") dans son élaboration augustinienne, où l'Esprit Saint est "l'amour mutuel du Père et du Fils, le Lien consubstantiel qui les unit".

Le retour triomphal de Ninurta vers sa demeure céleste, dont on a parlé dans la leçon précédente, trouve une représentation graphique dans une triade divine chevauchant à l'occasion le disque solaire ailé d'Assur planant au dessus de l'Arbre sacré [photo 22]. La figure centrale, levant sa main dans un geste de bénédiction, peut être identifié comme Enlil/Marduk; la figure sur la droite, recevant sa bénédiction, comme Ninurta/Nabû, et la figure sur la gauche, également levant la main dans un geste de bénédiction; comme Mullissu/Ishtar.

Dans quelques représentations, les figures à main droite et main gauche sont réduites à de purs cercles ou volutes émergeant de la figure centrale [photo 23]; souvent une volute simple prend la place des trois figures [photo 24]. Cela suggère qu'ils étaient compris comme trois hypostases d'Assur, une véritable "trinité en unité", Père-Mère-Fils, dans le sens chrétien et néoplatonicien du concept. Le disque ailé étant le symbole primaire d'Assur et la volute ou la triade divine apparaissant dans virtuellement toute représentation de lui, la conclusion semble inévitable: cet antécédent de la doctrine trinitaire doit avoir joué un rôle central dans la religion impériale assyrienne.

Nous avons vu que Ishtar représente fondamentalement l'Âme Cosmique sortie de Dieu et animant toutes les créatures vivantes. Tous ses divers noms, attributs, symboles et traits mythologiques sont des tentatives pour exprimer l'idée de base et décrire symboliquement les œuvres de l'Âme Cosmique. Pour cette raison, la multiplicité apparente de déesses femmes en Assyrie est pure illusion, car elles n'étaient toutes que les noms et les descriptions de la Déesse sous ses différents aspects. Reflétant cela, les textes assyriens font fréquemment référence au monde divin comme "les Dieux et Ishtar", le singulier impliquant qu'il n'y en avait en fait qu'une, pas plusieurs divinités féminines.

Mais Ishtar ne faisait pas que subsumer toutes les déesses. Sous son aspect céleste de Reine du Ciel et progénitrice des Dieux, elle englobait aussi tous les dieux mâles et leurs pouvoirs. L'idée sous-tend tout le récit métaphorique du déshabillage et du rhabillage de La Descente d'Ishtar et elle se présente dans d'autres symboles centraux de la Déesse, tel l'Arc-en- ciel, qui la décrivait comme la convergence des couleurs des sept dieux planétaires, et l'Arbre sacré, qui symbolisait l'Âme Parfaite comme une somme des pouvoirs de l'Arbre. Son symbole le plus commun, l'Étoile à huit branches, la représentait comme la "Porteuse de tous les pouvoirs", ses huit branches correspondant aux huit dieux mâles qui l'entouraient dans le schéma triadique de l'assemblée divine, qui était sous-jacent à l'Arbre sacré [photo 25]. En tant que nœud central de l'Arbre, elle tenait ensemble toute l'assemblée et en accord avec cela on parle souvent d'elle comme de Celle qui tient tous les pouvoirs divins, "la Présidente de l'Assemblée" ou "Celle qui rassemble les pouvoirs divins" dans les textes assyriens. Il n'est donc pas accidentel que l'Arbre fût un des attributs principaux de la Déesse et, de fait, peint à l'occasion de façon anthropomorphique comme la Déesse elle-même [photo 2].

On se souviendra que l'Arbre symbolisait fondamentalement la multiplicité des dieux comme la manifestation d'Assur dans l'univers physique. Nous pouvons maintenant le comprendre comme le Souffle de Vie sortant du Dieu transcendant envahissant l'univers toute entier pour lui donner une âme — un Arbre de vie cosmique au sens littéral du terme.

Ishtar n'était ainsi pas autre chose qu'Assur lui-même manifesté sous son aspect de Mère, le divin Amour sous-tendant toute existence.

Cela explique les nombreux points de contact de la religion assyrienne avec le Christianisme, le Judaïsme, la Gnose et le Néoplatonisme. Ces systèmes religieux et philosophiques ont perpétué les idées théologiques fondamentales qui ont pris forme dans l'empire assyrien et ont été propagées de façon efficiente vers l'ensemble du Proche-Orient pendant plus de 700 ans.

 

21 mai 2014

Barbe Bleue, conte et variantes

Barbe Bleue

Version antérieure, L'Oisel emplumé http://fr.wikisource.org/wiki/L’Oisel_emplumé

Voir commentaire http://groupe-jung.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=50:figures-du-couple-persecuteurprotecteur-dans-le-monde-interieur-du-traumatisme-laurent-meyer&catid=38&Itemid=76

Laurent Meyer reprend de Kalsched l’exemple du conte de Grimm « Fitcher’s bird ». Ce conte, proche de celui de Barbe Bleue, nous montre un sorcier, face sombre du Soi, qui capture l’une après l’autre, trois sœurs, figures de l’innocence du Soi clivé protégé par les défenses archaïques. Il y a deux mondes, celui de la réalité et celui de l’imaginaire. Le sorcier exprime l’interdiction, sous peine de mort, d’entrer dans une pièce, où se trouvent les restes démembrés de ses crimes, mais donne aux jeunes filles la clé pour y entrer, en même temps qu’un objet protecteur, un œuf. Le sorcier n’est donc pas le mal absolu, il a peut-être l’espoir secret que le principe de vie, l’œuf puisse un jour l’humaniser. Seule la cadette des filles saura se préserver grâce à cet œuf. Les deux premières peuvent être vues comme illustrant l’envoûtement du moi traumatisé par la face négative du Soi primaire. Il faut briser le sortilège, et c’est un processus violent. Une fois ses sœurs remembrées, la dernière sœur utilise la ruse pour les faire ramener à la maison par le sorcier lui-même et ensuite elle se travestit en oiseau, qui incite le sorcier et tous ses invités à entrer pour la noce de la cadette et du sorcier dans le château où ils seront détruits par le feu, avec l’aide des hommes envoyés à la rescousse par les sœurs retournés chez le père.

La ruse doit être employée, c’est la figure du Trickster qui est une représentation archétypale ambivalente qui est un , agent possible de transformation, car il porte les deux côtés du clivage, il et permet de restaurer une capacité transitionnelle.

Le sorcier est ici l’équivalent de la destructivité primaire infantile, devenue diabolique du fait du traumatisme. Pour aller vers un moi humain ancré dans la réalité, les puissantes énergies du Soi archaïque doivent être sacrifiées. Le palais du sorcier si magnifique doit être détruit, le sacrifice est nécessaire. Pour cela, les hommes envoyés par les sœurs sont nécessaires, c’est la face positive du masculin, l’agressivité masculine au service du développement du moi.

http://www.ac-caen.fr/ia50/circo/val/peda/un%20livre%20pour%20l%20ete%202011/Barbe%20Bleue/interpretations%20de%20barbe.pdf

La Barbe-Bleue de Perrault

Bruno Bettelheim nous informe, dans son livre La psychanalyse des contes de fées, que La Barbe-Bleue reprend des thèmes anciens de contes russes ou scandinaves. La mise à l’épreuve de l’épouse par exemple rappelle que dans certaines parties du monde, seule l’infidélité conjugale, parmi les manquements possibles de la femme, autorisait le mari à la tuer. Autre motif important, celui de la clé maculée de sang, il prévient le mari d’un forfait ou d’un meurtre, dans ce cas-ci, celui de l’infidélité et du manque de loyauté.

 

Grimm L'Oiseau d'Ourdi

Barbe-Bleue et L’oiseau d’Ourdi traitent tous deux du thème de la chambre interdite. Les éléments qui dénoncent la femme sont la clé dans Barbe-Bleue et l’œuf dans L’oiseau d’Ourdi. L’œuf est le symbole de la sexualité féminine; la clé, celle du sexe masculin. Dans les deux contes, la fidélité des jeunes filles est mise à l’épreuve avant le mariage. La transgression du secret est un acte de trahison qui mérite châtiment : la mort. Comme pour la version de Cendrillon, les frères Grimm vont plus loin dans la cruauté et la violence des actes. Les scènes policées et élégantes de Perrault deviennent plus sanglantes. On assiste à un véritable bain de sang et de chair humaine.

