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21 mai 2014

Barbe Bleue, conte et variantes

Barbe Bleue

Version antérieure, L'Oisel emplumé http://fr.wikisource.org/wiki/L’Oisel_emplumé

Voir commentaire http://groupe-jung.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=50:figures-du-couple-persecuteurprotecteur-dans-le-monde-interieur-du-traumatisme-laurent-meyer&catid=38&Itemid=76

Laurent Meyer reprend de Kalsched l’exemple du conte de Grimm « Fitcher’s bird ». Ce conte, proche de celui de Barbe Bleue, nous montre un sorcier, face sombre du Soi, qui capture l’une après l’autre, trois sœurs, figures de l’innocence du Soi clivé protégé par les défenses archaïques. Il y a deux mondes, celui de la réalité et celui de l’imaginaire. Le sorcier exprime l’interdiction, sous peine de mort, d’entrer dans une pièce, où se trouvent les restes démembrés de ses crimes, mais donne aux jeunes filles la clé pour y entrer, en même temps qu’un objet protecteur, un œuf. Le sorcier n’est donc pas le mal absolu, il a peut-être l’espoir secret que le principe de vie, l’œuf puisse un jour l’humaniser. Seule la cadette des filles saura se préserver grâce à cet œuf. Les deux premières peuvent être vues comme illustrant l’envoûtement du moi traumatisé par la face négative du Soi primaire. Il faut briser le sortilège, et c’est un processus violent. Une fois ses sœurs remembrées, la dernière sœur utilise la ruse pour les faire ramener à la maison par le sorcier lui-même et ensuite elle se travestit en oiseau, qui incite le sorcier et tous ses invités à entrer pour la noce de la cadette et du sorcier dans le château où ils seront détruits par le feu, avec l’aide des hommes envoyés à la rescousse par les sœurs retournés chez le père.

La ruse doit être employée, c’est la figure du Trickster qui est une représentation archétypale ambivalente qui est un , agent possible de transformation, car il porte les deux côtés du clivage, il et permet de restaurer une capacité transitionnelle.

Le sorcier est ici l’équivalent de la destructivité primaire infantile, devenue diabolique du fait du traumatisme. Pour aller vers un moi humain ancré dans la réalité, les puissantes énergies du Soi archaïque doivent être sacrifiées. Le palais du sorcier si magnifique doit être détruit, le sacrifice est nécessaire. Pour cela, les hommes envoyés par les sœurs sont nécessaires, c’est la face positive du masculin, l’agressivité masculine au service du développement du moi.

http://www.ac-caen.fr/ia50/circo/val/peda/un%20livre%20pour%20l%20ete%202011/Barbe%20Bleue/interpretations%20de%20barbe.pdf

La Barbe-Bleue de Perrault

Bruno Bettelheim nous informe, dans son livre La psychanalyse des contes de fées, que La Barbe-Bleue reprend des thèmes anciens de contes russes ou scandinaves. La mise à l’épreuve de l’épouse par exemple rappelle que dans certaines parties du monde, seule l’infidélité conjugale, parmi les manquements possibles de la femme, autorisait le mari à la tuer. Autre motif important, celui de la clé maculée de sang, il prévient le mari d’un forfait ou d’un meurtre, dans ce cas-ci, celui de l’infidélité et du manque de loyauté.

 

Grimm L'Oiseau d'Ourdi

Barbe-Bleue et L’oiseau d’Ourdi traitent tous deux du thème de la chambre interdite. Les éléments qui dénoncent la femme sont la clé dans Barbe-Bleue et l’œuf dans L’oiseau d’Ourdi. L’œuf est le symbole de la sexualité féminine; la clé, celle du sexe masculin. Dans les deux contes, la fidélité des jeunes filles est mise à l’épreuve avant le mariage. La transgression du secret est un acte de trahison qui mérite châtiment : la mort. Comme pour la version de Cendrillon, les frères Grimm vont plus loin dans la cruauté et la violence des actes. Les scènes policées et élégantes de Perrault deviennent plus sanglantes. On assiste à un véritable bain de sang et de chair humaine.

 

Conte breton, Barbe rouge

Barbe-Rouge s’était marié sept fois et avait perdu successivement ses femmes au bout de peu de temps de mariage. Avec la huitième, il vécut dix ans et eut deux filles et un garçon. Un jour, il lui prit une telle haine contre sa femme qu’il résolut de s’en débarrasser. Quand elle rentra de la messe, il lui annonça sa décision de la tuer. Elle consentît à condition de porter ses habits de noces. A l’étage, elle retarda le plus qu’elle pu l’heure de son exécution et fit des signes à des cavaliers passant par là. Lorsqu’elle dut descendre, des militaires vinrent la secourir et tuèrent Barbe-Rouge. Au bout de son deuil, elle se maria avec l’un d’entre eux.

Commentaire

Ce conte, tiré du livre des Contes populaires bretons recueillis par F.-M .Luzel, semble être un mélange de la version traditionnelle de Barbe-Bleue et d’une comptine célèbre «Promenons-nous dans les bois...».

En effet, un leitmotiv revient régulièrement dans le conte : « J’aiguise, j’aiguise mon couteau, pour tuer ma femme qui est en haut » et elle répond à ce refrain qu’elle n’est jamais complètement prête « Non, je n’ai encore mis que mon cotillon de dessous [...] Non, dit-elle je suis à chausser mes bas. Etc... » Au final, Barbe-Rouge s’impatiente comme dans le conte de Perrault et elle descend de mauvaise grâce en priant pour qu’un brave chevalier vienne la délivrer.

 

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21 mai 2014

Pascal Bancourt Les mystères de la ville d'Is

Pascal Bancourt Les mystères de la ville d'Is

L'héritage spirituel des légendes celtiques 2003

Alchimie, Conte, Is

Le mythe s'accorde avec l'harmonie de l'univers pour nous appeler à écouter en nous-mêmes la résonance équivalente.

Les images symboliques résultent des analogies liant entre eux les différents plans d'existence. Accès aussi bien au domaine de la cosmologie qu'aux dimensions de la psyché humaine.

 

L'Oeuvre alchimique traite l'âme comme une matière à purifier et travailler jusqu'à ce qu'elle retrouve son caractère divin.

L'Oeuvre se résume par « SOLVE et COAGULA », « dissous et coagule ».

Dissoudre la forme coagulée (fixée), la volatiliser puis la recoaguler pour stabiliser le nouvel état atteint.

L'âme doit d'abord être ramenée à sa matière première qui est l'état originel où aucune forme limitée ne la conditionne plus.

L'âme alors devient malléable et l'Esprit peut lui imprimer une forme plus noble (le vil métal devient métal plus noble) selon l'essence divine de l'âme.

CLES: Dans la symbolique chrétienne, dissolution-coagulation correspondent au double pouvoir des clés: ouvrir en déliant, dissolvant les formes; et fermer en liant ou en fixant les formes.

 

4 modes élémentaires de la matière primordiale sur tous les niveaux de manifestation:

Sous l'aspect Terre, elle tend à figer dans une configuration rigide.

Eau, elle manifeste la capacité à épouser toutes les formes.

Air, (aspect libre et mobile), elle se déplace dans toutes les directions et elle enveloppe subtilement toutes les choses

Feu, elle déploie ses effets à la fois destructeur et transformateur.

 

Initiation Lunaire

La lune aux formes changeantes sert de symbole cyclique au monde des transformations et du devenir.

Les récits d'aventure de Chevalerie correspondent à cette phase avec ses thèmes royaux et guerriers, ses personnages féminins.

Correspond au Petit Oeuvre, dit lunaire symbolisé par la clé d'argent.

Le Petit Oeuvre s'achève avec la transmutation de l'âme et la spiritualisation du corps.

Mystères de la Femme, des Eaux ou de la Lune: ce sont les Petits Mystères.

L'initiation lunaire ou dite royale aboutit à l'état de Sagesse. (Cité ou royaume prospère sagement régenté).

 

Initiation Solaire

Le soleil toujours de forme identique symbolise l'Essence immuable.

Correspond au Grand Oeuvre, dit solaire symbolisé par la clé d'or.

Le Grand Oeuvre effectuera l'incorporation de l'Esprit et sa descente dans l'âme pour aboutir à la production de l'Or.

En passant de l'Oeuvre Lunaire à la Solaire, l'homme quitte le plan des apparences pour entrer dans celui de la réalité.

Mystères du Fils, du Feu et du Soleil: ce sont les Grands Mystères

 

ALCHIMIE

2 Niveaux : Oeuvre lunaire et solaire

ou 3 Etapes en 3 couleurs:

Noir: Phase d'obscurité, destruction du moi individuel durant la 1° phase dite de putréfaction.

Blanc: Phase de pureté, l'adepte achève de se purifier pour ensuite se libérer lors de cette 2° phase.

Rouge: marque la phase de résurrection, l'homme purifié et transmué est assimilé à l'or pur.

 

L'Opération commence par séparer l'âme volatile d'avec le corps fixe.

Puis spiritualisation du corps et dissolutionde l'âme.

Nouvelle fixation, cristallisation dans sa forme nouvelle.

Le processus s'achève par la réunion du corps et de l'âme.

Puis cristallisation dans la forme nouvelle.

Achèvement par la réunion de l'âme et du corps transmués dans la préparation de ce que l'on appelle l'élixir d'immortalité.

 

La réalisation de l'homme ne peut s'opérer sous cet effacement préalable, long et difficile, de toutes les aspirations mondaines.

 

1° étape dite de putréfaction : oeuvre au noir, la matière est d'abord « noircie », donc dépouillée de sa forme initiale, afin que l'identification au moi terrestre soit brisée par la mort de l'ego.

Cette phase de détachement porte les noms de séparation, extraction, dissociation ou dénuement, elle constitue la mort initiatique.

La « séparation » consiste principalement à suspendre l'action de l'organisme animal sur la forme vitale.

Les phases d'obscurité sont désignées c des « descentes aux enfers ».

 

Dès que l'homme cesse de considérer son moi c le centre du monde, il comprend qu'un autre centre intérieur plus réel reste à découvrir pour accéder, via ce point central, à un niveau supérieur de conscience.

L'oeuvre au noir avec son épouvantable traversée des régions souterraines ténébreuses qui désignent les couches obscure et inconscientes de la personnalité, se termine quand commence l'oeuvre au blanc.

La blancheur s'obtient sous le régime de la lune quand la puissance subtile de l'âme jusqu'alors contenue par la conscience corporelle, sera libérée de ses coagulations et passera de l'état assimilé à la Terre, à l'état sublimé en Eau et en Air.

 

Cet état de l'âme restituée à la pureté et à la réception originelles, analogue à l'Eau divine, est illustré par la figure de la Vierge ou par l'image d'une femme idéale.

La substance purifiée sera figée dans son nouvel état par le pouvoir fixateur du Feu de l'Esprit qui va s'affirmer sur l'Eau plastique.

L'état lumineux stabilisé, résultant de cette intervention de l'Esprit – personnifié par la figure du Prince- est souvent exprimé par l'allégorie de l'âme transformée en cristal. La production de l'argent ou de la « Pierre blanche» équivaut à cette rénovation double. Il s'agit de corporifier l'esprit et de spiritualiser le corps jusqu'à ce que les 2 entités deviennent de même nature.

Les épreuves de l'oeuvre au rouge sont encore plus dures et dangereuses car à l'action de l'Eau succède l'intervention dominante du Feu.

L'Argent se transmue en or, le Grand Oeuvre sera totalement accompli quand l'Essence divine se manifestera directement dans la forme humaine renouvelée et l'éclat de l'Esprit divin pourra rayonner directement sur le monde par le relais de ce corps glorifié.

 

Légende de la ville d'IS

En tant que Roi, l'initié Gradlon ne détenait que la Clé d'Argent, niveau d'initiation des Petits Mystères.

CLES: Les Clés ont pour fonction symbolique de livrer l'accès aux Mystères. Fermer, ouvrir les portes, c'est la faculté de lier, délier les formes (dissoudre, coaguler)

La Clé dérobée à Gradlon de nuit: allusion à la phase nocturne de l'initiation où les facultés conscientes sont abaissées pour ne pas s'opposer au surgissement des Eaux (dissolution) alors contenues par les défenses conscientes.

Mais Gwénolé réveille Gradlon car cet abaissement doit rester limité, la conscience du candidat doit reprendre le dessus.

La clé qui symboliquement ouvre la voie à la connaissance supérieure et au niveau de conscience équivalent est à rechercher dans la profondeur de soi-même où la réalité divine est inaccessible à la conscience ordinaire.

La dissolution consiste bien à ouvrir aux Eaux primordiales les portes de la digue, ou encore « les portes de l'abîme » tandis que le verrouillage de la puissance dissolvante des Eaux correspond à la coagulation de la forme humaine et à sa préservation dans son état actuel solidifié.

Même symbolisme avec les clés de Pierre qui peuvent lier et délier « sur la terre comme aux Cieux.

La souveraineté intérieure indique dans son sens allégorique le principe ordonnateur situé au centre de l'individu, élément d'essence spirituelle, qui rétablit l'équilibre entre les divers constituants de l'être.

C'est cette harmonie interne que symbolise le règne du souverain sur un pays sagement gouverné.

Le souverain correspond à l'unité en tant qu'élément central de l'homme, la part de l'être destinée à triompher de ses ennemis intérieurs (mauvais penchants facteurs d'erreur)

Royaume correspond au territoire symbole de l'être humain stabilisé à son degré de conscience actuel qui est le plan terrestre pour l'état ordinaire où règne la multiplicité par le démembrement de son unité 1°.

 

L'être humain dans sa nature inférieure se compose de centres secondaires repgroupés en 3 entités principales:

Centre instinctif et sensitif

Centre émotionnel et affectif

Centre intellectuel ou mental.

Ces centres de pouvoir s'entre-déchirent. La reconstitution de la royauté intérieure entraîne dans la nouvelle âme réunifiée la régénération de l'unité originelle et de la restauration de l'harmonie dans l'être humain.

