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26 septembre 2014

G et astronomie

Capture d’écran 2014-09-26 à 15

 

 

G céleste / Orion / Cri primordial Hay

http://orion.creation.free.fr/orion3.htm

"Le grand G céleste"

Orion se trouve dans le ciel au centre d'une spirale de neuf étoiles remarquables que l'astronomie populaire appelait "Le grand G céleste" :

Beltégeuse-Bellatrix-Rigel d'Orion au centre, Sirius, Procyon, Pollux, Castor, Capella et Aldebaran.

L'usage de cet ancien symbole du "G" est frappant dans tout l'art de la méso-Amérique, et représente notre voie lactée spiralante. Le "G" est prononcé "Hay" ou "Hay ya" qui est chanté dans toutes les cultures indigènes américaines.

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26 septembre 2014

Tau, Labyrinthe

Tau, Croix ansée, symbole babyl du Tau, tétragramme cunéiforme...Labyrinthe +++

http://www.societe-perillos.com/therise1.html (env milieu)

au sujet du Tau, il est clairement visible que la partie supérieure du symbole reçoit une sorte de Labyrinthe spiriforme. Le même que l’on retrouve en Egypte sur certains bas-reliefs, et surtout en Perse, dans sa forme de spirale.

26 septembre 2014

Chartres, cadran solaire de l'ange, coquille/cadran, âne, labyrinthe...

http://rosamystica.oldiblog.com/?page=articles&rub=327082

L'ANGE SOLAIRE, cadran solaire de l'ange, coquille/cadran

 

- Tout d'abord il s'agit plutôt d'un archange qui nous présent un cadran solaire. Il est la dualité même. Son titre et sa fonction sont éternelles et universelles. Il est le temps divin et sacré.

Il nous montre l'accès du profane par le droit fil de la durée, seule et unique dimension de l'humanité, l'opposant à l'éternité et au sacré dont il se veut issu. Le temps et la durée présentés par l'archange ressemblent fort à une coquille Saint-Jacques inversée sur laquelle s'inscrivent en chiffres, nombres... lumières, ombres, gérant et générant l'ensemble de nos données. Enfin ces dimensions chronologiques sont réglées par une horizontale engendrant la division ultime en douze espaces et treize limites! Et le maître de cet espace enfin compté déploie ses ailes, et ses plumes, pour une envole cosmique à laquelle il convie le lecteur. Notons enfin que seule une des jambes de l'archange (la droite) reçoit le voilage gothique.

L'ANE QUI VIELLE

 

Le symbolisme de cet animal mériterait à lui seul un article complet. Nous retiendrons seulement l'aspect lunaire et docile. Nous déplorerons cependant qu'il soit devenu, hélas, la matérialisation de la stupidité et de l'ignorance. Ne faut-il pas plutôt y voire la dégradation lente de l'innocence et par là: la pureté? Cet aspect négatif n'est peut-être que le fait de ceux qui voulaient la connaissance pour leur seul profit?

Ici l'animal quitte son état (horizontal) au profit d'un état évolué (vertical), nous donnant ainsi le schéma de la possible "évolution".

Remarquons, à présent, l'instrument appelé "vielle": il s'agirait plutôt d'une sorte de petite harpe. Cette dernière est en arc de cercle et même en un demi-cercle de la proportion du cadran solaire de l'archange du Temps. Analogie encore entre le son (musique) harmonieux et les grandes oreilles, propres à l'âne, seules capables de bien percevoir la modulation d'harmonie comme deux colonnes réceptives et s'ancrant sur l'entendement ?.. Dualité, peut-être, montrant que l'âne ne sait que 'braire' pour accompagné la divinité d'une musique céleste ?.. Ou encore cette représentation ne symboliserait elle pas la possibilité d'une évolution, ou progression, dont nous aurions à présent perdu l'essentiel du processus ? Nous noterons en effet que la harpe, surtout sous cette forme, étaient l'instrument sacré privilégié des Bardes et des Druides dont les sons permettaient le contrôle des éléments, des Divinités et... des hommes !

L'instrument maintenu vertical est à cordes. Si l'on prend soin de les compter nous en trouvons cinq. Il n'y aura rien d'étonnant car la musique médiévale se déroule sur seulement cinq notes. Ce système musical est dit "gamme de Pythagore"!!! Rappelons, à ce propos, qu'il faudra attendre la Renaissance pour que la gamme musicale de cinq notes passe à sept notes et donnera une plus grande souplesse à la musique. Le symbolisme du passage de 5 à 7 notes musicales représentant le cheminement de l'Orient à l'Occident n'échappera évidemment à personne.

De plus les initiés constructeurs et sculpteurs ne feront pas vieller l'âne n'importe où... mais bien au seuil de la porte hermétique des morts (étrange ouverture qui, dès sa construction, est aussitôt obstruée et occultée afin de ne servir qu'au seul usage des Esprits défunts). Sur ce registre il suffit d'un anagramme sur une lettre (le i) pour que l'âne ait, au moment précis de l'ultime initiation qu'est la Mort, la double fonction de 'VEILLER' puis 'VIELLER' afin d'accompagner, peut-être, par les dernières vibrations "musicales" d'un air qui s'achève, le dernier souffle de l'Humain abandonnant nos 'Espace et Temps' pour des sphères plus Universelles... C'est une possibilité non négligeable si l'on observe que cette 'Porte des Morts' est construite à trois arceaux romans dégressifs de décharge marquant le passage des trois états à l'éternel universel insondable: le mur infranchissable et matériel.

Enfin l'animal est soutenu par une créature grotesque lui-même porté par une représentation humaine supportant l'ensemble de la sculpture. Les trois "créatures" représentent ici les trois états nécessaires à l'évolution cosmique.

Pilier qui résonne à 50 m de là ds autre pilier qd frappé à sa base, porte ND du pilier

ND ss Terre Orient (avec peinture byzantine à l'Enf Jésus cornu (soleil+lune, mithra?) à côté, lien avec celle occident ( c avec l'Âne qui vielle) (Vierge Noire)

Trois Maries

Le culte aux trois Maries débarquant en Camargue s'est déplacé jusqu'à Chartres. La cathédrale, autrefois, possédait un autel sous leur vocable. La fontaine de Méreglise s'appelait "Fontaine des 3 Maries". Elles étaient aussi patronnes de la chapelle de Montsurs, et celle de Pezy possédait leur antique représentation. Cependant le pèlerinage le plus important et le plus curieux se déroulait à 10 km de Chartres, à Mignères, le 22 mai pour la Ste Marie-Jacobé, le 22 juillet pour la Ste Marie-Madeleine et enfin le 22 octobre pour célébrer Ste Marie-Salomé... Nous notons l'insistance du nombre 22 pour ces fêtes. Faut-il y trouver le symbolisme des 22 lettres de la Kabbale, des arcanes majeures du Tarot, des 22 chapitres de l'Apocalypse de St Jean ou le 'symbole de toutes les formes naturelles et de toutes l'histoire de la créature' ? Autour de la chapelle des "trois Maries" pour cette occasion, la déambulation devient une véritable empoignade. Les pèlerins se doivent, durant les trois tours de cette chapelle, de passer trois fois sous la châsse en déambulation... et aucun d'eux ne voulait manquer ce rituel oublié qui leur garantissait longévité et bonheur...

 

http://rosamystica.oldiblog.com/?page=articles&rub=327066

Labyrinthe : mystères + voir référ accessibles à G

L’étrange rumeur ‘sonnante’ du labyrinthe

 

Cette communication pourrait être amplifiée par une similitude anatomique avec l’oreille. Ce serait une hypothèse retenue par certains chercheurs scientifiques reconnus, tels Matheus Corre et Dan Seper, qui identifièrent une ‘tonalité’ particulière du sol des labyrinthes médiévaux existants. Ils observèrent que le dallage du circuit rendait d’abord un son différent du pavage environnant, ensuite la ‘résonance’ se modifiait en se déplaçant vers le centre. Au cœur même du parcours la fréquence passe en ‘infra’ et ‘ultra’. Enfin le plus curieux: le retour du périple, pourtant sur le même cheminement, déclenche une fréquence sonore différente de celle de ‘l’aller’!… On note que leurs travaux, d’un registre purement scientifique, feront l’objet de commentaires laconiques et très embarrassés, car aucune explication rationnelle ne pourra expliquer le résultat analytique des sondes enregistreuses fournies par des laboratoires excluant toute approche fantaisiste. Le rapport restera au stade d’une étude sans diffusion, ce qui est regrettable. Sur un plan plus symbolique, on retient l’importance, accordée par toutes les civilisations, au son, à la parole et au chant. Le son primordial fut reconnu comme lien ‘essentiel’ entre le créateur et sa créature. Si le labyrinthe symbolisait une ‘intelligence divine’, il devenait indispensable que quelques uns soient à vocation oraculaire, figurant l’écho de la pensée à l’identique des graphismes dans les lieux sacrés où la parole prend tout son sens divin.