 

Conte breton, Barbe rouge

Barbe-Rouge s’était marié sept fois et avait perdu successivement ses femmes au bout de peu de temps de mariage. Avec la huitième, il vécut dix ans et eut deux filles et un garçon. Un jour, il lui prit une telle haine contre sa femme qu’il résolut de s’en débarrasser. Quand elle rentra de la messe, il lui annonça sa décision de la tuer. Elle consentît à condition de porter ses habits de noces. A l’étage, elle retarda le plus qu’elle pu l’heure de son exécution et fit des signes à des cavaliers passant par là. Lorsqu’elle dut descendre, des militaires vinrent la secourir et tuèrent Barbe-Rouge. Au bout de son deuil, elle se maria avec l’un d’entre eux.

Commentaire

Ce conte, tiré du livre des Contes populaires bretons recueillis par F.-M .Luzel, semble être un mélange de la version traditionnelle de Barbe-Bleue et d’une comptine célèbre «Promenons-nous dans les bois...».

En effet, un leitmotiv revient régulièrement dans le conte : « J’aiguise, j’aiguise mon couteau, pour tuer ma femme qui est en haut » et elle répond à ce refrain qu’elle n’est jamais complètement prête « Non, je n’ai encore mis que mon cotillon de dessous [...] Non, dit-elle je suis à chausser mes bas. Etc... » Au final, Barbe-Rouge s’impatiente comme dans le conte de Perrault et elle descend de mauvaise grâce en priant pour qu’un brave chevalier vienne la délivrer.

 

21 mai 2014

Pascal Bancourt Les mystères de la ville d'Is

Pascal Bancourt Les mystères de la ville d'Is

L'héritage spirituel des légendes celtiques 2003

Alchimie, Conte, Is

Le mythe s'accorde avec l'harmonie de l'univers pour nous appeler à écouter en nous-mêmes la résonance équivalente.

Les images symboliques résultent des analogies liant entre eux les différents plans d'existence. Accès aussi bien au domaine de la cosmologie qu'aux dimensions de la psyché humaine.

 

L'Oeuvre alchimique traite l'âme comme une matière à purifier et travailler jusqu'à ce qu'elle retrouve son caractère divin.

L'Oeuvre se résume par « SOLVE et COAGULA », « dissous et coagule ».

Dissoudre la forme coagulée (fixée), la volatiliser puis la recoaguler pour stabiliser le nouvel état atteint.

L'âme doit d'abord être ramenée à sa matière première qui est l'état originel où aucune forme limitée ne la conditionne plus.

L'âme alors devient malléable et l'Esprit peut lui imprimer une forme plus noble (le vil métal devient métal plus noble) selon l'essence divine de l'âme.

CLES: Dans la symbolique chrétienne, dissolution-coagulation correspondent au double pouvoir des clés: ouvrir en déliant, dissolvant les formes; et fermer en liant ou en fixant les formes.

 

4 modes élémentaires de la matière primordiale sur tous les niveaux de manifestation:

Sous l'aspect Terre, elle tend à figer dans une configuration rigide.

Eau, elle manifeste la capacité à épouser toutes les formes.

Air, (aspect libre et mobile), elle se déplace dans toutes les directions et elle enveloppe subtilement toutes les choses

Feu, elle déploie ses effets à la fois destructeur et transformateur.

 

Initiation Lunaire

La lune aux formes changeantes sert de symbole cyclique au monde des transformations et du devenir.

Les récits d'aventure de Chevalerie correspondent à cette phase avec ses thèmes royaux et guerriers, ses personnages féminins.

Correspond au Petit Oeuvre, dit lunaire symbolisé par la clé d'argent.

Le Petit Oeuvre s'achève avec la transmutation de l'âme et la spiritualisation du corps.

Mystères de la Femme, des Eaux ou de la Lune: ce sont les Petits Mystères.

L'initiation lunaire ou dite royale aboutit à l'état de Sagesse. (Cité ou royaume prospère sagement régenté).

 

Initiation Solaire

Le soleil toujours de forme identique symbolise l'Essence immuable.

Correspond au Grand Oeuvre, dit solaire symbolisé par la clé d'or.

Le Grand Oeuvre effectuera l'incorporation de l'Esprit et sa descente dans l'âme pour aboutir à la production de l'Or.

En passant de l'Oeuvre Lunaire à la Solaire, l'homme quitte le plan des apparences pour entrer dans celui de la réalité.

Mystères du Fils, du Feu et du Soleil: ce sont les Grands Mystères

 

ALCHIMIE

2 Niveaux : Oeuvre lunaire et solaire

ou 3 Etapes en 3 couleurs:

Noir: Phase d'obscurité, destruction du moi individuel durant la 1° phase dite de putréfaction.

Blanc: Phase de pureté, l'adepte achève de se purifier pour ensuite se libérer lors de cette 2° phase.

Rouge: marque la phase de résurrection, l'homme purifié et transmué est assimilé à l'or pur.

 

L'Opération commence par séparer l'âme volatile d'avec le corps fixe.

Puis spiritualisation du corps et dissolutionde l'âme.

Nouvelle fixation, cristallisation dans sa forme nouvelle.

Le processus s'achève par la réunion du corps et de l'âme.

Puis cristallisation dans la forme nouvelle.

Achèvement par la réunion de l'âme et du corps transmués dans la préparation de ce que l'on appelle l'élixir d'immortalité.

 

La réalisation de l'homme ne peut s'opérer sous cet effacement préalable, long et difficile, de toutes les aspirations mondaines.

 

1° étape dite de putréfaction : oeuvre au noir, la matière est d'abord « noircie », donc dépouillée de sa forme initiale, afin que l'identification au moi terrestre soit brisée par la mort de l'ego.

Cette phase de détachement porte les noms de séparation, extraction, dissociation ou dénuement, elle constitue la mort initiatique.

La « séparation » consiste principalement à suspendre l'action de l'organisme animal sur la forme vitale.

Les phases d'obscurité sont désignées c des « descentes aux enfers ».

 

Dès que l'homme cesse de considérer son moi c le centre du monde, il comprend qu'un autre centre intérieur plus réel reste à découvrir pour accéder, via ce point central, à un niveau supérieur de conscience.

L'oeuvre au noir avec son épouvantable traversée des régions souterraines ténébreuses qui désignent les couches obscure et inconscientes de la personnalité, se termine quand commence l'oeuvre au blanc.

La blancheur s'obtient sous le régime de la lune quand la puissance subtile de l'âme jusqu'alors contenue par la conscience corporelle, sera libérée de ses coagulations et passera de l'état assimilé à la Terre, à l'état sublimé en Eau et en Air.

 

Cet état de l'âme restituée à la pureté et à la réception originelles, analogue à l'Eau divine, est illustré par la figure de la Vierge ou par l'image d'une femme idéale.

La substance purifiée sera figée dans son nouvel état par le pouvoir fixateur du Feu de l'Esprit qui va s'affirmer sur l'Eau plastique.

L'état lumineux stabilisé, résultant de cette intervention de l'Esprit – personnifié par la figure du Prince- est souvent exprimé par l'allégorie de l'âme transformée en cristal. La production de l'argent ou de la « Pierre blanche» équivaut à cette rénovation double. Il s'agit de corporifier l'esprit et de spiritualiser le corps jusqu'à ce que les 2 entités deviennent de même nature.

Les épreuves de l'oeuvre au rouge sont encore plus dures et dangereuses car à l'action de l'Eau succède l'intervention dominante du Feu.

L'Argent se transmue en or, le Grand Oeuvre sera totalement accompli quand l'Essence divine se manifestera directement dans la forme humaine renouvelée et l'éclat de l'Esprit divin pourra rayonner directement sur le monde par le relais de ce corps glorifié.

 

Légende de la ville d'IS

En tant que Roi, l'initié Gradlon ne détenait que la Clé d'Argent, niveau d'initiation des Petits Mystères.

CLES: Les Clés ont pour fonction symbolique de livrer l'accès aux Mystères. Fermer, ouvrir les portes, c'est la faculté de lier, délier les formes (dissoudre, coaguler)

La Clé dérobée à Gradlon de nuit: allusion à la phase nocturne de l'initiation où les facultés conscientes sont abaissées pour ne pas s'opposer au surgissement des Eaux (dissolution) alors contenues par les défenses conscientes.

Mais Gwénolé réveille Gradlon car cet abaissement doit rester limité, la conscience du candidat doit reprendre le dessus.