 

Légende la ville d'Is

La fille du roi représente l'aspect passionnel de la personnalité. L'être humain s'attache à sa composante de son individualité qu'il a lui-même « engendrée » en la façonnant au cours de son existence et cet attachement peut le conduire à sa perte s'il obstine à en demeurer l'adorateur et l'esclave aveugle. Donc renoncement à ce fardeau aussi déchirant que soit cette séparation. Le déchaînement des Eaux dissolvantes serait fatal pour l'être qui n'aurait pas maîtrisé sa propre nature en se détachant de cet élément passionnel encore entaché d'impuretés.

 

L'initié aux petits Mystères jusqu'alors considéré comme « féminisé » en ce sens que l'objectif consistait à ramener sa composante à l'état de sa substance 1° malléable considérée comme d'essence féminine. Mais à une nouvelle étape de l'oeuvre, l'initié se verra appelé à dépasser la condition symboliquement assimilée au « règne de la femme ».

Pour cette dernière phase, le symbolisme hermétique emploie la métaphore de la mort ou du meurtre de la femme dominatrice.

 

L'état intérieur stabilisé correspond à l'image de la cité et du royaume prospère et sainement régentés est appelé état de Sagesse, celui auquel aboutit l'initiation lunaire ou dite royale.

Seule une autorité véritable arrachée de toute compromission avec un pouvoir qu'elle ne doit pas exercer elle-même, peut transformer un homme de talent politique en un génie bienfaisant.

Le concile de Tours en 567 condamne comme diabolique les croyances aux fées ou autre : à partir du moment ou la signification allégorique d'un mythe s'était perdue, le danger de voir les formes dégénérer en superstitions populaires justifiait cette réaction.

 

POISSON Dans son sens symbolique le poisson correspond à un état de conscience équivalent à ce que représente l'élément Eau. Il est assocéi à l'idée de révélation et de sagesse propre à cet élément, car il figure également l'Esprit manifesté dans les Eaux.

En tant que nourriture le poisson représente l'état de sagesse que prend l'élément Eau une fois que l'Esprit divin à laissé en lui son empreinte; manger du poisson équivaut à communier aux énergies du même niveau transcendental.

 

VIN Le vin, symbole de l'Esprit et de sa lumière, il évoque une essence volatile liée à l'image du feu, ayant la propriété d'enflammer ou d'exalter.

Le vin produit une exaltation de la pensée pouvant mener jusqu'à la révélation. L'ivresse supérieure est transfigurante, celle de l'Esprit déconditionné.

 

Légende de la Ville D'Is

La forteresse désigne les limites que la forme humaine dans son durcissement oppose à toute tentative que l'individu entreprend pour pénétrer à l'intérieur de lui-même. La salle secrète, le saint des saints fait référence au centre caché de l'être si difficile à atteindre.

La vertu royale : le Roi n'est rien sans le personnage féminin de la reine, mère et amante, véritable détentrice de la puissance et incarnant la souveraineté.

 

Virginité: au sens mythologique, la vierge était toujours disponible et pourvoyeuse de Forces nouvelles pour de nouveaux amants. La reine détentrice de la souveraineté de la force de vie et du potentiel créateur mais qui connaît également le côté sombre de la création et la puissance destructrice de sa propre nature, instruit le héros qui bénéficie de ses faveurs.

 

CHEVAL Le cheval enchanté peut transporter son cavalier au dessus des murs, ceux des déterminations et des fixations des formes ainsi qu'au dessus des eaux.

 

Le cheval ou la jument, au même titre que la femme divine qui le monte confère le pouvoir et la souveraineté au héros que la caclière jugera digne de posséder la monture.

 

Le sens initial du vaisseau volant, tout comme celui de l'envol du cavalier sur son cheval aérien se réfère à la phase alchimique dite de séparation qui consiste de l'exaltation des parties subtiles de l'être. Dans cette phase dite de sublimation ou de volatilisation de l'âme, le facteur dissolvant ou Eau, joue un rôle essentiel.

La capacité du cheval volant à franchir les obstacles matériel en fait l'image du dissolvant universel tout en préservant le cavalier de la puissance dissolvante.

 

Dragon: correspond à l'énergie primordiale pour toutes les tradition du monde, énergie potentielle motrice de toutes les transmutations

 

Légende de la Ville d'Is

En faisant jeter ses amants dans un gouffre, Dahut amoindrit la personnalité extérieure au point de l'annihiler; elle résorbe la forme humaine dans la profondeur de sa substance indifférenciée.

Evocation de la femme primordiale: image de la Déesse des tertres ou déesse des commencements. Ce sera ultérieurement Macha en Irlande, Morgane en Armorique, Keridwen au Pays de Galles et sous ses 2 aspects dissociés Vénus des Latins, Vierge des chrétiens.

La Grande Déesse ambigüe était la divinité à la fois de la vie et de la mort.

Le Grande divinité féminine assimilée sans connotation dévalorisante à une prostituée n'en demeurait pas moins vierge ou toujours neuve, intacte et disponible symbolisant elle-même le renouvellement de la vie.

 

L'initiation solaire que l'alchimie ainsi que le tantrisme indien appellent la « Voie sèche » de laquelle domine la principe intellectuel du Feu, l'initiation lunaire tient son appellation de « Voie Humide » du fait que l'élément Eau associé à la féminité y joue le rôle essentiel.

 

Pour mettre en oeuvre le Mercure afin de dissoudre partiellement la forme humaine que l'on voulait transmuer, certaines techniques du tantrisme utilisaient l'attraction homme-femme en l'exacerbant pour l'orienter ensuite vers une direction spirituelle. Les Fidèles d'Amour pratiquaient aussi cette méthode alchimique.

A un certain stade de dégénérescence, absolutisation des symboles féminins comme en Grèce dans les Mystères de Rhéa-Cybèle, ceux d'Hécate ou d'Artémis d'Ephèse.

Dans ces cultes émancipés des Mystères supérieurs solaires, les servants

la Déesse en arrivèrent à se diviriliser en lui offrant en sacrifice leur organe masculin et en se vêtant avec des vêtements de femme.

 

Dans les formes supérieures du tantrisme, l'activation de la force élémentaire du sexe et du désir après qu'elle ait touché les couches les plus profondes de l'être devait connaître une inversion de polarisation avant de conduire l'être à la libération.

Si cette transmutation ne s'opérait pas, l'être rétrogradait à l'état d'esclave de cette force au lieu de pouvoir se servir d'elle comme d'un moyen d'élévation.

 

MASQUE, VISAGE

Visage: nature essentielle de la personne par opposition au Masque de l'individu social extérieur que l'on nomme ainsi par référence au masque des acteurs de théâtre.

 

L'expérience de la transcendance ayant un résultat conforme à l'objectif serait que l'épreuve entraîne la RUPTURE ou la réduction du masque sous l'effet d'un traumatisme provoqué par l'irruption d'une force surnaturelle. La force transcendante mise en jeu par un contact avec l'Absolu produit parfois des effets destructeurs car l'intrusion de cette énergie élémentaire tend à balayer ce qui pourrait restreindre sa manifestation.

La dimension transcendante virtuellement présente dans l'amour expliquerait cette aspiration diffuse à l'anéantissement ressenti comme un véritable dépassement qui saisit parfois les aimants animés par la passion.

 

Un visage découvert représente le Dieu manifesté extérieur tandis qu'une face masquée de noir évoque l'aspect informel et non manifesté de la Divinité. (Osiris, « dieu noir »)

 

La promiscuité sexuelle dans un cadre rituel avait pour fin initiale l'abolition temporaire de tous les interdits et de toutes les différences sociales pour viser à travers ces premiers effets immédiats la neutralisation des conditionnements et le dépassement des limites formelles imposées à l'individu.

 

Au sens symbolique, ce dépouillement que le héros doit assumer à l'égard de tout ce qui semble pimenter l'existence terrestre évoque la phase de renonciation à laquelle tout candidat à l'initiation devait préalablement se soumettre, l'effacement de l'égo et le renoncement aux succès mondains précédaient obligatoirement le processus de régénération de la personnalité.

Et même dans la suite des opérations la nouvelle forme appelée à terme à triompher dans la lumière et la gloire, ne commencera à se manifester que dans une fragilité dénuée de tout éclat et de tout prestige.

 

Arme, EPEE dans le rocher

L'arme rectiligne figée dans la pierre rejoint l'arbre vertical en tant qu'évocation de l'axe du monde et de la femme surnaturelle descendue d'en haut par le biais de cet axe; extraire l'épée de la pierre ou de l'enclume équivaut à libérer cette puissance de ses entraves matérielles.

 

POISSON

Le pouvoir magique du poisson – faculté dissolvante de l'élément Eau- est de délier les puissances qui à l'état ordinaire restaient entravées dans les limites de l'être humain.

 

SCEPTRE ET COURONNE

Moyen d'exprimer une véritable domination sur la nature et le monde des formes, cet ascendant extérieur résultant lui-même de la maîtrise obtenue par le sujet sur sa propre nature humaine.

 

La Couronne correspond à la puissance spirituelle, solaire et sacerdotale. Son cercle parsemé de pointes verticales dont la forme suggère les rayons lumineux, est un symbole solaire. Elle figure l'énergie qui irradie sous l'état de chaleur et de lumière, à partir d'un centre représenté par la tête.

R Guénon: Correspondance corps-étape spirituelle:

La Base de la colonne vertébrale équivaut à l'état de sommeil

Le Coeur désigne la phase de germination ou de la 2° naissance

L'Oeil frontal indique la réintégration dans l'état primordial

La Couronne consacre l'accession de l'être aux états supra-individuels

 

Petits mystères, principe féminin appelé dans les Vedas indiens la çakti, puissance élémentaire libérée ou réactivée qui prend parfois le visage terrible de la déesse Kali.

Cette phase où la çakti va détruire l'ancienne forme humaine, se développe jusqu'à un point de rupture par lequel la çakti peut soit se disperser soit tomber sous la domination du principe opposé, dispensateur des formes et considéré comme « masculin ».

 

PONT OU NEF DE CRISTAL

Le verre ou le cristal indique en tant que matière transparente la relation avec une âme rénovée et purifiée. Le pont ou la nef comme moyens utilisés pour le passage des eaux, ne sont autres que la conscience qui va se concentrer pour orienter ses forces sur l'objectif du passage entre 2 mondes.

L'oeuvre alchimique traitait la matière brute de l'âme par les facteurs Eau et Feu pour qu'elle finisse coagulée de nouveau comme un cristal parfait.

Ce nouvel état de l'âme transformée en un cristal lumineux étant appelé l'état de Sagesse. Image du cristal car il devenait apte à refléter la lumière d'en haut.

La traversée du pont implique l'idée de parcourir l'axe qui relie entre eux les divers états de l'existence.

Représentation paradoxale du pont servant à évoquer le lien terre-ciel. Les 2 mondes que constituent la terre et le ciel ont souvent été mis en relation dans une perspective horizontale.

Fonction de bâtisseur de pont entre les 2 mondes donne son sens à sa dignité royale mais aussi à la dignité pontificale du héros solaire qui va s'identifier directement avec l'axe du monde.

 

Danse: cette sorte d'envoûtement donne parfois le sentiment passager de réaliser l'unité entre l'âme et le corps entre l'individu et la communauté entre l'intérieur et l'extérieur.

 

Légende de la ville d'Is

Dahut épargnée par la Danse macabre du Prince Rouge, équivaut à la substance purifiée qui subsiste de l'être, après que ce dernier ait été débarrassé des impuretés liées à ses états de conscience tourbles ce que le conte désigne par les membres de sa cour corrompus sous l'effet des vices de leur souveraine.

Le personnage allégorique qui remplit en l'être humain ce rôle clarificateur désigne une 3° catégorie du feu alchimique intermédiaire entre le feu extérieur impur et le Feu intérieur céleste et qui est un feu destructeur des passions.

Le danger de déraper vers la folie ou vers la destruction de la personnalité subsistait même dans les situations les plus favorables quand l'expérience de l'ouverture s'effectuait dans le cadre d'une initiation authentique.

Le prince au rôle providentiel, fils du Prince Rouge et Dahut incarne un Feu vivifiant intervenant dans la dernière phase de l'oeuvre. Il s'agirait du véritable Feu céleste. La nouvelle forme humaine évoquée sous l'image de la ville engloutie est appelée après qu'elle ait été dissoute et épurée, à émerger de la Substance Primordiale, assimilée à l'océan, en recevant la marque du Feu de l'Esprit. Ce Feu créateur régénèrera l'âme à partir du moment où elle aura atteint ce nouvel état, purifié et lumineux qui la rendra apte à supporter son embrassement.

 

L'Esprit imprimera alors à cette âme une nouvelle fixation ce qu'exprime la nouvelle cité triomphante rénovée. Le langage alchimique donnait le nom de Corps Glorieux à cette forme humaine régénérée, encore évoquée dans les textes alchimiques sous la célébre métaphore de la Pierre Philiosophale.

 

La prise de conscience par l'individu de la dimension transcendante du message qui lui est destiné doit se traduire en lui par une réelle unification intérieure. Quand l'instance rationnelle trouve une explication cohérente, fondée sur des principes révélés qu'elle n'aurait pas pu découvrir par ses seuls moyens, les diverses capacités de l'homme pourront s'unir au lieu de s'opposer entre elles.

A un stade plus avancé quand la restauration de l'harmonie s'opérera dans l'être humain dont l'existence relevait avant de la divisibilité, l'esprit et le corps, l'imagination et la logique, la raison et le sentiment marcheront dans une même direction par effet de cette renaissance à la vie spirituelle.

 

22 avril 2014

Carlos Castaneda, Notes et liens

 

(1) Interview Castaneda 1997

http://letarot.com/pages/pages/Carlos-Castaneda.html

C'est l'intention qui décide de la production d'un chaman, qu'elle soit littéraire ou de n'importe quelle autre sorte. Le travail des chamans est de s'informer eux-mêmes de façon consciencieuse à propos de tout ce qui peut se rapporter à leur centre d'intérêt.

Don Juan avait l'habitude de dire, "Celui qui arrange les idées qui surgissent d'un tel puits d'informations n'est pas le chaman, c'est l'intention. Le chaman est simplement un conduit impeccable". Pour don Juan écrire était un défi chamanistique, et pas une tâche littéraire.

le but du chamanisme de don Juan est de briser les paramètres de la perception historique et quotidienne et de percevoir l'inconnu. Il nous força à transcender l'intellect et à incorporer la notion de briser les frontières de la perception historique. 

