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26 novembre 2013

Kerridwen, grande déesse mère, Taliésin, Gwion

Retrouvé* sur http://antique.mrugala.net/Celte/Kerridwen.htm

UNE TRÈS VIEILLE RACINE POUR UNE ANTIQUE DÉESSE

« Venue du fond des âges, la Terre-Mère n'avait pas de nom car tous les hommes la vénéraient comme la seule divinité, à l'origine de toute chose. Mais avec le réchauffement post-glaciaire, tout se complique et même la déesse primordiale tend à prendre des visages nouveaux. Peu à peu, ses aspects différents génèrent des noms distincts. » (Myriam Philibert, Les Mythes Préceltiques, éditions du Rocher).

Nombreux noms, car nombreux mythes. Correspondant aux nombreux peuples qui se succèdent et qui, à chaque fois, tentent de s'approprier le fond culturel et cultuel ambiant tout en l'enrichissant (ou le pervertissant) de leurs apports personnels.
Pourtant, dans cette liste que nous sommes loin de connaître dans son intégralité, la linguistique a permis de faire des recoupements. Des racines primordiales émergent, certaines propres aux langues indo-européennes, d'autres plus anciennes encore.
Pour Kerridwen, puisque tel est le nom qui nous intéresse, la racine KR est flagrante. Cette racine a un rapport avec la Pierre, la Terre, la Porte. Lorsqu'on ajoute un N final, pour obtenir KRN, on introduit une idée d'élévation. Or les travaux de Myriam Philibert tendent à prouver que ces deux racines, KR et KRN, seraient antérieures aux Indo-Européens et représenteraient le couple primordial, la Terre-Mère et son époux, principe mâle indispensable à la procréation, dont les plus anciennes représentations sont le dieu couronné de cornes de taureau ou de bois de cerf, en un mot le Dieu Cornu.
Ce Dieu Cornu, seigneur des bêtes et des troupeaux, est aussi le Ciel-Père, puisque le taureau comme le cerf se partagent la symbolique solaire de l'homme antique, même si le taureau est davantage lié à des notions d'immortalité par la fécondité, étant plus féminin et lunaire, tandis que le cerf, dont les bois meurent et renaissent, symbolise le renouvellement cyclique et s'approprie le double royaume, le monde lumineux des vivants et l'enfer ténébreux des défunts en attente de germination, tel le grain enfoui sous terre et rêvant au printemps. A noter cependant que les mythes les plus anciens faisaient du soleil une divinité féminine, ce qui a perduré chez les Germains ou encore chez les Celtes (voir notamment Yseult, la femme-soleil auprès de laquelle vient se régénérer, chaque mois, Tristan l'homme-lune).
Pour en revenir aux racines linguistiques, KRN a donné, notamment en grec ancien : bâton, couronne, corneille, foudroyé (frappé par la foudre)… et, au niveau des noms propres, les dieux Carnos (dieu des troupeaux), Cronos (également couronné de cornes et qui, armé de sa faucille courbe, émascule son père Ouranos, le Ciel), Karna (mythologie indienne, dieu-héros fils du soleil), Saint Cornely et ses boeufs (inventé pour expliquer le nom et l'existence des alignements de Carnac), et surtout Cernunnos (ou Kernunnos), dieu celte, roi de l'année et amant de la Déesse.
Or, dans la mythologie celte, la Déesse-Mère est surtout Dana (ou Danu, Dôn ou Anna), nom qui se rattache à la lettre N qui, isolée du groupe KR, évoque l'Eau primordiale, source de toute vie. Anna-Dana (voir aussi Danaé chez les Grecs et Nana au Moyen-Orient), dont vient le mot « année », est devenue grand-mère de Jésus dans la mythologie chrétienne. Tout semble concorder pour en faire le nom le plus ancien de la Déesse-Mère. Tout… sauf la linguistique, qui révèle que cette racine N est sans doute celle des noms les plus récents.
Avec la racine KR, on ne manque pas de trouver, toujours chez les Grecs anciens, des déesses primordiales très archaïques : Kèr, qui préside à la mort ; Koré reine des Enfers et fille doublet de Déméter la déesse des moissons. A noter que, parmi les langues indo-européennes, on distingue deux branches : l'orientale (sanskrit, iranien, arménien, grec et albanais) et l'occidentale (baltique, slave, germain, celtique et italique). Or les Latins, de langue italique, connaissent une déesse Cérès (prononcer Kéres) qui est l'équivalent de Déméter mais dont le nom recouvrait à l'origine une très vieille puissance de la végétation, ainsi qu'une Cardéa dont la légende rappelle Anis, la déesse celte aux lèvres bleues qui s'introduit dans les maisons pour sucer le sang des petits enfants, aspect sombre de la Déesse-Mère qui règne sur la Vie et la Mort et qui, comme la Nature qu'elle représente, peut se montrer extrêmement cruelle.
Quelques mots communs bâtis sur la racine KR en langue grecque : tête, corne, casque, coeur, corbeau, jeune fille, jeune homme, tondre, atteindre, joie, main, pierre, choeur. En italique : céréale, charnière…

Alors, quels noms fondés sur la racine KR la langue celtique propose-t-elle pour la Déesse-Mère ? Un seul. Il s'agit de Kerridwen, dont seul le mythe gallois concernant la naissance du barde sacré Taliésin a conservé la trace.

ÉTYMOLOGIES ET MYTHOLOGIES

Pour les déesses-mères dont le nom est bâti sur la racine KR, l'animal emblématique traditionnel est la truie blanche. A Rome, on sacrifiait du porc à Carnéa. En Grèce, la victime de prédilection de Déméter-Cérès est la truie. On trouve également chez Pausanias référence à une déesse-truie Cerdo, épouse de Phoronée, frère de Io et Argus Panoptès, héros inventeur du feu auquel les Argiens rendaient un culte.
Pour les Celtes, la truie blanche est l'animal symbolisant la déesse de la Mort, c'est-à-dire l'un des aspects de leur Triple Déesse, laquelle est la façon dont leur mythologie a intégré les différents visages de la Déesse des Origines (jeune vierge-mère, guerrière farouche et initiatrice, femme âgée sage et mystérieuse). Et, justement, quel animal rattache-t-on à Kerridwen ?
La truie blanche.

Citons ici Robert Graves, Les Mythes Celtes : la Déesse Blanche, éditions du Rocher :
« Or, dans le Roman de Taliésin, Caridwen, ou Cerridwen [Kerridwen], l'ennemie de Gwion, était aussi une déesse blanche de la truie selon le Dr Mac Culloch qui, dans sa Religion des Anciens Celtes, bien documentée, invoquele témoignage de Geoffroy de Monmouth et du celtologue français Thomas et rappelle qu'elle était également décrite par les bardes gallois comme une déesse du grain. Il l'assimile à la Déméter à la truie […]. Son nom est composé des mots cerdd et wen. Wen signifie « blanche » et cerdd, en irlandais et en gallois, signifie « profit » aussi bien que « les arts inspirés » et spécialement « la poésie », comme les mots grecs cerdos et cerdeia, dont dérive le latin cerdo, « artisan ». En grec, on appelait cedro la belette, déguisement favori des sorcières de Thessalie, et on le traduisait habituellement par « l'artificieuse » ; d'autre part « cerdo », un vieux mot d'origine incertaine, signifie « porc » en espagnol. […] La fameuse sardane, danse des moissons des Pyrénées espagnoles, fut peut-être exécutée d'abord en l'honneur de cette déesse [Cerdo] qui avait donné son nom à la meilleure terre à blé de la région, la vallée de Cerdana dominée par la ville de Puigcerda ou colline de Cerdo. […] Cerridwen est nettement la truie blanche, la déesse de l'orge, la Dame Blanche de la mort et de l'inspiration ; elle est, en fait, Albina, ou Alphito, cette déesse de l'orge qui donna son nom à la Grande-Bretagne [Albion]. »
A noter que les habitants de la vallée de Cerdana (Cerdagne en français) sont appelés les Cerdans et les Cerdanes et que, à ce prénom, l'Encyclopédie des Prénoms d'Elaine Chastenier, éditions de Vecchi, a écrit : « Cerdane, Serdane, Cerdana, Serdana : ce prénom d'origine occitane tire son origine de la Cerdagne. Il fut très à la mode au Moyen Age dans le Midi. Il fait peut-être allusion à une personne originaire de Sardaigne ou au sarde, groupe de parlers romans italianisés. Il peut se fêter le 1er novembre »
Rattacher la vallée de Cerdagne à l'île de Sardaigne paraît logique en terme d'étymologie. Mais, à mon sens, c'est uniquement parce que la Sardaigne tire elle aussi son nom d'une déesse-mère à racine KR, que l'on vénérait aux temps anciens en lui élevant des nuraghes (constructions cyclopéennes en pierres sèches pratiquement sans ouverture et qui peuvent rappeler les tumulus-utérus d'Europe occidentale).
Un autre lieu qui tire son nom d'une déesse à racine KR est le Kerry, la région la plus fertile d'Irlande, et la déesse patronymique est bien, en l'occurrence, Kerridwen. Le prénom Kerry est très en vogue dans les pays anglo-saxons et si les dictionnaires de prénoms anglophones lui donnent comme signification « originaire du Kerry, comté le plus fertile d'rlande », ils oublient de préciser que l'étymologie doit remonter jusqu'à la déesse…

La langue brittonique peut permettre une autre traduction de Kerridwen. En décomposant le nom : Ker-Rig-Wen.

Ker, c'est la ville en breton moderne, mais seules les villes qui furent autrefois des forteresses militaires voient leur nom composé avec Ker, les autres villes étant nommées à partir du mot Plou ou Pleu, qui évoque la paroisse.
Pour en revenir à Kerridwen, je propose donc de traduire Ker par Forteresse. Ensuite vient Rig, le Roi ou la Reine. Kerrigwen fut peut-être l'orthographe originelle du nom de la déesse. Rig, Rix, Rex, Roy, Roi… A toutes ces variations sur la racine indo-européenne, on peut peut-être ajouter Rid. Pour finir, Wen est la couleur blanche, pour cela la plupart des traductions concordent. On obtient donc « la Reine Blanche de la Forteresse », qui recouvre la notion, avec la couleur blanche, de Forteresse de l'Autre Monde.
Cette traduction de mon cru est parfaitement compatible avec la mythologie connue concernant la Déesse-Mère Kerridwen.
Reste à signaler, pour Kerridwen, une étymologie tardive et, selon moi, très imprégnée de cette tendance du christianisme à diaboliser les anciennes divinités : le professeur Pierre-Yves Lambert, dans les notes sur sa traduction du Mabinogion gallois, cite un certain Ifor Williams. Pour ce dernier, la forme ancienne de Kerridwenserait Cyrridfen, de ben « femme » et d'un dérivé de cwrr « tordu, bossu »Kerridwen serait donc la femme bossue, la fée Carabosse penchée sur son chaudron maléfique. Carabosse, dernier avatar d'une Déesse-Mère que les peuples modernes ne comprenaient plus et dont ils n'avaient conservé que l'aspect le plus obscur, oubliant qu'elle est aussi la Vie et la Renaissance, la détentrice des mystères de l'autre monde, du chaudron de connaissance et d'inspiration poétique, celle qui dispense aux hommes l'abondance, qui préside à la poésie, la science, l'art, la forge, la médecine et la divination…

KERRIDWEN ET TALIESIN : VERSIONS OFFICIELLES

Selon le manuscrit Hanes Taliesin, la sorcière Kerridwen, l'un des aspects de la Déesse-Mère, habitait une île sise au coeur du lac Bala ou Tegid avec son époux Tegid Voël (réputé chauve), dans lequel transparaît le vieux dieu pré-celtique Kernunnos.
La légende leur prête trois enfants (mais il existe plusieurs versions qui font des deux garçons un seul et unique personnage). D'abord, une fille de toute beauté : Creirwy ou Creirfyw, « le joyau ». Puis un fils très laid : Morvran « le corbeau de mer », personnage qui appartient aussi à la saga primitive d'Arthur dont il est l'un des chevaliers (cycle Kulhwch et Olwen). Les Triades Galloises disent que Morvran est d'ailleurs l'un des trois uniques survivants de la bataille de Camlan.
Troisième enfant : un autre garçon, plus horrible encore que Morvran. Il est nommé Affang Du « le castor noir » ou le « monstre noir ». On retrouve dans son nom l'Addanc, monstre du lac ou de la grotte, qui figure dans des textes parallèles, comme l'histoire de Peredur (le Perceval gallois). Certains textes disent d'Affang Du qu'il est aussi bête et méchant que laid, ce qui justifierait sa réputation de monstre.
Notons ici qu'il existe une version rattachant la légende de Kerridwen à un mythe archaïque : la déesse-mère Kerridwen a deux enfants qui sont jumeaux : une fille magnifique et un garçon monstrueux de laideur. Il s'agit de la Lune et du Soleil, mais la version ne précise pas qui est mâle et qui est femelle et les deux hypothèses possibles sont aussi valables l'une que l'autre.
La légende officielle veut que Kerridwen, souhaitant réparer ce qu'elle estime une injustice, décide de préparer pour Affang Du une potion magique qui devra lui donner la connaissance et l'inspiration, c'est-à-dire la beauté de l'esprit à défaut de celle du corps.
Elle rassemble les herbes appropriées, les jette dans son chaudron saison après saison. Ce chaudron devait bouillir sans interruption durant un an et un jour (soit un cycle complet). Durant ses phases de cueillette, Kerridwen confie la surveillance du chaudron à deux personnages mystérieux : l'aveugle Morda et l'enfant Gwyon Bach.
Ici encore, les versions divergent. Tantôt, Morda tient la cuiller pour remuer la mixture tandis que Gwyon entretien le feu, tantôt c'est l'inverse. Tantôt, Gwyon n'est pas un enfant mais un nain. Tantôt, Morda n'existe pas et Gwyon est seul devant le chaudron…
Or, quelques jours avant la fin du délai de un an et un jour, trois gouttes jaillissent sur le doigt de Gwyon. Pour apaiser la cuisante douleur, il porte ce doigt à sa bouche et, soudain, est investi de toute la magie du chaudron : connaissance et inspiration. (Il existe une version disant que Gwyon plonge délibérément le doigt dans le liquide, une autre affirmant qu' Affang Du était en place, prêt à recevoir les gouttes, et que Gwyon l'aurait poussé pour prendre sa place et lui dérober les pouvoirs du chaudron).
Un détail : hormis les trois gouttes, le chaudron ne contient que du poison.
Et dès que ces trois gouttes sont bues, l'action du poison fait exploser le chaudron. Le nombre de morceaux va de « deux » à « une infinité ».
A présent, Gwyon est clairvoyant. Il découvre que Kerridwen, furieuse de la perte de son travail et du tort fait à Affang Du, va le poursuivre de sa rancune. (Une autre version dit que Kerridwen avait décidé de tuer Gwyon sitôt son oeuvre achevée et que telle est la raison de la fuite de l'enfant). Donc, Gwyon décampe au plus vite. Kerridwen, qui rentre de cueillette, constate les dégâts. Furieuse, elle bât Morda comme plâtre (dans les versions où elle l'a sous la main) jusqu'à ce que les yeux de l'aveugle lui tombent sur les joues. Morda déclare alors « Tu m'as défiguré sans raison car je suis innocent » et Kerridwen lui répond « Tu dis vrai ; c'est Gwyon Bach le coupable ». Sur ce, elle se lance à sa poursuite.