La clé qui symboliquement ouvre la voie à la connaissance supérieure et au niveau de conscience équivalent est à rechercher dans la profondeur de soi-même où la réalité divine est inaccessible à la conscience ordinaire.

La dissolution consiste bien à ouvrir aux Eaux primordiales les portes de la digue, ou encore « les portes de l'abîme » tandis que le verrouillage de la puissance dissolvante des Eaux correspond à la coagulation de la forme humaine et à sa préservation dans son état actuel solidifié.

Même symbolisme avec les clés de Pierre qui peuvent lier et délier « sur la terre comme aux Cieux.

La souveraineté intérieure indique dans son sens allégorique le principe ordonnateur situé au centre de l'individu, élément d'essence spirituelle, qui rétablit l'équilibre entre les divers constituants de l'être.

C'est cette harmonie interne que symbolise le règne du souverain sur un pays sagement gouverné.

Le souverain correspond à l'unité en tant qu'élément central de l'homme, la part de l'être destinée à triompher de ses ennemis intérieurs (mauvais penchants facteurs d'erreur)

Royaume correspond au territoire symbole de l'être humain stabilisé à son degré de conscience actuel qui est le plan terrestre pour l'état ordinaire où règne la multiplicité par le démembrement de son unité 1°.

 

L'être humain dans sa nature inférieure se compose de centres secondaires repgroupés en 3 entités principales:

Centre instinctif et sensitif

Centre émotionnel et affectif

Centre intellectuel ou mental.

Ces centres de pouvoir s'entre-déchirent. La reconstitution de la royauté intérieure entraîne dans la nouvelle âme réunifiée la régénération de l'unité originelle et de la restauration de l'harmonie dans l'être humain.

 

Légende la ville d'Is

La fille du roi représente l'aspect passionnel de la personnalité. L'être humain s'attache à sa composante de son individualité qu'il a lui-même « engendrée » en la façonnant au cours de son existence et cet attachement peut le conduire à sa perte s'il obstine à en demeurer l'adorateur et l'esclave aveugle. Donc renoncement à ce fardeau aussi déchirant que soit cette séparation. Le déchaînement des Eaux dissolvantes serait fatal pour l'être qui n'aurait pas maîtrisé sa propre nature en se détachant de cet élément passionnel encore entaché d'impuretés.

 

L'initié aux petits Mystères jusqu'alors considéré comme « féminisé » en ce sens que l'objectif consistait à ramener sa composante à l'état de sa substance 1° malléable considérée comme d'essence féminine. Mais à une nouvelle étape de l'oeuvre, l'initié se verra appelé à dépasser la condition symboliquement assimilée au « règne de la femme ».

Pour cette dernière phase, le symbolisme hermétique emploie la métaphore de la mort ou du meurtre de la femme dominatrice.

 

L'état intérieur stabilisé correspond à l'image de la cité et du royaume prospère et sainement régentés est appelé état de Sagesse, celui auquel aboutit l'initiation lunaire ou dite royale.

Seule une autorité véritable arrachée de toute compromission avec un pouvoir qu'elle ne doit pas exercer elle-même, peut transformer un homme de talent politique en un génie bienfaisant.

Le concile de Tours en 567 condamne comme diabolique les croyances aux fées ou autre : à partir du moment ou la signification allégorique d'un mythe s'était perdue, le danger de voir les formes dégénérer en superstitions populaires justifiait cette réaction.

 

POISSON Dans son sens symbolique le poisson correspond à un état de conscience équivalent à ce que représente l'élément Eau. Il est assocéi à l'idée de révélation et de sagesse propre à cet élément, car il figure également l'Esprit manifesté dans les Eaux.

En tant que nourriture le poisson représente l'état de sagesse que prend l'élément Eau une fois que l'Esprit divin à laissé en lui son empreinte; manger du poisson équivaut à communier aux énergies du même niveau transcendental.

 

VIN Le vin, symbole de l'Esprit et de sa lumière, il évoque une essence volatile liée à l'image du feu, ayant la propriété d'enflammer ou d'exalter.

Le vin produit une exaltation de la pensée pouvant mener jusqu'à la révélation. L'ivresse supérieure est transfigurante, celle de l'Esprit déconditionné.

 

Légende de la Ville D'Is

La forteresse désigne les limites que la forme humaine dans son durcissement oppose à toute tentative que l'individu entreprend pour pénétrer à l'intérieur de lui-même. La salle secrète, le saint des saints fait référence au centre caché de l'être si difficile à atteindre.

La vertu royale : le Roi n'est rien sans le personnage féminin de la reine, mère et amante, véritable détentrice de la puissance et incarnant la souveraineté.

 

Virginité: au sens mythologique, la vierge était toujours disponible et pourvoyeuse de Forces nouvelles pour de nouveaux amants. La reine détentrice de la souveraineté de la force de vie et du potentiel créateur mais qui connaît également le côté sombre de la création et la puissance destructrice de sa propre nature, instruit le héros qui bénéficie de ses faveurs.

 

CHEVAL Le cheval enchanté peut transporter son cavalier au dessus des murs, ceux des déterminations et des fixations des formes ainsi qu'au dessus des eaux.

 

Le cheval ou la jument, au même titre que la femme divine qui le monte confère le pouvoir et la souveraineté au héros que la caclière jugera digne de posséder la monture.

 

Le sens initial du vaisseau volant, tout comme celui de l'envol du cavalier sur son cheval aérien se réfère à la phase alchimique dite de séparation qui consiste de l'exaltation des parties subtiles de l'être. Dans cette phase dite de sublimation ou de volatilisation de l'âme, le facteur dissolvant ou Eau, joue un rôle essentiel.

La capacité du cheval volant à franchir les obstacles matériel en fait l'image du dissolvant universel tout en préservant le cavalier de la puissance dissolvante.

 

Dragon: correspond à l'énergie primordiale pour toutes les tradition du monde, énergie potentielle motrice de toutes les transmutations

 

Légende de la Ville d'Is

En faisant jeter ses amants dans un gouffre, Dahut amoindrit la personnalité extérieure au point de l'annihiler; elle résorbe la forme humaine dans la profondeur de sa substance indifférenciée.

Evocation de la femme primordiale: image de la Déesse des tertres ou déesse des commencements. Ce sera ultérieurement Macha en Irlande, Morgane en Armorique, Keridwen au Pays de Galles et sous ses 2 aspects dissociés Vénus des Latins, Vierge des chrétiens.

La Grande Déesse ambigüe était la divinité à la fois de la vie et de la mort.

Le Grande divinité féminine assimilée sans connotation dévalorisante à une prostituée n'en demeurait pas moins vierge ou toujours neuve, intacte et disponible symbolisant elle-même le renouvellement de la vie.

 

L'initiation solaire que l'alchimie ainsi que le tantrisme indien appellent la « Voie sèche » de laquelle domine la principe intellectuel du Feu, l'initiation lunaire tient son appellation de « Voie Humide » du fait que l'élément Eau associé à la féminité y joue le rôle essentiel.

 

Pour mettre en oeuvre le Mercure afin de dissoudre partiellement la forme humaine que l'on voulait transmuer, certaines techniques du tantrisme utilisaient l'attraction homme-femme en l'exacerbant pour l'orienter ensuite vers une direction spirituelle. Les Fidèles d'Amour pratiquaient aussi cette méthode alchimique.

A un certain stade de dégénérescence, absolutisation des symboles féminins comme en Grèce dans les Mystères de Rhéa-Cybèle, ceux d'Hécate ou d'Artémis d'Ephèse.

Dans ces cultes émancipés des Mystères supérieurs solaires, les servants

la Déesse en arrivèrent à se diviriliser en lui offrant en sacrifice leur organe masculin et en se vêtant avec des vêtements de femme.

 

Dans les formes supérieures du tantrisme, l'activation de la force élémentaire du sexe et du désir après qu'elle ait touché les couches les plus profondes de l'être devait connaître une inversion de polarisation avant de conduire l'être à la libération.

Si cette transmutation ne s'opérait pas, l'être rétrogradait à l'état d'esclave de cette force au lieu de pouvoir se servir d'elle comme d'un moyen d'élévation.

 

MASQUE, VISAGE

Visage: nature essentielle de la personne par opposition au Masque de l'individu social extérieur que l'on nomme ainsi par référence au masque des acteurs de théâtre.