L’Eglise, pour ces périples, parfois accomplis à genoux, accordait le salut de l’âme, des ‘indulgences’, des ‘pardons’, égaux à ceux obtenus au retour des pèlerinages de Compostelle ou Jérusalem. Le terme ‘La Lieu’ ne vient pas de la distance, environ 4 km, mais du temps égal à parcourir le labyrinthe à genoux et franchir à pieds ‘une lieue’ à vitesse normale, soit une heure environ.

L’ombre des maîtres et de la Rose!

 

L’emplacement de ces parcours n’était jamais le fruit du hasard, mais le résultat évident d’une volonté spirituelle hermétique de très haut niveau, celui des Maîtres constructeurs bâtisseurs de cathédrales.

Le volume d’une cathédrale se définit dans l’horizontale (résumée aux 2 dimensions utiles à l’existence de la verticale: la concrétisation de l’Espace et du Temps) et dans la verticale (répartie en 3 niveaux élémentaires - le Ciel = l’Esprit, la Terre = l’Âme, le Sous-Sol = le Corps). Le seul point possible où peuvent se croiser à la fois l’Espace, le Temps et les directions cardinales se situe au centre du transept, véritable axe symbolique de l’édifice. Ce point ‘Crucial’ est défini de manière solaire (donc universellement) lors de l’implantation des fondations par les ombres portées d’un bâton vertical, appelé ‘colonne de soleil’, dessinant au sol un ‘cercle de lumière’ dans lequel on inscrit un carré orienté, engendrant les 4 premières colonnes limitant les travées de la nef et du transept. Cette ordonnance donne, sur le sol, l’âme de la cathédrale au point précis de son épicentre… emplacement idéal du labyrinthe. On retrouve ce ‘Tracé parfait’ dans l’implantation des loges maçonniques pionnières du 17è S...

Aujourd’hui il est heureusement possible d’observer, et parcourir, l’un des plus intéressants labyrinthes de France, celui de Chartres. Nous ne reviendrons pas en détails sur ce dernier. A cet effet, le visiteur consultera sur ce site notre dossier ‘Chartres’, dans lequel nous consacrons une étude complète et précise sur‘Le labyrinthe de Chartres et le nom de la Rose’. Nous retiendrons plutôt quelques observations insolites.

Dans la mesure où l’on dispose de documents fiables, on peut dire que les labyrinthes sont de forme ronde (Chartres), octogonale (Amiens) ou carrée (Lyon). Malgré ces différences périphériques, ils disposent, en général, de 11 lignes parallèles avec une entrée à la cinquième ligne et tournant à gauche… Pourtant les époques de constructions sont différentes et les maîtres maçons constructeurs ne sont jamais les mêmes! Volonté délibérée de détails déambulatoires, contraintes de tracés parfaits… ou impositions ésotériques, hermétiques, initiatiques???

Le tracé de Chartres est le plus grand de France (161,50m) et à 11 millimètres près, il mesure 13 mètres de côté. 11 lignes moins 5 pour l’entrée = 6, et la rose centrale est à 6 pétales! Face à ces ‘détails’, peut-on avancer le mot ‘hasard’ sans craindre le ridicule? Chartres encore puisqu’il est question de rose et rosace: le plan de la façade occidentale dessiné sur le sol ferait coïncider le Christ dans la rosace avec l’emplacement exact de la rose centrale. Celle-ci, jusqu’à la Révolution Française, était entièrement recouverte d’un disque de cuivre (solaire) illustrant Thésée terrassant le Minotaure (Charles Challine XVIIe S.). Ce combat peut être interprété comme celui contre la Bête.

La promenade des Dames du Labyrinthe

 

En effet, le trajet énigmatique de cette serpente de pierre ne saurait être autre chose qu’un voyage initiatique idéal et merveilleux: la naissance au bord extérieur de la circonférence, puis l’entrée droite dans la queste par un étroit et tortueux chemin blanc à suivre avec attention car il est l’itinéraire de clarté garant de l’arrivée au but. Le moindre faux pas, une déviation, et l’on passe dans le noir, dédale sans aucune issue, ne conduisant qu’à des culs-de-sac sans espoir de retour. Et l’initié parvient au centre. Il ne peut mourir durant cette déambulation car, régénéré, il sait à présent le chemin du retour, de sa renaissance. Parcours formidable allant de l’extérieur vide à l’intérieur plein… du cercle au point central, retour à la notion du rapport entre la créature et son créateur. A ce propos, on se souviendra qu’une fois l’an, jusqu’au 17e S., les vierges noires étaient portées afin de parcourir, elles aussi, l’itinéraire fabuleux. Le choix des porteurs se déroulait selon des critères strictement hermétiques, car les postulants ne manquaient pas pour le privilège de ‘la déambulation des dames du Labyrinthe’ (Placy de Cours –1654).

Le jeu de l’Oie et le nom de Dieu

Sur un autre registre, il nous faut encore retenir qu’avant leurs destructions, certains labyrinthes comportaient une petite gravure en spirale ou escargot, sur 3 tours seulement.

C Un Labrys cf dans référ word à Signature Labyrinthe

D’une part, ceci accréditerait la signature de maçons ‘revenus’ affranchis d’Ecosse au 13e S… D’autre part, il s’agirait d’un lien, peu connu, avec une connaissance initiatique Gouliarde, pratiquement oubliée, que l’on retrouvera dans les valeurs numériques d’un jeu d’enfant remarquable, tombé lui aussi en désuétude: le jeu de l’oie. Jeu qui, justement, était déjà connu en Grèce, ainsi que, depuis fort longtemps, en France et remis en lumière par un certain Charles Perrault.

Sur ce jeu, visiblement initiatique, à la case 42, on retrouve… le labyrinthe. Celui qui y arrive retourne, d’office, à la case 30, à côté de celle du puits. On pourrait juger hasardeux de dire que 42 a pour valeur numérique 6, et 30 celle de 3, puis d’avancer que 3 est la moitié de 6. Oui… mais 42 peut signifier que le nom réel de Dieu se compose de 42 lettres hébraïques. La découverte du sens pour chacune d’elles conduit à la connaissance de l’unité totalisé dans sa gloire au terme de bien des pérégrinations, des recherches, des errements parfaitement imagés par le dessin des labyrinthes. Ce passage oublié mais direct vers le divin pourrait, selon un rite précis, être retrouvé et utilisé avec profit au long du sentier méandreux. C’est en tout cas ce qu’il résulte d’une étude faite au 18eS. (collection des frères Rocte) par le chanoine Chardau… et vertement interdite de publication par le Vatican!

Le dernier lieu de liberté totale de l’Homme

 

Enfin, les alchimistes classiques identifient le labyrinthe comme un résumé des connaissances hermétiques et chimiques du roi Salomon, sur le plan symbolique, bien entendu. Fulcanelli voit dans le tracé des cercles concentriques interrompus le ‘travail entier de l’œuvre, avec ses difficultés majeures: celle de la voie qu’il convient de suivre, pour atteindre le centre, où se livre le combat des deux natures ; celle du chemin que l’artiste doit tenir pour en sortir.’ 