La légende décrit alors une succession de quatre couples de métamorphoses, chaque couple évoquant une saison. Il devint lièvre, elle se changea en lévrier. Il se fit poisson, elle prit la forme d'une loutre. Il devint oiseau, elle fut un faucon (ou un épervier). Il se changea en grain de blé caché dans un tas de grains de blé ordinaires. Alors, elle prit l'apparence d'une poule noire à queue courte et picora tout le grain, avalant Gwyon du même coup. Ce grain-Gwyon la féconda. Neuf mois plus tard,Kerridwen mit au monde un enfant. Parce qu'il était sans père, elle aurait dû le tuer, mais il était si beau qu'elle ne put s'y résoudre et se contenta de l'abandonner aux eaux de l'océan, couché dans un coracle (ou cousu dans un sac de peau).

Les courants déposèrent le tout dans les filets du roi Elphin, qui pêcha l'enfant, s'émerveilla de sa beauté, le baptisa Taliésin (Front Brillant) et l'éleva à sa cour. Taliésin devint l'un des bardes sacrés du Pays de Galles. Sa science était telle qu'il sauva Elphin de bien des embarras, et ce dès son plus jeune âge. Il écrivit des poèmes énigmatiques dont le célèbre Cad Goddeu (Le Combat des Arbres). Il célébra aussi le roi Uryen, époux de Morgane et père d'Owein le chevalier au Lion. Mais ceci est une autre histoire et relève de la Geste Arthurienne.

RÉHABILITATION DE KERRIDWEN : LE RETOUR AUX SOURCES

Qui est Gwyon ? Un enfant ou un nain, créature des mondes souterrains ?

Déroba-t-il sciemment les trois gouttes magiques destinées à Affang Du, ou le hasard est-il seul responsable ?

On peut rapprocher le gallois Gwyon Bach / Taliesin du héros irlandais Demné/ Finn, qui acquit ses pouvoirs après avoir léché son pouce, brûlé par le jus du saumon de la connaissance. Sans doute sont-ils deux exemples d'évolution, terre brittonique / terre gaëlique, du même mythe originel. Or tout le cycle Ossianique, célébrant les exploits de Finn, est placé sous le signe du cerf, symbole du dieu Kernunnos. Finn est l'un des avatars du dieu.
Lien de transitivité, Gwyon est Kernunnos, le premier époux de la Déesse-Mère ainsi que l'atteste son nom, fondé sur l'archaïque racine KRN.
Qu'en est-il, à présent, de la fureur de Kerridwen envers Gwyon ? Elle m'apparaît suspecte car elle se manifeste non par une oeuvre de destruction mais par le don d'une vie nouvelle, l'état supérieur du barde sacré Taliesin, qui n'aura de cesse de chanter la Déesse-Mère, suivant bien en cela la Voie du Dieu Cornu.
D'ailleurs, comment imaginer que la Déesse-Mère, omnipotente et omnisciente, ait pu se laisser abuser par les manoeuvres de Gwyon, ou qu'elle n'ait pas prévu, si l'on retient la version du hasard, ce qu'il adviendrait des trois gouttes fusant de son chaudron où mijotaient science et inspiration? N'a-t-elle pas, de plus, confié le chaudron à la surveillance de Morda, aveugle et donc clairvoyant ? Je suis persuadée que Gwyon était bien l'élu,l'amant de toute éternité, le dieu qui jamais n'a trahi et s'est toujours soumis au jeu de la déesse en sachant que mourir en son sein équivaut à renaître.
Référons-nous à présent à Jean Markale. Son analyse du mythe de Kerridwen dans La Femme Celte, Petite Bibliothèque Payot, est intéressante.
« Lorsque Gwyon Bach […] boit par mégarde les trois gouttes interdites, il a la vision parfaite de la divinité représentée par Keridwen. Mais ce faisant il a transgressé un tabou fondamental. Il est donc puni par Keridwen qui le poursuit et finit par l'avaler. Cette punition n'est que la traduction culpabilisée du contrecoup de la connaissance : Gwyon Bach ne peut supporter la vision du monde imparfait et se trouve exilé, en quelque sorte, dans le monde de la relativité, d'où ses transformations successives en animaux, puis en grain de blé. Il doit être éliminé. Mais comme il a la connaissance parfaite, il ne peut plus mourir vraiment : il participe maintenant à la divinité de Keridwen. C'est pourquoi Keridwen l'avale sous la forme d'un grain de blé. Elle ne pouvait pas faire autre chose que de l'absorber, un peu comme le prêtre catholique qui est tenu de nettoyer le calice en absorbant les moindres parcelles d'hostie qui pourraient demeurer sur la patène ou dans le ciboire. Car la divinité, si elle est écartelée, perd sa puissance. […] Quand Gwyon Bach s'empare, sans le vouloir, des secrets de Keridwen, il y a effectivement une catastrophe comparable à celle de la naissance, qui est un déchirement. A partir de ce moment, il y a nécessité de reconstituer l'unité perdue, il y a nécessité du retour en arrière, vers la mère, et de cette façon il y aura nouvelle naissance. Dans le cas de Gwyon Bach, qui n'appartient pas vraiment à la caste des mortels, il ne meurt pas, il féconde sa propre mère (c'est-à-dire qu'il est lui-même Dieu, père et fils), et il renaît une seconde fois sous l'aspect de Taliésin, le barde qui connaît les secrets du monde et de la divinité. On notera encore […] l'attitude de Keridwen qui abandonne l'enfant. Mais le fait qu'elle l'abandonne dans un sac de peau, et sur les flots, en dit long sur le sens du mythe. Cela rejoint d'une part tous les cas de fécondation buccale que l'on relève dans la tradition celtique, et aussi tous les mythes celtiques ou autres, de l'enfant abandonné sur les eaux, symbole de la naissance dans l'utérus entouré d'eau, comme c'est le cas pour Moïse, Rémus et Romulus et bien d'autres. […] Ce conte nous fait remonter au fond des âges, à la croyance que l'homme n'a rien à voir dans le phénomène de la parturition qui est la fonction spécifique de la Femme. » Et, plus loin, dans le même ouvrage : « Il est évident que le Chaudron de Keridwen est une des figurations du Graal primitif, dispensateur de richesses intellectuelles. Il est non moins évident que ce Chaudron a des rapports avec le Philtre que boivent Tristan et Yseult. Le liquide qu'ils contiennent tous deux est interdit à ceux à qui il n'est pas destiné. Or Gwyon Bach, comme Tristan, le boit par mégarde : ce qui veut dire que l'un et l'autre ont transgressé un interdit. En buvant le philtre, Tristan se lie définitivement et obligatoirement à Yseult. Yseult métamorphose complètement l'ancien Tristan et en fait un homme nouveau, qui est à la fois son fils et son amant. En buvant les trois gouttes du chaudron préparé oar Keridwen, Gwyon Bach se lie définitivement et obligatoirement à Keridwen. Il essaie de s'échapper : il ne réussit pas, car les trois gouttes ont la valeur du geis. Et Keridwen l'avale. L'image est claire : il s'agit tout simplement de l'acte sexuel, de l'engloutissement de l'Amant par la Maîtresse, réalisation fantasmatique qui découle de l'absorption du pénis par le vagin. Gwyon Bach revient dans le sein de sa mère pour une nouvelle maturation, et quand il renaît, ce n'est plus sous la forme ancienne de Gwyon Bach, c'est sous la forme nouvelle de Taliesin. Keridwen a donné une nouvelle vie à celui qu'elle a englouti, celui qui est à la fois son fils et son amant. C'est l'illustration la plus éclatante de la métamorphose que la Femme fait subir à l'homme qu'elle a choisi et qu'elle aime. L'acte d'amour débouche sur une nouvelle naissance. »
Puis suivent des considérations sur l'acte d'amour lié à la mort, et le fait que nous naissons du fumier, et qu'au fond du chaudron, ou dans le philtre, se trouve des choses diablement intéressantes, et que y goûter, en ayant transgressé un interdit posé par l'ordre établi d'une société patriarcale et « civilisée » équivaut à remettre en cause cet ordre établi, à ouvrir une brèche pour un retour de l'âge des sorcières, quand la Femme dominait le monde, encore sauvage et « naturel ».
Kerridwen est présentée comme terrible car c'est ainsi qu'est perçue la Maîtresse dominatrice par l'homme, lequel porte en lui mille terreurs inconscientes, comme celle du vagin denté, ou la crainte d'être absorbé tout entier par sa compagne lors de l'acte sexuel. La Femme est la Déesse et la Terre, puisque c'est dans ses profondeurs que la vie humaine germe, comme le grain sous la terre. Elle paraît ainsi détenir un pouvoir qui effraie et fascine à la fois. Certaines sociétés ont vénéré et chanté ce pouvoir, d'autres l'ont diabolisé. Le monde judéo-chrétien a décrété une la femme devait être brisée, soumise, et que celles qui relèveraient la tête et assumeraient leur nature devraient être brûlées comme sorcières.

Pourtant, il est encore des hommes et des femmes pour se souvenir, ou pour retrouver le sens premier du mythe. Il existe une Bande Dessinée, Slaine Mac Roth, dont le scénariste Pat Mills, très bien documenté, a su faire une véritable réhabilitation de la Déesse Blanche et du Dieu Cornu. Il existe aussi une très belle chanson du groupe nantais Tri Yann, dans leur album Belle et Rebelle ». Cette chanson, Korydwen et le Rouge de Kenholl, est riche de références mythologiques et symboliques. Des notes explicatives accompagnent le texte de la chanson. Ces notes expliquent entre autres choses que Korydwen vient « de Keridwen, nom gallois de Dana, déesse aérienne dont la tribu, le « Peuple-fée », envahit l'ancienne Irlande ; divinité assimilable à l'Athéna grecque, Dana et son peuple apportaient la sorcellerie, la poésie et l'artisanat ; également nommée Brigantia, elle fut détournée par le christianisme en Sainte Brigitte, patronne des médecins, écrivains et forgerons. »
Mais si Dana a son peuple, les Tuatha de Danaan, Kerridwen a aussi le sien : les Korrigans de petite Bretagne, c'est à dire « les gens de Kerridwen ».

EN CONCLUSION

Prénom encore porté, sous sa forme Kerridwen, au Pays de Galles, je pense qu'on peut lui attribuer comme signification « Déesse Blanche », tout simplement, avec tout ce que cela recouvre de mythes et de symboles. Et je le fête le 31 octobre au soir, quand commence Samain, fête de la déesse, que nous fêtons aujourd'hui sous le terme Halloween.