 

L'expérience de la transcendance ayant un résultat conforme à l'objectif serait que l'épreuve entraîne la RUPTURE ou la réduction du masque sous l'effet d'un traumatisme provoqué par l'irruption d'une force surnaturelle. La force transcendante mise en jeu par un contact avec l'Absolu produit parfois des effets destructeurs car l'intrusion de cette énergie élémentaire tend à balayer ce qui pourrait restreindre sa manifestation.

La dimension transcendante virtuellement présente dans l'amour expliquerait cette aspiration diffuse à l'anéantissement ressenti comme un véritable dépassement qui saisit parfois les aimants animés par la passion.

 

Un visage découvert représente le Dieu manifesté extérieur tandis qu'une face masquée de noir évoque l'aspect informel et non manifesté de la Divinité. (Osiris, « dieu noir »)

 

La promiscuité sexuelle dans un cadre rituel avait pour fin initiale l'abolition temporaire de tous les interdits et de toutes les différences sociales pour viser à travers ces premiers effets immédiats la neutralisation des conditionnements et le dépassement des limites formelles imposées à l'individu.

 

Au sens symbolique, ce dépouillement que le héros doit assumer à l'égard de tout ce qui semble pimenter l'existence terrestre évoque la phase de renonciation à laquelle tout candidat à l'initiation devait préalablement se soumettre, l'effacement de l'égo et le renoncement aux succès mondains précédaient obligatoirement le processus de régénération de la personnalité.

Et même dans la suite des opérations la nouvelle forme appelée à terme à triompher dans la lumière et la gloire, ne commencera à se manifester que dans une fragilité dénuée de tout éclat et de tout prestige.

 

Arme, EPEE dans le rocher

L'arme rectiligne figée dans la pierre rejoint l'arbre vertical en tant qu'évocation de l'axe du monde et de la femme surnaturelle descendue d'en haut par le biais de cet axe; extraire l'épée de la pierre ou de l'enclume équivaut à libérer cette puissance de ses entraves matérielles.

 

POISSON

Le pouvoir magique du poisson – faculté dissolvante de l'élément Eau- est de délier les puissances qui à l'état ordinaire restaient entravées dans les limites de l'être humain.

 

SCEPTRE ET COURONNE

Moyen d'exprimer une véritable domination sur la nature et le monde des formes, cet ascendant extérieur résultant lui-même de la maîtrise obtenue par le sujet sur sa propre nature humaine.

 

La Couronne correspond à la puissance spirituelle, solaire et sacerdotale. Son cercle parsemé de pointes verticales dont la forme suggère les rayons lumineux, est un symbole solaire. Elle figure l'énergie qui irradie sous l'état de chaleur et de lumière, à partir d'un centre représenté par la tête.

R Guénon: Correspondance corps-étape spirituelle:

La Base de la colonne vertébrale équivaut à l'état de sommeil

Le Coeur désigne la phase de germination ou de la 2° naissance

L'Oeil frontal indique la réintégration dans l'état primordial

La Couronne consacre l'accession de l'être aux états supra-individuels

 

Petits mystères, principe féminin appelé dans les Vedas indiens la çakti, puissance élémentaire libérée ou réactivée qui prend parfois le visage terrible de la déesse Kali.

Cette phase où la çakti va détruire l'ancienne forme humaine, se développe jusqu'à un point de rupture par lequel la çakti peut soit se disperser soit tomber sous la domination du principe opposé, dispensateur des formes et considéré comme « masculin ».

 

PONT OU NEF DE CRISTAL

Le verre ou le cristal indique en tant que matière transparente la relation avec une âme rénovée et purifiée. Le pont ou la nef comme moyens utilisés pour le passage des eaux, ne sont autres que la conscience qui va se concentrer pour orienter ses forces sur l'objectif du passage entre 2 mondes.

L'oeuvre alchimique traitait la matière brute de l'âme par les facteurs Eau et Feu pour qu'elle finisse coagulée de nouveau comme un cristal parfait.

Ce nouvel état de l'âme transformée en un cristal lumineux étant appelé l'état de Sagesse. Image du cristal car il devenait apte à refléter la lumière d'en haut.

La traversée du pont implique l'idée de parcourir l'axe qui relie entre eux les divers états de l'existence.

Représentation paradoxale du pont servant à évoquer le lien terre-ciel. Les 2 mondes que constituent la terre et le ciel ont souvent été mis en relation dans une perspective horizontale.

Fonction de bâtisseur de pont entre les 2 mondes donne son sens à sa dignité royale mais aussi à la dignité pontificale du héros solaire qui va s'identifier directement avec l'axe du monde.

 

Danse: cette sorte d'envoûtement donne parfois le sentiment passager de réaliser l'unité entre l'âme et le corps entre l'individu et la communauté entre l'intérieur et l'extérieur.

 

Légende de la ville d'Is

Dahut épargnée par la Danse macabre du Prince Rouge, équivaut à la substance purifiée qui subsiste de l'être, après que ce dernier ait été débarrassé des impuretés liées à ses états de conscience tourbles ce que le conte désigne par les membres de sa cour corrompus sous l'effet des vices de leur souveraine.

Le personnage allégorique qui remplit en l'être humain ce rôle clarificateur désigne une 3° catégorie du feu alchimique intermédiaire entre le feu extérieur impur et le Feu intérieur céleste et qui est un feu destructeur des passions.

Le danger de déraper vers la folie ou vers la destruction de la personnalité subsistait même dans les situations les plus favorables quand l'expérience de l'ouverture s'effectuait dans le cadre d'une initiation authentique.

Le prince au rôle providentiel, fils du Prince Rouge et Dahut incarne un Feu vivifiant intervenant dans la dernière phase de l'oeuvre. Il s'agirait du véritable Feu céleste. La nouvelle forme humaine évoquée sous l'image de la ville engloutie est appelée après qu'elle ait été dissoute et épurée, à émerger de la Substance Primordiale, assimilée à l'océan, en recevant la marque du Feu de l'Esprit. Ce Feu créateur régénèrera l'âme à partir du moment où elle aura atteint ce nouvel état, purifié et lumineux qui la rendra apte à supporter son embrassement.

 

L'Esprit imprimera alors à cette âme une nouvelle fixation ce qu'exprime la nouvelle cité triomphante rénovée. Le langage alchimique donnait le nom de Corps Glorieux à cette forme humaine régénérée, encore évoquée dans les textes alchimiques sous la célébre métaphore de la Pierre Philiosophale.

 

La prise de conscience par l'individu de la dimension transcendante du message qui lui est destiné doit se traduire en lui par une réelle unification intérieure. Quand l'instance rationnelle trouve une explication cohérente, fondée sur des principes révélés qu'elle n'aurait pas pu découvrir par ses seuls moyens, les diverses capacités de l'homme pourront s'unir au lieu de s'opposer entre elles.

A un stade plus avancé quand la restauration de l'harmonie s'opérera dans l'être humain dont l'existence relevait avant de la divisibilité, l'esprit et le corps, l'imagination et la logique, la raison et le sentiment marcheront dans une même direction par effet de cette renaissance à la vie spirituelle.

 

22 avril 2014

Carlos Castaneda, Notes et liens

 

(1) Interview Castaneda 1997

http://letarot.com/pages/pages/Carlos-Castaneda.html

C'est l'intention qui décide de la production d'un chaman, qu'elle soit littéraire ou de n'importe quelle autre sorte. Le travail des chamans est de s'informer eux-mêmes de façon consciencieuse à propos de tout ce qui peut se rapporter à leur centre d'intérêt.

Don Juan avait l'habitude de dire, "Celui qui arrange les idées qui surgissent d'un tel puits d'informations n'est pas le chaman, c'est l'intention. Le chaman est simplement un conduit impeccable". Pour don Juan écrire était un défi chamanistique, et pas une tâche littéraire.

le but du chamanisme de don Juan est de briser les paramètres de la perception historique et quotidienne et de percevoir l'inconnu. Il nous força à transcender l'intellect et à incorporer la notion de briser les frontières de la perception historique. 

Les chamans comme don Juan affirment que tous les êtres humains ont la capacité de voir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers.

Le point d'assemblage: la perception s'assemble à ce point; que l'énergie qui circule dans l'univers se transforme là en informations sensorielles, et que ces informations sensorielles sont ensuite interprétées, donnant comme résultat le monde de la vie de tous les jours. Les chamans affirment que l'on nous apprend à interpréter, et par conséquent on nous apprend à percevoir. La valeur pragmatique du fait de percevoir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers pour un homme du XXIe siècle ou du Ier siècle est la même. Cela lui permet d'élargir les limites de sa perception et d'utiliser cet accroissement dans son propre domaine. Don Juan disait que voir directement la merveille de l'ordre et du chaos de l'univers devait être extraordinaire.