26 septembre 2014

Couleurs et symbolisme, Vitraux

Couleurs et symbolisme

http://rosamystica.oldiblog.com/?page=articles&rub=326113

Pausanias reconnaît également deux Vénus, l'une céleste et l'autre terrestre, l'une verte et l'autre noire. A cette Vénus-Uranie se rapporte le symbolisme de la rose cher aux ésotéristes se rattachant à saint Jean, tandis que la Vénus terrestre est plutôt en relation avec ce que le moyen-âge appelait le symbolisme de la fraise sauvage.

symbolique couleur verte, Vert

Le Graal, calice hermétique qui est aussi le réceptacle du "véritable Elixir rouge",

Médecine des Sages, Anatomia Auri, 1628

 

Dans le symbolisme hermétique, la rose correspond à la quintessence, c'est-à-dire à l'éther primordial et indifférencié, première manifestation de la Sophia. Or Vénus est prise par de nombreux alchimistes pour le symbole de leur matière première et parfois aussi de leur matière prochaine. C'est alors que j'appellerai à nouveau l'attention du lecteur sur la couleur verte et sur le symbolisme de la Table d'émeraude qu'a si bien vu M. Fidel Amy-Sage. Michel Maïer dit que les anciens entendaient par Vénus une matière sans laquelle on ne peut faire le Grand Œuvre. Flamel cite ces paroles du pseudo-Démocrite : « Ornez les épaules et la poitrine de la Déesse de Paphos ; elle en deviendra très belle, et quittera la couleur verte pour en prendre une dorée. »

couleurs héraldiques

1 « Les couleurs héraldiques définissent et symbolisent les degrés d’approche et de réalisation en soi de la lumière divine. La palette du blason est ainsi fixée par rapport à la nature de cette lumière intérieure et par rapport aux différentes étapes de sa recherche. Cette lumière étant la vie véritable, les couleurs du blason évoquent les degrés de réalisation de cette vie, ou les aspects particuliers qui en ont été perçus et développés.

Les couleurs sont au nombre de sept : les cinq émaux (sable, gueules, azur, sinople et pourpre) et les deux métaux (argent et or) auxquels il faut ajouter aussi deux fourrures : l’hermine et le vair.

Les sept couleurs héraldiques sont les sept barreaux de l’échelle de l’initiation hermétique (…).

1. L’argent est le symbole de la première renaissance, de l’initiation proprement dite. Il correspond à l’éveil de la conscience après la « première mort », mort au monde profane et libération des étreintes du monde physique. (…) Par cette première initiation, l’homme découvre en lui-même « cette lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Saint Jean) mais encore sous de nombreux voiles, qu’il faudra ôter un à un, pour parvenir à ne faire qu’un avec cette lumière. (…)

2. Le sable est un symbole de mort et de passage. Il n’est pas exactement une couleur puisque le noir est l’état indifférencié avant que se manifestent les couleurs et qui les contient toutes en puissance. (…) Le sable peut se référer aux trois morts initiatiques et comme Saturne, évoquer aussi bien « l’âge de fer » et le plomb, c’est-à-dire le chaos du monde profane et chuté avant le « Fiat Lux » initiatique re-créateur, ou bien « l’âge d’or » des origines paradisiaques reconquises et l’accomplissement des Grands Mystères. (…)

3. Le gueules, ou bellic, est l’émail de la guerre que mène le chevalier contre les ennemis de la Foi, de la vraie lumière, et contre ses démons intérieurs. Par là, il témoigne de ce combat pour résorber la dualité dans l’unité qui conduit à sacrifier le moi, au besoin en versant son sang. Car le sang est le support de la régénération comme il l’est de la vie en général. C’est par là que s’amorce le chemin de l’œuvre au rouge. (…).

4. L’azur est la couleur du firmament, c’est-à-dire du suprême degré de la création visible. Il symbolise l’accession à la maîtrise cosmique. Le moi une fois combattu et dominé, l’homme libéré parvient à l’unité dans le Soi, au seuil de la Paix, par la réalisation de l’accord avec la volonté du Ciel et des Noces de l’âme et de l’esprit. C’est pourquoi l’azur est la couleur particulière du manteau des rois et le champ de l’écu qui combine les symboles de la royauté par excellence, celui de la France « Fille aînée de l’Eglise ». (…) Avec cette couleur on atteint le seuil où décroît définitivement l’individualité mortelle et où s’épanouit la personnalité véritable spirituelle dans la connaissance parfaite qui est l’or. (…)

5. L’or, seul métal inaltérable, marque le centre de la vie spirituelle, l’état où l’être abolit définitivement le moi corruptible pour revêtir l’incorruptibilité. L’or (…) dans le langage de l’ésotérisme (…) correspond au passage des « Petits » aux « Grands Mystères », à l’état de restauration de la nature humaine d’avant la chute, celui d’Adam dans le Paradis, et à la réalisation du salut. (…) La Foi que symbolise l’or, connaissance véritable et sans voile de la lumière divine, au-delà des limites de la raison individuelle et de la perception discursive, suffit à la justification de l’homme et à son salut. Encore s’agit-il de la Foi plénière, féconde en œuvres, qui « déplace les montagnes » et non de la croyance plus ou moins aveugle et sentimentale que l’on place souvent sous ce terme. (…)

  1. Le sinople est à proprement parler la couleur de la vie nouvelle et de la vivification. On dit de quelqu’un demeuré jeune qu’il est « vert ». De même ceux qui ont accédé dés ici-bas à l’immortalité ont été peints ou dépeints comme verts ou vêtus de vert : ainsi pour saint Jean l’Évangéliste ou pour le Prophète Élie qualifié de « verdoyant ». Tous deux possédaient « l’élixir de jouvence » qui n’est qu’une manifestation de l’effusion totale de l’Esprit vivifiant en tout l’être. (…) Le sinople est l’emblème de l’Espérance qui est la certitude de la seule réalité durable et du caractère illusoire des apparences du monde visible. Elle signifie la floraison de l’Esprit et le printemps de l’Homme régénéré, tourné vers l’été du Paradis et les fruits de la Grâce. Sinople vient du bas latin « sinopis » qui signifie à la fois rouge et vert : la vertu secrète du vert et du sinople est qu’il contient le rouge et le pourpre.

    7. Le pourpre est à la fois un émail et un métal (…) la synthèse et comme l’achèvement des couleurs héraldiques, ou plutôt leur point central où elles s’unissent. (…) Le pourpre est la couleur de la Pierre Philosophale, et aussi, non sans raison, celle du chrême de la Sainte Ampoule du sacre des rois de France. Elle exprime la plénitude de l’Esprit, le seuil de la vie divine, et la souveraineté sur l’univers. (…) L’homme qui l’a atteinte est dans la béatitude et sur la voie de la délivrance définitive. (…) Au-delà de cet ultime échelon, il ne peut plus exister de couleurs car l’être échappe au cosmos et au monde des formes visibles pour entrer par la Grâce dans le monde divin. De la transmutation en l’or, le pourpre conduit à la dernière transformation dans l’union définitive avec l’Être au-delà de tout être, au centre du Soi. »

    Gérard de Sorval

     

    Extrait du livre de Gérard de Sorval, Le langage secret du blason, chapitre 5 “La lumière d’or des origines”, éd. Dervy, 2003,

 

Bourges

Strasbourg, Rayon vert de l'équinoxe, équinoxe et rayon vert

http://rosamystica.oldiblog.com/?page=articles&rub=451863

Dans la cathédrale de Strasbourg monte un murmure admiratif et les flashs des touristes crépitent: il est 11H38 - midi à l'heure solaire- et, comme à chaque équinoxe, le rayon vert fend un vitrail, traverse la chaire et vient "illuminer" un Christ gothique. Le printemps est arrivé. Par chance, le soleil est de la partie mercredi pour colorer en vert le rai de lumière qui traverse le vitrail méridional représentant Juda, ancêtre de Jésus. A la minute attendue, il se positionne sur le dais surplombant le Christ en pierre datant de 1485, puis il illumine le visage de la statue, descendant peu à peu jusqu'à ses pieds pendant une course de 20 minutes environ.Pendant une semaine, il continuera à apparaître à la même heure, mais un peu plus bas chaque jour. Il disparaîtra ensuite jusqu'au 23 septembre, jour de l'équinoxe d'automne, à 12H24 précise.

 

Amiens : http://rosamystica.oldiblog.com/?page=articles&rub=451878

La couleur des vitraux est importante et leur place n'est pas due, on s'en doute, au hasard dans l'édifice : certaines couleurs dominent à certaines places.

 

* Est : le vert

* Nord : le bleu foncé

* Sud : le jaune

* Ouest : le rouge

 

La symbolique des couleurs est elle aussi alchimique.

Au nord, partie de la cathédrale que le soleil ne pénètre jamais directement, nous avons l'Oeuvre au noir. C'est là que l'on trouve la Materia Prima, c'est le début du chemin symbolique que devra parcourir l'Adepte. Il représente le néant primordial, le chaos, l'océan des origines. Nous sommes en un lieu sombre, qui dissimule en son sein le secret des origines. Il faut y descendre pour y puiser la Sapience.