Participation et remerciements à Nathalie DAU


Bibliographie :

Marcel BRASSEUR - Les Celtes : les Dieux Oubliés - Terre de Brume Editions
Yann BREKILIEN - La Mythologie Celtique - Brocéliande / Editions du Rocher
Elaine CHASSENIER – Encyclopédie des Prénoms – Editions de Vecchi
Georges DUMEZIL - Mythe et Epopée Tomes I, II, III - NRF Editions Gallimard
Robert GRAVES - Les Mythes Celtes : La Déesse Blanche - Editions du Rocher
Christian-J. GUYONVARC'H et Françoise LEROUX - La Civilisation Celtique - Petite Bibliothèque Payot
Christian-J. GUYONVARC'H et Françoise LEROUX - Les Druides - Editions Ouest-France / Université
Pierre-Yves LAMBERT - Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge - L'aube des peuples - Gallimard
Jean MARKALE - La Femme Celte - Petite Bibliothèque Payot
Jean MARKALE - Les Celtes et la Civilisation Celtique - Bibliothèque Historique Payot
Jean MARKALE - Les Mystères de l'Après-Vie - Pygmalion
L.H.R.R. MERLHYN - Les Druides et la Quête du Graal - Brocéliande / Editions du Rocher
Jean-Paul PERSIGOUT - Dictionnaire de mythologie Celte - Editions du rocher / Gnose
Myriam PHILIBERT - Les Mythes préceltiques - Editions du Rocher
Marie-Louise SJOESTEDT - Dieux et Héros des Celtes - Terre de Brume Editions
Robert-Jacques THIBAUD - Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Celte - Dervy


*URL d'origine : http://www.lodace.com/histoire/outils/kerriden.htm (site fermé)

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21 novembre 2013

BATEAU SOLAIRE, CHAUDRON, ROUE SOLAIRE: Des Normands à Malte

Le chaudron nocturne du bateau solaire

http://www.centrostudilaruna.it/le-disque-de-nebra.html

Le “char” solaire de Trundholm, daté de 1400 avant notre ère montre que le mouvement quotidien du soleil était attribué à un cheval qui tire le disque solaire sans que celui-ci soit placé dans un char, conception attestée par diverses représentations figurant sur des objets du Bronze final danois et dans les gravures pariétales du Bohuslän (Suède). Cette conception, qui diffère à la fois de celle du char du Soleil et de celle du Cheval solaire (le Rohita du livre XIII de l’Atharvaveda), concorde en revanche pleinement avec l’image et la formule poétique traditionnelles de la “roue solaire” : une roue ne nécessite pas d’être placée sur un char pour rouler. L’attelage solaire de Trundholm représente le trajet diurne du soleil. La barque du disque doit représenter son trajet nocturne sur l’océan céleste. C’est ce qu’indiquent plusieurs objets de bronze, notamment des rasoirs, étudiés également par Flemming Kaul: on y voit le cheval solaire tirer le soleil du bateau matinal pour son trajet diurne ou le remettre sur le bateau vespéral pour son trajet nocturne.

On rappellera à ce propos que K. Randsborg (4) résume en ces termes “la conception nordique et probablement centre-européenne des mouvements du soleil vers 1300 avant notre ère”: “deux trajets, l’un diurne sur un char et l’autre nocturne dans un chaudron placé sur un bateau auquel sont attachés de oiseaux symbolisant l’univers et gardant le soleil pendant sa période de sommeil et de faiblesse”. Mis à part le char solaire qui, comme on l’a vu, peut faire défaut, la conception est identique.

Voir aussi

http://books.google.fr/books?id=SPImnmy3utkC&pg=PA17&lpg=PA17&dq=chaudron+nordique

+solaire&source=bl&ots=x8TYSBK9BQ&sig=Udcqs7BZBy7nqlK-hjnm5op_7uc&hl=fr&sa=X&ei=cGxqUqrxLumu0AWx5oCwAw&ved=

0CE4Q6AEwBQ#v=onepage&q=chaudron%20nordique%20solaire&f=false

Dieux et mythes nordiques Patrick Guelpa

 

Drapeau normand

http://mynormandy.canalblog.com/archives/2013/09/16/28031079.html

Celui de Normandie, est le plus ancien des drapeaux nationaux du Monde ; à l'origine c'était une croix jaune sur fond rouge  encore présent sur le blason du Mans. Et qui fut laissé comme drapeau identitaire, à nos cousins de Skanie. Archétype déjà représenté sur la Mora de la tapisserie de Bayeux, ancêtre du Danebrog: de nos jours c'est le drapeau à croix de Saint Olaf, jaune éclatée sur fond rouge, issue selon les historiographes de la croix papale donnée à Willelm par le Pape Alexandre II (sous les conseils du "Bordelais" Hildebrand d'origine germanique, futur Pape Grégoire VII), mais dont l'archétype est plus sûrement la roue solaire, regardée par les Normands comme le symbole vengeur du marteau de Þór (c'est-à-dire la stafr X /G rune de la précession des temps & signe du tourbillon de la création), croix déjà représentée pattée (symbolisant la semelle du marteau de Þór), sur les deniers de Willelm langaſpjót: "Guillaume longue lance" (épée en français), et le blason du Mans (rappelons que cette ville était normande en 1065).

Pourquoi croix de Saint Olaf...?

Olaf Haraldsson, dit "Saint Olaf", 995 (Norwege), 29 juillet 1030 (Stiklestad [Norwege]), hôte de Rikard II af NormannĒ: "Richard II de Normandie" en 1013/1014, fut baptisé à Rouen par l'Archevêque Hróbjartr af Eburö/Robert d'Evreux, il fut évangélisateur des pays nordiques, et ramena dans son pays l'oriflamme de Normandie, déjà représentée sur les deniers de Willelm langaſpjót: "Guillaume longue lance" (épée en français), qui pris le nom de Danebrog, lequel sera à l'origine de tous les autres drapeaux skandinaves (la graphie de ce mot est volontaire et identique à celle du français du XVIIIème siècle).

http://911-2011.fr/wp/le-drapeau-normand-histoire-et-points-de-vue

« le corbeau d’Odin », aurait également figuré comme seconde bannière dans les armées des ducs normands. 

 

La croix, même signe que le marteau de Thor

http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Revue_des_Deux_Mondes_-_1890_-_tome_99.djvu/146

Est-il besoin de rappeler Constantin choisissant pour étendard ce Labarum qui pouvait être revendiqué à la fois par le culte du Christ et par celui du Soleil ? Il est curieux de trouver la même politique attribuée au premier roi chrétien de la Norvège. Suivant un vieux chant des îles Shetland, Hakon Adalsteinfostri, forcé de boire à Odin, dans un banquet officiel, traça rapidement sur la coupe un signe de croix, et, comme ses convives lui en faisaient le reproche, il leur dit que c’était le signe du marteau de Thor. Nous savons, en effet, que dans les pays germaniques et Scandinaves, la croix du Christ s’est plus d’une fois dissimulée sous la forme du marteau à deux têtes, comme en Egypte elle revêtit, dans plus d’une inscription, l’aspect de la clé de vie.

 

http://lacroixdemalte.blogs-de-voyage.fr/

La croix blanche à huit pointes est à l’origine un très ancien emblème des chrétiens d’Orient. Lorsque les chevaliers prirent en charge l’hôpital de Jérusalem, ils la placèrent sur leur manteau noir.

Selon les chroniqueurs, au Xlème siècle, des marchands de l’ancienne république d’Amalfi obtinrent du calife d’Egypte l’autorisation de construire à Jérusalem une église, un couvent et un hôpital destinés à soigner les pèlerins malades – sans distinction de race ou de religion.
Les Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem devinrent un Ordre religieux indépendant, consacré par le pape Pascal ll.
Le rôle de l’Ordre était de soigner et de défendre les malades et les pèlerins dans les territoires que les croisés avaient conquis aux musulmans.
L’Ordre devint ainsi à la fois religieux et militaire. Tous ses Chevaliers étaient des religieux liés par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.
L’Ordre adopta la croix blanche à huit pointes qui est encore aujourd’hui le symbole de St-Jean, et élargit sa mission à la défense de la chrétienté.

Quand les chevaliers prirent possession de Malte, ils appliquèrent leur emblème sur l'étendard rouge que l'île avait héritée des normands de Sicile. 

http://www.runes.ch/mcio-forme-21.html

Rune mère Hagal Dans sa structure elle incarne l'ensemble des figures. Observer bien la cristallisation façonnant les flocons de neige et vous verrez qu'à l'intérieur y naît l'ensemble des formes, structures, corps archétypaux constituant le cosmos (corps "platoniciens" sphère, cube, tétraèdre, octaèdre, icosaèdre, dodécaèdre). 

Voir aussi lecoindelenigme.com/bizarreries-suite.htm

A l'église de Torres del Rio, sous la coupole une étoile de Béatitude contient l´étoile dite mudéjar.
Celle-ci dessinée à l´aide de 2 carrés ( 2 x 4 = 8  et son centre, UN ) est un symbole solaire.
Soleil obtenu par la dualité de la matière unie qui contient le Cercle qui à son tour comprend le Un.
Nous avons donc 2 octogones autour de la Création, le macrocosme et le microcosme.

lecoindelenigme

 Etoile des Béatitudes

16 novembre 2013

Les Arbres dans la Mythologie Calendrier celte, arbres, constellations

http://lesmurmuresduvents.blogspot.fr/2010/04/les-arbres-dans-la-mythologie-partie-1.html

Les Romains et les Grecs, entre autres, connaissaient bien des arbres de leur entourage. À la plupart, ils vouaient un culte qu'ils justifiaient en leur attribuant une incarnation divine ;

L'aubépine, arbre dédiée à Maïa, mère d'Hermès, fêtée en Mai (de "Maïa"). Anciennement maléfique, elle est devenue l'arbre de la Vierge pour les chrétiens. L’aubépine est le symbole de la chasteté exagérée. Sa fleur est symbole d’érotisme. Dans le calendrier Celtique l’aubépine correspond à la couronne australe (07 décembre au 16 décembre).

L'aulne, arbre des morts et du dieu Cronos. Les teintures tirées de son écorce (rouges), de ses inflorescences (vertes) et ses rameaux (brunes), en font les symbole du feu, de l'eau et de la Terre. C’est l’ arbre de la résurrection et son caractère funeste est récent. Dans le calendrier Celtique l’aulne correspond à la constellation du loup (07 novembre au 16 novembre).

Le bouleau ; Les verges ont été utilisées pour la flagellation et la "purification" des condamnés entouraient la hache symbolique des licteurs romains. L'arbre de la féminité, de la lumière et de la pureté. C'était l'arbre majeur des shamans de Sibérie qui est vénéré par tous les peuples nordiques. On lui prête les attributs suivants ; Délicatesse, pureté et lumière. Dans le calendrier Celtique le bouleau correspond à la constellation du serpent (18 septembre au 27 septembre).

Le buis, comme l’indique son nom ("Buxus sempervirens"), est un arbre au feuillage persistant. Le buis une extraordinaire longévité car il peut vivre jusqu'à six cents ans. Dans le calendrier Celtique le buis correspond à la constellation de l’autel (27 novembre au 06 décembre).

Le cerisiers. Son nom tire son origine du fait qu'il vient de Cerasus, ville d'Asie mineure. Lucullus, général romain de profession et gastronome à ses heures perdues, profitait de ses campagnes pour dénicher des épices rares et des fruits insolites. C'est ainsi qu'il rapporta la cerise d'Asie Mineure en Italie. Dans le calendrier Celtique le cerisier correspond à la constellation du chasseur (25 mai au 05 juin).

Le charme le bon goût. Dans le calendrier Celtique le charme correspond à la constellation de la lyre. L’étoile de Véga en fait partie (17 décembre au 26 décembre).

Le chataîgner à pour fruit la châtaigne nommé aussi "gland de Zeus". Anciennement gravées dans le bois ou dans la pierre. Le châtaignier correspond à la rune nommé "Wunjo" (ou winja, wynn, vend). Dans le calendrier Celtique le châtaignier correspond à la constellation de la baleine (05 mars au 14 mars).

Le chêne, arbre de Zeus, dieu du tonnerre. Des couronnes de chêne étaient confectionnées afin d'honorer les guerriers valeureux. Egalement arbre de Jupiter, dieu du tonnerre. Jupiter était également assimilé au dieu de la foudre. C'est également l'arbre de Donar, chez les Germains. Dans le calendrier Celtique le chêne correspond à la constellation du triangle (15 avril au 24 avril). Pour les Celtes, c’est également l'arbre de la vérité ; Il est antique et sage et a un vieil esprit. Le chêne est un arbre important pour les druides ; Le gui qui y a élu domicile a beaucoup de propriétés magiques. Il symbolise également le mariage entre le dieu et la déesse. Si l’on danse autour de cet arbre et si l’on porte certaines de ses feuilles, cela est présage d’un long et heureux mariage.

http://lesmurmuresduvents.blogspot.fr/2010/04/les-arbres-dans-la-mythologie-partie-2.html

Le cognassier est, entres autres dédié à Shiva. Son nom vient de La Canée (ville de Grèce). Les Grecs et les Romains faisaient du vin ou de la confiture de coing avec du miel. Il était symbole d’amour et de fécondité. Le coing servait de don nuptial et est astringent. Dans le calendrier Celtique le cognassier correspond à la constellation du centaure (28 août au 09 juin).

Cornouiller ; Une décoction du rhizome (racine), frais ou séché aide au bon fonctionnement des reins, à combattre la fièvre et à soulager les rhumes. Dans le calendrier Celtique le cornouiller correspond à la constellation du dragon (28 octobre au 6 novembre).

Le coudrier C’est l’arbre sacré des muses. Les baguettes des fées, comme celles des sourciers sont en faite de cet arbre. Il est symbole de la science, du savoir et de la sagesse.

Le Cyprès. Une légend raconte qu'un chasseur nommé Cyparisse, ami d'Apollon, tua sa biche par erreur. De chagrin, il se métamorphosa en cyprès. Dés lors, les cyprès veillent sur les morts. La flèche d'Éros était en cyprès. Le Cyprès était consacré à Hadès, dieu des morts. De son bois, on faisait les cercueils des guerriers morts pour la Patrie. Le bois de cyprès, imputrescible, était utilisé pour confectionner les charpentes des temples. La tradition recommandait de planter un cyprès à la naissance d'une fille. À son mariage, l'arbre est abattu et exploité. Dans le calendrier Celtique le cyprès correspond à la constellation du petit cheval (14 février au 23 février).