 

La condition humaine est d'une manière générale dans un état de chaos horrifiant; personne ne s'en sort mieux qu'un autre. Il s'agit d'un autre aspect du pragmatisme chamanistique: prendre conscience que nous sommes des êtres humains qui vont mourir. lorsque nous faisons cela toute chose acquiert un ordre et une mesure transcendantaux.

 

Le critique de Castaneda,

(2) http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-castaneda-mythes-ou-realites-115667667.html

Sans verser dans l’ésotérisme, Christophe Bourseiller n’en admire pas moins la force de l’œuvre de Castaneda, « à la confluence d’une certaine mystique, d’un regard philosophique et d’une fulgurance poétique », ainsi que sa capacité à bousculer. « A la manière d’un René Char ou d’un Edmond Jabès, il n’est pas juste un grand écrivain, mais un grand penseur. La poésie ne ment pas. Les mondes symboliques aussi, sont opérants pour éclairer nos vies. »

Lâcher l’ego

« Aussi longtemps que tu te croiras important, tu ne pourras pas apprécier le monde qui t’entoure, révèle Don Juan à Carlos. Tu seras comme un cheval avec des œillères, tu ne verras que toi séparé du reste », et non la complicité malicieuse qui nous unit à l’univers, et ne peut que nous inciter à ne pas nous prendre trop au sérieux.

« L’humour est une clé importante pour comprendre Castaneda », confirme Jeremy Narby.

 

Carlos Castaneda : La vérité du mensonge, Christophe Bourseiller

 

(3) http://activerecapitulation.uniterre.com/Journal%2Bla%2Bvoie%2Bdu%2Bguerrier/

l'intentionnalité : "l'acte tacite de remplir les espaces vides laissés par la perception sensorielle directe, ou l'acte d'enrichir les phénomènes observables au moyen de l'intention."

L'intention, pour les sorciers, transcende le monde que nous connaissons. C'est quelque chose comme une vague énergétique, un faisceau d'énergie qui s'attache à nous de lui-même.


Voir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers a été le but premier des sorciers depuis le début de leur quête, les guerriers se sont efforcés de rompre les effets de notre système d'interprétation et d'être capables de percevoir l'énergie directement.

les efforts des sorciers ont été dirigés vers la suppression de la prédominance de la propre-importance, comme étant la seule condition pour suspendre les effets de notre système d'interprétation. Les sorciers ont une façon de décrire la suspension de ces effets ; ils l'appellent stopper le monde. Quand ils atteignent cet état, ils voient l'énergie directement.



 

la première prémisse de la voie du guerrier a été énoncée comme ceci : Nous Sommes des Perceveurs. Perceveurs a été utilisé à la place de percepteurs.

 

La seconde prémisse de la voie du guerrier s'énonce ainsi : NOUS SOMMES TELS QUE NOUS AVONS ETE CONÇUS. C'est une des prémisses les plus difficiles de la voie du guerrier ;

"Dans la voie du guerrier," dit-il, "rien n'est définitif. Rien n'est fixé pour toujours. Si tes parents ne t'ont pas fait comme ils auraient dû, refais-toi toi-même."

Il expliqua que la première manœuvre dans l'arsenal des guerriers consiste à devenir avare d'énergie.

Don Juan me recommanda de m'abstenir de m'engager dans des modèles de comportement qui demandaient une énergie que je n'avais pas. L'abstinence était la solution, non pas parce que c'était moralement correct ou désirable, mais parce qu'énergétiquement c'était la seule manière pour moi de stocker assez d'énergie pour être au même niveau que ceux qui ont été conçus dans des conditions de très haute excitation.

 Le modèle de comportement dont il parlait devait inclure chaque chose que je faisais

"Tout c'est tout. Une sensation, un souvenir, un souhait, une impulsion ; peut-être la peur, le désespoir, l'espoir ; peut-être la curiosité."

Les sorciers soutiennent que de l'énergie libre est transformée en données sensorielles et que ces données sensorielles sont interprétées comme le monde de la vie quotidienne.

Pour don Juan Matus, les praticiens de la sorcellerie étaient des guerriers qui luttaient pour ramener leurs qualités de perception vers une origine qui était plus englobante que la perception accomplie dans la vie quotidienne. Guerrier gardien était pour lui synonyme de sorcier.

Ce n'est pas un effet visuel, encore que chaque sorcier que je connaisse parle de cela comme de voir l'énergie. Mais je vais te confier un secret. Je n'ai jamais vu l'énergie. Je ne fais que la sentir. Mon avantage est que je n'ai jamais essayé d'expliquer ce que je ressens. Je ressens ce que je ressens, un point c'est tout."

 

La troisième prémisse de la voie du guerrier est : LA PERCEPTION DOIT ETRE INTENTIONNELLE DANS SA TOTALITE. Don Juan disait que la perception était la perception, et qu'elle était dénuée de bien ou de mal. Il présentait cette prémisse comme l'une des plus importantes composantes de la voie du guerrier,

tout ce que nous percevons doit être catalogué comme perception en soi-même, sans y imposer aucune valeur, ni positive ni négative.

carnet de navigation

"C'est un carnet de bord. C'est un enregistrement de toutes les choses que les sorciers perçoivent pendant leurs voyages dans l'infinité."

c'est l'accumulation de la connaissance de toute ma lignée, mais il est court:
"Dans l'infini, les sorciers ont trouvé peu de points essentiels. Les variantes sont infinies, mais pas importantes. L'énergie est extrêmement précise."


"Les sorciers sont aussi prêts à percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et ils sont capables de réinterpréter le flux d'énergie sans l'intervention de la pensée."


Le carnet de navigation est composé de ce que les sorciers perçoivent quand ils sont en état de silence intérieur total."

 "Voir, c'est percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et c'est certainement le début de la sorcellerie, mais ce à quoi les sorciers s'intéressent jusqu'à épuisement, c'est percevoir.

percevoir c'est interpréter le flux direct de l'énergie sans l'influence de la pensée. C'est pourquoi le livre de navigation est aussi réduit."

 

quand les deux cotés de l'homme, son corps et son corps d'énergie, sont reliés ensemble, le miracle de la liberté se produit. notre voyage de conscience interrompu recommence au moment de cette réunion."

"Une prémisse essentielle de la voie du guerrier est donc que la perception doit être intentionnelle dans sa totalité ; c'est-à-dire que la réinterprétation de l'énergie directe telle qu'elle s'écoule dans l'univers doit être faite par un homme en possession de ces deux parties essentielles : le corps et le corps d'énergie. Cette réinterprétation, pour les sorciers, est une totalité, et comme tu le comprendras un jour, on doit en avoir l'intention.

 

la première chose que l'on doit faire est de devenir conscient du souci obsessionnel de soi-même.

"Ne penser qu'à soi-même produit une étrange fatigue ; une fatigue épuisante et étouffante au maximum."

 

le seul moyen d'avoir assez d'énergie pour se détourner de ce souci - quelque chose qui ne peut pas être obtenu intellectuellement - est de pratiquer les passes magiques. Une telle pratique génère de l'énergie, et l'énergie accomplit des merveilles.

Si la réalisation des passes magiques est couplée avec ce que les sorciers appellent la récapitulation, qui est le passage en revue systématique et l'examen des expériences de notre vie, nos chances de sortir du cercle vicieux de notre auto-contemplation sont multipliées dans une proportion considérable.

 

la réalisation des passes magiques était, au mieux de sa connaissance, le seul moyen d'établir une fondation pour devenir pleinement conscient de cette force vibratoire et agglutinante ; quelque chose qui se passe quand toutes les prémisses de la voie du guerrier sont intériorisées et mises en pratique.

il maniait les prémisses de la voie du guerrier de telle manière qu'il nous devenait possible, à moi et à ses autres disciples, de les transformer en des éléments de notre vie quotidienne.

les êtres humains, pris comme conglomérats de champs d'énergie, sont tenus assemblé non pas par des enveloppes énergétiques ou des ligaments énergétiques, mais par une sorte de vibration qui en même temps rend tout vivant et met tout en place ; une certaine énergie, une certaine force vibratoire, un certain pouvoir qui agglutine ces champs d'énergie en une seule unité énergétique.