 

VITRIOL : Visita Interiorem Terrae rectificando Invenies Operae Lapidem. : Descends dans les entrailles de la Terre, en distillant, tu trouveras la pierre de l'Oeuvre.

 

Ou encore : Visita Interiorem Terrae rectificando Invenies Occultum Lapidem. : Explore l'intérieur de la Terre. En rectifiant, tu découvriras la pierre cachée.

 

Deux traductions, deux conceptions très proches. La première exprime le processus de transformation, le retour de l'être au noyau le plus intime de la personne humaine... Ce qui revient à dire : Descends au plus profond de toi-même et tu trouves le noyau insécable, sur lequel tu pourras bâtir une autre personnalité, un homme nouveau (Dictionnaire des Symboles ) . Le second exprime la synthèse des opérations alchimiques, que ce soit dans les métaux ou dans l'être humain. Il s'agit là de se reconstruire soi-même, de sublimer son être. La matière, en suivant le même processus, est le témoin de la progression de l'Adepte. Il découvre et réalise la présence immanente et transformante de Dieu en lui. Il faut retrouver l'état originel pour comprendre, remonter à la matrice primordiale dans laquelle se trouve l'oeuf au milieu des eaux. Cela ressemble fort au processus de la naissance : l'enfant se développe dans les ténèbres, au sein de la matrice maternelle, et entouré de liquide. Puis il sort pour naître à la lumière. L'Adepte doit être toujours vigilant et de pouvoir attraper l'Oeuf philosophal quand il sera devant lui.

On remarquera aussi que c'est dans l'endroit le plus sombre que l'on trouvait autrefois les baptistères. Faut-il vraiment en expliquer la raison ?

 

Au sud, le jaune domine : c'est le soleil de midi, celui de l'Oeuvre au blanc. C'est l'oeuvre à accomplir. La matière enfin trouvée, il faut maintenant commencer le travail de transmutation. A midi, la rose explose et tournoie d'un feu extraordinaire, le "Feu de Roue" des alchimistes ( que l'on retrouve aussi sur la façade occidentale : Ezechiel méditant devant deux roues entrelacées ou bien l'Adepte méditant sur le feu de roue ? ). Cette étape est importante : l'Adepte peut enfin travailler au grand jour, la matière a suffisamment mûri.

 

A l'occident, la grande rosace rouge symbolise l'Oeuvre au rouge. Dans un chatoiement de jaune et d'orange, c'est l'étape décisive : la Pierre doit acquérir son efficacité. C'est la dernière étape du pèlerinage, la plus délicate où il faut se méfier des faux prophètes. La Rosace regarde l'Or Riant ou Orient, Or pur où se trouve le maître autel, lieu de la transmutation à la fois physique et spirituelle.

 

Le Signe de Croix ( crux ou encore creuset ) est tracé : Septentrion, Midi, Occident et Orient.

Les vitraux sont les témoins, du vert au noir, du noir au blanc, du blanc au bleu, du bleu au pourpre, et du pourpre à l'or, de la transmutation de la matière par le feu du sol et le feu céleste.

Louis Charpentier

 

26 septembre 2014

Mythologie indo-européenne

Abrégé de Mythologie indo-européenne, pdf

Conception du cosmos qui le divisait en trois mondes, le Ciel, la Terre et les Enfers. Ils

étaient reliés par un arbre dont le branchage se déployait dans le Ciel et les racines plongeaient

dans les Enfers.

Le chamanisme, né au paléolithique, avait surtout un but pratique : permettre à

la communauté de trouver du gibier. On avait alors une conception horizontale du monde,

limité à la forêt où vivaient les hommes et les animaux, ainsi que les esprits qui animaient le

gibier. L’apparition de l’agriculture a entraîné une scission du cosmos en trois mondes

disposés le long d’un axe vertical, le chaman pouvant passer de l’un à l’autre grâce à cet axe.

Les forêts et les montagnes étaient de nature à la fois céleste et infernale. Les cimes des montagnes étaient célestes tandis que les vallées étaient liées aux Enfers. Un océan entourait les Trois Mondes comme une coquille, si bien que le Ciel et les Enfers, mondes périphériques, étaient maritimes

L’univers était anthropomorphisé : au Ciel, à la Terre et aux Enfers, il correspondait

respectivement la tête, la poitrine (ou la taille) et les genoux d’un homme.

Le lien établi entre la fertilité-fécondité, la sexualité et le monde des morts peut paraître étonnant, mais il s’explique aisément par le fait que les morts habitent la terre, dont ils assurent la fertilité. C’était grâce à eux que les plantes poussent. De plus, chez les Indo-Européens comme chez de nombreux autres peuples, la fertilité de la terre était associée à la fécondité humaine. Dans la langue française, le même mot, la semence, s’applique au sperme et aux grains qui sont semés dans les champs.

A chaque fonction, était associée une couleur. Celle de la première fonction, qui était aussi celle des prêtres, était le blanc. Celle de la deuxième fonction était le rouge. La déesse de la Guerre était donc rouge. Quant à la couleur de la troisième fonction, c’était le plus souvent le noir, parfois aussi le vert ou le jaune. L’association du blanc et du rouge est aussi observée, ce qui reflète une équation

assez curieuse :

Terre + Ciel = Enfers (rque perso : rouge + blanc dans la mer = naissance d'Aphrodite)

 

Grande Déesse (Iran)

trifonctionnelle: constituée d'un nbre impair de fleuves dont la source est au sommet d'une montagne située au centre de la Terre. D'elle viennent toutes les bonnes eaux de la terre.

Elle était donc une guerrière, mais aussi une prêtresse et une représentante de la fertilité-fécondité

Dans le monde iranien, elle était appelée Haraxvaitī ou Arәdvī Sūrā Anāhitā, la « Humide, Puissante, Immaculée », ce qui évoque respectivement la troisième, la seconde et la première fonction. Elle gardait le xwarnah comme Mithra qualifié de Sūra « Puissant » et d’Anāhita « Immaculé » comme elle.

Iran : Mithra était un guerrier, armé d’une puissante massue comme de flèches à tige en or,

qui protégeait le juste et punissait l’injuste. Angra Mainyu, l’Esprit du Mal, s’enfuyait devant

lui. Il contrôlait l’ordre cosmique, c’est-à-dire la nuit et le jour et le changement des saisons.

L’une de ses fonctions les plus importantes était de protéger le xwarnah, la « gloire divine »

ou « fortune royale », que tout roi légitime devait posséder.

 

La Grande Déesse avait de multiples hypostases qui hantaient les sources et les cours

d’eau. Les esprits féminins des eaux que l’on retrouve chez divers peuples indo-européens

sont ses descendants : la Vouivre en France, la nixe en Allemagne (näck en suédois), la

rusalka en Russie ou la nymphe des sources et des rivières en Grèce.

Une étymologie du nom des Vouivres qui le relie à l’irlandais fobhar « esprit, spectre ». Cela

s’explique par le fait que la Grande Déesse était, durant la nuit ou l’hiver, la déesse des

Enfers. A ce titre, elle était une donneuse de fécondité, caractéristique que les nymphes ont

récupérée : elles sont connues pour leur dévergondage.

La Grande Déesse avait une fonction très importante, qu’elle ne partageait avec aucune

divinité masculine : celle de régner sur les destinées humaines, du berceau jusqu’à la tombe.

Ceci explique le caractère fatal des esprits féminins des eaux. En tant que déesse du Destin,

elle était triple.

Le singulier fatum, qui désignait les décisions des dieux, a pris le sens de « destin ». Telle est l’origine de nos fées et de leurs pouvoirs sur les destinées, ainsi que du terme fatal.

Une autre fonction qui lui était propre était de conférer la jeunesse éternelle aux dieux,

au moyen de fruits qu’elle conservait.

Dans la mythologie scandinave, la déesse Idunn « Toujours Jeune » conservait dans un coffre des pommes permettant aux dieux de rester jeunes (et non pas immortels ce qu'ils sont déjà). Il semble y en avoir eu onze. Ce chiffre évoque la source Hvergelmir, d’où sortent les onze rivières primordiales mères de tous les fleuves.

Enfin, la Grande Déesse était prophétesse et magicienne. D’autres dieux avaient ces

dons, mais elle était la source primordiale de toute prophétie et de toute magie.