L'épicéa est dédié à Artémis, déesse de la Lune et de la vie sauvage, protectrice des femmes qu'elle assiste aux accouchements. L'épicéa est l'arbre de la naissance (tradition reprise avec l'arbre de Noël). Voir ci-après le Sapin. Dans le calendrier Celtique l’épicéa correspond à la constellation du héros solaire (05 mai au 15 mai).

L'érable est dédié à Phobos, dieu de l'Épouvante. Dans le calendrier Celtique l’érable correspond à la constellation du poisson austral (04 février au 13 février).

Le figuier est l'arbre de Dyonisos et de Priape, dieu de la fécondité. En Egypte il était le symbole de la fécondité. Adam et Eve se vêtiront des feuilles de cet arbre (Genèse). Dans le calendrier Celtique, le figuier correspond à la constellation du grand chien (26 juin au 05 juillet).



Le frêne est l'arbre d’ Odin associé, également, à Poséidon, dieu de la mer et des séismes. Pour les Germains et les Scandinaves, le frêne est l'arbre fondateur et l'axe du monde ;l’Yggdrasil reliait le ciel à a terre. Il supporte la voûte céleste et prend racine dans la Sagesse. Les Slaves attribuent au frêne le pouvoir de repousser les serpents : on peut se reposer à son ombre sans crainte. Dans le calendrier Celtique, le frêne correspond à la constellation de l’aigle (27 décembre au 05 janvier).

Le nom du genévrier provient du Celte « juneprus acre » à cause de la saveur de ce fruit. On ractonte que poursuivie par les soldats d'Hérode, Marie et Jésus trouvèrent refuge entre les branches du genévrier. Dès lors, il est devenu le symbole de l'asile. Dans le calendrier Celtique, le frêne correspond à la constellation du corbeau (07 septembre au 17 septembre).

Le gui quant à lui permettait aux femmes d'avoir beaucoup d'enfants et aux récoltes d'être abondantes. Si l'on mettait une boule de gui sur la porte, cela protégeait la maison des mauvais sorts car, en Celte, le mot « gui » veut dire "guérit tout". Dans le calendrier Celtique, le gui correspond à la constellation du cocher ( 06 juin au 15 juin).

Le hêtre, pour les druides d'Irlande, représentait la connaissance écrite, symbolisée par des signes. Cet arbre est connu pour ses vertus contre les affections pulmonaires, les fièvres, les rhumatismes,…. Dans le calendrier Celtique, le hêtre correspond à la constellation du lièvre (16 mai au 25 mai).

Le houx est par tradition l' arbre de la Vie parce qu'il mûrit en hiver. Considéré parfois comme diabolique, il symbolise la persistance de la vie ; Ses fruits présents au cœur de l'hiver. Il ne faut pas en consommer en raison du fait que ses baies sont très toxiques; elles contiennent de la théobromine.

L'if est dédié à Hécate, gardienne des Enfers. Dans le calendrier Celtique, l’if correspond à la constellation du vaisseau (07 août au 17 août).

Le laurier est l'arbre d'Apollon. Le demi-dieu s'éprend de la nymphe Daphné, qui lui échappe en se transformant en laurier. Le nom grec du laurier est Daphne. Aux Jeux pythiques, à Delphes et en souvenir du serpent Python qu'Apollon terrassa, les vainqueurs recevaient une couronne de laurier.

Le marronnier (d’Inde) n’est pas originaire d’Inde mais des Balkans et d’Asie mineure. Aesculus Hyppocastanum, du latin hippo (cheval) et castanum (marron), le marronnier permettait autrefois de nourrir les chevaux avec des marrons, qu'il fallait auparavant broyer et faire cuire pour en éliminer les composés toxiques. Dans le calendrier Celtique, le marronnier correspond à la constellation de la grande ourse (6 juillet au 16 juillet).

Le mélèze ; Même l'oiseau s'en écarte, et pour cause... Il est le seul conifère à perdre ses feuilles à l'automne; les oiseaux n'y trouvent donc aucune protection. Dans le calendrier Celtique, le mélèze correspond à la constellation du dauphin (25 janvier au 03 février).
http://lesmurmuresduvents.blogspot.fr/2010/04/les-arbres-dans-la-mythologie-partie-3.html
Le micocoulier. Selon les écrits anciens, on cultivait petits pois, pommes de terre et fèves au pied des micocouliers. C'est un des arbres dont ont fait les fouets en Catalogne. Dans le calendrier Celtique, le micocoulier correspond à la constellation du bouvier (18 septembre au 27 septembre).

Le myrte, arbre d'Aphroditepossède des baies appréciées par les buveurs qui leur attribuent le pouvoir de retarder l'ivresse. Les Grecs anciens craignaient que l'ivresse ne rende fou à vie. L’ "olvalis corona" est une couronne de myrte. Elle était portée par ceux qui faisaient leur entrée dans la ville avec les honneurs de l'ovation, lorsque la guerre n'était pas déclarée ou qu'elle s'était terminée sans effusion de sang.

Dans le calendrier Celtique, le néflier correspond à la constellation du cheval ailé (dite de Pégase) (24 février au 04 mars).


Dans le calendrier Celtique, le noisetier correspond à la couronne hyperboréenne (08 octobre au 17 octobre). Selon la superstition Basque, des croix de laurier béni, d'aubépine et de noisetier protègent bêtes et récoltes.

Chez les Grecs, le noyer est consacré à la divinité de la mort Kar ou Ker. on racontait qu’il servait de “salon des dames” aux sorcières qui, la nuit tombée, venaient danser autour. Dans le calendrier Celtique, le noyer correspond à la constellation du petit chien (17 juillet au 26 juillet).

L'olivier est l'arbre d'Athéna, déesse de la guerre, de la sagges et protectrice d’Athènes. Symbole de chasteté, Athéna remporta le concours sur Poséidon. Elle offrit pour cela cet arbre à la ville d'Athènes. Héraclès en a planté à Olympie et utilisait une massue en olivier. Aux Jeux Olympiques (à Olympie, donc), on décernait des couronnes de branches d'olivier. Les médailles n'existaient pas.

L'orme est l'arbre d'Oneiros, dieu des songes et de la nuit, fils d'Hypnos (dieu du sommeil) et frère de Thanatos (le trépas). Dédié également à Hermès. Les fruits ailés accompagnaient les âmes des défunts devant le juge suprême. Dans le calendrier Celtique, l’orme correspond à la constellation de la Reine (05 avril au 14 avril).

Peuplier blanc ; La nymphe Leuké, convoitée par Hadès, lui échappa en se métamorphosant en Peuplier blanc qui est devenu l'arbre de la résurrection. Son nom provient de l'ancien français « Poplie » (qui a pour origine latine le mot "Populus" qui signifie "le peuple"). La légende dit que c'est l'arbre du peuple puisque ce serait sous des peupliers que se prenaient, autrefois, des décisions importantes. Dans le calendrier Celtique, le peuplier correspond à la constellation de l’homme terrestre (28 septembre au 07 octobre).
Le pin est l'arbre de Poséidon en raison du fait qu'il pousse en bord de mer. La nymphe Pithys, convoitée par Pan, lui échappa en se métamorphosant en Pin noir. Aux Jeux isthmiques de Corinthe, les vainqueurs reçoivent une couronne de pin. Son bois sert aux bateaux de commerce. De la résine on extrait, soit le calfat pour rendre étanche les coques de bateaux, soit un additif qui conserve les vins tout en les aromatisant. Dans le calendrier Celtique, le pin correspond à la constellation de la l’homme - serpent (17 novembre au 26 novembre).

Le platane ; Son nom proviens du grecque "platanos" C’est le symbole de la régénération car son écorce se régénère, par plaques, comme la peau du serpent. Il servit à construire le cheval de Troie.

Le nom du poirierproviens du Celte "peren" signifiant " poire". C’est le symbole de deuil en Chine par la blancheur et l’existence éphémère de ses fleurs.Dans les rêves, la poire est un symbole érotique. Dans le calendrier Celtique, le poirier correspond à la constellation de la princesse enchaînée (25 mars au 4 avril).

Le pommier est l'arbre solaire ( dû à la forme du fruit) et fruit de l'immortalité. On peut aisément faire le rapprochement avec le mythe de la pomme du jardin d'Eden (Adam et Eve) car la pomme est, entre autres, le symbole du savoir et de la connaissance des choses. Selon certains, peut-être s’agit-il d’une invention, elles seraient au nombre de 12 sur l’arbre de vie. La symbolique du nombre 12 a déjà été explique sur ce blog. C’est le gardien de la sagesse et signe de l'âme. Freya, la déesse de la sagesse marche par le ciel distribuant les pommes d'or aux dieux. Les pommes leur donneront le cadeau de la sagesse et de la compréhension. Les pommes d'or sont, quant à elles, le symbole de la connaissance des choses occultes. Pomone est la déesse des fruits. Héraclès chercha des pommes au Jardin des Hespérides. Dans le calendrier Celtique, le pommier correspond à la constellation du cygne (15 janvier au 24 janvier).

Le prunier est l'arbre de Esus ou Nuada qui symbolise l’enseignement. Les épines du prunier symbolisent les écueils à franchir et sont aussi comme les flèches du sorcier. La baguette magique qui est réalisée en bois de prunier est une des meilleures qui puisse être en magie. Dans le calendrier Celtique, le prunier correspond à la constellation de la flèche (06 janvier au 14 janvier).

Le Sapin ; Dans la mythologie Celte, le sapin (et surtout l’épicéa) est l’arbre de l'enfantement. Druantia, la Reine des druides, est mère du calendrier des arbres. Elle procure la fertilité, la passion, le bien être dans les relations sexuelles, la connaissance et la créativité. Dans les pays scandinaves, le sapin illuminé était symbole de continuité, de permanence et de renouveau. L’arbre de Noël représenterait l’arbre du Paradis ou l’arbre de la faute (consacré à Adam et Eve). Dans le calendrier Celtique, le sapin correspond à la constellation de la petite ourse (16 juin au 26 juin).
http://lesmurmuresduvents.blogspot.fr/2010/04/les-arbres-dans-la-mythologie-partie-4.html
Le saule, arbre de la sorcellerie et des socrcier, a des propriétés favorisent la guérison des insomnies et des angoisses, et modèrent les ardeurs sexuelles. Il symbolise la Lune, la femme et l'eau. Dans le calendrier Celtique, le saule correspond à la constellation de l’hydre (27 juillet au 6 août).

Le bois du sorbier servait jadis à la confection de talisman pour se protéger de la foudre, des démons et des puissances infernales. C'était la demeure de la nymphe « Pihlajatar ». C’est l’arbre de la vie lié à la divination et à l'ambre. Dans le calendrier Celtique, le sorbier correspond à la constellation du chaudron (18 août au 27 août).

Les baie du sureau sont une nourriture des dieux. Arbre de la malédiction et de la condamnation (Il est associé au nombre 13), il était considéré parfois comme don des dieux. Dans le calendrier Celtique, le sureau correspond à la constellation du Roi (15 mars au 24 mars).

Le tilleul ;La nymphe Philyie conçut du père de Zeus un enfant monstrueux, et, de honte, se métamorphosa en tilleul. Son fils, le centaure Chiron, format plusieurs héros grecques. Dans le calendrier Celtique, le tilleul correspond à la constellation du fleuve de vie (25 avril au 4 mai).

Vigne ; Arbre consacré à Osiris et Dionysos (dieu de la vigne). Certains historiens attribuent les premières plantations de vignes de Bourgogne à la tribu Celte des « Eduens ». La vigne est associée à la joie, à l'emportement et à l'ivresse.
16 novembre 2013

Dualisme au Moyen-âge, dualisme et Templiers

Le Dualisme était un concept important pour l'époque, partagé en particulier par les **Templiers et surtout de façon radicale par les Cathares, mais combattu par l'Eglise de Rome.

Encyclopédie nouvelle, ou dictionnaire philosophique, scientifique ..., Volume 8

 Par P. Leroux,J. Reynaud

*http://books.google.fr/books?id=j7o_AAAAcAAJ&pg=PA50&lpg=PA50&dq=l'église+combat+le+dualisme+au+moyen+âge

&source=bl&ots=9sdr_DM_lL&sig=gAmVyYE5GS1h1gJXtBNXhbSdN2k&hl=fr&sa=X&ei=

B4uAUsyZEOOm0AWX-oDYDA&ved=0CDAQ6AEwAA#v=onepage&q=l'église%20combat%20le%20dualisme

%20au%20moyen%20âge&f=false

Les Templiers: Une chevalerie chrétienne au Moyen Age

 Par Alain Demurger

**http://books.google.fr/books?id=nTNxKm6ioqMC&pg=PT252&lpg=PT252&dq=dualisme+des+templiers+au+moyen+âge&source

=bl&ots=UJXfs2Iozu&sig=5HJHmHKngTauwQNIrXjRqc-aagA&hl=fr&sa=X&ei=2o2AUs3aL8r30gW864GoAQ&ved=0CEcQ6AEwBQ#v=

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20 septembre 2013

Cintimani, joyau-qui-exauce-les-souhaits

Bannière du Cintimani

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1920_num_20_1_5559

p33 34

Cintimani1

Cintimani2

Cintimani3

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8 août 2013

Héros, la Quête selon Joseph Campbell, Résumé

Les étapes de la quête du héros, Joseph Campbell

Les héros sont éternels - partie 1 
Joseph Campbell 
Synthèse sur http://indy38.blog.toutlecine.com/4594/Les-heros-sont-eternels-partie-1/
Comme il est impossible de trouver les ouvrages du grand mythologue américian Joseph Campbell en france, sinon à des prix de fous furieux, je me permets de poster sur mon blog (désolé pour la mise à jour très tardive) la première partie de la synthèse que j'avais faite du livre The hero with thousand faces (Le héros aux milles visages). Vous allez me dire : "Quel rapport avec le ciné ?". Et bien vous remarquerez que la structure archetypique du monomythe héroïque tel que décrit dans l'exégèse du professeur Campbell, est une source inépuisable d'influence pour le cinema hollywoodien (oui vous vous doutiez bien que je n'allais pas vous parlez des drames intimistes français). Voici donc la partie première, intitulé : La quête du héros.  A noter qu'il s'agit d'une reprise d'une synthèse que j'avais déjà publié sur le forum du site Mad Movies.