Les praticiens modernes, héritiers culturels de ces sorciers de l'antiquité, ayant découvert qu'il était impossible d'être concret et utilitariste envers cette force vibratoire, ont opté pour la seule alternative raisonnable : devenir conscient de cette force sans autre but en tête que l'élégance et le bien-être qu'apporte la connaissance.

Le premier de ces concepts, qui est la pierre angulaire des activités et croyances des sorciers, est appelé voir. Par voir, les sorciers entendent, dans leur croyance, la capacité que les êtres humains ont de percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers. Ce que prétendent les sorciers, et qui est démontré par leurs pratiques, est que l'énergie peut être perçue directement telle qu'elle s'écoule dans l'univers, en utilisant notre organisme tout entier comme véhicule pour la perception.

Les sorciers font une distinction entre le corps qui est du domaine de la connaissance de notre vie quotidienne, et l'organisme entier en tant qu'unité énergétique qui ne fait pas partie de notre système cognitif. Cette unité énergétique inclut les parties invisibles du corps, telles que les organes internes et l'énergie qui s'écoule au travers d'eux. Ils affirment que c'est avec ces parties que l'énergie peut être perçue directement.


A cause de la prédominance de la vue dans notre manière habituelle de percevoir le monde, les sorciers décrivent l'acte d'appréhender directement l'énergie comme voir. Pour les sorciers, percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers signifie que l'énergie adopte des configurations spécifiques, qui se répètent elles-mêmes régulièrement, et que cela peut être appréhendé dans les mêmes termes par n'importe qui qui voit.


 

l'intention: Ils la décrivent comme une force perpétuelle qui imprègne l'univers tout entier ; une force qui est consciente d'elle-même, et tellement consciente qu'elle en arrive à répondre aux suggestions ou à l'ordre des sorciers. C'est cet acte d'utiliser l'intention qu'ils appellent "avoir l'intention". Grâce à l'intention ils disent qu'ils sont capables de libérer non seulement toutes les possibilités humaines de perception, mais aussi toutes les possibilités humaines d'action. Ils soutiennent qu'au travers de l'intention, les plus fascinantes formulations [créations] peuvent être réalisées.


Les sorciers déclarent que la perception de telles formulations est, en elle-même et par elle-même, la clef de la libération du potentiel humain qui est retenu bloqué et ne peut jamais se manifester. De telles formulations de l'énergie, puisqu'elles se produisent, par définition, indépendamment de la volonté et de l'intervention des hommes, sont capables de donner naissance à une nouvelle subjectivité. Comme elles sont cohérentes et homogènes pour tous les êtres humains qui voient, ces formulations de l'énergie sont pour les sorciers la source d'une nouvelle intersubjectivité.

D'après les sorciers, la subjectivité de la vie quotidienne est dictée par la syntaxe de notre langage. Cela nécessite des modes d'emploi et des professeurs qui, sous prétexte de l’ apprentissage traditionnel bien admis qui semble être historiquement le produit de notre évolution, commencent à nous conduire vers la perception du monde, depuis l'instant de notre naissance.

les sorciers sont convaincus que la subjectivité résultant de la perception directe de l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers n'est pas guidée par la syntaxe. Il n'est pas nécessaire d'avoir des directives et des moniteurs pour faire ressortir ceci ou cela avec des commentaires ou des injonctions. L'intersubjectivité parmi les sorciers existe grâce à quelque chose qu'ils appellent le pouvoir, qui est la quantité totale de toute l'intention accumulée par un individu.

 

En somme, l'intentionnalité ou avoir l'intention, pour les sorciers, est l'utilisation pratique de l'intention, la force qui active tout. Pour eux, l'intention est une voie pragmatique de réalisation, et l'intentionnalité est l'explication de son utilisation.

se réalise que lorsque l'organisme humain total, avec tout son potentiel, est engagé dans un seul but global : avoir l'intention.

 

Don Juan disait que le point d'assemblage, à part faire tout cela, avait aussi une fonction secondaire très importante : c'était le lien étroit entre le corps physique et le point d'assemblage du corps d'énergie. Il décrivait cette liaison comme étant analogue à deux cercles magnétiques, chacun de la taille d'une balle de tennis, s'attirant l'un l'autre grâce à la force de l'intention.

Il disait aussi que tant que le corps physique et le corps d'énergie ne se sont pas rejoints, la connexion entre eux n'est qu'une ligne éthérique, qui est si ténue parfois qu'elle semble ne pas exister.

 

 

Les sorciers disent que le seul maître que l'on puisse éventuellement avoir est l'esprit, c'est-à-dire une force abstraite et impersonnelle qui existe dans l'univers et qui est consciente d'elle-même. Peut-être qu'on peut l'appeler par un autre nom, comme conscience, connaissance, ou force de vie. Les sorciers croient qu'elle infiltre l'univers tout entier et qu'elle peut les guider, et que tout ce dont ils ont besoin pour l'atteindre c'est le silence intérieur ; de là vient leur affirmation que le seul lien valable que nous puissions avoir, c'est celui avec cette force, et non pas avec une personne.

 

La Tenségrité est basée sur ces passes magiques, Il décrivait l'aspect "magique" des mouvements comme un changement subtil que les praticiens expérimentaient en les exécutant ; Il parlait de ce changement subtil comme de la marque d'un "contact avec l'esprit" ; comme si les praticiens, à travers les mouvements, rétablissaient un lien inutilisé avec la force de vie qui les soutenait. Il ajouta que les mouvements étaient appelés passes magiques parce qu'en les pratiquant, les sorciers étaient transportés, en terme de perception, dans d'autres états, à partir desquels ils pouvaient sentir le monde d'une manière indescriptible.

Les passes magiques accroissent la conscience, sans qu'on se soucie de la manière dont on les prend. La chose intelligente serait de les prendre pour ce qu'elles sont : des passes magiques, qui, en étant pratiquées, conduisent les praticiens à faire tomber le masque de la socialisation." répondit don Juan.

"Qu'est-ce que le masque de la socialisation ?" demandais-je.

"La façade extérieure que nous défendons tous et pour laquelle nous mourons," dit-il. "Le masque que nous acquérons dans le monde ; celui qui nous empêche d'atteindre tout notre potentiel ; celui qui nous fait croire que nous sommes immortels."

Le point de vue qui a été adopté dans ce cas est que l'effet physique des passes magiques est le résultat le plus important quand on veut établir une solide base d'énergie chez les praticiens.


L'exécution des passes magiques, comme on le montre dans la Tenségrité, requiert bien qu'on y consacre un espace ou un moment particulier, mais idéalement, les mouvements devraient être faits en solitaire, suivant l'inspiration du moment, ou lorsque la nécessité se fait sentir. Cependant, les conditions de la vie urbaine facilitent la formation de groupes, et dans ces circonstances, la seule manière dont la Tenségrité peut être enseignée est à des groupes de praticiens.

A mesure que nous gagnons en discipline et que notre intention s'éclaircit, les effets des passes magiques peuvent être sélectionnés par chacun de nous personnellement et individuellement, dans des buts qui nous demeurent spécifiques.

La saturation qui aura été entretenue et accumulée donnera à la fin les résultats que les shamans de l’ancien Mexique recherchaient tant : entrer dans un état de silence intérieur, et décider, à partir du silence intérieur, quelle sera la prochaine étape.

l'état idéal de n'importe quel praticien de la Tenségrité par rapport à ses mouvements, est le même que l'état idéal d'un praticien de sorcellerie par rapport à l'exécution des passes magiques. Les deux sont guidés par les mouvements eux-mêmes vers un point culminant et sans précédent : le silence intérieur.

Depuis le silence intérieur, les praticiens de la Tenségrité seront capables d'exécuter, par eux-mêmes et pour tout effet qu'ils jugeraient valable, et sans aucune ressource externe, n'importe quel mouvement parmi la masse de ceux avec lesquels ils ont été saturés ; ils seront capables de les exécuter avec précision et rapidité, pendant qu'ils marchent, mangent, se reposent ou font quelque chose.

 

(4)http://ambre.bleu.free.fr/lectures/nagual.htm

Commençant par les enseignements de Don Juan, il définit les prémisses du chemin du " guerrier ", c’est à dire de celui qui possède un comportement impeccable, du contrôle, de la discipline et de l’endurance.

.......... Une fois incorporés, ces principes emmènent les praticiens vers d’autres techniques plus complexes dont l’objectif est de percevoir le monde d’une autre façon.