Les chamans comme don Juan affirment que tous les êtres humains ont la capacité de voir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers.

Le point d'assemblage: la perception s'assemble à ce point; que l'énergie qui circule dans l'univers se transforme là en informations sensorielles, et que ces informations sensorielles sont ensuite interprétées, donnant comme résultat le monde de la vie de tous les jours. Les chamans affirment que l'on nous apprend à interpréter, et par conséquent on nous apprend à percevoir. La valeur pragmatique du fait de percevoir l'énergie directement telle qu'elle circule dans l'univers pour un homme du XXIe siècle ou du Ier siècle est la même. Cela lui permet d'élargir les limites de sa perception et d'utiliser cet accroissement dans son propre domaine. Don Juan disait que voir directement la merveille de l'ordre et du chaos de l'univers devait être extraordinaire.

 

La condition humaine est d'une manière générale dans un état de chaos horrifiant; personne ne s'en sort mieux qu'un autre. Il s'agit d'un autre aspect du pragmatisme chamanistique: prendre conscience que nous sommes des êtres humains qui vont mourir. lorsque nous faisons cela toute chose acquiert un ordre et une mesure transcendantaux.

 

Le critique de Castaneda,

(2) http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/article-castaneda-mythes-ou-realites-115667667.html

Sans verser dans l’ésotérisme, Christophe Bourseiller n’en admire pas moins la force de l’œuvre de Castaneda, « à la confluence d’une certaine mystique, d’un regard philosophique et d’une fulgurance poétique », ainsi que sa capacité à bousculer. « A la manière d’un René Char ou d’un Edmond Jabès, il n’est pas juste un grand écrivain, mais un grand penseur. La poésie ne ment pas. Les mondes symboliques aussi, sont opérants pour éclairer nos vies. »

Lâcher l’ego

« Aussi longtemps que tu te croiras important, tu ne pourras pas apprécier le monde qui t’entoure, révèle Don Juan à Carlos. Tu seras comme un cheval avec des œillères, tu ne verras que toi séparé du reste », et non la complicité malicieuse qui nous unit à l’univers, et ne peut que nous inciter à ne pas nous prendre trop au sérieux.

« L’humour est une clé importante pour comprendre Castaneda », confirme Jeremy Narby.

 

Carlos Castaneda : La vérité du mensonge, Christophe Bourseiller

 

(3) http://activerecapitulation.uniterre.com/Journal%2Bla%2Bvoie%2Bdu%2Bguerrier/

l'intentionnalité : "l'acte tacite de remplir les espaces vides laissés par la perception sensorielle directe, ou l'acte d'enrichir les phénomènes observables au moyen de l'intention."

L'intention, pour les sorciers, transcende le monde que nous connaissons. C'est quelque chose comme une vague énergétique, un faisceau d'énergie qui s'attache à nous de lui-même.


Voir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers a été le but premier des sorciers depuis le début de leur quête, les guerriers se sont efforcés de rompre les effets de notre système d'interprétation et d'être capables de percevoir l'énergie directement.

les efforts des sorciers ont été dirigés vers la suppression de la prédominance de la propre-importance, comme étant la seule condition pour suspendre les effets de notre système d'interprétation. Les sorciers ont une façon de décrire la suspension de ces effets ; ils l'appellent stopper le monde. Quand ils atteignent cet état, ils voient l'énergie directement.



 

la première prémisse de la voie du guerrier a été énoncée comme ceci : Nous Sommes des Perceveurs. Perceveurs a été utilisé à la place de percepteurs.

 

La seconde prémisse de la voie du guerrier s'énonce ainsi : NOUS SOMMES TELS QUE NOUS AVONS ETE CONÇUS. C'est une des prémisses les plus difficiles de la voie du guerrier ;

"Dans la voie du guerrier," dit-il, "rien n'est définitif. Rien n'est fixé pour toujours. Si tes parents ne t'ont pas fait comme ils auraient dû, refais-toi toi-même."

Il expliqua que la première manœuvre dans l'arsenal des guerriers consiste à devenir avare d'énergie.

Don Juan me recommanda de m'abstenir de m'engager dans des modèles de comportement qui demandaient une énergie que je n'avais pas. L'abstinence était la solution, non pas parce que c'était moralement correct ou désirable, mais parce qu'énergétiquement c'était la seule manière pour moi de stocker assez d'énergie pour être au même niveau que ceux qui ont été conçus dans des conditions de très haute excitation.

 Le modèle de comportement dont il parlait devait inclure chaque chose que je faisais

"Tout c'est tout. Une sensation, un souvenir, un souhait, une impulsion ; peut-être la peur, le désespoir, l'espoir ; peut-être la curiosité."

Les sorciers soutiennent que de l'énergie libre est transformée en données sensorielles et que ces données sensorielles sont interprétées comme le monde de la vie quotidienne.

Pour don Juan Matus, les praticiens de la sorcellerie étaient des guerriers qui luttaient pour ramener leurs qualités de perception vers une origine qui était plus englobante que la perception accomplie dans la vie quotidienne. Guerrier gardien était pour lui synonyme de sorcier.

Ce n'est pas un effet visuel, encore que chaque sorcier que je connaisse parle de cela comme de voir l'énergie. Mais je vais te confier un secret. Je n'ai jamais vu l'énergie. Je ne fais que la sentir. Mon avantage est que je n'ai jamais essayé d'expliquer ce que je ressens. Je ressens ce que je ressens, un point c'est tout."

 

La troisième prémisse de la voie du guerrier est : LA PERCEPTION DOIT ETRE INTENTIONNELLE DANS SA TOTALITE. Don Juan disait que la perception était la perception, et qu'elle était dénuée de bien ou de mal. Il présentait cette prémisse comme l'une des plus importantes composantes de la voie du guerrier,

tout ce que nous percevons doit être catalogué comme perception en soi-même, sans y imposer aucune valeur, ni positive ni négative.

carnet de navigation

"C'est un carnet de bord. C'est un enregistrement de toutes les choses que les sorciers perçoivent pendant leurs voyages dans l'infinité."

c'est l'accumulation de la connaissance de toute ma lignée, mais il est court:
"Dans l'infini, les sorciers ont trouvé peu de points essentiels. Les variantes sont infinies, mais pas importantes. L'énergie est extrêmement précise."


"Les sorciers sont aussi prêts à percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et ils sont capables de réinterpréter le flux d'énergie sans l'intervention de la pensée."


Le carnet de navigation est composé de ce que les sorciers perçoivent quand ils sont en état de silence intérieur total."

 "Voir, c'est percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers, et c'est certainement le début de la sorcellerie, mais ce à quoi les sorciers s'intéressent jusqu'à épuisement, c'est percevoir.

percevoir c'est interpréter le flux direct de l'énergie sans l'influence de la pensée. C'est pourquoi le livre de navigation est aussi réduit."

 

quand les deux cotés de l'homme, son corps et son corps d'énergie, sont reliés ensemble, le miracle de la liberté se produit. notre voyage de conscience interrompu recommence au moment de cette réunion."

"Une prémisse essentielle de la voie du guerrier est donc que la perception doit être intentionnelle dans sa totalité ; c'est-à-dire que la réinterprétation de l'énergie directe telle qu'elle s'écoule dans l'univers doit être faite par un homme en possession de ces deux parties essentielles : le corps et le corps d'énergie. Cette réinterprétation, pour les sorciers, est une totalité, et comme tu le comprendras un jour, on doit en avoir l'intention.

 

la première chose que l'on doit faire est de devenir conscient du souci obsessionnel de soi-même.

"Ne penser qu'à soi-même produit une étrange fatigue ; une fatigue épuisante et étouffante au maximum."

 

le seul moyen d'avoir assez d'énergie pour se détourner de ce souci - quelque chose qui ne peut pas être obtenu intellectuellement - est de pratiquer les passes magiques. Une telle pratique génère de l'énergie, et l'énergie accomplit des merveilles.

Si la réalisation des passes magiques est couplée avec ce que les sorciers appellent la récapitulation, qui est le passage en revue systématique et l'examen des expériences de notre vie, nos chances de sortir du cercle vicieux de notre auto-contemplation sont multipliées dans une proportion considérable.

 

la réalisation des passes magiques était, au mieux de sa connaissance, le seul moyen d'établir une fondation pour devenir pleinement conscient de cette force vibratoire et agglutinante ; quelque chose qui se passe quand toutes les prémisses de la voie du guerrier sont intériorisées et mises en pratique.

il maniait les prémisses de la voie du guerrier de telle manière qu'il nous devenait possible, à moi et à ses autres disciples, de les transformer en des éléments de notre vie quotidienne.

les êtres humains, pris comme conglomérats de champs d'énergie, sont tenus assemblé non pas par des enveloppes énergétiques ou des ligaments énergétiques, mais par une sorte de vibration qui en même temps rend tout vivant et met tout en place ; une certaine énergie, une certaine force vibratoire, un certain pouvoir qui agglutine ces champs d'énergie en une seule unité énergétique.

Les praticiens modernes, héritiers culturels de ces sorciers de l'antiquité, ayant découvert qu'il était impossible d'être concret et utilitariste envers cette force vibratoire, ont opté pour la seule alternative raisonnable : devenir conscient de cette force sans autre but en tête que l'élégance et le bien-être qu'apporte la connaissance.

Le premier de ces concepts, qui est la pierre angulaire des activités et croyances des sorciers, est appelé voir. Par voir, les sorciers entendent, dans leur croyance, la capacité que les êtres humains ont de percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers. Ce que prétendent les sorciers, et qui est démontré par leurs pratiques, est que l'énergie peut être perçue directement telle qu'elle s'écoule dans l'univers, en utilisant notre organisme tout entier comme véhicule pour la perception.

Les sorciers font une distinction entre le corps qui est du domaine de la connaissance de notre vie quotidienne, et l'organisme entier en tant qu'unité énergétique qui ne fait pas partie de notre système cognitif. Cette unité énergétique inclut les parties invisibles du corps, telles que les organes internes et l'énergie qui s'écoule au travers d'eux. Ils affirment que c'est avec ces parties que l'énergie peut être perçue directement.


A cause de la prédominance de la vue dans notre manière habituelle de percevoir le monde, les sorciers décrivent l'acte d'appréhender directement l'énergie comme voir. Pour les sorciers, percevoir l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers signifie que l'énergie adopte des configurations spécifiques, qui se répètent elles-mêmes régulièrement, et que cela peut être appréhendé dans les mêmes termes par n'importe qui qui voit.


 

l'intention: Ils la décrivent comme une force perpétuelle qui imprègne l'univers tout entier ; une force qui est consciente d'elle-même, et tellement consciente qu'elle en arrive à répondre aux suggestions ou à l'ordre des sorciers. C'est cet acte d'utiliser l'intention qu'ils appellent "avoir l'intention". Grâce à l'intention ils disent qu'ils sont capables de libérer non seulement toutes les possibilités humaines de perception, mais aussi toutes les possibilités humaines d'action. Ils soutiennent qu'au travers de l'intention, les plus fascinantes formulations [créations] peuvent être réalisées.


Les sorciers déclarent que la perception de telles formulations est, en elle-même et par elle-même, la clef de la libération du potentiel humain qui est retenu bloqué et ne peut jamais se manifester. De telles formulations de l'énergie, puisqu'elles se produisent, par définition, indépendamment de la volonté et de l'intervention des hommes, sont capables de donner naissance à une nouvelle subjectivité. Comme elles sont cohérentes et homogènes pour tous les êtres humains qui voient, ces formulations de l'énergie sont pour les sorciers la source d'une nouvelle intersubjectivité.

D'après les sorciers, la subjectivité de la vie quotidienne est dictée par la syntaxe de notre langage. Cela nécessite des modes d'emploi et des professeurs qui, sous prétexte de l’ apprentissage traditionnel bien admis qui semble être historiquement le produit de notre évolution, commencent à nous conduire vers la perception du monde, depuis l'instant de notre naissance.

les sorciers sont convaincus que la subjectivité résultant de la perception directe de l'énergie telle qu'elle s'écoule dans l'univers n'est pas guidée par la syntaxe. Il n'est pas nécessaire d'avoir des directives et des moniteurs pour faire ressortir ceci ou cela avec des commentaires ou des injonctions. L'intersubjectivité parmi les sorciers existe grâce à quelque chose qu'ils appellent le pouvoir, qui est la quantité totale de toute l'intention accumulée par un individu.

 

En somme, l'intentionnalité ou avoir l'intention, pour les sorciers, est l'utilisation pratique de l'intention, la force qui active tout. Pour eux, l'intention est une voie pragmatique de réalisation, et l'intentionnalité est l'explication de son utilisation.

se réalise que lorsque l'organisme humain total, avec tout son potentiel, est engagé dans un seul but global : avoir l'intention.

 

Don Juan disait que le point d'assemblage, à part faire tout cela, avait aussi une fonction secondaire très importante : c'était le lien étroit entre le corps physique et le point d'assemblage du corps d'énergie. Il décrivait cette liaison comme étant analogue à deux cercles magnétiques, chacun de la taille d'une balle de tennis, s'attirant l'un l'autre grâce à la force de l'intention.

Il disait aussi que tant que le corps physique et le corps d'énergie ne se sont pas rejoints, la connexion entre eux n'est qu'une ligne éthérique, qui est si ténue parfois qu'elle semble ne pas exister.

 

 

Les sorciers disent que le seul maître que l'on puisse éventuellement avoir est l'esprit, c'est-à-dire une force abstraite et impersonnelle qui existe dans l'univers et qui est consciente d'elle-même. Peut-être qu'on peut l'appeler par un autre nom, comme conscience, connaissance, ou force de vie. Les sorciers croient qu'elle infiltre l'univers tout entier et qu'elle peut les guider, et que tout ce dont ils ont besoin pour l'atteindre c'est le silence intérieur ; de là vient leur affirmation que le seul lien valable que nous puissions avoir, c'est celui avec cette force, et non pas avec une personne.