Intimement liée à *Perkwunos durant l’été, mais pas comme épouse, la Grande Déesse

pouvait aussi s’associer avec un dieu que nous appellerons *Neptonos. A Rome, Neptune est

son héritier direct. Il était solaire comme elle. Il incarnait la première fonction durant le

printemps et la troisième fonction durant l’hiver. A la fois céleste et infernal, il était de

caractère fondamentalement maritime puisque le Ciel et les Enfers étaient tous les deux

maritimes. Très proche des montagnes, des végétaux et particulièrement des arbres, ainsi que

des pierres, du gravier ou du sable, il pouvait lui-même être montagne, arbre ou pierre. Il était

l’archétype du prêtre, c’est-à-dire qu’il possédait le Savoir universel et le don de prophétie, et

qu’il était un magicien, mais en tant que tel, il ne pouvait exister sans la Grande Déesse, qui

était son égérie.

Durant la nuit ou l’hiver, *Neptonos était le dieu des Enfers. Il pratiquait la chasse et

élevait du bétail, prenant lui-même des formes animales, notamment celles d’un chien, d’un

cerf, d’un sanglier, d’un bœuf, d’un bélier ou d’un bouc. La laine que fournissaient ses

moutons faisait de lui (comme de la Grande Déesse) le maître des fils et des cordes. Sa forme

privilégiée était celle d’un dragon. La présence de cette créature dans les croyances proto-

indo-européennes est certaine, même si son nom n’est pas reconstituable. C’était une créature

composite. Elle avait un corps ou au moins une queue de serpent, animal intimement lié aux

Enfers, ainsi que des cornes et une barbe de bouc. Ses lieux de prédilection était l’eau et les

montagnes. Muni d’une gueule énorme, le dragon était un avaleur. Il ingurgitait notamment

les hommes et les animaux, ceux-là même dont il était proche. Il menaçait aussi d’avaler le

Soleil, voire tous les astres. Tenaillé par la soif, comme les morts, il était capable de tarir des

rivières en buvant toute leur eau. Il était d’autant plus redoutable qu’il possédait parfois de

multiples têtes.

La G Déesse a les m carctéristiques.

Au début de la nuit ou de l’hiver, *Neptonos fusionnait avec la Grande Déesse pour

constituer un être androgyne. La déesse étant comme lui un dragon, la créature obtenue peut

être appelée le Dragon. A cette occasion, *Neptonos et la Grande Déesse avaient cependant la

possibilité de prendre d’autre formes animales, comme celles d’oiseaux ou de chiens. En

coupant cette créature hermaphrodite en deux par le milieu du corps, on obtenait deux êtres

mâle et femelle, à un œil, un bras et une jambe considérés comme géants. Ce sont les Fomoire

de la mythologie irlandaise.

*Neptonos associait à lui tout seul les contraires. En tant que prêtre, il était le

garant des lois et des serments, mais il était également un voleur et un parjure. Il pouvait

même devenir l’esprit du Mal, ce qui provient de sa fonction de dieu des Enfers. A ce titre, il a

puissamment contribué en Europe à la constitution de la personnalité du Diable. Il ne faut pas

oublier que le Nouveau Testament est arrivé en Europe en passant par la Grèce. Là, se

trouvaient au moins trois héritiers de *Neptonos : Hermès, au caractère bienfaisant mais qui

était aussi le patron des voleurs et qui conduisait les âmes des morts à l’Okéanos (le Fleuve-

Océan circumterrestre), Dionysos et Pan. Ce dernier a fourni au Diable ses pattes et ses cornes

de bouc. Incarnant la sexualité comme le *Neptonos infernal, il a entraîné la démonisation des

rapports sexuels dans la chrétienté. Le nom même du Diable provient du grec diabolos « qui

désunit ». Dans l’Ancien Testament, où Dieu l’autorise à tourmenter Job, il apparaît sous le

nom de Satan, « l’Adversaire »

A Rome, *Neptonos a engendré le personnage de Janus, qui a donné son nom au mois

de janvier, januarius en latin. Il était un prêtre, puisque c’est lui qui a fondé la religion et

construit les premiers temples. Étant également de troisième fonction, il jouait un rôle dans la

conception de l’embryon, ouvrant l’accès à la semence. L’invention de la monnaie de métal

lui était attribuée. Dieu des portes, il présidait à leur ouverture et à leur fermeture. Il avait

deux visages qui regardaient dans des directions opposées. Il jouait un rôle de charnière entre

la paix et la guerre. Son temple était fermé en temps de paix, mais l’on ne sait pas trop ce qu’il

enfermait : la paix pour la préserver ou la guerre pour la retenir.

Il se peut même que l’Arbre Cosmique lui-même ait été identique à *Neptonos. Celui-

ci pouvait en effet être assimilé à un arbre, notamment à un pin, or le terme *perkwus,

désignant normalement le chêne, a pris en germanique le sens de « pin » : il a abouti à l’anglo-

saxon furh ou au vieux haut allemand forha, se traduisant par « pin ». Parallèlement à cette

signification, on trouve le gotique fairguni « montagne », qui s’explique par le fait que

*Neptonos était aussi une montagne. On prête donc à *perkwus le sens, non seulement de

« chêne », mais aussi de « montagne boisée » ou de « forêt de montagne ». Ainsi, *Perkwunos

tirerait son nom de *Neptonos en tant qu’arbre ou montagne, ce que seule peut expliquer une

grande proximité de ces deux personnages.

Les jumeaux inégaux sont les Dioscures (Dióskouroi « Fils de Zeus ») en Grèce et les

Nāsatya en Inde. On les désigne habituellement sous le nom de « jumeaux divins », mais l’un

d’eux était en fait considéré comme un homme. Apollon et Hermès formaient également des

jumeaux inégaux. Ces deux fils de Zeus affichaient une relative proximité : les textes les

montrent s’échangeant des attributs. Dans la mythologie grecque, Odin et Loki étaient des

frères jurés qui voyageaient fréquemment ensemble. Loki avait surtout récupéré les aspects

négatifs de *Neptonos. Leur association montre qu’originellement, Loki pouvait être

bienfaisant, car l’association de *Perkwunos et de *Neptonos reproduisait celle, essentielle

dans les sociétés humaines, du roi et de son prêtre.

Le jour, l’année, l’existence humaine étaient reliés aux Trois Mondes et par

conséquent divisés en trois temps. Au Ciel, il correspondait le matin, le printemps et le

célibat. A la Terre, il correspondait l’après-midi, l’été et la période où les hommes étaient

mariés. Quant aux Enfers, ils étaient associés à la nuit, à l’hiver et à l’enfance. Chez les Proto-

Indo-Européens, il n’y avait donc que trois saisons. Leurs mythes expliquaient le passage

d’une saison à l’autre.

Un mythe complexe se déroulait à l’aube ou au Nouvel An (le début du printemps). Le

Dragon avait été constitué par la fusion de *Neptonos, devenu le dieu des Enfers, avec la

Grande Déesse. Ils étaient frère et sœur, mais aussi mari et femme. Assimilé à une montagne

située au centre du monde, *Neptonos retenait à l’intérieur de son corps la déesse sous la

forme d’un lac. Elle se trouvait dans une caverne au sommet de la montagne. Elle avait une

sœur jumelle que nous appellerons la Lune : son héritière grecque est Io et son nom est celui

sous lequel on vénérait la Lune à Argos. Les deux sœurs étaient assimilées à des vaches,

tandis que le dieu des Enfers ressemblait à un bœuf.

  1. Mythologie latine

    Le prêtre de Diane était le rex Nemorensis. Celui qui voulait prendre sa succession devait le tuer après avoir cassé un rameau à un arbre du bois sacré. L’explication de ce rite cruel est simple : le rex Nemorensis représentait *Neptonos et celui-ci était assimilable à un arbre. Le tuer pour lui succéder et casser un rameau constituaient deux opérations semblables.

 

Mytho russe, slave

Le poisson avalé n’est autre que la foudre-semence projetée par *Perkwunos, identifiée à *Neptonos. C chez les celtes.