 

.......... Une fois ce voyage accompli, l’étudiant est en passe de se mouvoir dans l’environnement de ses rêves selon sa conscience et sa volonté, tout comme il le fait dans sa vie journalière.

.......... A cette technique sont ajoutés ce que Don Juan dénomma comme " l’art de la traque " ou l’art de jouer avec ses comportements, et l’exercice quotidien de la " récapitulation ", qui consiste à examiner les événements de notre histoire personnelle pour en trouver son intrigue cachée.

 

 

(5) Carlos Castaneda Le feu du dedans Gallimard 1985

La suffisance est notre plus grand ennemi.

Notre suffisance nous contraint à passer la plus grande partie de notre vie à être offensé par nos semblables (actes, paroles, méfaits...) C'est ce qui nous affaiblit le plus.

Freiner la suffisance c'est comprendre que la réalité est une interprétation que nous élaborons nous-mêmes/ Donc NE PAS SE PRENDRE AU SÉRIEUX!

Les petits tyrans ont le pouvoir de persécuter, faire souffrir. Grâce à tout cela tu apprends le détachement, cela t'aide à te débarrasser de l'orgueil et à prendre conscience du fait que l'impeccabilité est la seule chose qui compte sur le chemin de la connaissance. L'Impeccabilité n'est rien d'autre que le bon usage de l'énergie.

 

Face aux petits tyrans, les guerriers sont débarrassés de la suffisance et ont une stratégie bien conçue (ils observent le comportement du tyran au lieu de seulement le subir, ils comprennent son fonctionnement). Garder le moral quand vous êtes bafoués, c'est garder le contrôle.

 

C'estle dialogue intérieur qui maintient le point d'assemblage fixé à sa position d'origine (qui correspond à la vision ordinaire du monde). Lorsque le point d'assemblage se déplace, l'humain voit autre chose. (comme voyant). Si le déplacement est minime, il s'agit de fantaisies de l'esprit. S'il est important, il s'agit d'hallucinations.

 

la force intérieure signifie un sens de l'équanimité, presque d'indifférence, un sentiment de bien-être, mais surtout un penchant pour l'étude, pour la compréhension. C'est la Modération.

Pour les nouveaux voyants, une vie impeccable mène à la modération qui à son tour amène le déplacement du point d'assemblage.

 

La position de notre point d'assemblage dicte notre manière de nous comporter et la nature de nos sentiments. Pour le déplacer il faut instaurer de nouvelles habitudes, vouloir qu'il se déplace. Ce qui le déplace c'est l'intention. C'est la maîtrise de la conscience qui donne au point d'assemblage l'impulsion nécessaire.

« Voir » désigne le déplacement du point d'assemblage.

L'alignement est la force liée à tout ce qui existe.

Notre ennemi tout comme notre ami est notre dialogue intérieur, notre inventaire.

Fais taire ton dialogue intérieur, fais un voyage de reconquête, dresse ton inventaire et jette-le.

Les nouveaux voyants dressent des inventaires précis puis s'en gaussent. Débarrassé de l'inventaire, le point d'assemblage se libère.

 

Notre idée de Dieu est ce qui le fixe le plus dans sa position d'origine. Pour s'en libérer il faut voir seul le moule de l'homme.

 

Les nouveaux voyants menacés par l'impatience, le désespoir, la colère ou la tristesse recommandent de rouler des yeux. Le mouvement des yeux déplace le point d'assemblage, cela soulage. Cela se fait à la place de la vraie maîtrise de l'intention.

 

Expérience mystique = acte de « voir » fortuit, mouvement du point d'assemblage du au hasard. Face au moule de l'homme on suppose aussitôt qu'il s'agit de Dieu!

Vision d'extase et de plénitude, le moule est une escale de paix et sérénité, mais il n'est qu'une étape. Ce n'est qu'une image de l'homme (dc peut être une femme pour la femme!). Ce moule peut aussi être vu sous forme d'une lumière resplendissante.

QUEL SOULAGEMENT D'ETRE DANS LE MONDE ORDINAIRE (plutôt que voyager dans l'inconnu!)

Dans un déplacement extrême du point d'assemblage tu n'as plus de doute car tu sais tout. Dans une autre (conscience normale) tu n'en as pas non plus car tu ne sais rien.

La TÂCHE qui incombe après avoir connu différentes expériences de déplacement donc états de conscience, c'est de les intégrer en un tout cohérent. Il faut choisir non un autre monde (dangereux!, illusoire), mais la conscience accrue, vers la conscience totale.

 

Pour aider vraiment les gens, il ne faut pas le vouloir (faire ce qui doit être fait), il ne faut pas s'y attacher, car l'attachement entraîne l'attente de reconnaissance...

 

 

(6) Le voyage définitif, Carlos Castaneda, 2000

La récapitulation des événements de la vie crée de l'espace intérieur pour autre chose que les problèmes de la vie courante. La récapitulation économise l'énergie, permet de conserver mieux la force vitale.

Faire la liste de tous les gens rencontrés en remontant du présent jusqu'au début de la vie.

Y associer la respiration : inspirer lentement en tournant la tête de droite à gauche, puis expirer de même.

La récapitulation a le pouvoir de remuer le fond de notre mémoire et de faire remonter à la surface tous les rebuts de notre vie.

Tous les organismes vivants ont un système interprétatif qui leur permet de fonctionner dans leur environnement.

L'Ouvreur: événement qui ébranle nos fondations en nous faisant revivre ce qui s'est produit (et non pas seulement en nous le faisant remémorer). La marche favorise l'apparition des souvenirs (les péripéties de notre vie seraient inscrites dans notre corps sous forme de sensations en particulier dans les jambes).

La complexité du choix n'est pas de choisir, mais d'accepter élégamment les sollicitations de l'infini.

Fantôme ou apparition: Configurations génératrices d'énergie ou simples créations fantasmagoriques d'une conscience puissante.

 

La seule alternative qui reste à l'humanité c'est la discipline. Faculté permettant d'affronter sereinement les difficultés imprévues.

Le silence intérieur peut constituer une barrière énergétique. Quand cette barrière t'entoure, la force de ton intention peut chasser des moustiques envahissants!

C'est important d'intégrer tout ce qui a été « vu » et fait en s'élevant vers de nouveaux niveaux de conscience. Le problème est que l'homme régresse pour un oui ou un non et retombe à son point de départ en ayant tout oublié.

 

 

(7) Carlos Castaneda Le second anneau de pouvoir

« Traquer » ses faiblesses, ses habitudes:

Le « faire » a besoin d'un ensemble d'éléments pour fonctionner. Si certains éléments manquent, le « faire » est en panne.

Par ex pour le fait de manger en excès:

  • il faut casser sa fixation (se mettre au défi)

  • utiliser une petite éponge dans la bouche (elle disait qu'elle avait mal aux dents)

  • Manger comme un guerrier: en silence, lentement, très peu à la fois (4 bouchées puis arrêter, reprendre 4 bouchées plus tard...)

Un GUERRIER MARCHE BEAUCOUP

 

Ne rien prescrire à faire ou ne pas faire: les humains aiment qu'on leur dise quoi faire mais ils aiment encore plus lutter pour ne pas faire ce qu'on leur a dit; ils se retournent contre celui qui au départ les a conseillés.

 

Traquer ses faiblesses ne suffit pas, ce dont un guerrier a besoin c'est d'un dessein.

Véritable clé de l'évolution de conscience, seul moyen de chasser notre désespoir d'être un homme, d'être tel que nous sommes, faible et limité par le temps, c'est la prise de conscience de notre mort.

C'est la seule chose capable de nous donner la force de résister à la contrainte, à la souffrance de nos vies et à nos craintes face à l'inconnu.

 

La « forme humaine »

Chacun a sa forme dans laquelle il joue sa vie, et en général il se complaît dans sa façon d'être (l'un joue au sage qui sait tout, l'autre au timide...)

La forme humaine se repaît des sentiments humains de tristesse, d'apitoiement sur soi-même.

 

Le coeur de notre être est l'acte de percevoir, la magie de notre être est l'acte de prendre conscience.

 

1° anneau de pouvoir: attention du tonal, nous concerne tous, percevoir et situer la conscience dans le monde ordinaire: formidable capacité de mettre de l'ordre dans notre perception du quotidien.

2° anneau de pouvoir: attention du nagual, pour le sorcier c'est la conscience placée dans le monde non ordinaire (mettre de l'ordre dans e monde non ordinaire). Par l'attention à ce domaine nous découvrons une capacité prodigieuse.