La quête du héros

    •    L’appel de l’aventure : Le héros reçoit un signe, soit par maladresse, soit parce qu’il y était destiné. Il arrive aussi que cela soit le fruit d’un hasard. Contes et mythes ont souvent présenté cet appel – ce signe d’une façon polymorphe. C’est la première étape qui alerte le héros.

    •    Le refus de l’appel : Il n’est pas rare de voir le personnage principal refuser l’appel, le laisser sans réponse. Cela revient à transformer l’aventure en négation. Le héros prisonnier de son labeur ou de ses intérêts personnels réagit en une introversion.

    •    L’aide surnaturelle : Ceux qui n’ont pas refusé l’appel et qui ont entrepris l’aventure héroïque trouve comme première personne sur leur chemin, une figure protectrice qui a une influence bienveillante. L’aide surnaturelle peut être aussi bien masculine que féminine. Le héros commence à découvrir alors les forces de l’inconscient, car des changements s’amorcent sur sa psyché sans qu’il en ait conscience.

    •    Le passage du premier seuil : Sous la conduite de l’aide bienfaitrice, le héros poursuit sa route vers les régions obscurs (l’inconscient) et va devoir vaincre le gardien du seuil, qui cache les sphères inconnues du monde du regard. Il progressera ainsi au – delà des limites interdites pour pénétrer une nouvelle zone d’expérience.

    •    Le ventre de la baleine (ou la caverne) : Il est commun de voir dans les mythes et contes, le héros être englouti dans le ventre du monstre ou devoir pénétrer et traverser une caverne, voir une foret obscure. Le héros au lieu de vaincre le gardien du seuil est absorbé dans l’inconnu et semble mort. En terrassant le gardien – ou s’échappant de la grotte – il accomplit une catharsis imagée de son propre ego et de ses démons intérieurs. C’est une renaissance.

    •    Le chemin des épreuves : Une fois le seuil franchi, le héros doit survivre à une succession d’épreuves. Il utilise les amulettes que l’aide surnaturelle lui a fournit, ou il découvrira qu’une force inconnue le guide et le soutien dans son voyage surhumain. Le héros entreprend une traversée dangereuse dans les ténèbres et dans soi même. Un monde chargé de symboles s’ouvre à lui. Le long chemin des épreuves est périlleux, marqué de victoires initiatrices pour à terme mettre à mort le dragon (l’ego).
    •    
    •    La rencontre avec la déesse : Après avoir vaincu les ogres, le héros triomphant s’unit à la déesse du monde (princesse ou reine) qui manifeste le complexe d’Œdipe enfouit en chacun de nous. La femme représente d’une façon métaphorique dans les mythes, à la fois un réconfort mais aussi un danger tentateur. La rencontre avec la déesse représente l’épreuve finale ou se joue l’aptitude du héros à obtenir le don d’amour, de vie et d’éternité.
    •     
    •    La femme tentatrice : Le mariage célébré avec la déesse signifie que le héros est maître de son destin. Il a libéré le champ de sa conscience, il prend ainsi la place du père (du roi). Mais lorsque un sentiment de répulsion pour la chaire – la luxure empêche l’âme de s’épanouir, la femme n’est plus un symbole de victoire et d’union mais de défaite. La déesse se transforme en sorcière du pêché. Il faut pour trouver la vie, dépasser la figure de la mère (du complexe d’Œdipe) qui retient prisonnière le moi du héros.
    •     
    •    La réunion au père : L’aspect courroucé du (P)père est un reflet de l’ego. Le héros soutenu par la déesse doit comprendre que le père (roi) est aussi miséricordieux. Mère et père se réfléchissent l’un dans l’autre. Le héros qui ouvre son esprit à un degré de maturité transcende l’obscurité, aperçoit le visage occulté du père et ils sont ainsi réunis.
    •     
    •    Apothéose : Le héros humain lorsqu’il a dépassé les derniers stades de l’ignorance et de l’angoisse accède à l’illumination. Il atteint la vérité universelle, tous les êtres humains viennent de la Source Immanente et celle – ci vit en nous. Nous sommes tous frères. Les couples d’opposés masculin/féminin (l’androgynie primordiale) sont anéantis, les paradoxes de la création volent en éclats.
    •     
    •    Le don suprême : Pour acquérir le don d’élixir, le héros doit surmonter un obstacle terminal. Si il est l’élu, il sera soutenu par les divinités. Mais il arrive qu’il doive s’en emparer par la ruse si les dieux lui sont défavorables. Le don suprême est toujours un symbole d’énergie vitale à la mesure des besoins spécifiques du héros. Il découvre parfois que le pouvoir véritable était latent en lui.
    •     
    •    Le refus du retour : Ayant atteint le but de sa quête, le héros doit revenir avec son trophée qui a pouvoir de guérison et/ou de transformation, afin d’en faire profiter sa collectivité et le monde. Il arrive malheureusement que cette responsabilité soit refusée.
    •     
    •    La fuite magique : Si l’élu s’empare du don avec la bénédiction de la déesse ou du dieu, il est ensuite chargé explicitement de retourner vers sa communauté. Il emprunte un chemin sûr soutenu par les forces protectrices. Mais si le héros s’est emparé de l’élixir contre la volonté des déités, alors il doit fuir dans une poursuite mouvementée semée d’obstacles.
    •     
    •    La délivrance venue de l’extérieur : Il arrive que le héros reçoive de l’aide extérieur afin de rentrer chez lui. Car il est souvent difficile de renoncer à la félicité touchée pour revenir à la dispersion du monde. C’est le point crucial de l’aventure, l’étape difficile du passage du royaume mystique au retour du gris quotidien. Chargé de son trophée, le héros retrouve des hommes qui pensent être le centre du monde, alors qu’il a lui-même mit son ego à mort. Le sens de la quête héroïque – mystique est souvent incompris de la société.
    •     
    •    Le passage du seuil au retour : Pour que son aventure aboutisse, le héros doit survivre à la violence du choc que provoque son retour. Les deux mondes : celui des dieux et celui des hommes sont séparés, en réalité cependant les deux royaumes n’en forment qu’un. Le domaine divin est une région oubliée du monde que nous connaissons, obstrué à notre conscience. Cela signifie que le héros est maintenant appelé à harmoniser les deux mondes.
    •     
    •    Maître des deux mondes : Le héros peut librement circuler entre les deux royaumes. Il dévoile la totalité du mystère des dieux à l’humanité (il ouvre le royaume de l’Impérissable dans le cœur), il devient guide et les hommes ses disciples.
    •     
    •    Libre devant la vie : Le héros qui a opéré la réconciliation de la conscience individuelle avec la volonté universelle est le maître du devenir et non de ce qui fut, il est le vecteur des transformations.
    •    
    •    2° Partie
    •    Voici la seconde partie du monomythe Campbellien, Le cycle cosmogonique. La ronde universelle du cycle se déplace vers la métaphysique et les grands principes philosophiques antique. Je vous conseille pour compléter et approfondir le sujet deux ou trois livres qui me semble essentiels. Aspects du mythe de Mircea Eliade, Au coeur des mythologies de Jacques Lacarrière, Histoire et dictionnaire : mythes et mythologie de Félix Guirand et Joël Schmidt. Pour les autres bonne chasse pour dénicher les bouquins de Joseph Campbell.

Le cycle cosmogonique

    •    De la psychologie à la métaphysique : Mythes et rêves sont étroitement liés. Nous avons vu dans La quête du héros que la psychanalyse apportait une signification au symbolisme de l’inconscient. Le cycle cosmogonique parle de la cosmo genèse et du Dieu démiurgique qui est à la fois en nous et en dehors. Il permet de rendre le cosmos métaphoriquement intelligible à l’humanité.

    •    La ronde universelle : Le cycle cosmogonique est représenté comme une répétition d’une ronde sans fin. Chaque grande révolution comporte des dissolutions puis des régénérations. On peut y voir une figuration du rythme de l’univers à travers notre expérience du réel : les énergies épuisées pendant la journée sont régénérées lors du sommeil. Ainsi le cosmos décroît et doit être renouvelé.

    •    Hors du vide, l’espace : Du vide primordial provient des émanations mystérieuses qui vont porter le cosmos. La première phase du cycle décrit la scission de l’informe en forme.

    •    A l’intérieur de l’espace, la vie : Les émanations cosmogoniques permettent de délimiter le monde dans l’espace infini. Ensuite d’engendrer la vie à l’intérieur de ses limites, une vie polarisé (mâle/femelle) pour l’autoreproduction.

    •    L’éclatement de l’unité en multiplicité : Le cycle poursuit sa révolution, et l’Un Immanent est divisé en multiple. Des dieux, des titans peuvent s’y affrontés, il arrive alors que la puissance germinatrice soit démembrée et qu’elle serve de charpente à la structure du monde. On passe de la tranquillité édénique aux effets périphériques. L’accès au paradis et à la félicité est à jamais perdu.
    •    La naissance virginale, la mère de l’univers : L’esprit de l’Un (du Père) qui procréer l’univers a besoin d’un intermédiaire transformateur pour pénétrer la multiplicité de la vie terrestre : c’est la mère du monde. Elle personnifie l’élément originel (généralement un symbole d’eau), et elle est vierge.

    •    La matrice du destin : La déesse de l’univers apparaît aux hommes sous une multitude de formes contradictoires. Car la mère qui apporte la vie amène aussi la mort. Elle est considérée comme bienfaitrice ou comme diablesse hideuse. La ronde cosmogonique poursuit sa révolution et les formes primordiales deviennent humaines. Les puissances démiurgiques passent dans l’inconscient et ne sont plus qu’anachronisme métaphysique. Ainsi commence l’avènement du temps historique des hommes.

    •    La matrice de la rédemption : La vie humaine est soumise à la temporalité (jour/nuit, saisons, années) sous la conduite des rois et des prêtres. La conscience se rétrécit aux formes visibles et matérielles de l’existence et perd la perspective qui conduit au-delà de l’horizon et du phénoménal. L’ego prend le dessus, les hommes sont alors dans l’attente d’un élu qui sera l’incarnation divine. Seule une vierge peut porter le futur messie rédempteur des pêchés et de la perdition humaine.

    •    La vierge mère dans les traditions populaires : Le Bouddha descendit du ciel dans le sein de sa mère sous la forme d’un éléphant blanc. Dans la bible, Marie tombe enceinte par le Saint Esprit. La fécondation miraculeuse de la vierge rejoue la scène de la procréation cosmique à l’échelle humaine. Lorsque l’heure du destin sonne un héros rédempteur est conçu. Nombreux sont dans les légendes populaires comme dans les mythes les récits de naissance virginale.
    •    Le héros primordial et l’être humain : La ronde cosmogonique poursuit son cours mû non plus par les déités créatrices mais par les héros anthropomorphiques. La mythologie se mélange à la préhistoire incertaine et la création devient légende et non plus vérité. Les héros finissent par abandonner le caractère magique de leur quête pour déboucher sur le temps historique ordinaire.

    •    Enfance du héros humain : Un héros humain doit naître afin d’expérimenter consciemment les étapes antérieurs du cycle cosmogonique et donc remonter jusqu’à la Source originelle de l’univers. Sa seconde tâche est de revenir à la vie contemporaine et de métamorphoser les sens et les formes. Son enfance est généralement présentée comme une prédestination à son rôle, avec une succession d’évènements fantastique et merveilleux. On y retrouve souvent les thèmes de la jeunesse passée en exil, avant le retour miraculé. L’enfant est affublé d’une force et d’une sagesse précoce.

    •    Le héros guerrier : Le lieu de naissance du héros est souvent considéré comme le nombril du monde, car ses actes vont se propager comme des ondes. Le héros mythologique surgit de la lumière pour vaincre un ennemi puissant et solidement établi sur le trône du pouvoir qui détourne à son profit l’autorité que lui confère sa position. Le tyran est orgueilleux, là réside sa perte. L’acte héroïque consiste à le mettre en pièces, à dégager la voie afin que le devenir et la vie se réenclenche à l’intérieur du cycle.

    •    Le héros amant : Abattre l’ennemi – le monstre pour libérer l’énergie vitale peut être symboliquement représenté par une femme. Elle est la princesse victime d’un rapt, une vierge immaculée convoitée personnifiant l’autre partie du héros, car chacun des deux est un. Les barrières, les enclaves qui empêchent la célébration des noces du héros se retrouvent de tous temps dans les récits mythologiques.