 

La Tenségrité est basée sur ces passes magiques, Il décrivait l'aspect "magique" des mouvements comme un changement subtil que les praticiens expérimentaient en les exécutant ; Il parlait de ce changement subtil comme de la marque d'un "contact avec l'esprit" ; comme si les praticiens, à travers les mouvements, rétablissaient un lien inutilisé avec la force de vie qui les soutenait. Il ajouta que les mouvements étaient appelés passes magiques parce qu'en les pratiquant, les sorciers étaient transportés, en terme de perception, dans d'autres états, à partir desquels ils pouvaient sentir le monde d'une manière indescriptible.

Les passes magiques accroissent la conscience, sans qu'on se soucie de la manière dont on les prend. La chose intelligente serait de les prendre pour ce qu'elles sont : des passes magiques, qui, en étant pratiquées, conduisent les praticiens à faire tomber le masque de la socialisation." répondit don Juan.

"Qu'est-ce que le masque de la socialisation ?" demandais-je.

"La façade extérieure que nous défendons tous et pour laquelle nous mourons," dit-il. "Le masque que nous acquérons dans le monde ; celui qui nous empêche d'atteindre tout notre potentiel ; celui qui nous fait croire que nous sommes immortels."

Le point de vue qui a été adopté dans ce cas est que l'effet physique des passes magiques est le résultat le plus important quand on veut établir une solide base d'énergie chez les praticiens.


L'exécution des passes magiques, comme on le montre dans la Tenségrité, requiert bien qu'on y consacre un espace ou un moment particulier, mais idéalement, les mouvements devraient être faits en solitaire, suivant l'inspiration du moment, ou lorsque la nécessité se fait sentir. Cependant, les conditions de la vie urbaine facilitent la formation de groupes, et dans ces circonstances, la seule manière dont la Tenségrité peut être enseignée est à des groupes de praticiens.

A mesure que nous gagnons en discipline et que notre intention s'éclaircit, les effets des passes magiques peuvent être sélectionnés par chacun de nous personnellement et individuellement, dans des buts qui nous demeurent spécifiques.

La saturation qui aura été entretenue et accumulée donnera à la fin les résultats que les shamans de l’ancien Mexique recherchaient tant : entrer dans un état de silence intérieur, et décider, à partir du silence intérieur, quelle sera la prochaine étape.

l'état idéal de n'importe quel praticien de la Tenségrité par rapport à ses mouvements, est le même que l'état idéal d'un praticien de sorcellerie par rapport à l'exécution des passes magiques. Les deux sont guidés par les mouvements eux-mêmes vers un point culminant et sans précédent : le silence intérieur.

Depuis le silence intérieur, les praticiens de la Tenségrité seront capables d'exécuter, par eux-mêmes et pour tout effet qu'ils jugeraient valable, et sans aucune ressource externe, n'importe quel mouvement parmi la masse de ceux avec lesquels ils ont été saturés ; ils seront capables de les exécuter avec précision et rapidité, pendant qu'ils marchent, mangent, se reposent ou font quelque chose.

 

(4)http://ambre.bleu.free.fr/lectures/nagual.htm

Commençant par les enseignements de Don Juan, il définit les prémisses du chemin du " guerrier ", c’est à dire de celui qui possède un comportement impeccable, du contrôle, de la discipline et de l’endurance.

.......... Une fois incorporés, ces principes emmènent les praticiens vers d’autres techniques plus complexes dont l’objectif est de percevoir le monde d’une autre façon.

 

.......... Une fois ce voyage accompli, l’étudiant est en passe de se mouvoir dans l’environnement de ses rêves selon sa conscience et sa volonté, tout comme il le fait dans sa vie journalière.

.......... A cette technique sont ajoutés ce que Don Juan dénomma comme " l’art de la traque " ou l’art de jouer avec ses comportements, et l’exercice quotidien de la " récapitulation ", qui consiste à examiner les événements de notre histoire personnelle pour en trouver son intrigue cachée.

 

 

(5) Carlos Castaneda Le feu du dedans Gallimard 1985

La suffisance est notre plus grand ennemi.

Notre suffisance nous contraint à passer la plus grande partie de notre vie à être offensé par nos semblables (actes, paroles, méfaits...) C'est ce qui nous affaiblit le plus.

Freiner la suffisance c'est comprendre que la réalité est une interprétation que nous élaborons nous-mêmes/ Donc NE PAS SE PRENDRE AU SÉRIEUX!

Les petits tyrans ont le pouvoir de persécuter, faire souffrir. Grâce à tout cela tu apprends le détachement, cela t'aide à te débarrasser de l'orgueil et à prendre conscience du fait que l'impeccabilité est la seule chose qui compte sur le chemin de la connaissance. L'Impeccabilité n'est rien d'autre que le bon usage de l'énergie.

 

Face aux petits tyrans, les guerriers sont débarrassés de la suffisance et ont une stratégie bien conçue (ils observent le comportement du tyran au lieu de seulement le subir, ils comprennent son fonctionnement). Garder le moral quand vous êtes bafoués, c'est garder le contrôle.

 

C'estle dialogue intérieur qui maintient le point d'assemblage fixé à sa position d'origine (qui correspond à la vision ordinaire du monde). Lorsque le point d'assemblage se déplace, l'humain voit autre chose. (comme voyant). Si le déplacement est minime, il s'agit de fantaisies de l'esprit. S'il est important, il s'agit d'hallucinations.

 

la force intérieure signifie un sens de l'équanimité, presque d'indifférence, un sentiment de bien-être, mais surtout un penchant pour l'étude, pour la compréhension. C'est la Modération.

Pour les nouveaux voyants, une vie impeccable mène à la modération qui à son tour amène le déplacement du point d'assemblage.

 

La position de notre point d'assemblage dicte notre manière de nous comporter et la nature de nos sentiments. Pour le déplacer il faut instaurer de nouvelles habitudes, vouloir qu'il se déplace. Ce qui le déplace c'est l'intention. C'est la maîtrise de la conscience qui donne au point d'assemblage l'impulsion nécessaire.

« Voir » désigne le déplacement du point d'assemblage.

L'alignement est la force liée à tout ce qui existe.

Notre ennemi tout comme notre ami est notre dialogue intérieur, notre inventaire.

Fais taire ton dialogue intérieur, fais un voyage de reconquête, dresse ton inventaire et jette-le.

Les nouveaux voyants dressent des inventaires précis puis s'en gaussent. Débarrassé de l'inventaire, le point d'assemblage se libère.

 

Notre idée de Dieu est ce qui le fixe le plus dans sa position d'origine. Pour s'en libérer il faut voir seul le moule de l'homme.

 

Les nouveaux voyants menacés par l'impatience, le désespoir, la colère ou la tristesse recommandent de rouler des yeux. Le mouvement des yeux déplace le point d'assemblage, cela soulage. Cela se fait à la place de la vraie maîtrise de l'intention.

 

Expérience mystique = acte de « voir » fortuit, mouvement du point d'assemblage du au hasard. Face au moule de l'homme on suppose aussitôt qu'il s'agit de Dieu!

Vision d'extase et de plénitude, le moule est une escale de paix et sérénité, mais il n'est qu'une étape. Ce n'est qu'une image de l'homme (dc peut être une femme pour la femme!). Ce moule peut aussi être vu sous forme d'une lumière resplendissante.

QUEL SOULAGEMENT D'ETRE DANS LE MONDE ORDINAIRE (plutôt que voyager dans l'inconnu!)

Dans un déplacement extrême du point d'assemblage tu n'as plus de doute car tu sais tout. Dans une autre (conscience normale) tu n'en as pas non plus car tu ne sais rien.

La TÂCHE qui incombe après avoir connu différentes expériences de déplacement donc états de conscience, c'est de les intégrer en un tout cohérent. Il faut choisir non un autre monde (dangereux!, illusoire), mais la conscience accrue, vers la conscience totale.

 

Pour aider vraiment les gens, il ne faut pas le vouloir (faire ce qui doit être fait), il ne faut pas s'y attacher, car l'attachement entraîne l'attente de reconnaissance...

 

 

(6) Le voyage définitif, Carlos Castaneda, 2000

La récapitulation des événements de la vie crée de l'espace intérieur pour autre chose que les problèmes de la vie courante. La récapitulation économise l'énergie, permet de conserver mieux la force vitale.

Faire la liste de tous les gens rencontrés en remontant du présent jusqu'au début de la vie.

Y associer la respiration : inspirer lentement en tournant la tête de droite à gauche, puis expirer de même.

La récapitulation a le pouvoir de remuer le fond de notre mémoire et de faire remonter à la surface tous les rebuts de notre vie.

Tous les organismes vivants ont un système interprétatif qui leur permet de fonctionner dans leur environnement.

L'Ouvreur: événement qui ébranle nos fondations en nous faisant revivre ce qui s'est produit (et non pas seulement en nous le faisant remémorer). La marche favorise l'apparition des souvenirs (les péripéties de notre vie seraient inscrites dans notre corps sous forme de sensations en particulier dans les jambes).

La complexité du choix n'est pas de choisir, mais d'accepter élégamment les sollicitations de l'infini.

Fantôme ou apparition: Configurations génératrices d'énergie ou simples créations fantasmagoriques d'une conscience puissante.

 

La seule alternative qui reste à l'humanité c'est la discipline. Faculté permettant d'affronter sereinement les difficultés imprévues.

Le silence intérieur peut constituer une barrière énergétique. Quand cette barrière t'entoure, la force de ton intention peut chasser des moustiques envahissants!

C'est important d'intégrer tout ce qui a été « vu » et fait en s'élevant vers de nouveaux niveaux de conscience. Le problème est que l'homme régresse pour un oui ou un non et retombe à son point de départ en ayant tout oublié.

 

 

(7) Carlos Castaneda Le second anneau de pouvoir

« Traquer » ses faiblesses, ses habitudes:

Le « faire » a besoin d'un ensemble d'éléments pour fonctionner. Si certains éléments manquent, le « faire » est en panne.

Par ex pour le fait de manger en excès:

  • il faut casser sa fixation (se mettre au défi)

  • utiliser une petite éponge dans la bouche (elle disait qu'elle avait mal aux dents)

  • Manger comme un guerrier: en silence, lentement, très peu à la fois (4 bouchées puis arrêter, reprendre 4 bouchées plus tard...)

Un GUERRIER MARCHE BEAUCOUP

 

Ne rien prescrire à faire ou ne pas faire: les humains aiment qu'on leur dise quoi faire mais ils aiment encore plus lutter pour ne pas faire ce qu'on leur a dit; ils se retournent contre celui qui au départ les a conseillés.

 

Traquer ses faiblesses ne suffit pas, ce dont un guerrier a besoin c'est d'un dessein.

Véritable clé de l'évolution de conscience, seul moyen de chasser notre désespoir d'être un homme, d'être tel que nous sommes, faible et limité par le temps, c'est la prise de conscience de notre mort.

C'est la seule chose capable de nous donner la force de résister à la contrainte, à la souffrance de nos vies et à nos craintes face à l'inconnu.

 

La « forme humaine »

Chacun a sa forme dans laquelle il joue sa vie, et en général il se complaît dans sa façon d'être (l'un joue au sage qui sait tout, l'autre au timide...)

La forme humaine se repaît des sentiments humains de tristesse, d'apitoiement sur soi-même.

 

Le coeur de notre être est l'acte de percevoir, la magie de notre être est l'acte de prendre conscience.

 

1° anneau de pouvoir: attention du tonal, nous concerne tous, percevoir et situer la conscience dans le monde ordinaire: formidable capacité de mettre de l'ordre dans notre perception du quotidien.

2° anneau de pouvoir: attention du nagual, pour le sorcier c'est la conscience placée dans le monde non ordinaire (mettre de l'ordre dans e monde non ordinaire). Par l'attention à ce domaine nous découvrons une capacité prodigieuse.

L'attention seconde ordinaire est fixée sur le côté terrifiant du monde; celle des guerriers est sur la beauté du monde. Il faut changer de côté et rejoindre les guerriers.

Les guerriers parviennent à l'attention seconde uniquement après avoir « nettoyé » ce qui encombre l'attention première: Vie impeccable.

 

Contempler est le moyen de piéger l'attention 2de

Ex Feuille: 1 différente chaque jour: quand l'élève se rend compte de l'unicité de chaque feuille c'est contempler.

Petits tas de feuilles sèches, les déplacer en spirale de la main gauche et « rêver » les dessins que font les feuilles.

Le rêveur maîtrise la contemplation quand il rêve d'abord les dessins des feuilles et retrouvent ces mêmes dessins dans son tas le lendemain! (perso : synchronicité)

Avec la contemplation les pensées se taisent, sans pensée l'attention 2de s'accroche aux feuilles et les feuilles deviennent « autre chose ». Mais il faut être prudent,... Pour l'homme ordinaire l'attention 2de peut nous confronter à une sorte de malade mental en nous-même. C'est pour éviter cette irruption incontrôlée que notre éternel dialogue intérieur s'apparente à un bouclier protecteur!

 

Les rêveurs doivent contempler pour pouvoir rêver et ensuite ils doivent chercher leurs rêves dans leur contemplation.

Contemplation de pluie, d'étoile, de nuage, d'arbre, d'ombres, de rocher, de lointains...

 

Pour contempler encore plus:

s'installer le dos bien droit et calé dans la nature (arbre, rocher...) assis confortablement. Yeux mi-clos balayer lentement l'objet contemplé en sens inverse des aiguilles d'une montre sans remuer la tête.

 

La chose la plus dure au monde pour un guerrier c'est de laisser les autres tranquilles. Considérer qu'ils sont capables de mener leur vie.

L'impeccabilité du guerrier c'est de laisser vivre les autres et de les accepter tels qu'ils sont. Et s'ils ne sont pas impeccables, votre devoir est de l'être vous-même et de ne pas dire un mot.

 

Seul un sorcier qui voit et qui est sans forme (comme personna) peut se permettre d'aider quelqu'un.

 

 

(8) Carlos Castaneda Le don de l'Aigle

Détachement du guerrier: capacité de se plonger dans l'instant et de n'avoir aucune pensée pour tout le reste.

« Pas d'indifférence ni de négligence face à l'action ni désir de rester seul, mais une paix étrange devenue la force souveraine de ma vie. »

 

Le silence intérieur donne naissance à l'intention (vouloir) d'orienter l'attention 2de, de la commander.