Mytho indo-iranienne archaïque

La nuit, la déesse-rivière *Sindhu (védique Sindhu, vieil iranien Hindu) était enfermée

dans une montagne. Elle pouvait être considérée comme unique ou septuple : *sapta

Sindhawas. Son mont carcéral était le dragon *Wrtra (védique Vritra) dont le nom dérivait du

verbe *wr- « enfermer, endiguer, retenir ». *Sindhu, dont les eaux étaient assimilées à des

vaches, était considérée comme *asitā « maculée, obscurcie ». Son libérateur était *Mitra,

encore appelé *Sawitar « Émetteur » ou *Wiwahwant (védique Vivasvat, avestique

Vīvahvant). Sous la forme d’un étalon solaire, il déversait dans les eaux de *Sindhu un

sperme appelé *sawma (védique soma, vieil iranien haoma) et imaginé comme un cheval ou

une troupe de chevaux. Le nom du *sawma dérive du verbe *saw- « procréer, émettre ».

Libérée, *Sindhu devenait l’Aurore ou *Saraswatī, la « Riche en Fluide » (védique Sarasvatī,

avestique Haraxvaitī) considérée comme *anasitā « immaculée » (avestique anāhitā). Elle

pouvait alors s’écouler pour former le Fleuve-Océan circumterrestre.

Les hymnes du Rig-Veda décrivant le mythe de l’Aurore étaient destinés à être

psalmodiés durant le sacrifice matinal, lequel réitérait la libération de Saranyū-Sindhu. Le rite

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de base était le pressurage d’une plante que l’on appelait soma parce que son jus s’identifiait

au soma, la semence émise par Vivasvat. Il s’agissait originellement de l’éphédra, abondante

en Asie centrale mais absente de l’Inde. Pour cela, on faisait macérer les tiges, et quand elles

étaient ramollies, on les broyait. La pâte obtenue était mélangée à du lait et de l’orge, puis

après fermentation, elle était filtrée. Sa clarification la transformait en l’Indu, « la Goutte,

l’Élixir Distillant ». C’était le sperme du Savitar, « l’Émetteur », dont le nom était apparenté

au nom du soma. Sous la forme d’un étalon ou d’une troupe d’étalons, il était déversé dans les

eaux de la cuve rituelle (le samudra), lesquelles se transmuaient en celles de Sindhu. Rendues

blanches et lumineuses, ces eaux jaillissaient comme un flot de lumière à travers l’espace.

C’est le mythe de l’Aurore dans toute sa splendeur

Selon F. Cornillot, le nom du dieu Indra dérive du terme Indu. L’étymologie proposée

se base sur ce vers du Rig-Veda : « Et il a aussi attelé pour y aller, les dix juments dorées du

svar [lumière solaire] en disant : “ l’Indu est Indra ” » (RV, IX, 63, 9). Indra, le roi des dieux

incarnant la deuxième fonction qui se battait avec une arme de jet symbolisant la foudre (le

vajra), était donc originellement une goutte de sperme. Nous savons que cette « usurpation »

était naturelle : dans la mythologie proto-indo-européenne, la semence qui se déversait dans

les eaux de la Grande Déesse, identique à de la foudre, était *Neptonos. Elle était donc une

divinité à part entière, doublée par surcroît d’un guerrier quasiment invincible. Dans la

mythologie scandinave également, cette foudre-semence a été considérée comme une divinité

combattante. Il s’agit de Thor. Il n’est pas surprenant que des points communs entre Indra et

Thor aient été remarqués, mais dans l’ensemble, Indra s’était beaucoup mieux coulé dans le

moule de la deuxième fonction que Thor

Comme il a été dit plus haut, le combat mené par *Perkwunos à la fin de la nuit ou de

l’hiver ne consistait pas à tuer le dieu des Enfers, *Neptonos, mais à le dissocier de la Grande

Déesse. Il continuait donc à vivre durant tout le printemps et l’on peut croire qu’il conservait

une part de ses caractéristiques négatives. Il restait un voleur, dérobant en particulier l’élixir

d’immortalité des dieux pour le donner aux hommes. Est-ce pour cette raison qu’un grave

conflit éclata entre lui et les dieux conduits par leur souverain *Perkwunos ?

 

Xvarnah iranien et royauté sacrée

http://rosamystica.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1263570

Synthèse : Voie / Marie, Alchimie, Chevaliers, Xvarnah, 7 dormants, Chien, Vert...

Voir en complément l'article ci -dessus : Mythologie indo-européenne

Al-Khadir : la voie mariale des afrad

 

par Alain Santacreu

à Luc-Olivier d’Algange

UN FARD NOMMÉ RENÉ GUÉNON

À différentes reprises, dans son œuvre comme dans sa correspondance, René Guénon a fait allusion à un personnage mystérieux, celui que l'Islam nomme Al-Khadir le prophète – ou Khizr, selon la transposition persane de son nom. (1)

Dans une lettre datée du 5 novembre 1936, il écrivait ainsi à A.K. Coomaraswamy : « Votre étude sur Khwâjâ Khadir (ici nous disons Seyidna el-Khidr) est très intéressante, et les rapprochements que vous y avez signalés sont tout à fait justes au point de vue symbolique ; mais ce que je puis vous assurer, c'est qu'il y a là-dedans bien autre chose encore que de simples " légendes ". J'aurais beaucoup de choses à dire là-dessus, mais il est douteux que je les écrive jamais, car, en fait, ce sujet est de ceux qui me touchent un peu trop directement. » (2)

L'article de Coomaraswamy devait paraître dans sa version française en 1938, dans les Études traditionnelles, revue dirigée par Guénon, sous le titre « Kwâjâ Khadir et la Fontaine de Vie ». (3) Cette étude se circonscrivait à la zone indo-persane et s'attachait davantage aux aspects mythologiques du personnage qu'à sa dimension initiatique.

L'iconographie de l'Asie occidentale représente le prophète Al-Khadir sous les traits d'un homme âgé, aux allures de fakir, tout de vert vêtu (4) et porté sur l'eau par un poisson.

La légende de Khadir est liée au symbolisme de l'Eau de vie (aquae vitae), ce breuvage d'immortalité que l'on retrouve dans différentes traditions sous d'autres vocables, comme l'haoma avestique ou le soma védique.

Tous ces élixirs symbolisent la vraie connaissance divine, ésotérique et matutinale. Dans les romans médiévaux, la recherche de cette surconscience se confond avec la quête chevaleresque du Graal, coupe sacrée qui contient le sang du Christ – une des deux modalités chrétiennes du breuvage d'immortalité avec le « lait de la vierge », son pendant symbolique qui, à la même époque, désignera métaphoriquement la Voie lactée, pôle céleste des Chemins de Compostelle. (5)

La vraie nature de Khwâjâ Khadir se découvre à travers de nombreux contes populaires dont le schéma narratif s'apparente à celui de la Queste du Graal : Khadir est le maître de la « Rivière de la Vie » coulant dans la terre des ténèbres et que le héros du récit veut atteindre.

 

Le prophète correspond au dieu védique Varuna, dont la demeure est la source des rivières et qui lui aussi est véhiculé par un poisson – le makarah.

Cette similitude entre Varuna et Khadir est d'autant plus évidente que le royaume du prophète est situé à l'extrême-septentrion, c'est-à-dire dans cette « terre du sanglier » (Varâhî en sanscrit) qui est la terre de la tradition primordiale, la terre sacrée polaire. En effet « la racine var, pour le nom du sanglier, se retrouve dans les langues nordiques sous la forme bor ; Varâhî est donc la "Borée" ». (6)

Cependant, si Guénon se refusait d'écrire directement sur « ce sujet », il avait fait paraître, quelques mois avant sa lettre à Coomaraswamy, dans Le Voile d'Isis – dont il était alors le rédacteur –, une traduction d'Abdul-Hâdî (7) sur « Les Catégories de l'Initiation » (Tartînut-Taçawwuf) d'Ibn Arabî.

Dans ce traité, qui correspond au chapitre73 des Futûhât, celui que l'on nomme « le plus grand maître » (8) envisage les différentes voies initiatiques de l'ésotérisme musulman.

Les afrâd constituent la troisième catégorie du soufisme. Leur nom signifie « les solitaires ». On les appelle aussi « les sages » (el-hokamâ) ou encore « ceux qui sont arrivés au sommet de l'initiation » (el-wâçilûn) : le prophète Al-Khadir est leur maître. Abdul-Hâdî nous le présente ainsi : « Khidr est un personnage aussi mystérieux qu'important dans le monde musulman. Il joue souvent auprès des plus grands saints le même rôle que Gabriel auprès du Prophète d'Allah. Il est l'Océan de la science ésotérique. On le représente comme le distributeur des eaux de la vie et de l'immortalité, et son nom est lié à l'universel et important symbole du poisson. Sa légende se trouve dans le Qôran ». (9)

Le nombre des afrâd est inconnu et indéterminé mais c'est obligatoirement un nombre impair. Le 3 est le premier nombre impair car l'unité, principe des nombres, ne peut se nombrer.