    •    Le héros empereur et le héros tyran : Le héros en action est l’agent du cycle, il perpétue l’élan initial qui mit le monde en mouvement dans l’existence passagère de l’homme, jusqu’à l’accomplissement inévitable. Le héros suprême est celui qui dessille les yeux de ses semblables. Il utilise non pas l’épée (le physique) mais la transcendance de l’esprit (le spirituel). Quand la quête de l’élu a pour but la découverte du Père, le héros qui réussit à obtenir sa bénédiction revient en le représentant auprès de l’humanité. Mais il peut arriver que l’empereur bienfaiteur devienne tyran lorsque l’ego gonfle au point de revendiquer ses actes philanthropiques pour sa seule personne. Il rompt alors la parole de l’Unique, il n’est plus médiateur des deux mondes.

    •    Le héros rédempteur : Le héros rédempteur est la plus haute signification possible. C’est ceux qu’on appel des incarnations. Leurs mythes atteignent une dimension cosmique. L’incarnation a pour tâche de réfuter les prétentions égoïstes car il est une manifestation qui émane directement de la Source. Les rédempteurs sont là pour racheter une période de désolation causé par la main de l’homme. Car le cycle cosmogonique se présente sous une alternance régulière de bien et de mal. Ainsi est le rythme de l’univers : émanation – dissolution, jeunesse – vieillesse, naissance – mort, jour – nuit. Afin d’éviter qu’à son tour le héros ne devienne tyran, il faudra qu’il se crucifie lui-même : devenir martyr. C’est la sagesse contenue dans la fin et le recommencement éternel de l’univers. L’alpha et l’oméga.

    •    Le héros saint : Le dernier modèle du héros est le saint, l’ascète qui renonce au monde. Se libérant de toute contrainte matériel et de son ego, engagé dans la méditation, paisible dans sa solitude, il s’unit à l’Unique Immanent. Il s’agit toujours de la quête du Père mais sous son aspect non manifesté. Ces héros qui dépassent la vie sont aussi au dessus du mythe, car les mots deviennent inadéquats au-delà des formes tangibles. Lorsque le profil caché du grand Visage se révèle, seul le silence demeure.

    •    Le départ du héros : C’est le dernier acte de la biographie du héros, celui de sa mort. Car le héros véritable ne craint pas la mort, et lorsque celle-ci vient, la portée universelle de son message est libérée, c’est l’accomplissement du destin inévitable. Parfois le désir de vivre est si hardant que le héros peut résister à la létalité et la reporter pendant un temps.

    •    Fin du microcosme : Le héros doué de pouvoirs extraordinaires est chacun de nous. Non pas l’être physique mais la transcendance qu’il renferme. Une fois le héros trépasser, son âme retourne vers la connaissance de la déité créatrice du monde, qui durant son existence s’est réfléchie dans son cœur et son esprit. L’âme doit faire dans certains mythes un dangereux voyage d’obstacles à surmonter afin de faire un tour complet des périodes du cycle. Elle peut ensuite parcourir l’ensemble de l’univers à son gré.

    •    Fin du macrocosme : Comme l’être humain dans sa forme créé, l’univers est lui aussi appelé à se dissoudre. Ce sont les mythes eschatologiques qui sonnent la fin d’une des périodes du cycle cosmogonique jusqu’à l’émergence de nouvelles émanations ou de sa régénération.
Ainsi s’achève Le cycle cosmogonique au sein duquel on l’a vu le héros se met en marche afin d’en expérimenter toutes les strates antérieurs et remonter jusqu'à la Source primordiale. Le diagramme du cycle cosmogonique est à la fois plus profond (car difficilement appréhendable par l’esprit humain) et plus simple dans sa ronde parcourue dans un élan de circonvolution. Il se structure inlassablement ainsi : « Emanations, manifestations, dissolutions ».
Cédric GENTAZ
(Un merci discret mais précieux à Rafik Djoumi).
http://www.matrix-happening.net/le_crepuscule_des_dieux/cycle_cosmogonique.htm

 

8 août 2013

Chapelle de Rosslynn, vidéos

Visite de la chapelle (Vu en 2009) :

http://www.dailymotion.com/video/x9mr04_la-chapelle-rosslyn-annee-1446_shortfilms

Elements architecturaux déchiffrés : code musical(mottet de Rosslyn, cymatic pattern)

http://www.dailymotion.com/video/x30rg6_au-commencement-etait-le-verbe_creation?from=rss

28 juillet 2013

Histoire du Crucifix

 

http://stmaterne.blogspot.fr/2006/09/croix-et-crucifix-dans-lglise-ancienne.html

28 juillet 2013

Emeraude de Lucifer, symbolisme du Vert (couleurs)

J Markale

http://www.toutelaverite.org/philosophies-et-croyances-136/le-graal/10/?wap2

la pierre tombe du front de Lucifer lorsqu’il est précipité dans l’abîme. Parce que c’est une pierre de lumière. Et elle tombe aux pieds d’Adam et Eve au paradis ? Et quand ils sont chassés, ils ont le droit de l’emporter, et elle se transmet de génération en génération... Et elle arrive aux mains de Ponce-Pilate...

 

A de Souzenelle

http://books.google.fr/books?id=zmOg9SYoA1MC&pg=PT442&lpg=PT442&dq=symbolisme+chute+d'émeraude+de+Lucifer&source=bl&ots=V7f19R6Lop&sig=3Zr1mJewjX2IGwPLUUv1VgbPW1M&hl=fr&sa=X&ei=uomQUdPRMMiw0AW9h4CABg&ved=0CDUQ6AEwATge

L’émeraude frontale, ornait le front de Lucifer, puis celui d’Adam dans le Paradis, lorsque Lucifer la perdit. A son tour, Adam connu la chute et l’émeraude se détacha de lui. Les Anges la reçurent, la creusèrent, et en formèrent la coupe dont le Christ se servit à la Cène. Cette coupe recueillit le sang qui s’écoulait de la plaie du Christ en Croix, la légende continue dans le Graal. Avec sa couleur verte, l’émeraude œil-frontal, indique son intégration à l’Arbre de Vie.

 

J Markale

http://www.toutelaverite.org/philosophies-et-croyances-136/le-graal/10/?wap2

le Graal aurait été taillé sur l’émeraude que portait sur le front Lucifer lors de sa chute...

C’est une des versions. Elle est gnostique, elle provient du Moyen-Orient. On en trouve des traces dans deux évangiles dits apocryphes : l’évangile de Nicodème et les actes de Pilate.

Dans les textes qui ont été retrouvés en 1945 à Nag-Hammadi, en Egypte?

C’est cela. D’après cette tradition, effectivement, la pierre tombe du front de Lucifer lorsqu’il est précipité dans l’abîme. Parce que c’est une pierre de lumière. Et elle tombe aux pieds d’Adam et Eve au paradis ? Et quand ils sont chassés, ils ont le droit de l’emporter, et elle se transmet de génération en génération... Et elle arrive aux mains de Ponce-Pilate...

 

 

http://cc-mauron-broceliande.com/wiki/index.php5?title=Discussion:Carrières

La colère de Martin Luther contre cette pratique, qui a semblé à lui impliquer l'achat du salut

 

4° scène du XV° Interprétation : C’est le châtiment avec les pertes de la science infuse, la parfaite soumission des sens à la raison, l’exemption de la douleur et de l’immortalité. Dans l’ordre surnaturel, ce sont les pertes de la grâce sanctifiante et la destination à la béatitude éternelle.

le vase de la Sainte Cène (c'est-à-dire la grâce divine accordée par le Christ à ces disciples)

Le retour à Dieu est comme la séparation d'avec les ténèbres et comme la réunion avec la lumière primordiale. La grâce libère sans effort ce que la plus grande violence ne saurait entamer à la longue.

Lucifer qui voulait pour lui tout seul, la Gloire de Dieu qu'il avait l'extraordinaire honneur de porter

Paradis (c'est-à-dire le lieu même de la Gloire de Dieu)

 

P 140 http://www.unicaen.fr/puc/ecrire/revues/kentron/kentron22/k2206attar.pdf

+ Bas p141 G de Naziance: IV° siècle, Un des Pères de l'église les plus importants (Idée de Trinité++, Esprit Saint n'est pas seulement un attribut divin)

http://atcenstock.blogspot.fr/2012/03/monographie-de-couleur-lemeraude.html

C'est la pierre de la connaissance secrète, c'est la pierre du pape mais c'est aussi celle de Lucifer avant sa chute.

Au moyen-âge, c'était la pierre de la clairvoyance. Placée sur la langue, elle était censée permettre d'appeler les esprits mauvais et de parler avec eux.

 

Lien avec alchimie, émeraude sur la couronne de Lucifer,

http://elen.over-blog.com/article-23775641.html

 

http://www.ledifice.net/7065-3.html

La couleur verte de l’émeraude est la couleur médiane entre les couleurs exothermiques (rouge, orangé, et jaune), associées au monde de l’incarnation et les couleurs endothermiques (bleu, indigo, violet) associées au plan céleste, elle permet donc l’incarnation des énergies subtiles au sein de la matière. 

Table d'Emeraude +++++

Couleur de l'eau et de la régénération. couleur de Vénus, 

ambivalente= vie, =mort

médiateur entre bas et haut, rouge et bleu (couleur infernale-couleur céleste…)

Rouge = feu, vert=eau

 

Aspect anciens symboliques: Bible, tradition profane / Vert(-rouge-bleu)

http://books.google.fr/books?id=cU4oAAAAYAAJ&pg=PA52&lpg=PA52&dq=symbolique+du+vert+et+vénus&source=bl&ots=6soXNSe4QS&sig=YMOdEfkpizjF4GuBwRK75_VjXDQ&hl=fr&sa=X&ei=vYm5Uf-gOq2Q0QWF_4DIBg&ved=0CEUQ6AEwBA#v=onepage&q=symbolique%20du%20vert%20et%20vénus&f=false

 

http://www.dictionnairedessymboles.fr/article-le-symbolisme-du-sinople-vert-68732879.html

En héraldique, le sinople désigne le vert dont il partage le symbolisme, mais curieusement, son étymologie est tirée de la couleur rouge de la terre de Sinopis — aujourd’hui Sinop — port turc situé sur les rives de la Mer Noire.

Le vert se trouve au centre du spectre de l’arc-en-ciel décomposé traditionnellement [5] en 7 couleurs : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Le vert apparaît comme la résultante, non seulement du bleu et du jaune, mais aussi comme la résultante de toute la gamme des bleus et indigo qui le précède et la résultante de toute la gamme des jaune-orangé-rouge qui le suit [6]. Nous nous trouvons en présence de deux séries de couleurs et, entre les deux, le vert, qui correspondent aux trois mondes des cosmogonies archaïques et antiques. La gamme des jaune-orangé-rouge (couleurs chaudes) représentent le Ciel, le Soleil, le monde ouranien ; la gamme des bleu-indigo-violet (couleurs froides et sombres) représentent les mondes souterrains, les eaux primordiales, l’intérieur de la Terre-Mère, l’utérus, le monde chthonien encore appelé Enfers. Enfin, le vert correspond quant à lui, à la Surface de la Terre avec sa verdure et sa végétation [7], c’est-à-dire à l’Entre-deux. On comprend mieux dès lors pourquoi Osiris et Lazare sont représentés avec le visage vert, eux qui sont revenus du royaume des morts à la surface terrestre.

Couleur verte/ divinités: toutes les divinités du paganisme qui représentent l’union du bien et du vrai dans les actes de la vie

Le vert est la couleur de l’Islam

6 couleurs auraient suffi ; l’indigo a sans doute été ajouté pour obtenir le chiffre 7. Nous avons ainsi 7 couleurs tout comme nous avons 7 jours dans une semaine et 7 merveilles du monde. Le vert est alors couleur charnière reliée au chiffre 4, lui-même symbole du signe de croix et du creuset des alchimistes.

 

La couleur du 4ème chakra coeur. Symbole de l'équilibre, du renouveau, de l'Amour, de l'acceptation, de la compassion, de l'harmonie

Le Zohar assigne une couleur spécifique à chacune des Sephiroth : le blanc à Hokhmah (Sagesse) ; le rouge à Binah (Intelligence) ; le vert à Tiphereth (Harmonie) et le noir* à Malkhuth (Royaume). 

Ce système de couleurs est mis en parallèle avec celui des quatre Mondes qui se voient également attribuer une couleur. Le monde d’Atziluth (émanation) est blanc ; le monde de Briah (création) rouge ; le monde de Yetsirah (formation) vert et le monde d’Assyah (fabrication) noir.

Noir parfois remplacé par bleu

  

Wikipédia 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Émeraude

Emeraude structure de cristal hexagonal.

trapiche: on y voit nettement l'organisation hexagonale, en étoile.

http://ora-et-labora.frenchboard.com/t433-l-emeraude

Ambivalence de l'émeraude

http://www.isisetosiris.com/symbolisme-de-lemeraude.html

 

La pierre tombée du ciel est devenue le symbole de la Lumière perdue

 

http://atcenstock.blogspot.fr/2012/03/monographie-de-couleur-lemeraude.html

C'est la pierre de la connaissance secrète, c'est la pierre du pape mais c'est aussi celle de Lucifer avant sa chute.

Au moyen-âge, c'était la pierre de la clairvoyance. Placée sur la langue, elle était censée permettre d'appeler les esprits mauvais et de parler avec eux.