L'attention 2de survient à la suite d'un instant du silence le plus absolu, de pure terreur ou de tristesse profonde.

 

La tierce attention survient au moment de l'ouverture du cocon (de l'homme). Le corps est embrasé de connaissance dans sa totalité. La clé de voûte de ce niveau de conscience est de concevoir qu'il puisse exister un tel niveau de conscience.

 

Dans la conscience gauche (conscience 2de), ce qu'on perçoit du monde est une énigme, un mystère qu'on ne peut qu'accepter dans l'humilité et le respect.

 

La récapitulation peut changer le plus le guerrier:

Faire la liste des événements à revivre

Limiter son corps (caisse),

Respirer: poser le menton sur l'épaule droite et inspirer lentement en tournant la tête jusqu'à l'épaule gauche.

A la fin de l'inspiration, la tête revient au milieu. L'expiration se fait en regardant devant soi.

Prendre l'événement en tête de sa liste et rester avec lui jusqu'à récapitulation de tous les sentiments qui lui sont liés.

La respiration permet de reconstituer l'énergie.

Les émotions (donc toutes les situations ou les sentiments entrent en jeu (ex. relations humaines)) entraînent la projection de de filaments lumineux (hors du cocon de l'homme), ce qui épuise le corps lumineux. Mais en se rappelant un sentiment et en respirant de droite à gauche on rattrape les filaments.

La respiration suivante se fait de gauche à droite, par l'expiration on expulse les filaments (d'énergie) laissés en lui par les autres corps lumineux impliqués dans l'événement dont il se souvient.

Ces filaments étrangers sont à la base de la capacité illimitée de s'enfermer dans sa propre importance.

La récapitulation détaillée est un rire du fond du coeur qui surgit au spectacle de la répétition lassante de note prétention – noyau de toutes nos relations humaines.

Le programme du guerrier est de parvenir à un équilibre très subtil de forces – et +. Il ne doit pas tout maîtriser mais il doit tenter de faire face à toute situation de façon impeccable (en accomplissement de sa mission sacrée).

 

La conscience du côté droit permet la capacité à juger par avance des sentiments à venir.

 

(9) Carlos Castaneda Voir

Voir les hommes comme des fibres de lumière, comme un oeuf de fibres vivantes. Oeuf de « lumière ».

Seul un toqué entreprendrait volontairement la tâche de devenir un homme de connaissance. C'est par la ruse qu'on y engage l'homme équilibré.

Ceux qui veulent entreprendre une telle tâche ne comptent pas... En général, ils sont fêlés...

Avant de prendre une décision pense et inquiète-toi, une fois prise, libère-toi des pensées et des inquiétudes.

Si les choses sont confuses, le guerrier pense à sa mort. L'idée de la mort est la seule chose qui apaise notre esprit.

Un homme de connaissance vit en agissant et non en pensant à agir. Il choisit un « chemin qui a du coeur » et le suit. Il sait parce qu'il « voit » que rien n'est plus important qu'autre chose.

Quand l'action est accomplie il se retire en paix que son résultat soit bon

ou mauvais, réussi ou non, ne le concerne en aucune façon. Il peut même décider de ne rien faire, d'être impassible et de se conduire comme si c'était très important pour lui.

 

Une fois qu'un homme a appris à « voir », il n'a plus besoin de vivre comme un guerrier ni d'être un sorcier. Cela transforme un homme en tout en ne devenant rien.

Un homme qui « voit » ne s'intéresse plus activement à ses semblables. Voir l'a détaché de tout, tout ce qu'il connaissait avant;

La vie d'un guerrier est un exercice continuel de stratégie, il n'a que faire du sens des choses (il sait que tout ce qui l'entoure, tout être est un mystère insondable). Jusqu'à la fin il se bat, il agit.

Un guerrier choisit les éléments qui constituent son monde, chacun de ces éléments constitue un bouclier protecteur contre les attaques des forces qu'il désire utiliser.

L'homme moyen a aussi ses boucliers, toutes les choses auxquelles ils s'affairent.

1° le guerrier est toujours prêt à la rencontre donc il se prépare, il a choisi des choses dont il peut faire usage pour éloigner ses pensées de frayeur, donc refermer sa trouée (du cocon) et devenir solide.

2° le guerrier dans sa vie quotidienne choisit de suivre le chemin-qui-a-du-coeur. Il sait que'un chemin a du coeur quand il ne fait qu'un avec ce chemin, qu'il éprouve une paix et un plaisir immense à le parcourir. Les choses qu'il sélectionne sont des éléments de ce chemin et font ses boucliers.

 

Notre bavardage intérieur maintient le monde autour de nous, nous l'entretenons tel que nous le percevons avec notre bavardage intérieur. Et nous choisissons nos chemeins comme nous nous parlons à nous-mêmes. Nous répétons les mêmes choix car nous continuons toujours le même bavardage intérieur jusqu'au jour où nous mourons.

Un guerrier en est conscient et il s'efforce de mettre fin à son bavardage intérieur.

1° chose à faire: utiliser les oreilles au lieu des yeux (qui sont l'organe dominant dans notre culture occidentale). Un guerrier écoute les sons du monde.

Les choses que nous faisons nous procurent le confort et nous donnent un sentiment de sécurité, mais ce ne sont que des boucliers contre les forces environnantes; or si nous ne le savons pas nous laissons ces choses dominer, écraser notre vie.

En fait pour l'homme ce que font les gens est plus important que le monde lui-même.

Pour le guerrier le monde est un mystère absolu, pour lui le monde est plus important que ce que font les gens. Il traite les choses de manière appropriée et le monde comme un mystère infini et ce que font les gens comme une folie...

L'homme peut épuiser l'intérêt des choses que font les gens, il ne peut épuiser le mystère du monde. Mais au sein de sa stupide confusion il croit que le monde n'a plus de mystère. C'est un sacré prix à payer pour avoir nos boucliers!

28 novembre 2013

Nom de Perceval, Parzival

(1) http://books.google.fr/books?id=lFQRunU-s4MC&pg=PA132&lpg=PA132&dq=traduire+peredur&source=bl&ots=U2Ba7f4Y0D&sig=lYus2Rbq9D13HfnihImVnX9NJF0&hl=fr&sa=X&ei=7p-MUtGdBIju0gWl44E4&ved=0CDIQ6AEwAjgK#v=onepage&q=traduire%20peredur&f=false

La destre et la senestre: étude sur le Conte du Graal de Chrétien de Troyes

 Par Barbara Nelson Sargent-Baur

p 129 Le nom fait l'homme : pensée traditionnelle bien connue des clercs du XII° s.

L'étymologie du nom donne une clef à la nature d'une personne ou d'une chose selon une tradition chrétienne.

Wolfram von Eschenbach écrit : der Name ist "rehte einmieten durch".

Trad de l'allemand en anglais n25 Your name means Pierce-through-the-heart. Great love ploughed just such a furrow through your mother's heart. When he died, your father left sorrow for her portion.

Heinrich von deer Türkin: val means both valley and furrow.

(furrow= sillon, ride)

Du gallois Peredur/paredur: le père nomme l'enfant "par dur" = lance (?????, voir*) d'acier pour qu'il se rappelle la perte de ses terres et s'en venge plus tard.

n29 Ce nom est ancien, trouvé dès 6° s.

 

* lance = gab(a)l http://www.arbre-celtique.com/encyclopedie/gabal-fourche-lance-1314.htm

 

(2) http://expositions.bnf.fr/arthur/arret/04_3.htm

Les continuateurs de Chrétien de Troyes – Gerbert de Montreuil en particulier – ont joué sur l'étymologie du nom de Perceval, jeu courant pour les clercs du Moyen Age, et Perceval devient pour eux celui qui "perce" le "val", c'est-à-dire qui découvre le château caché du Roi-Pêcheur et perce ainsi le secret de sa propre histoire en même temps que celui du cortège du Graal. 

 

(3) http://www.dicovia.com/dur-en-gallois.htm dur = acier

Chaudron Pair en Gallois http://encyclopedie.arbre-celtique.com/pario-chaudron-marmite-11730.htm

http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Graal/122003

Peredur = Chaudron d'acier

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Parisii

Le linguiste Xavier Delamarre propose un nom basé sur la racine gauloise *pario-, chaudron, terme attesté dans les langues celtiques insulaires: vieux cornique et vieux breton per; gallois pair; etc. et dans des langues romanes contemporaines : occitan par / pairol; lyonnais per; catalan perol; etc. qui signifient tous « chaudron ». Les formes romanes remontent à une forme latinisée *parium / *pariolum. Le second élément, un thème démonstratif [?] -si est mal identifié : "ceux" [?]. La signification du nom serait « ceux du chaudron » ou « ceux (qui font) des chaudrons », le chaudron jouant un grand rôle dans la civilisation celtique. Il avait aussi un caractère magique dans les mythologies indo-européennes et celtiques en particulier.

 

Chaudron Pair en Gallois http://encyclopedie.arbre-celtique.com/pario-chaudron-marmite-11730.htm

 

(4) Val occitan = vallée (vallis lat, ) Vale = salut (du verbe Valeo = porte-toi bien)

VAL : Valos = souverain prince 

http://encyclopedie.arbre-celtique.com/valos-souverain-prince-4525.htm

Mot celtique désignant le prince, le souverain. Nous le retrouvons le plus souvent en deuxième termes des anthroponymes et théonymes, ex : Anvalus, Arvalus, Bovalus, Lanovalus, Suvallos, etc... A rapprocher du latin : valeo / valere : "être fort", chez les Celtes tous comme chez les Germains, le terme prend une valeur politique "celui qui est fort, ou celui qui dirige". Nous le retrouvons aussi sous une forme évoluée (uual, ual) dans des noms plus tardifs (bretons, gallois, etc...), ex : Tuduual (*teuto-valos), Cathal (*catu-valos).

http://encyclopedie.arbre-celtique.com/cele-mari-epoux-compagnon-3684.htm

Ce: indo-européen: Kei: membre du groupe, ami, compagnon

 

(5) http://chantsdamour.canalblog.com/archives/2012/08/09/24865123.html

Xaipo signifie "être en bonne santé".
Cette formule se voit sur des tombeaux de pythagoriciens. C'est un VOEU de Salut (Salus en latin), il est parfois associé à la formule "Porte-toi bien", Hygeia ou Ugeia, traduite en latin par Vale, ce qui concluait les lettres des auteurs classiques!
Xaipe (prononcé Caire) est en fait un Salut, salut à la Lumière matinale.

C'est un voeu de retour à la lumière naissante assimilée à la "renaissance", c'est donc au figuré un voeu de Salut au sens de "se sauver", être sauvé, (les pythagoriciens croyaient en une forme de réincarnation). 

 

(6) http://www.ramifications.be/Wagner/parsifal.htm

"Ce nom est arabe. Les anciens trouvères ne l'ont plus compris. 'Parsi' - 'fal' signifie parsi (pensez aux parsis, adorateurs du feu), pur ; fal : dit fou (fol), dans un sens élevé, c'est-à-dire homme sans érudition, mais de génie..." (Richard Wagner, lettre à Judith Gautier, cité dans Wagner, histoire d'un artiste, de Guy de Pourtalès, Gallimard, 1932 -p400)

 

http://books.google.fr/books?id=OOOhk0tOJjIC&pg=PA199&lpg=PA199&dq=paris+ou+parseh&source=bl&ots=wrElQf-DHa&sig=CnUE56LdCi67aUrOdsohWLXFjhQ&hl=fr&sa=X&ei=4SddUrDCB9LB0gWE4ICwAw&ved=0CF4Q6AEwCA#v=onepage&q=paris%20ou%20parseh&f=false

Chateaubriand

Parseh, unité de mesure chaldéenne, syriaque puis hébraïque, référence aux mesures du Temple, or Dieu a créé avec Mesure...

 

(7) Chaudron celtique

http://books.google.fr/books?id=q1Qg7Fy2e2gC&pg=PA47&lpg=PA47&dq=chaudron+abondance+de+l'année&source=bl&ots=THH5Nb_YCw&sig=6eHqRUpBRAEmYuunNsqcS_enSzQ&hl=fr&sa=X&ei=ZsyWUoy6AenV0QXiwIHYCw&ved=0CC4Q6AEwADgK#v=onepage&q=chaudron%20abondance%20de%20l'année&f=false

 

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2013/11/01/28340258.html

Samhain, marquait l'arrivée de l'hiver. A ce moment-là, les anciens druides exécutaient des rituels dans lesquels un chaudron symbolisait l'abondance de la déesse. On disait que c'était un temps de "betwixt and between", une saison sacrée empreinte de superstition et de conjurations spirites.

 

Chaudron celtique

http://racines.traditions.free.fr/lastjean.pdf

(Christian Mandon, Les Origines de l'Arbre de Mai)

Le fond de religion solaire dans le culte du chaudron est évident si nous le comprenons comme une recherche initiatique* et un voyage vers le soleil "brûlant" d'occident depuis son "principe de la fin" qui suppose la victoire solsticiale jusqu'à sa défaite définitive en Samhain lorsqu’il disparaîtra derrière les colonnes d'Hercule, pour être spectaculairement annoncé cette fois depuis l’est lors de la fête "inverse" de Saint Jean (l'évangéliste) du 27 décembre.

 

 

28 novembre 2013

Sheela-na-gig, déesse de l'abondance, origine indo-européenne

http://objectifterre.over-blog.org/article-shakti-120154805.html

Sheela-na-gig, déesse de l'abondance, origine indo-européenne++

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26 novembre 2013

Templeisen

Oriental apostolic church of Damcar

http://church-of-damcar.org/?page_id=13

Ordo Templi Militaris Milities Solominis, l'Ordre du Temple sera, tout comme son incarnation précédente, irrévocablement lié à une Église chrétienne intérieure johannique, connu sous le nom Templeisen Maphrianate, et tire son autorité ecclésiastique en harmonie avec le fonctionnement de l'Ordre, comme décrit dans le Manuel des Chevaliers de l'Ordre du Temple, sous la direction du Saint-Bernard, de Raymond Fabre-Palaprat.