Les abdâl, les « maîtres de la perfection », représentent la quatrième catégorie des hauts degrés du soufisme. Ils sont 7 et tous sont des afrâd. Quant à la cinquième catégorie, les malâmatiyah, les « gens du blâme », dont le nombre n'est pas limité, ils constituent le groupe le plus élevé de toutes les catégories placées sous la juridiction du Pôle (Qutb). Cependant il faut bien spécifier que ce rang ne correspond à aucune primauté hiérarchique par rapport aux afrâd qui sont en dehors des voies régulières et habituelles de l'initiation. En fait les afrâd représentent le degré suprême de la sainteté –d'ailleurs le Pôle, l'apogée spirituelle de l'Époque, la plus grande autorité de la hiérarchie initiatique, est lui-même un fard (sing. de afrâd).

Dans le traité traduit par Abdul Hâdi, les informations sur les afrâd restent toutefois assez succinctes, alors qu'Ibn Arabî leur consacre de nombreux passages dans son œuvre.(10)

Le plus souvent il les désigne sous le nom emblématique de al-rukkan (« les cavaliers »), dénomination intéressante puisqu'elle nous suggère que la voie des afrâd est une initiation de type chevaleresque – la présence du sabre dans les représentations d'Al-

Khadir nous l'avait déjà laissé entendre. (11)

Un autre nom qui caractérise les afrad est celui de muqarrabûn (« les rapprochés »), terme coranique désignant la plus haute catégorie d'élus, celle qui est au-delà de la distinction dualiste des « gens de la droite » et des « gens de la gauche » et que le Coran appelle aussi sâbiqûn, c'est-à-dire « ceux qui précédent », « les devanciers ». On peut en déduire que les afrâd s'identifient à cette Voie du Milieu, cette Voie du Ciel qui est cette voie dont parle Lao-tseu dans son célèbre aphorisme : « La Voie qui est une voie n'est pas la Voie ». (12)

D'autres indications importantes sont données par Ibn Arabî concernant les afrâd : ils n'ont pas de disciples, ils ne revendiquent aucun magistère et n'imposent aucune discipline, ils dispensent leur science comme un don que l'on peut accueillir ou refuser.

Une de leurs caractéristiques fondamentales est leur renoncement à tout mouvement propre, ils sont dans un état de repos perpétuel : ils ne se meuvent pas, ils sont plutôt portés par une monture qui les arrache à eux-mêmes, une puissance, une force désirante qui est l'Amour de Dieu. Car ils sont « les désirés » (al-murâdûn) plus que les désirants : ils sont les aimés de l'Ami.

Le sommeil – la Dormition – est pour eux l'état privilégié d'abandon à Dieu, un mi'raj, une ascension semblable à celle du prophète Muhammad qui fut transporté par Allah dans son sommeil (Coran, 17,1).

Agis par cette force du Désir, ils sont les agents du Secret – ou plus précisément du « Sceau » qui les préserve : ils s'effacent, se cachent, humbles, ordinaires, invisibles parmi les hommes, jusqu'à l'heure où ils devront se révéler. Car il y a , selon Ibn Arabî, deux types de prophétie : la prophétie légiférante dont le sceau est Muhammad – « Le Sceau de la prophétie » – et une prophétie indéterminée, qui représente le degré suprême de la sainteté, la prophétie des afrâd qui sera scellée par Jésus – « Le Sceau de la sainteté ».

Une note de Titus Burckhardt sera ici éclairante : « Le rôle de "Sceau des prophètes" correspond à une fonction cyclique apparente, tandis que la fonction de "Sceau des saints" est nécessairement intemporelle et cachée ; elle représente le prototype de la spiritualité, indépendamment de toute "mission" (risâlah) ». (13)

Quelques années plus tard, en 1946, un autre article d'Adul-Hâdi, « Pages dédiées à Mercure », parut dans Les Études traditionnelles. (14)

Un sous-titre intitulé « Les deux chaînes initiatiques » introduisait le paragraphe suivant : « L'une est historique, l'autre est spontanée. La première se communique dans des Sanctuaires établis et connus, sous la direction d'un Sheikh (Gourou) vivant, autorisé, possédant les clefs du mystère. Telle est Talîmur-rijal, ou l'instruction des hommes. L'autre est Et-Talîmur-rabbâni, ou l'instruction dominicale ou seigneuriale, que je me permets d'appeler « l'initiation marienne », (15) car elle est celle que reçut la Sainte Vierge [...] Elle est actuellement assez fréquente en Europe, du moins dans ses degrés inférieurs, mais elle est presque inconnue en Orient. Il y a environ huit siècles, l'initiation marienne était aussi fréquente que l'autre dans l'Orient musulman, car elle est surtout pragmatique. »

Ainsi donc, concernant cette voie des afrâd, Abdul-Hâdi, ne se référait pas, comme l'on pouvait s'y attendre, à leur maître Al-Khadir mais, assez étrangement, à la Vierge Marie.

La rédaction de la revue – c'est-à-dire Guénon en personne – s'empressa de faire suivre l'article d'une assez longue note – afin, disait-elle, d'en « préciser le sens » – qui se concluait ainsi : « Ce dont il s'agit relève de la voie des afrâd, dont le Maître est Seyidna El-Khidr, et qui est en dehors de ce qu'on pourrait appeler la juridiction du "Pôle" (El-Qutb), qui comprend seulement les voies régulières et habituelles de l'initiation. On ne saurait trop insister d'ailleurs sur le fait que ce ne sont là que des cas très exceptionnels et qu'ils ne se produisent que dans des circonstances rendant la transmission normale impossible, par exemple en l'absence de toute organisation initiatique régulièrement constituée. »

Comme on le constate, Guénon ne réutilise pas l'expression de voie marienne – il ne la réfute pas pour autant, il précise simplement que le maître des afrâd est El-Khidr qui, précisément, n'a pas été nommé dans le paragraphe en question. D'autre part, lorsque Guénon indique que cette voie ne se propose qu' « en l'absence de toute organisation initiatique régulièrement constituée », il ne tient manifestement pas compte de l'affirmation d'Abdul Hâdî selon laquelle ce type d'initiation était aussi fréquente que la voie régulière, « il y a environ huit siècles » dans l'Orient musulman. On peut cependant supposer, qu'en ce temps-là, les Tartîbut-Taçawwuf, c'est-à-dire les Ordres initiatiques, n'étaient pas absents en Islam...

Tout porte à croire, par conséquent, que dans cette note, le Sheikh Abdel Wahed Yahia, (16) depuis son exil du Caire, avait tenté de noyer le poisson – ainsi qu'il savait si magistralement le faire quand il voulait justement appâter certains de ses lecteurs. C'est que la fonction métaphysique qui s'est exprimée à travers René Guénon, et que l'on peut désigner sous le nom d' « Initiation », est précisément celle dont Al-Khadir est le maître.

LA GÉNÉALOGIE INITIATIQUE DE L'ESSEULEMENT

La Vierge Marie, que l'ange salue comme « pleine de grâce », est l'icône des afrâd, la femme parfaite que l'Islam nomme Fâtir parce qu'elle est l'expression absolue de la Nature originelle. (17)

Dans les Évangiles canoniques, il n'est jamais fait allusion à une quelconque ascendance de Marie. (18) Tout se passe comme si elle n'avait pas d'ancêtres, comme si elle n'appartenait à aucune lignée humaine : la chaîne biologique s'est interrompue avec elle. Cependant, s'il n'y a pas de généalogie humaine de Marie, il y a une généalogie initiatique qui s'opère par la transmission de l'ange Gabriel.

Cette ascendance mystérieuse renvoie à cet autre inconnu, Al-Khadir, que les mahométans regardent comme prophète – bien qu'il soit en dehors de toute lignée prophétique. Toutefois une tradition rapportée par Kasimirsky (19) affirme qu' on le croit le même que Pinchas, fils d'Eléazar, fils d'Aaron dont l'âme aurait successivement passé dans le corps d'Elias, et ensuite dans celui de saint Georges. Et, de ce point de vue, on pourra faire observer que dans le Coran (19, 29) Marie est appelée « sœur d'Aaron ».