 

Lien avec alchimie, émeraude sur la couronne de Lucifer,

http://elen.over-blog.com/article-23775641.html

http://www.ledifice.net/7065-3.html

La couleur verte de l’émeraude est la couleur médiane entre les couleurs exothermiques (rouge, orangé, et jaune), associées au monde de l’incarnation et les couleurs endothermiques (bleu, indigo, violet) associées au plan céleste, elle permet donc l’incarnation des énergies subtiles au sein de la matière. 

Table d'Emeraude +++++

28 juillet 2013

Lumière et connaissance, Lucifer, philosophie historique

http://data.over-blog-kiwi.com/0/45/07/86/201302/ob_29b0a7_lumiere-du-soir-lumiere-du-matin-l-entre-circulat.pdf

Anthony Rousset, philosophe, écrit: la connaissance se définissant comme une illumination de l’intellect; Lucifer devient, en concluant le syllogisme, le Dieu de la lumière et de la connaissance, donc l’un des dieux tutélaires de la philosophie.

Sur le péché capital de l’orgueil, il dit: Lucifer, si enivré de la lumière qu’il porte et qui en fait le soutien primordial de Dieu, se prétend l’égal de celui auquel il doit,  être asservi et soumis. Par où il porte l’étendard des hommes insatisfaits de leur rang de créatures qui veulent se faire eux-mêmes divins, notamment par la connaissance (comme chez les gnostiques) qui en vient à supplanter l’humble amour de Dieu.

Résumé + compléments

http://data.over-blog-kiwi.com/0/45/07/86/201302/ob_29b0a7_lumiere-du-soir-lumiere-du-matin-l-entre-circulat.pdf

 

XIX° siècle, 

V Hugo La fin de Satan Oeuvre posthume, inachevée.

Les derniers vers de La Fin de Satan de Victor Hugo annoncent un pardon divin pour l’archange qui se rebella contre son Dieu. 

 

XVIII°

le Père-jésuite Tournemine, remarquable critique impartial, avance que Lucifer apporte la clarté, les lumières de la connaissance et de la révolte. Il reprend la définition du savoir comme illumination.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucifer

 

Le judaïsme et le premier christianisme distinguaient Lucifer des anges déchus placés sous le gouvernement d’Azazel. http://revelationbible.free.fr/francais/Azazel.htm

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ange_déchu

http://fantastique-arts.com/fr/definition-de-ange-dechu.php

 

Livre d'Enoch Le mobile de cette damnation vient de ce que l’archange osa défier Dieu, entraînant les autres rebelles dans sa chute.

 

Livre d’Isaïe mentionne un ange porteur de lumière4, que les premiers chrétiens identifient au Christ.

 

Lucifer non satanique. Le Moyen Âge le comprend comme le plus grand et le plus brillant de tous les anges. 

 

Père de l'Eglise, Saint Augustin, (IV°-V°s) la clarté divine provoque une illumination intérieure, par une correspondance entre la lumière physique et la lumière intérieure de la connaissance

http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_d'Hippone

Cette vision du monde chez les maîtres de sagesse qui vont inspirer Augustin s'articule sur un univers vu comme cohérent, comme un « cosmos, un monde structuré »93

Augustin reprend le « connais-toi toi-même » de la sagesse grecque, pour lui la connaissance de soi dépend de Dieu105, car à la suite de l'apôtre Paul de Tarse, Dieu est sagesse et Dieu nous permet d'entrer dans l'intime de nous-même. 

Pour Augustin le monde est bon si on le contemple dans la perspective de Dieu, mais l'homme tombe dans le péché quand il le voit dans la perspective des hommes

Péché originel : il est malgré tout le fruit de l'orgueil (superbia) qui veut que l'homme soit l'égal de Dieu168, qu'il soit aussi créateur que Dieu, de sorte qu'il déforme (perversitas) « le sens originel de son être créé, qui était justement de le renvoyer par-delà le monde à sa véritable origine »

« la prédestination c'est la grâce; la grâce est l'effet de la prédestination »

doctrine selon laquelle tout événement était chargé d'une signification précise, comme acte délibéré de Dieu »179. La prédestination chez lui ne saurait être séparée de l'action et de la persévérance. La prédestination puise aussi dans le sentiment populaire des chrétiens d'Afrique qui voyaient leurs héros comme prédestinés180.

Pas de crucifix à son époque*

communauté issue d'Adam (la cité des hommes) où nous sommes par naissance tous liés notamment par le péché originel. Après la venue du Christ, naît une nouvelle communauté, la cité de Dieu, où les hommes sont également tenus de s'aimer mais où ce n'est plus le genre humain qui compte, mais les êtres particuliers, et où « toute relation à l'autre devient un simple passage vers la relation directe à Dieu »

Augustin est aussi celui qui au livre XXI de la Cité de Dieu, comprend de façon littérale et non plus symbolique les peines de l'enfer, instaurant un élément de peur, peut-être lié au contexte difficile de la fin de l'Empire romain, dont l'occident ne se débarrassera qu'au xviiie siècle228. Hannah Arendt écrira « rien ne distingue plus radicalement les masses modernes de celles des siècles passés que la perte de la foi en un Jugement dernier »

 

François de Sales maintient cette interface entre la lumière temporelle du monde physique et la lumière éternelle de la divinité. Le savoir désigne le passage de la première à la seconde : « voyant le jour, passez de la considération de la lumière corporelle à la spirituelle. » Toute démarche de savoir suppose, pour le psaume comme pour les deux théologiens (St Augustin,St François de Sales), le passage de l’émerveillement face à la lumière terrestre à une pénétration intellectuelle, noétique, de la lumière divine.

 

L’activité intellectuelle consiste soit à comprendre pleinement la métaphore, soit à rendre totalement efficace le symbole. Dans les deux cas, la lumière est un mode d’accès au savoir. Partant, ce dernier est une illumination intérieure.

 

L’humanisme de la Renaissance

Bien qu’héritier d’un catholicisme marqué, depuis Saint Augustin, par le poids du péché originel, le néoplatonisme médicéen le minore et se situe dans cette pensée d’une lumière divine, d’une humanité non ou peu pècheresse.

 

Le mot d’ordre de l’humanisme néoplatonicien et notamment ficinien, à savoir l’élévation de l’humanité à un rang quasi-divin5, s’accomplit par le rejet de la condamnation de l’orgueil satanique, mais non de l’illumination aurorale luciférienne. 

 

Marsile Ficin croit en une destinée divine de l’humanité.  la destination de l’homme est de s’élever à la divinité, ce qui suppose de minorer le poids du péché originel. Car l’homme est moins cet être souffrant terriblement de la finitude imputable à la chute consécutive à la faute adamique qu’un être si digne que, appelé à se faire lui-même (Pic de la Mirandole, Discours de la dignité de l’homme), son site propre et qu’il doit rejoindre est le même que celui de Dieu.

Marsile retrouve une formule biblique, issue de l’Épître aux Romains : « le soleil est ce qui peut le mieux te signifier Dieu lui-même. »

Et ceci traverse de part en part le catholicisme romain, florentin, italien. 

 

De nombreux textes de l’humanisme italien héritent de cette ambition divine – « fieri deus » chez Ficin, ou se faire soi-même de telle sorte que l’on devient dépositaire de la raison du monde chez Pic de la Mirandole.

Faust porte l’empreinte de cette prétention de l’humanité à acquérir un savoir proprement divin – qui ne manquera pas, s’écrivant en langue allemande, de devenir un savoir absolu.

Si Faust est, dans son rapport à la gnose et au savoir absolu, la figure en dernière instance du philosophe, alors la lumière issue de Lucifer porte la philosophie

 

À l’opposé, le luthérianisme, en tant qu’il place au centre de son dispositif la Croix du Christ et par là-même le péché originel (puisque la Croix n’est que le corollaire du péché, ce qui en offre une possible rédemption), jette sur l’éclat de cette lumière archi- angélique un voile d’ombre, celui du bois dressé au mont Golgotha et qui dessine son ombre comme une tache sur le soleil.

 

Le néoplatonisme reprend cette idée d’une illumination intérieure, mais elle appartient avant tout à la tradition chrétienne. Soit qu’il faille considérer la lumière créée, visible et physique comme métaphore de la lumière incréée, invisible et divine, soit que la première devienne le symbole ou le miroir de la seconde, nombreux sont, depuis les textes bibliques eux-mêmes, les auteurs chrétiens qui se livrent à une pensée de l’illumination.

 

La source de cette lumière que Syrianus en vient à rendre visible, à phénoménaliser, vient de Platon – et il est même possible que Proclus, par sa théorie de la chaîne d’or, anticipe la prisca théologia ficinienne. D’une part, l’accès au savoir est une illumination, une transmission de la lumière par des hiérophantes eux-mêmes dépositaires ou réceptacles des rayons du soleil, des vérités divines révélées par Dieu aux premiers théologiens. D’autre part, la lumière, en tant qu’elle est un rayon émané du soleil, de Dieu, contient un savoir éminent, divin, absolu. Elle éclaire les hommes en le leur révélant. Par là-même, elle les élève en intelligence et en dignité au point, si ce n’est véritablement de les rendre divins, à tout le moins de les rapprocher de la divinité. Le passage (métaphorique chez Proclus ou symbolique chez Ficin) de la lumière créée à la lumière incréée rend efficace la conversion de l’âme.

La lumière rend possible toute connaissance ; elle est le schème de la Révélation. En tant qu’elle élève l’âme et l’intellect en rendant visibles les vérités divines, cette lumière est celle de Lucifer, d’un désir intellectuel total.

 

Cette philosophie (et non cette science positive) de la lumière entrevue comme garante et gardienne d’une œuvre majeure de Proclus apparaît la plus haute dans le néoplatonisme médicéen, dès l’œuvre de Marsile Ficin. Le néoplatonisme est une métaphysique voire une théologie de la lumière. Il trouve son point culminant dans la Florence des Médicis, dans cette terre d’Italie sublimée par les hiérophanies du matin et du soir.

 La lumière d’en haut éclaire ce qui est en bas ; et inversement la lumière terrestre est le symbole de la lumière supra-céleste11

Ce système de reflet entre le haut et le bas n’est pas sans rappeler la table d’émeraude, dont la présence est d’autant plus importante que l’hermétisme connaît un public inattendu à la Renaissance et notamment à Florence. Ceci est étudié par Eugénio Garin, dans Hermétisme et Renaissance.

Le parcours des degrés de la lumière est une élévation de l’âme vers Dieu12, lumière des lumières. 

12Cette élévation, en sa compréhension la plus poussée, est un rapt de l’âme par Dieu. Cf. Ficin, Le Rapt de Saint Paul, in Métaphysique de la lumière, l’Act Mem, Chambéry, 2008.

Cette transition – à plus haut sens – de la conversion en ravissement est du plus haut intérêt pour l’économie interne du néoplatonisme en son histoire, mais nous la mettons ici de côté.

 

la lumière qui est comme une puissance divine dans ce temple du monde renvoie une image ressemblante de Dieu» 14 . Telle est l’assise du symbolisme ficinien de la lumière.

Cette importance de la lumière du matin dans la philosophie de la Renaissance se retrouve chez Pic de la Mirandole, bien qu’il ne soit pas aussi proche du néoplatonisme que Ficin.

Le savoir consiste à « contempler celui qui porte à bon droit le titre de père et de guide, le Soleil »15

 

La lumière luciférienne et élévatrice de l’étoile du matin désigne ce savoir divin qui est pour Pic le vrai site de la destinée humaine. 

 

Le trajet double de la lumière du matin, qui éclaire les intellects et les âmes puis qui rend visibles les vérités divines, est l’un des axes essentiels de ce néoplatonisme ascensionnel. Lucifer, en tant qu’il apporte cette lumière le matin, nous rend semblables à ce coq participant au banquet des dieux, là où l’on se nourrit d’ambroisie – laquelle est à n’en pas douter le haut sens de l’eucharistie.

l’enseignement de Marsile Ficin18. La haute philosophie peut se définir comme cette sagesse et ce savoir, qui cherchent à pénétrer le feu ardent, centre de la lumière vénusiaque et révélatrice de l’absolu en soi et pour soi. 

 

Ficin fait droit à une part d’ombre. Chaque degré de lumière se définit aussi comme l’ombre du degré supérieur. Sauf que le dernier degré, la lumière ultime voire Dieu lui-même25, est une lumière sans ombre. « Mais Dieu lui-même est une lumière immense existant en soi et par soi en toutes choses, et au dehors de toutes par suite de son immensité »26. Puisque Dieu est « lumière des lumières »27, l’ombre n’est qu’un accident imputable à l’imperfection des degrés antérieurs. 

 

En conclusion, le néoplatonisme, et plus généralement toute la Renaissance, se placent sous la tutelle d’un Lucifer qui n’est pas Satan. Or cette lumière est aussi un feu. Se plaçant dans l’état de la lumière et de l’illumination, la philosophie est elle-même l’une de ces filles du feu chères à Gérard de Nerval. Faut-il alors la comprendre eu égard aux mythes du feu, à l’instar de celui du phénix – lequel nous éloigne de l’aurore et nous rapproche du crépuscule ?

 

LA TRADITION NORDIQUE, NOTAMMENT ALLEMANDE, ELEVE LA LUMIERE DU SOIR A SA PLUS HAUTE CONCEPTUALITE.