(Maphryonos Templeisen)

 

http://symbolisch.blogspot.fr/2006/11/stone-from-stars.html?m=0

Citation de Parzival

[Wolfram utilise le terme dérivé du Tempelritter, dont le sens générique indique un membre d'un ordre militaire des moines, et non exclusivement les Templiers]

26 novembre 2013

Correspondance Runes et arbres selon Nigel Pennick

Nigel Pennick Runes et magie http://lemurmuredesrunes.blogspot.fr/2008/11/correspondances-runiques.html

Feho Sureau(Ruis)

Ur bouleau(betua)

Thorn Chêne(deruos) aubépine

As Frêne (Yggdrasil) (nuin)

Rad chêne (roue sous un chariot)

Ken Pin(ailm)

Gyfu Frêne orme

Wyn frêne

Hagal frêne if

Nyd hêtre, sorbier(lusis)

Is ?

Jera chêne

Eoh If peuplier

Peorth hêtre tremble

Elhaz If alisier

Sigel Génévrier laurier, roue solaire sacrée

Tyr chêne Voûte au-dessus du pilier cosmique

Beorc bouleau Nerthus/holda

Ehwaz chêne frêne

Man houx(tenos), mariage de la terre et du ciel

Lagu saule(sail)

Ing pommier(Quert)

Odal aubépine(huath)

Dag sapin (balance jour/nuit)

 

26 novembre 2013

Correspondance alphabet celtique, arbres, divers

http://cura.free.fr/xx/17boutfr.html

Alphabet et étymologie celtique (Monard) avec jeux de mots bardiques (Boutet) :

b    b  beth < betua (bouleau) Bitu (monde);

l    l   luis < lusis (sorbier) Louxs (lumière)

n    n  nuin < onna (frêne), si ce n'était nertos (myrte) Ninnos (faîte, cime)

f    (W) fearn < uernos (aulne) Uernos (bon)

s    s  saile salixs (saule) Sauelios (soleil)

h    h  SC (SQ/SP) huath < squiats/spetes (aubépine) Scatos (ombre)

d    d  daur < daruos/deruos (chêne) Duora (porte)

t    t  tinne < tennos (houx) Tenes (feu)

c    c  coll < coslos (coudrier) Celos (abri), Coliia (troupe)

q    quert < qertocos (pommier sauvage) Qrennacon/Prennacon (domaine boisé)

m    m   muin < monia (ronce) muinia/uiniia (vigne) Moniio (montagne)

g    g   gort < gortia (lierre) Gortia (enclos)

p    N  'N (NC/NG) ngetal 'ngaitalis ingaitalis (roseau) 'Ncu . Ancou (fatalité)

z    D   straif < sdragenos/dragenos (épine-vinette) Dira/Sdira(étoile)

r    r    ruis < rusca (sureau) si ce n'était Roudios (rouge), Rixs (roi) reusmen (aulne glutineux)

a    a   ailm alamios (pin) Alamos (troupeau)

o    o   ohn ocstino (ajonc) si ce n'était onna (frêne) Ona/Ono (eau)

u    u  (OU) ur < uroica (bruyère) Ur (feu, sacré)

e    e   (É) eoda < idato/esados (tremble) Itauis (brandon)

i    i   (J/Y) ioho < iuos (if) Iuos (clair)

2    cc X (CH) choad < coiton/caiton (taillis) Xodonios (chtonien), caclauos (cailloux) élément terre si ce n'était xassanos < cassanos (chêne)

4   T  TH tharan < taranos/tannos (chêne vert, yeuse) Taranos (tonnere), tepnon (feu) élément feu

3    p  P peith < petios (obier) padis (pin) Pottos (pot), (p)Idsca (eau) élément eau

5    P  PH féa < phogos < bagos Phrudis (cascade), auella (vent) élément air

6    XS (KS) 'xslemos < uxslemos/uanocoslos 'Xson < Uxson (éther) élément éther (orme blanc, orme montagnard) 

 

Joseph Monard et les fondements de l'astrologie antique des Celtes

Oublions donc toutes ces tentatives plus ou moins ratées! Le modèle le plus crédible et le mieux structuré constituant une base zodiacale celtique est celui de Joseph Monard. M. Monard, un érudit de la matière celtique et de la linguistique, et qui plus est connaît très bien les sources antiques s'est fié principalement aux données astrologiques trouvées dans le calendrier de Coligny.

En fait, Monard a été le premier chercheur à constater que le calendrier (des druides) était structuré selon des bases astrologiques. Comme nous l'avons vu, ce calendrier est annoté des inscriptions Prin., Prinn. pour PRENNOS: ou Uidus = "arbre" , c'est-à-dire cuspide, un point mathématique marqué par l'ascendant d'une maison; et Prinni pour PRINNIOS: - constellation zodiacale , - période zodiacale, littéralement, "arborescence". Il n'y a donc plus de raison d'ignorer le fait que les symboles sylvestres correspondent aux signes oghamiques, les Prenes < Prinnoi, qui eux-mêmes désignent les constellations. Bref, les recherches de M. Monard dépassent tout ce qui a pu être écrit sur l'astrologie celtique. 
 

La base astrologique de Joseph Monard 
(Note : les noms celtiques pour les signes sont entre parenthèses)

LIBRA (MANTA) , la Balance; CANTLI PRINNIOS (des Chants, le chant de la roue, bouclage de cycle), Septembre/Octobre, arbre signe: Lemos (Orme).

SCORPIO (SGORPIU), le scorpion; SAMONI PRINNIOS (du rassemblement, fin d'été), Octobre/Novembre, arbre signe: Sappos (Sapin).

SAGITTARIUS (UARCUSTOS), l'archer; DUMANNI PRINNIOS (assombrissement), Novembre/Décembre, arbre signe: Salixs (saule).

CAPRICORNIUS (GABROS ou IOCOS), la Chèvre; RIURI PRINNIOS (gelé, gelée), Décembre/Janvier, arbre signe: Olioiaccetos (Gui).

AQUARIUS (DUPROSOPOS) , le verseau; ANAGANTI PRINNIOS (inactif, calamiteux), Janvier/Février, arbre signe : Aballlos (Pommier).

PISCES (EISCOI), les Poissons ; OGRONI PRINNIOS (froid, des serpents), Février/Mars, arbres signes: Padis (Pin), Scopos (Genêt).

ARIES (PUTIOS||QUTIOS), le Bélier ; CUTI PRINNIOS (fougueux, des béliers), Mars/Avril, arbre signe: Deruos (Chêne).

TAURUS (TARUOS), le Taureau, GIAMONI PRINNIOS (germinal, fin d'hiver), Avril/Mai, arbre signe : Squiats/Spetes (Aubépine).

GEMINI (EMNI) les Jumeaux, Dioscures, SEMIUISONI PRINNIOS (aux brises capricieuses, semi-venteux), Mai/Juin, arbre signe; Uernos (Verne, Aulne).

CANCER (CARABOS), le Crabe, EQUI PRINNIOS (ajusté, jeux de mots avec equos/epos = "cheval"), Juin/Juillet, arbre signe : Abolos/Opulos||Cormisio (Sorbier).

LEO (LEU), le Lion, ELEMBIUI PRINNIOS (faon, des plaintes), Juillet/Août, arbre signe: IUOS/EBUROS (If).

VIRGO (MAGULA), la Vierge, EDRINI PRINNIOS (des arbitrages, connotation: "flux brûlant" Aedrinios), Août/Septembre, arbre signe: Idato/Critacos (Tremble). 

 


 

26 novembre 2013

Kerridwen, grande déesse mère, Taliésin, Gwion

Retrouvé* sur http://antique.mrugala.net/Celte/Kerridwen.htm

UNE TRÈS VIEILLE RACINE POUR UNE ANTIQUE DÉESSE

« Venue du fond des âges, la Terre-Mère n'avait pas de nom car tous les hommes la vénéraient comme la seule divinité, à l'origine de toute chose. Mais avec le réchauffement post-glaciaire, tout se complique et même la déesse primordiale tend à prendre des visages nouveaux. Peu à peu, ses aspects différents génèrent des noms distincts. » (Myriam Philibert, Les Mythes Préceltiques, éditions du Rocher).

Nombreux noms, car nombreux mythes. Correspondant aux nombreux peuples qui se succèdent et qui, à chaque fois, tentent de s'approprier le fond culturel et cultuel ambiant tout en l'enrichissant (ou le pervertissant) de leurs apports personnels.
Pourtant, dans cette liste que nous sommes loin de connaître dans son intégralité, la linguistique a permis de faire des recoupements. Des racines primordiales émergent, certaines propres aux langues indo-européennes, d'autres plus anciennes encore.
Pour Kerridwen, puisque tel est le nom qui nous intéresse, la racine KR est flagrante. Cette racine a un rapport avec la Pierre, la Terre, la Porte. Lorsqu'on ajoute un N final, pour obtenir KRN, on introduit une idée d'élévation. Or les travaux de Myriam Philibert tendent à prouver que ces deux racines, KR et KRN, seraient antérieures aux Indo-Européens et représenteraient le couple primordial, la Terre-Mère et son époux, principe mâle indispensable à la procréation, dont les plus anciennes représentations sont le dieu couronné de cornes de taureau ou de bois de cerf, en un mot le Dieu Cornu.
Ce Dieu Cornu, seigneur des bêtes et des troupeaux, est aussi le Ciel-Père, puisque le taureau comme le cerf se partagent la symbolique solaire de l'homme antique, même si le taureau est davantage lié à des notions d'immortalité par la fécondité, étant plus féminin et lunaire, tandis que le cerf, dont les bois meurent et renaissent, symbolise le renouvellement cyclique et s'approprie le double royaume, le monde lumineux des vivants et l'enfer ténébreux des défunts en attente de germination, tel le grain enfoui sous terre et rêvant au printemps. A noter cependant que les mythes les plus anciens faisaient du soleil une divinité féminine, ce qui a perduré chez les Germains ou encore chez les Celtes (voir notamment Yseult, la femme-soleil auprès de laquelle vient se régénérer, chaque mois, Tristan l'homme-lune).
Pour en revenir aux racines linguistiques, KRN a donné, notamment en grec ancien : bâton, couronne, corneille, foudroyé (frappé par la foudre)… et, au niveau des noms propres, les dieux Carnos (dieu des troupeaux), Cronos (également couronné de cornes et qui, armé de sa faucille courbe, émascule son père Ouranos, le Ciel), Karna (mythologie indienne, dieu-héros fils du soleil), Saint Cornely et ses boeufs (inventé pour expliquer le nom et l'existence des alignements de Carnac), et surtout Cernunnos (ou Kernunnos), dieu celte, roi de l'année et amant de la Déesse.
Or, dans la mythologie celte, la Déesse-Mère est surtout Dana (ou Danu, Dôn ou Anna), nom qui se rattache à la lettre N qui, isolée du groupe KR, évoque l'Eau primordiale, source de toute vie. Anna-Dana (voir aussi Danaé chez les Grecs et Nana au Moyen-Orient), dont vient le mot « année », est devenue grand-mère de Jésus dans la mythologie chrétienne. Tout semble concorder pour en faire le nom le plus ancien de la Déesse-Mère. Tout… sauf la linguistique, qui révèle que cette racine N est sans doute celle des noms les plus récents.
Avec la racine KR, on ne manque pas de trouver, toujours chez les Grecs anciens, des déesses primordiales très archaïques : Kèr, qui préside à la mort ; Koré reine des Enfers et fille doublet de Déméter la déesse des moissons. A noter que, parmi les langues indo-européennes, on distingue deux branches : l'orientale (sanskrit, iranien, arménien, grec et albanais) et l'occidentale (baltique, slave, germain, celtique et italique). Or les Latins, de langue italique, connaissent une déesse Cérès (prononcer Kéres) qui est l'équivalent de Déméter mais dont le nom recouvrait à l'origine une très vieille puissance de la végétation, ainsi qu'une Cardéa dont la légende rappelle Anis, la déesse celte aux lèvres bleues qui s'introduit dans les maisons pour sucer le sang des petits enfants, aspect sombre de la Déesse-Mère qui règne sur la Vie et la Mort et qui, comme la Nature qu'elle représente, peut se montrer extrêmement cruelle.
Quelques mots communs bâtis sur la racine KR en langue grecque : tête, corne, casque, coeur, corbeau, jeune fille, jeune homme, tondre, atteindre, joie, main, pierre, choeur. En italique : céréale, charnière…

Alors, quels noms fondés sur la racine KR la langue celtique propose-t-elle pour la Déesse-Mère ? Un seul. Il s'agit de Kerridwen, dont seul le mythe gallois concernant la naissance du barde sacré Taliésin a conservé la trace.

ÉTYMOLOGIES ET MYTHOLOGIES

Pour les déesses-mères dont le nom est bâti sur la racine KR, l'animal emblématique traditionnel est la truie blanche. A Rome, on sacrifiait du porc à Carnéa. En Grèce, la victime de prédilection de Déméter-Cérès est la truie. On trouve également chez Pausanias référence à une déesse-truie Cerdo, épouse de Phoronée, frère de Io et Argus Panoptès, héros inventeur du feu auquel les Argiens rendaient un culte.
Pour les Celtes, la truie blanche est l'animal symbolisant la déesse de la Mort, c'est-à-dire l'un des aspects de leur Triple Déesse, laquelle est la façon dont leur mythologie a intégré les différents visages de la Déesse des Origines (jeune vierge-mère, guerrière farouche et initiatrice, femme âgée sage et mystérieuse). Et, justement, quel animal rattache-t-on à Kerridwen ?
La truie blanche.