L'attention seconde ordinaire est fixée sur le côté terrifiant du monde; celle des guerriers est sur la beauté du monde. Il faut changer de côté et rejoindre les guerriers.

Les guerriers parviennent à l'attention seconde uniquement après avoir « nettoyé » ce qui encombre l'attention première: Vie impeccable.

 

Contempler est le moyen de piéger l'attention 2de

Ex Feuille: 1 différente chaque jour: quand l'élève se rend compte de l'unicité de chaque feuille c'est contempler.

Petits tas de feuilles sèches, les déplacer en spirale de la main gauche et « rêver » les dessins que font les feuilles.

Le rêveur maîtrise la contemplation quand il rêve d'abord les dessins des feuilles et retrouvent ces mêmes dessins dans son tas le lendemain! (perso : synchronicité)

Avec la contemplation les pensées se taisent, sans pensée l'attention 2de s'accroche aux feuilles et les feuilles deviennent « autre chose ». Mais il faut être prudent,... Pour l'homme ordinaire l'attention 2de peut nous confronter à une sorte de malade mental en nous-même. C'est pour éviter cette irruption incontrôlée que notre éternel dialogue intérieur s'apparente à un bouclier protecteur!

 

Les rêveurs doivent contempler pour pouvoir rêver et ensuite ils doivent chercher leurs rêves dans leur contemplation.

Contemplation de pluie, d'étoile, de nuage, d'arbre, d'ombres, de rocher, de lointains...

 

Pour contempler encore plus:

s'installer le dos bien droit et calé dans la nature (arbre, rocher...) assis confortablement. Yeux mi-clos balayer lentement l'objet contemplé en sens inverse des aiguilles d'une montre sans remuer la tête.

 

La chose la plus dure au monde pour un guerrier c'est de laisser les autres tranquilles. Considérer qu'ils sont capables de mener leur vie.

L'impeccabilité du guerrier c'est de laisser vivre les autres et de les accepter tels qu'ils sont. Et s'ils ne sont pas impeccables, votre devoir est de l'être vous-même et de ne pas dire un mot.

 

Seul un sorcier qui voit et qui est sans forme (comme personna) peut se permettre d'aider quelqu'un.

 

 

(8) Carlos Castaneda Le don de l'Aigle

Détachement du guerrier: capacité de se plonger dans l'instant et de n'avoir aucune pensée pour tout le reste.

« Pas d'indifférence ni de négligence face à l'action ni désir de rester seul, mais une paix étrange devenue la force souveraine de ma vie. »

 

Le silence intérieur donne naissance à l'intention (vouloir) d'orienter l'attention 2de, de la commander.

L'attention 2de survient à la suite d'un instant du silence le plus absolu, de pure terreur ou de tristesse profonde.

 

La tierce attention survient au moment de l'ouverture du cocon (de l'homme). Le corps est embrasé de connaissance dans sa totalité. La clé de voûte de ce niveau de conscience est de concevoir qu'il puisse exister un tel niveau de conscience.

 

Dans la conscience gauche (conscience 2de), ce qu'on perçoit du monde est une énigme, un mystère qu'on ne peut qu'accepter dans l'humilité et le respect.

 

La récapitulation peut changer le plus le guerrier:

Faire la liste des événements à revivre

Limiter son corps (caisse),

Respirer: poser le menton sur l'épaule droite et inspirer lentement en tournant la tête jusqu'à l'épaule gauche.

A la fin de l'inspiration, la tête revient au milieu. L'expiration se fait en regardant devant soi.

Prendre l'événement en tête de sa liste et rester avec lui jusqu'à récapitulation de tous les sentiments qui lui sont liés.

La respiration permet de reconstituer l'énergie.

Les émotions (donc toutes les situations ou les sentiments entrent en jeu (ex. relations humaines)) entraînent la projection de de filaments lumineux (hors du cocon de l'homme), ce qui épuise le corps lumineux. Mais en se rappelant un sentiment et en respirant de droite à gauche on rattrape les filaments.

La respiration suivante se fait de gauche à droite, par l'expiration on expulse les filaments (d'énergie) laissés en lui par les autres corps lumineux impliqués dans l'événement dont il se souvient.

Ces filaments étrangers sont à la base de la capacité illimitée de s'enfermer dans sa propre importance.

La récapitulation détaillée est un rire du fond du coeur qui surgit au spectacle de la répétition lassante de note prétention – noyau de toutes nos relations humaines.

Le programme du guerrier est de parvenir à un équilibre très subtil de forces – et +. Il ne doit pas tout maîtriser mais il doit tenter de faire face à toute situation de façon impeccable (en accomplissement de sa mission sacrée).

 

La conscience du côté droit permet la capacité à juger par avance des sentiments à venir.

 

(9) Carlos Castaneda Voir

Voir les hommes comme des fibres de lumière, comme un oeuf de fibres vivantes. Oeuf de « lumière ».

Seul un toqué entreprendrait volontairement la tâche de devenir un homme de connaissance. C'est par la ruse qu'on y engage l'homme équilibré.

Ceux qui veulent entreprendre une telle tâche ne comptent pas... En général, ils sont fêlés...

Avant de prendre une décision pense et inquiète-toi, une fois prise, libère-toi des pensées et des inquiétudes.

Si les choses sont confuses, le guerrier pense à sa mort. L'idée de la mort est la seule chose qui apaise notre esprit.

Un homme de connaissance vit en agissant et non en pensant à agir. Il choisit un « chemin qui a du coeur » et le suit. Il sait parce qu'il « voit » que rien n'est plus important qu'autre chose.

Quand l'action est accomplie il se retire en paix que son résultat soit bon

ou mauvais, réussi ou non, ne le concerne en aucune façon. Il peut même décider de ne rien faire, d'être impassible et de se conduire comme si c'était très important pour lui.

 

Une fois qu'un homme a appris à « voir », il n'a plus besoin de vivre comme un guerrier ni d'être un sorcier. Cela transforme un homme en tout en ne devenant rien.

Un homme qui « voit » ne s'intéresse plus activement à ses semblables. Voir l'a détaché de tout, tout ce qu'il connaissait avant;

La vie d'un guerrier est un exercice continuel de stratégie, il n'a que faire du sens des choses (il sait que tout ce qui l'entoure, tout être est un mystère insondable). Jusqu'à la fin il se bat, il agit.

Un guerrier choisit les éléments qui constituent son monde, chacun de ces éléments constitue un bouclier protecteur contre les attaques des forces qu'il désire utiliser.

L'homme moyen a aussi ses boucliers, toutes les choses auxquelles ils s'affairent.

1° le guerrier est toujours prêt à la rencontre donc il se prépare, il a choisi des choses dont il peut faire usage pour éloigner ses pensées de frayeur, donc refermer sa trouée (du cocon) et devenir solide.

2° le guerrier dans sa vie quotidienne choisit de suivre le chemin-qui-a-du-coeur. Il sait que'un chemin a du coeur quand il ne fait qu'un avec ce chemin, qu'il éprouve une paix et un plaisir immense à le parcourir. Les choses qu'il sélectionne sont des éléments de ce chemin et font ses boucliers.

 

Notre bavardage intérieur maintient le monde autour de nous, nous l'entretenons tel que nous le percevons avec notre bavardage intérieur. Et nous choisissons nos chemeins comme nous nous parlons à nous-mêmes. Nous répétons les mêmes choix car nous continuons toujours le même bavardage intérieur jusqu'au jour où nous mourons.

Un guerrier en est conscient et il s'efforce de mettre fin à son bavardage intérieur.

1° chose à faire: utiliser les oreilles au lieu des yeux (qui sont l'organe dominant dans notre culture occidentale). Un guerrier écoute les sons du monde.

Les choses que nous faisons nous procurent le confort et nous donnent un sentiment de sécurité, mais ce ne sont que des boucliers contre les forces environnantes; or si nous ne le savons pas nous laissons ces choses dominer, écraser notre vie.

En fait pour l'homme ce que font les gens est plus important que le monde lui-même.

Pour le guerrier le monde est un mystère absolu, pour lui le monde est plus important que ce que font les gens. Il traite les choses de manière appropriée et le monde comme un mystère infini et ce que font les gens comme une folie...

L'homme peut épuiser l'intérêt des choses que font les gens, il ne peut épuiser le mystère du monde. Mais au sein de sa stupide confusion il croit que le monde n'a plus de mystère. C'est un sacré prix à payer pour avoir nos boucliers!

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