 Wagner. Le prélude du Rheingold est cette musique d’émergence depuis un fondement indifférencié (selon quelques idées essentielles de Schelling) ; cette percée sous-marine d’une lumière issue de l’ombre qui officie comme détermination et différenciation originelles. Et le Götterämmerung s’accomplit dans un incendie total, un feu qui dévore l’ancien monde, Vesper qui achève la lumière de Lucifer. Le feu, par la lumière du soir ou du crépuscule, met fin à cet âge du monde ou à cet état de la Terre pour préparer l’advenue d’un âge renouvelé, meilleur. Lucifer préside au commencement, Vesper brûle de son dernier feu les états matinaux ; ce faisant, elle prépare le retour sous une forme améliorée de Lucifer. 

Telle est la seule espérance, au point de vue cosmique des âges du monde ; espérance qui ne va pas sans un certain pessimisme anthropologique, car il s’agit d’accepter en pleine conscience et lucidité l’épreuve du crépuscule au sein même de la nature humaine.

 

La mythologie du Nord rejoint le christianisme, voire le luthérianisme, de Hegel, fort loin du catholicisme italien de Ficin : de la même manière que le passage par la croix du Christ (et avec lui de l’humanité en son entier comme par participation) suivi de sa résurrection ouvrent la possibilité d’un Salut20 dans l’unité du geste de la Passion,

Dans La Divine comédie de Dante (Enfer, chant IV, notamment vers 33 à 42), les hommes de qualité n’ayant pas connu le Christ n’ont pas part au paradis, ainsi seul le Christ permet le salut.

…le feu vespéral de Wagner en même temps détruit un âge inférieur et prépare un âge supérieur qualitativement, gagnant en spiritualité vivante et en liberté.

 

LA NECESSITE DE DONNER SON DROIT A LA LUMIERE DU SOIR PROBLEMATISE LA CONCEPTION PLA TONICIENNE DE LELEVATION DE LAME.

M Ficin : l’élévation et la conversion, en tant qu’elles désignent le passage obligé par chacun de ces degrés jusqu’à l’ultime unio mystica où le visible est la même chose que ce qui est vu, ne traversent pas l’épreuve des résistances internes, l’épreuve du négatif ; comme c’est le cas des procédures de l’esprit dans le système hégélien. Avec Hegel, l’élévation linéaire cède place à un approfondissement et une Aufhebung spiralés.

 

Après les destructions tourmentant l’Occident contemporain il ne semble plus possible de penser que la lumière est Dieu, et que les différents degrés de la lumière sont, chacun dans son ordre, issus ou plus exactement émanés22 de cette première lumière parfaite et sans ombre. 

22 Cette précision porte l’un des aspects essentiels de la différence entre Wagner et Ficin dans la question de l’engendrement. Là où le prélude du Rheingold reste dans un modèle de l’émergence, Ficin propose une théorie émanatiste (relative à l’émanation). Au fond, la pensée allemande accède à une pensée plus élevée du fondement ; alors que le néoplatonisme est un savoir du principe.

La dignité de l’homme en vient à faire problème, tant la haute destinée que lui assignent Ficin et Pic semble désormais inadaptée à des hommes brisés et traversés par l’expérience du mal physique et moral. Cette découverte du fait que le centre de l’homme est davantage un trou qu’une âme comprise comme axe de retournement en vue d’une auto-conversion élévatrice traverse et pour ainsi dire hante l’âge moderne. Tel pourrait être le sens profond de la psychanalyse freudo- lacanienne, où ce vide devient un sujet barré. Ceci confirme le propos freudien selon lequel la découverte de la psychanalyse est le symptôme des manques et des crises qu’elle étudie. Dans un autre ordre de langage, la position néoplatonicienne de l’Un-Bien se trouve contrebalancée gravement par l’expérience du mal, jusqu’à celle du mal radical ou absolu (dans un sens plus proche de Schelling que de Kant). Ce contre-balancement du Bien et du Mal se symbolise dans la circularité de l’aurore et du crépuscule.

 

La possibilité et même la réalité du crépuscule doivent inquiéter la philosophie et la conduire à une conscience maximale, lucide et donc dédoublée d’elle-même entre les deux modes de la lumière, entre le Bien et le Mal, entre le fas et le nefas, entre la dignité de l’homme et la vacuité de son centre, entre le faste du catholicisme italien et le sens de la faute dans le luthérianisme nordique.

 

toute science et toute philosophie ne peuvent plus croire, comme jadis Ficin, qu’elles habitent un âge d’or entièrement lumineux, ou régi par les hiérophanies glorieuses (qui s’apparentent à des théophanies, s’il est vrai que chez Ficin Dieu est lumière, dans une fidélité au texte biblique présentant le Christ comme la lumière des nations). Mais, sachant cette ombre ou ce crépuscule, elles doivent s’en servir pour comprendre voire préparer, par un acte de création intellectuelle, le retour de Lucifer demain matin. Souvenons- nous de Wagner : le crépuscule des dieux annonce un âge supérieur ou meilleur. Souvenons- nous de Hegel : l’Aufhebung après la négativité opère un saut qualitatif, l’abolition est aussi une conservation et une élévation. Souvenons-nous de la théologie chrétienne : la mort et la résurrection du Christ en leur efficace opèrent la possibilité du Salut et de la justification.

 

Là où le ficinianisme vise la lumière sans ombre, l’épreuve d’une philosophie qui assume son moment vespéral, qui reconnaît avec lucidité que les crises ne sont pas de simples accidents mais qu’elles structurent en profondeur toute humanité et toute pensée, ne peut plus viser un tel éclat pur.

 

LUCIFER

Lucifer est le dieu de la lumière ; or, la connaissance se définissant comme une illumination de l’intellect; Lucifer devient, en concluant le syllogisme, le Dieu de la lumière et de la connaissance, donc l’un des dieux tutélaires de la philosophie.

 péché capital de l’orgueil. Lucifer, si enivré de la lumière qu’il porte et qui en fait le soutien primordial de Dieu (s’il est vrai que celui-ci est lumière), se prétend l’égal de celui auquel il doit, selon les hiérarchies angéliques, être asservi et soumis. Par où il porte l’étendard des hommes insatisfaits de leur rang de créatures qui veulent se faire eux-mêmes divins, notamment par la connaissance (comme chez les gnostiques) qui en vient à supplanter l’humble amour de Dieu7.

 

savoir interdit aux hommes et réservé, si ce n’est à Dieu, à tout le moins aux êtres célestes – à commencer par l’archange Lucifer qui, même en devenant Satan-Méphistophélès, garde la mémoire de la haute vérité qu’il comprenait auprès de Dieu.

 

Si Faust est, dans son rapport à la gnose et au savoir absolu, la figure en dernière instance du philosophe, alors la lumière issue de Lucifer porte la philosophie

 

Lucifer et Vesper ne sont que deux noms subordonnés et contradictoires de Vénus, l’aurore et le crépuscule ne sont que deux modes de la même substance « lumière »...

 

RECONCILIATION

 

Dans le néoplatonisme, dans la tradition de l’Italie, la lumière et le feu viennent du soleil, de Dieu ou des dieux, pour illuminer les êtres de la terre et les porter à leur accomplissement ou perfection par une élévation et une conversion tout autant que par le savoir total. Ceci suppose un élan de désir, un élan amoureux. L’activité de la lumière n’est possible que parce que l’humanité est amoureuse, érotique, vénusiaque. Le néoplatonisme est la religion de Vénus.

 

chez Wagner, dans les traditions celtiques, le feu vient de la terre, du bucher et de l’échec ou du drame de l’amour de Siegfried et de Brunhilde. Ce feu terrestre détruit jusqu’aux dieux, par l’incendie final du Walhalla. Bref, à la lumière du matin, aurorale, du néoplatonisme, s’oppose une lumière terminale et crépusculaire, nordique. 

 

Au cœur même de sa conscience lucide du crépuscule, la philosophie maintient l’espérance de l’aurore.

 

En passant du symbole au symbolisé, ce point d’entre-circulation s’impose comme le site propre du savoir moderne. Il maintient à la fois une attention à son point éminent (ici, le néoplatonisme) et une conscience aigue des destructions (ici, Wagner) que la terre et l’humanité ne manquent pas de traverser. Ce point d’entre-circulation, qu’un hégélien ne manque pas de comprendre comme le point de vue du Concept, est le but final de toute recherche philosophique et plus généralement de tout savoir qui se confronte au temps présent.

 

CONCLUSION Lucifer et Satan s’opposent au titre de deux substances séparées. Puis l’abolition de la substance de Satan ne laisse perdurer que celle de Lucifer. Pourtant Lucifer est moins une substance autonome qu’un mode particulier d’une substance plus haute et plus unifiée, celle de la lumière en tant que telle, et dont le nom symbolique est Vénus. Cette substance vénusiaque comprend deux modes. Le premier se nomme symboliquement Lucifer. C’est la lumière du matin, l’aurore, le Bien en soi, l’idéal, l’aspiration de l’humanité à la divinité. Le second mode se nomme symboliquement Vesper. C’est la lumière du soir, le crépuscule, la réalité du déclin voire de la destruction, la conscience de la vacuité du centre. Enfin, tout savoir émerge depuis le point d’entre-circulation de ces deux modes.

 

il est permis de croire que cet échange, cette entre-circulation, entre le matin et le soir, entre les deux modes de la lumière, est peut-être le sens vrai du retournement de Dante sur le corps de Lucifer dans le dernier chant de l’Enfer. Sortant de Vesper, de la traversée des Enfers, Dante rencontre la possibilité de la résurrection de la lumière jusqu’à l’illumination ultime dans cette contemplation de l’éclat de l’Empyrée au terme du Paradis. Et ainsi la mythologie la plus archaïque soutient la philosophie postmoderne en quête du point d’entre-circulation, qui est son feu suprême et éminent.

 

Et, par exemple, l’humanité devient scellée de cette double postulation simultanée qui à la fois lui donne comme vocation solaire de s’élever à la divinité, et qui reconnaît qu’elle est traversée et hantée par une ombre structurelle, par une morsure et une brisure intimes31. Il se pourrait plus généralement que cette entre-circulation des modes luciférien et vespéral, fas et nefas, loin de n’être que la clé de la constitution de l’humanité et de l’esprit humain, soit celle de la culture en son ensemble, au point d’être la clé du chiffre de la modernité.

 

Dante, Convivio, II, XIII, 13-14 : « Et le ciel de Vénus se peut comparer à la Rhétorique pour deux propriétés : l’une est la clarté de son aspect, car elle est très douce à voir par-dessus toute autre étoile ; l’autre est son apparaître tantôt le matin tantôt le soir. Et ces deux propriétés sont en la Rhétorique ; en effet la Rhétorique est la plus douce parmi toutes les autres sciences, car c’est à quoi elle met principalement son entente ; et elle apparaît le matin, quand le rhéteur parle devant le visage de l’auditeur ; elle apparaît le soir, autrement dit derrière, quand c’est par lettre, à distance de temps, que parle le rhéteur. »32

 

Rep http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_d'Hippone#Influence_d.27Augustin_sur_le_monde_occidental_jusqu.27.C3.A0_la_Renaissance_fran.C3.A7aise_15e.C2.A0si.C3.A8cle

Le recours trop exclusif à saint Augustin est certainement l’une des causes qui ont le plus contribué à séparer plus tard l’Occident du reste du monde chrétien (mais l'augustinisme + que St A lui-même est en fait en cause)

…dévalorisation de la volonté et de la liberté humaine qui introduit une conception de l’ascèse et de la vie spirituelle très éloignée de celle de l’Orient chrétien (fondée sur la synergie de la grâce et de l’effort humain) ; conception d’intermédiaires créés entre Dieu et l’homme (théophanies) qui inaugure la théorie latine de la grâce créée ; conception du péché originel qui ouvrira la porte à la doctrine de l’Immaculée Conception

 

prédominance d'Augustin dure jusqu'au début du xiie siècle.

Son ouvrage la Cité de Dieu pas toujours bien compris sert de creuset à l'ordre politique et social qui se met en place, grand renouveau de la philosophie néoplatonicienne » qui survint durant ce qu'on appelle la Renaissance du xiie siècle.

À partir de la fin du xiie siècle l'occident peut accéder à l'œuvre entière d'Aristote (alors que jusqu'à cette époque, il ne dispose que de son œuvre logique), grâce en particulier aux traductions de l'arabe et du grec

La pensée d'Augustin qui a jusque là régné en maître décline, Aristote devient « le Philosophe »252, et le platonisme et le néo-platonisme qui ont tant imprégné la pensée d'Augustin perd de son influence tandis que Thomas d'Aquin devient progressivement la référence. Mais les conflits entre Augustiniens et thomistes seront importants au xiiie siècle en opposant deux grands ordres religieux : d'un côté les dominicains ralliés à Thomas d'Aquin, de l'autre les franciscains ainsi que les Grands-Augustins 

 

La pensée d'augustin est très présente au xvie siècle et au xviie siècle deux siècles d'intenses débats « sur la liberté, la grâce, sur l'impuissance de l'homme sans Dieu » 255. La pensée d'Augustin a joué un rôle tant chez Jean Calvin qui « présentait son œuvre comme une mosaïque augustinienne »258 que chez Martin Luther, un moine augustinien.

 le xviie siècle est le siècle de Saint Augustin »258avec « christianisme augustinien »

Côté lumière, le siècle est marqué par l'idée de retour sur soi – Connais-toi toi-même – si forte chez Augustin, et en conséquence réfléchit beaucoup sur l'âme268. Le siècle est aussi marqué par l'idée augustinienne d'un Dieu intérieur, qui pour reprendre Pascal « remplit l'âme et le cœur de ceux qu'il possède »

 

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