Citons ici Robert Graves, Les Mythes Celtes : la Déesse Blanche, éditions du Rocher :
« Or, dans le Roman de Taliésin, Caridwen, ou Cerridwen [Kerridwen], l'ennemie de Gwion, était aussi une déesse blanche de la truie selon le Dr Mac Culloch qui, dans sa Religion des Anciens Celtes, bien documentée, invoquele témoignage de Geoffroy de Monmouth et du celtologue français Thomas et rappelle qu'elle était également décrite par les bardes gallois comme une déesse du grain. Il l'assimile à la Déméter à la truie […]. Son nom est composé des mots cerdd et wen. Wen signifie « blanche » et cerdd, en irlandais et en gallois, signifie « profit » aussi bien que « les arts inspirés » et spécialement « la poésie », comme les mots grecs cerdos et cerdeia, dont dérive le latin cerdo, « artisan ». En grec, on appelait cedro la belette, déguisement favori des sorcières de Thessalie, et on le traduisait habituellement par « l'artificieuse » ; d'autre part « cerdo », un vieux mot d'origine incertaine, signifie « porc » en espagnol. […] La fameuse sardane, danse des moissons des Pyrénées espagnoles, fut peut-être exécutée d'abord en l'honneur de cette déesse [Cerdo] qui avait donné son nom à la meilleure terre à blé de la région, la vallée de Cerdana dominée par la ville de Puigcerda ou colline de Cerdo. […] Cerridwen est nettement la truie blanche, la déesse de l'orge, la Dame Blanche de la mort et de l'inspiration ; elle est, en fait, Albina, ou Alphito, cette déesse de l'orge qui donna son nom à la Grande-Bretagne [Albion]. »
A noter que les habitants de la vallée de Cerdana (Cerdagne en français) sont appelés les Cerdans et les Cerdanes et que, à ce prénom, l'Encyclopédie des Prénoms d'Elaine Chastenier, éditions de Vecchi, a écrit : « Cerdane, Serdane, Cerdana, Serdana : ce prénom d'origine occitane tire son origine de la Cerdagne. Il fut très à la mode au Moyen Age dans le Midi. Il fait peut-être allusion à une personne originaire de Sardaigne ou au sarde, groupe de parlers romans italianisés. Il peut se fêter le 1er novembre »
Rattacher la vallée de Cerdagne à l'île de Sardaigne paraît logique en terme d'étymologie. Mais, à mon sens, c'est uniquement parce que la Sardaigne tire elle aussi son nom d'une déesse-mère à racine KR, que l'on vénérait aux temps anciens en lui élevant des nuraghes (constructions cyclopéennes en pierres sèches pratiquement sans ouverture et qui peuvent rappeler les tumulus-utérus d'Europe occidentale).
Un autre lieu qui tire son nom d'une déesse à racine KR est le Kerry, la région la plus fertile d'Irlande, et la déesse patronymique est bien, en l'occurrence, Kerridwen. Le prénom Kerry est très en vogue dans les pays anglo-saxons et si les dictionnaires de prénoms anglophones lui donnent comme signification « originaire du Kerry, comté le plus fertile d'rlande », ils oublient de préciser que l'étymologie doit remonter jusqu'à la déesse…

La langue brittonique peut permettre une autre traduction de Kerridwen. En décomposant le nom : Ker-Rig-Wen.

Ker, c'est la ville en breton moderne, mais seules les villes qui furent autrefois des forteresses militaires voient leur nom composé avec Ker, les autres villes étant nommées à partir du mot Plou ou Pleu, qui évoque la paroisse.
Pour en revenir à Kerridwen, je propose donc de traduire Ker par Forteresse. Ensuite vient Rig, le Roi ou la Reine. Kerrigwen fut peut-être l'orthographe originelle du nom de la déesse. Rig, Rix, Rex, Roy, Roi… A toutes ces variations sur la racine indo-européenne, on peut peut-être ajouter Rid. Pour finir, Wen est la couleur blanche, pour cela la plupart des traductions concordent. On obtient donc « la Reine Blanche de la Forteresse », qui recouvre la notion, avec la couleur blanche, de Forteresse de l'Autre Monde.
Cette traduction de mon cru est parfaitement compatible avec la mythologie connue concernant la Déesse-Mère Kerridwen.
Reste à signaler, pour Kerridwen, une étymologie tardive et, selon moi, très imprégnée de cette tendance du christianisme à diaboliser les anciennes divinités : le professeur Pierre-Yves Lambert, dans les notes sur sa traduction du Mabinogion gallois, cite un certain Ifor Williams. Pour ce dernier, la forme ancienne de Kerridwenserait Cyrridfen, de ben « femme » et d'un dérivé de cwrr « tordu, bossu »Kerridwen serait donc la femme bossue, la fée Carabosse penchée sur son chaudron maléfique. Carabosse, dernier avatar d'une Déesse-Mère que les peuples modernes ne comprenaient plus et dont ils n'avaient conservé que l'aspect le plus obscur, oubliant qu'elle est aussi la Vie et la Renaissance, la détentrice des mystères de l'autre monde, du chaudron de connaissance et d'inspiration poétique, celle qui dispense aux hommes l'abondance, qui préside à la poésie, la science, l'art, la forge, la médecine et la divination…

KERRIDWEN ET TALIESIN : VERSIONS OFFICIELLES

Selon le manuscrit Hanes Taliesin, la sorcière Kerridwen, l'un des aspects de la Déesse-Mère, habitait une île sise au coeur du lac Bala ou Tegid avec son époux Tegid Voël (réputé chauve), dans lequel transparaît le vieux dieu pré-celtique Kernunnos.
La légende leur prête trois enfants (mais il existe plusieurs versions qui font des deux garçons un seul et unique personnage). D'abord, une fille de toute beauté : Creirwy ou Creirfyw, « le joyau ». Puis un fils très laid : Morvran « le corbeau de mer », personnage qui appartient aussi à la saga primitive d'Arthur dont il est l'un des chevaliers (cycle Kulhwch et Olwen). Les Triades Galloises disent que Morvran est d'ailleurs l'un des trois uniques survivants de la bataille de Camlan.
Troisième enfant : un autre garçon, plus horrible encore que Morvran. Il est nommé Affang Du « le castor noir » ou le « monstre noir ». On retrouve dans son nom l'Addanc, monstre du lac ou de la grotte, qui figure dans des textes parallèles, comme l'histoire de Peredur (le Perceval gallois). Certains textes disent d'Affang Du qu'il est aussi bête et méchant que laid, ce qui justifierait sa réputation de monstre.
Notons ici qu'il existe une version rattachant la légende de Kerridwen à un mythe archaïque : la déesse-mère Kerridwen a deux enfants qui sont jumeaux : une fille magnifique et un garçon monstrueux de laideur. Il s'agit de la Lune et du Soleil, mais la version ne précise pas qui est mâle et qui est femelle et les deux hypothèses possibles sont aussi valables l'une que l'autre.
La légende officielle veut que Kerridwen, souhaitant réparer ce qu'elle estime une injustice, décide de préparer pour Affang Du une potion magique qui devra lui donner la connaissance et l'inspiration, c'est-à-dire la beauté de l'esprit à défaut de celle du corps.
Elle rassemble les herbes appropriées, les jette dans son chaudron saison après saison. Ce chaudron devait bouillir sans interruption durant un an et un jour (soit un cycle complet). Durant ses phases de cueillette, Kerridwen confie la surveillance du chaudron à deux personnages mystérieux : l'aveugle Morda et l'enfant Gwyon Bach.
Ici encore, les versions divergent. Tantôt, Morda tient la cuiller pour remuer la mixture tandis que Gwyon entretien le feu, tantôt c'est l'inverse. Tantôt, Gwyon n'est pas un enfant mais un nain. Tantôt, Morda n'existe pas et Gwyon est seul devant le chaudron…
Or, quelques jours avant la fin du délai de un an et un jour, trois gouttes jaillissent sur le doigt de Gwyon. Pour apaiser la cuisante douleur, il porte ce doigt à sa bouche et, soudain, est investi de toute la magie du chaudron : connaissance et inspiration. (Il existe une version disant que Gwyon plonge délibérément le doigt dans le liquide, une autre affirmant qu' Affang Du était en place, prêt à recevoir les gouttes, et que Gwyon l'aurait poussé pour prendre sa place et lui dérober les pouvoirs du chaudron).
Un détail : hormis les trois gouttes, le chaudron ne contient que du poison.
Et dès que ces trois gouttes sont bues, l'action du poison fait exploser le chaudron. Le nombre de morceaux va de « deux » à « une infinité ».
A présent, Gwyon est clairvoyant. Il découvre que Kerridwen, furieuse de la perte de son travail et du tort fait à Affang Du, va le poursuivre de sa rancune. (Une autre version dit que Kerridwen avait décidé de tuer Gwyon sitôt son oeuvre achevée et que telle est la raison de la fuite de l'enfant). Donc, Gwyon décampe au plus vite. Kerridwen, qui rentre de cueillette, constate les dégâts. Furieuse, elle bât Morda comme plâtre (dans les versions où elle l'a sous la main) jusqu'à ce que les yeux de l'aveugle lui tombent sur les joues. Morda déclare alors « Tu m'as défiguré sans raison car je suis innocent » et Kerridwen lui répond « Tu dis vrai ; c'est Gwyon Bach le coupable ». Sur ce, elle se lance à sa poursuite.

La légende décrit alors une succession de quatre couples de métamorphoses, chaque couple évoquant une saison. Il devint lièvre, elle se changea en lévrier. Il se fit poisson, elle prit la forme d'une loutre. Il devint oiseau, elle fut un faucon (ou un épervier). Il se changea en grain de blé caché dans un tas de grains de blé ordinaires. Alors, elle prit l'apparence d'une poule noire à queue courte et picora tout le grain, avalant Gwyon du même coup. Ce grain-Gwyon la féconda. Neuf mois plus tard,Kerridwen mit au monde un enfant. Parce qu'il était sans père, elle aurait dû le tuer, mais il était si beau qu'elle ne put s'y résoudre et se contenta de l'abandonner aux eaux de l'océan, couché dans un coracle (ou cousu dans un sac de peau).

Les courants déposèrent le tout dans les filets du roi Elphin, qui pêcha l'enfant, s'émerveilla de sa beauté, le baptisa Taliésin (Front Brillant) et l'éleva à sa cour. Taliésin devint l'un des bardes sacrés du Pays de Galles. Sa science était telle qu'il sauva Elphin de bien des embarras, et ce dès son plus jeune âge. Il écrivit des poèmes énigmatiques dont le célèbre Cad Goddeu (Le Combat des Arbres). Il célébra aussi le roi Uryen, époux de Morgane et père d'Owein le chevalier au Lion. Mais ceci est une autre histoire et relève de la Geste Arthurienne.

RÉHABILITATION DE KERRIDWEN : LE RETOUR AUX SOURCES

Qui est Gwyon ? Un enfant ou un nain, créature des mondes souterrains ?

Déroba-t-il sciemment les trois gouttes magiques destinées à Affang Du, ou le hasard est-il seul responsable ?

On peut rapprocher le gallois Gwyon Bach / Taliesin du héros irlandais Demné/ Finn, qui acquit ses pouvoirs après avoir léché son pouce, brûlé par le jus du saumon de la connaissance. Sans doute sont-ils deux exemples d'évolution, terre brittonique / terre gaëlique, du même mythe originel. Or tout le cycle Ossianique, célébrant les exploits de Finn, est placé sous le signe du cerf, symbole du dieu Kernunnos. Finn est l'un des avatars du dieu.
Lien de transitivité, Gwyon est Kernunnos, le premier époux de la Déesse-Mère ainsi que l'atteste son nom, fondé sur l'archaïque racine KRN.
Qu'en est-il, à présent, de la fureur de Kerridwen envers Gwyon ? Elle m'apparaît suspecte car elle se manifeste non par une oeuvre de destruction mais par le don d'une vie nouvelle, l'état supérieur du barde sacré Taliesin, qui n'aura de cesse de chanter la Déesse-Mère, suivant bien en cela la Voie du Dieu Cornu.
D'ailleurs, comment imaginer que la Déesse-Mère, omnipotente et omnisciente, ait pu se laisser abuser par les manoeuvres de Gwyon, ou qu'elle n'ait pas prévu, si l'on retient la version du hasard, ce qu'il adviendrait des trois gouttes fusant de son chaudron où mijotaient science et inspiration? N'a-t-elle pas, de plus, confié le chaudron à la surveillance de Morda, aveugle et donc clairvoyant ? Je suis persuadée que Gwyon était bien l'élu,l'amant de toute éternité, le dieu qui jamais n'a trahi et s'est toujours soumis au jeu de la déesse en sachant que mourir en son sein équivaut à renaître.
Référons-nous à présent à Jean Markale. Son analyse du mythe de Kerridwen dans La Femme Celte, Petite Bibliothèque Payot, est intéressante.
« Lorsque Gwyon Bach […] boit par mégarde les trois gouttes interdites, il a la vision parfaite de la divinité représentée par Keridwen. Mais ce faisant il a transgressé un tabou fondamental. Il est donc puni par Keridwen qui le poursuit et finit par l'avaler. Cette punition n'est que la traduction culpabilisée du contrecoup de la connaissance : Gwyon Bach ne peut supporter la vision du monde imparfait et se trouve exilé, en quelque sorte, dans le monde de la relativité, d'où ses transformations successives en animaux, puis en grain de blé. Il doit être éliminé. Mais comme il a la connaissance parfaite, il ne peut plus mourir vraiment : il participe maintenant à la divinité de Keridwen. C'est pourquoi Keridwen l'avale sous la forme d'un grain de blé. Elle ne pouvait pas faire autre chose que de l'absorber, un peu comme le prêtre catholique qui est tenu de nettoyer le calice en absorbant les moindres parcelles d'hostie qui pourraient demeurer sur la patène ou dans le ciboire. Car la divinité, si elle est écartelée, perd sa puissance. […] Quand Gwyon Bach s'empare, sans le vouloir, des secrets de Keridwen, il y a effectivement une catastrophe comparable à celle de la naissance, qui est un déchirement. A partir de ce moment, il y a nécessité de reconstituer l'unité perdue, il y a nécessité du retour en arrière, vers la mère, et de cette façon il y aura nouvelle naissance. Dans le cas de Gwyon Bach, qui n'appartient pas vraiment à la caste des mortels, il ne meurt pas, il féconde sa propre mère (c'est-à-dire qu'il est lui-même Dieu, père et fils), et il renaît une seconde fois sous l'aspect de Taliésin, le barde qui connaît les secrets du monde et de la divinité. On notera encore […] l'attitude de Keridwen qui abandonne l'enfant. Mais le fait qu'elle l'abandonne dans un sac de peau, et sur les flots, en dit long sur le sens du mythe. Cela rejoint d'une part tous les cas de fécondation buccale que l'on relève dans la tradition celtique, et aussi tous les mythes celtiques ou autres, de l'enfant abandonné sur les eaux, symbole de la naissance dans l'utérus entouré d'eau, comme c'est le cas pour Moïse, Rémus et Romulus et bien d'autres. […] Ce conte nous fait remonter au fond des âges, à la croyance que l'homme n'a rien à voir dans le phénomène de la parturition qui est la fonction spécifique de la Femme. » Et, plus loin, dans le même ouvrage : « Il est évident que le Chaudron de Keridwen est une des figurations du Graal primitif, dispensateur de richesses intellectuelles. Il est non moins évident que ce Chaudron a des rapports avec le Philtre que boivent Tristan et Yseult. Le liquide qu'ils contiennent tous deux est interdit à ceux à qui il n'est pas destiné. Or Gwyon Bach, comme Tristan, le boit par mégarde : ce qui veut dire que l'un et l'autre ont transgressé un interdit. En buvant le philtre, Tristan se lie définitivement et obligatoirement à Yseult. Yseult métamorphose complètement l'ancien Tristan et en fait un homme nouveau, qui est à la fois son fils et son amant. En buvant les trois gouttes du chaudron préparé oar Keridwen, Gwyon Bach se lie définitivement et obligatoirement à Keridwen. Il essaie de s'échapper : il ne réussit pas, car les trois gouttes ont la valeur du geis. Et Keridwen l'avale. L'image est claire : il s'agit tout simplement de l'acte sexuel, de l'engloutissement de l'Amant par la Maîtresse, réalisation fantasmatique qui découle de l'absorption du pénis par le vagin. Gwyon Bach revient dans le sein de sa mère pour une nouvelle maturation, et quand il renaît, ce n'est plus sous la forme ancienne de Gwyon Bach, c'est sous la forme nouvelle de Taliesin. Keridwen a donné une nouvelle vie à celui qu'elle a englouti, celui qui est à la fois son fils et son amant. C'est l'illustration la plus éclatante de la métamorphose que la Femme fait subir à l'homme qu'elle a choisi et qu'elle aime. L'acte d'amour débouche sur une nouvelle naissance. »
Puis suivent des considérations sur l'acte d'amour lié à la mort, et le fait que nous naissons du fumier, et qu'au fond du chaudron, ou dans le philtre, se trouve des choses diablement intéressantes, et que y goûter, en ayant transgressé un interdit posé par l'ordre établi d'une société patriarcale et « civilisée » équivaut à remettre en cause cet ordre établi, à ouvrir une brèche pour un retour de l'âge des sorcières, quand la Femme dominait le monde, encore sauvage et « naturel ».
Kerridwen est présentée comme terrible car c'est ainsi qu'est perçue la Maîtresse dominatrice par l'homme, lequel porte en lui mille terreurs inconscientes, comme celle du vagin denté, ou la crainte d'être absorbé tout entier par sa compagne lors de l'acte sexuel. La Femme est la Déesse et la Terre, puisque c'est dans ses profondeurs que la vie humaine germe, comme le grain sous la terre. Elle paraît ainsi détenir un pouvoir qui effraie et fascine à la fois. Certaines sociétés ont vénéré et chanté ce pouvoir, d'autres l'ont diabolisé. Le monde judéo-chrétien a décrété une la femme devait être brisée, soumise, et que celles qui relèveraient la tête et assumeraient leur nature devraient être brûlées comme sorcières.

Pourtant, il est encore des hommes et des femmes pour se souvenir, ou pour retrouver le sens premier du mythe. Il existe une Bande Dessinée, Slaine Mac Roth, dont le scénariste Pat Mills, très bien documenté, a su faire une véritable réhabilitation de la Déesse Blanche et du Dieu Cornu. Il existe aussi une très belle chanson du groupe nantais Tri Yann, dans leur album Belle et Rebelle ». Cette chanson, Korydwen et le Rouge de Kenholl, est riche de références mythologiques et symboliques. Des notes explicatives accompagnent le texte de la chanson. Ces notes expliquent entre autres choses que Korydwen vient « de Keridwen, nom gallois de Dana, déesse aérienne dont la tribu, le « Peuple-fée », envahit l'ancienne Irlande ; divinité assimilable à l'Athéna grecque, Dana et son peuple apportaient la sorcellerie, la poésie et l'artisanat ; également nommée Brigantia, elle fut détournée par le christianisme en Sainte Brigitte, patronne des médecins, écrivains et forgerons. »
Mais si Dana a son peuple, les Tuatha de Danaan, Kerridwen a aussi le sien : les Korrigans de petite Bretagne, c'est à dire « les gens de Kerridwen ».

EN CONCLUSION

Prénom encore porté, sous sa forme Kerridwen, au Pays de Galles, je pense qu'on peut lui attribuer comme signification « Déesse Blanche », tout simplement, avec tout ce que cela recouvre de mythes et de symboles. Et je le fête le 31 octobre au soir, quand commence Samain, fête de la déesse, que nous fêtons aujourd'hui sous le terme Halloween.

Participation et remerciements à Nathalie DAU


Bibliographie :

Marcel BRASSEUR - Les Celtes : les Dieux Oubliés - Terre de Brume Editions
Yann BREKILIEN - La Mythologie Celtique - Brocéliande / Editions du Rocher
Elaine CHASSENIER – Encyclopédie des Prénoms – Editions de Vecchi
Georges DUMEZIL - Mythe et Epopée Tomes I, II, III - NRF Editions Gallimard
Robert GRAVES - Les Mythes Celtes : La Déesse Blanche - Editions du Rocher
Christian-J. GUYONVARC'H et Françoise LEROUX - La Civilisation Celtique - Petite Bibliothèque Payot
Christian-J. GUYONVARC'H et Françoise LEROUX - Les Druides - Editions Ouest-France / Université
Pierre-Yves LAMBERT - Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge - L'aube des peuples - Gallimard
Jean MARKALE - La Femme Celte - Petite Bibliothèque Payot
Jean MARKALE - Les Celtes et la Civilisation Celtique - Bibliothèque Historique Payot
Jean MARKALE - Les Mystères de l'Après-Vie - Pygmalion
L.H.R.R. MERLHYN - Les Druides et la Quête du Graal - Brocéliande / Editions du Rocher
Jean-Paul PERSIGOUT - Dictionnaire de mythologie Celte - Editions du rocher / Gnose
Myriam PHILIBERT - Les Mythes préceltiques - Editions du Rocher
Marie-Louise SJOESTEDT - Dieux et Héros des Celtes - Terre de Brume Editions
Robert-Jacques THIBAUD - Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Celte - Dervy


*URL d'origine : http://www.lodace.com/histoire/outils/kerriden.htm (site fermé)

21 novembre 2013

BATEAU SOLAIRE, CHAUDRON, ROUE SOLAIRE: Des Normands à Malte

Le chaudron nocturne du bateau solaire

http://www.centrostudilaruna.it/le-disque-de-nebra.html

Le “char” solaire de Trundholm, daté de 1400 avant notre ère montre que le mouvement quotidien du soleil était attribué à un cheval qui tire le disque solaire sans que celui-ci soit placé dans un char, conception attestée par diverses représentations figurant sur des objets du Bronze final danois et dans les gravures pariétales du Bohuslän (Suède). Cette conception, qui diffère à la fois de celle du char du Soleil et de celle du Cheval solaire (le Rohita du livre XIII de l’Atharvaveda), concorde en revanche pleinement avec l’image et la formule poétique traditionnelles de la “roue solaire” : une roue ne nécessite pas d’être placée sur un char pour rouler. L’attelage solaire de Trundholm représente le trajet diurne du soleil. La barque du disque doit représenter son trajet nocturne sur l’océan céleste. C’est ce qu’indiquent plusieurs objets de bronze, notamment des rasoirs, étudiés également par Flemming Kaul: on y voit le cheval solaire tirer le soleil du bateau matinal pour son trajet diurne ou le remettre sur le bateau vespéral pour son trajet nocturne.

On rappellera à ce propos que K. Randsborg (4) résume en ces termes “la conception nordique et probablement centre-européenne des mouvements du soleil vers 1300 avant notre ère”: “deux trajets, l’un diurne sur un char et l’autre nocturne dans un chaudron placé sur un bateau auquel sont attachés de oiseaux symbolisant l’univers et gardant le soleil pendant sa période de sommeil et de faiblesse”. Mis à part le char solaire qui, comme on l’a vu, peut faire défaut, la conception est identique.

Voir aussi

http://books.google.fr/books?id=SPImnmy3utkC&pg=PA17&lpg=PA17&dq=chaudron+nordique

+solaire&source=bl&ots=x8TYSBK9BQ&sig=Udcqs7BZBy7nqlK-hjnm5op_7uc&hl=fr&sa=X&ei=cGxqUqrxLumu0AWx5oCwAw&ved=

0CE4Q6AEwBQ#v=onepage&q=chaudron%20nordique%20solaire&f=false

Dieux et mythes nordiques Patrick Guelpa

 

Drapeau normand

http://mynormandy.canalblog.com/archives/2013/09/16/28031079.html

Celui de Normandie, est le plus ancien des drapeaux nationaux du Monde ; à l'origine c'était une croix jaune sur fond rouge  encore présent sur le blason du Mans. Et qui fut laissé comme drapeau identitaire, à nos cousins de Skanie. Archétype déjà représenté sur la Mora de la tapisserie de Bayeux, ancêtre du Danebrog: de nos jours c'est le drapeau à croix de Saint Olaf, jaune éclatée sur fond rouge, issue selon les historiographes de la croix papale donnée à Willelm par le Pape Alexandre II (sous les conseils du "Bordelais" Hildebrand d'origine germanique, futur Pape Grégoire VII), mais dont l'archétype est plus sûrement la roue solaire, regardée par les Normands comme le symbole vengeur du marteau de Þór (c'est-à-dire la stafr X /G rune de la précession des temps & signe du tourbillon de la création), croix déjà représentée pattée (symbolisant la semelle du marteau de Þór), sur les deniers de Willelm langaſpjót: "Guillaume longue lance" (épée en français), et le blason du Mans (rappelons que cette ville était normande en 1065).

Pourquoi croix de Saint Olaf...?

Olaf Haraldsson, dit "Saint Olaf", 995 (Norwege), 29 juillet 1030 (Stiklestad [Norwege]), hôte de Rikard II af NormannĒ: "Richard II de Normandie" en 1013/1014, fut baptisé à Rouen par l'Archevêque Hróbjartr af Eburö/Robert d'Evreux, il fut évangélisateur des pays nordiques, et ramena dans son pays l'oriflamme de Normandie, déjà représentée sur les deniers de Willelm langaſpjót: "Guillaume longue lance" (épée en français), qui pris le nom de Danebrog, lequel sera à l'origine de tous les autres drapeaux skandinaves (la graphie de ce mot est volontaire et identique à celle du français du XVIIIème siècle).

http://911-2011.fr/wp/le-drapeau-normand-histoire-et-points-de-vue

« le corbeau d’Odin », aurait également figuré comme seconde bannière dans les armées des ducs normands. 

 

La croix, même signe que le marteau de Thor

http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Revue_des_Deux_Mondes_-_1890_-_tome_99.djvu/146

Est-il besoin de rappeler Constantin choisissant pour étendard ce Labarum qui pouvait être revendiqué à la fois par le culte du Christ et par celui du Soleil ? Il est curieux de trouver la même politique attribuée au premier roi chrétien de la Norvège. Suivant un vieux chant des îles Shetland, Hakon Adalsteinfostri, forcé de boire à Odin, dans un banquet officiel, traça rapidement sur la coupe un signe de croix, et, comme ses convives lui en faisaient le reproche, il leur dit que c’était le signe du marteau de Thor. Nous savons, en effet, que dans les pays germaniques et Scandinaves, la croix du Christ s’est plus d’une fois dissimulée sous la forme du marteau à deux têtes, comme en Egypte elle revêtit, dans plus d’une inscription, l’aspect de la clé de vie.

 

http://lacroixdemalte.blogs-de-voyage.fr/

La croix blanche à huit pointes est à l’origine un très ancien emblème des chrétiens d’Orient. Lorsque les chevaliers prirent en charge l’hôpital de Jérusalem, ils la placèrent sur leur manteau noir.

Selon les chroniqueurs, au Xlème siècle, des marchands de l’ancienne république d’Amalfi obtinrent du calife d’Egypte l’autorisation de construire à Jérusalem une église, un couvent et un hôpital destinés à soigner les pèlerins malades – sans distinction de race ou de religion.
Les Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem devinrent un Ordre religieux indépendant, consacré par le pape Pascal ll.
Le rôle de l’Ordre était de soigner et de défendre les malades et les pèlerins dans les territoires que les croisés avaient conquis aux musulmans.
L’Ordre devint ainsi à la fois religieux et militaire. Tous ses Chevaliers étaient des religieux liés par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance.
L’Ordre adopta la croix blanche à huit pointes qui est encore aujourd’hui le symbole de St-Jean, et élargit sa mission à la défense de la chrétienté.

Quand les chevaliers prirent possession de Malte, ils appliquèrent leur emblème sur l'étendard rouge que l'île avait héritée des normands de Sicile. 

http://www.runes.ch/mcio-forme-21.html

Rune mère Hagal Dans sa structure elle incarne l'ensemble des figures. Observer bien la cristallisation façonnant les flocons de neige et vous verrez qu'à l'intérieur y naît l'ensemble des formes, structures, corps archétypaux constituant le cosmos (corps "platoniciens" sphère, cube, tétraèdre, octaèdre, icosaèdre, dodécaèdre). 

Voir aussi lecoindelenigme.com/bizarreries-suite.htm

A l'église de Torres del Rio, sous la coupole une étoile de Béatitude contient l´étoile dite mudéjar.
Celle-ci dessinée à l´aide de 2 carrés ( 2 x 4 = 8  et son centre, UN ) est un symbole solaire.
Soleil obtenu par la dualité de la matière unie qui contient le Cercle qui à son tour comprend le Un.
Nous avons donc 2 octogones autour de la Création, le macrocosme et le microcosme.

lecoindelenigme

 Etoile des Béatitudes

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