Mais sans doute faudrait-il interpréter cette tradition à partir de ce nom « Aaron », forme paronomastique de « arôn » qui, en hébreu, désigne un coffre, c'est à dire l'arche.

Symboliquement Aaron est une personnification de l'Arche d'alliance et, par conséquent, la filiation de Marie et d' Al-Khadir à la famille d' Aaron montrerait surtout qu'ils appartiennent à la lignée de la Tradition primordiale.

D'autre part la littérature paratestamentaire comporte un texte, essentiel et fort peu connu, qui introduit un autre personnage dans ce que nous pourrions appeler une généalogie initiatique de l'esseulement. Il s'agit du Livre slave d'Henoch, lequel rapporte que Sophonim, mère de Melkisédeq, avait conçu son enfant sans connaître d'homme. (20)

Cette conception virginale de Melkisédeq ne rentre d'ailleurs pas en contradiction au plan symbolique avec sa caractérisation canonique, telle qu'elle apparaît dans Hébreux (7, 3) où il est dit « sans père, sans mère, sans généalogie, n'ayant ni commencement de jours, ni fin de vie ».

Il n'est peut-être pas insignifiant de faire remarquer que chacun de ces trois personnages sans génération intervient plus spécifiquement dans un des trois livres sacrés de la tradition abrahamique : Melquisédeq dans la Thora, Marie dans l'Evangile et Al-Khadir dans le Coran. Observons toutefois que si le nom de Melquisédeq est d'attestation vétéro et néo testamentaire, il n'apparaît pas explicitement dans le Coran. Marie, quant à elle, est nommé dans l'Evangile et dans le Coran mais son nom n'est pas cité dans la Thora. Al-Khadir, enfin, n'intervient que dans le Coran – et encore n'est-il pas directement nommé dans la sourate 18. Cette indistinction originelle est l'expression de la véritable Catholicité, de l'authentique œcuménisme.

Charles-André Gilis a fort bien expliqué cela en prenant le terme coranique de al-Fitra comme référence. Cette notion équivaut au Dharma de l'hindouisme, c'est-à-dire à la vérité originelle. La Fitra se manifeste dès l'origine dans le « pacte primordial » qu'Allah passe avec les hommes : « Il leur dit : ne suis-je pas votre seigneur ? Ils répondirent : Oui, nous l'attestons ». (Coran, 7, 171)

Cette reconnaissance du véritable Père – de sa Seigneurie divine – est le plus souvent oubliée par l'homme, d'où la nécessité du rappel initiatique de la Parole perdue. Mais qu'advient-il « en l'absence de toute organisation initiatique constituée ? »

Selon Charles-André Gilis, « il peut se faire cependant, dans des cas très exceptionnels, de plus en plus rares au fur et à mesure que le cycle humain approche de la fin, et sous réserve de certaines grâces providentielles et compensatrices, que ce souvenir ne soit pas perdu ; en d'autres termes, que l'influence des "père et mère" n'obnubile pas la conscience actuelle de la "filiation unique" qui est celle de la Fitra. » (21)

Le caractère marial de cette filiation est caractéristique de la voie des afrâd.

LA VIERGE DES AFRAD

Si nous reprenons maintenant le paragraphe d'Abdul Hâdî « Les deux chaînes initiatiques », nous constatons qu'il renvoie implicitement à une époque-repère qui correspond à un moment d'intense présence mariale en occident : les pèlerinages médiévaux des XIème et XIIème siècles liés aux cultes des Vierges noires.

Le culte des Vierges noires doit être mis en relation avec l'hermétisme chrétien. Nous abordons là un aspect essentiel de notre sujet puisque la voie des afrâd semble bien reposer sur des techniques de réalisation opératives – « pragmatiques », disait Abdul Hâdî – proches de certaines formes d'alchimie spirituelle.

La vérité fondamentale et secrète du christianisme est son essence alchimique : il est l'Alchimie réelle et totale, la christogénèse amoureuse et sacrificielle qui sépare le pur de l'impur. La plupart des traités d'alchimie se présentent sous forme d'un songe ou d'une vision. (22)

L'alchimie appartient, selon l'expression d'Henri Corbin, au monde de l' « Imaginal ». Cette notion de mundus imaginalis va se révéler indispensable dans notre approche de la voie des afrâd parce qu'elle est la conjonction ésotérique du Christianisme et de l'Islam, la reconnaissance de leur filiation orientale – au sens métaphysique et non géographique du mot. Cette « filiation » ouvre la perspective d'un troisième monde, entre le monde de l'Intelligible et celui du Sensible. Un tiers-monde de l'imaginatif que le soufisme nomme âlam al-mithal et pour lequel l'orientaliste Henri Corbin a inventé ce néologisme, l' « Imaginal », afin de bien montrer qu'il est autre chose que l'imaginaire tel que le conçoit notre psychologie exotérique – et son obédience psychanalytique plus précisément. Car il ne s'agit pas ici d'un onirisme psychique, tel que certains surréalistes par exemple le pratiquèrent dans notre littérature, mais d'un véritable onirisme spirituel, celui que devinèrent Rimbaud, Nerval ou Villiers de l'Isle-Adam.

L'Imaginal, c'est le monde de la réalité objective de la Révélation – et l'Annonce faite à Marie appartient à ce monde spirituel que l'on peut aussi concevoir comme celui des analogies et des symboles.

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Entre le Divin et l'Humain, le symbole, loin de nier la réalité tangible de l'événement, lui rend son sens anagogique, le verticalise. C'est ce mundus imaginalis que le platonisme néo-zoroastrien de Sohrawardî désigne comme la « terre céleste d'Hûrqalyâ », cette terre qui, selon la très belle expression de Corbin,(23) est « la théurgie de son ange » car, par sa féminité sans cesse virginale, elle est la coupe qui aimante les « Intelligences » chérubiniques.

Nous découvrons ainsi un triple univers : le monde de l'homme, qui est celui de la perception sensible ; le monde de l'âme , qui est celui de la perception imaginative ; et le monde de l'ange, qui est celui de la perception intelligible. « Voir les choses en Hûrqalyâ », c'est découvrir le sens caché des choses, l'histoire spirituelle transparaissant sous l'histoire évènementielle.

Ce monde intérieur, visionnaire, n'a jamais sans doute été aussi bien décrit que dans les récits mystiques de Sohrawardî, le philosophe iranien du XIIème siècle, dont la pensée s'inspira aux sources mêmes du mazdéisme ancestral. (24)

C'est le monde où s'accomplissent les événements de notre hiéro-histoire, les théophanies, les manifestations du Xvarnah – la lumière de Gloire de la théosophie zoroastrienne –, si proche des manifestations de notre Saint Graal.

Tous les récits mystiques de Sohrawardî sont la représentation d'une quête prototype qui est la quête d'Al-Khadir. L'histoire spirituelle du prophète est le récit de l'initiation de l'âme humaine, l'histoire de son retour vers la porte céleste, nord cosmique, « rocher d'émeraude » au sommet de la montagne Qâf – le sommet de la hiérarchie ésotérique. C'est le paradis terrestre de l'Hyperborée, la terre qui ne fut pas atteinte par la Chute adamique, la « terre des âmes » dont parle le poète persan Abdol-Karim Gili : « le sol en est une pure farine de froment très blanche ; le Ciel en est de vert émeraude. Ses habitants sédentaires sont de race pure et de haute noblesse ; ils ne reconnaissent d'autre roi que Khezr (Al-Khadir) ». (25) C'est là que réside le Sîmorgh, le merveilleux oiseau divin, forme angélique d'Al-Khadir « le verdoyant » – car, par cette couleur verte qui le nomme, le prophète témoigne de cette vision smaragdine qui est la capacité spirituelle de « voir les choses en Hûrqalyâ ». Initiateur de la voie prophétique secrète, Al-Khadir, le maîtres des maîtres, représente la figure même du guide intérieur, celui qui oriente le pèlerinage de l'âme.

Aux yeux de Sohrawardî, la rencontre avec l'ange est la clef de l'ascension de l'âme vers la lumière. Dans la mesure où Dieu est inaccessible dans son essence, nous ne pouvons le rencontrer qu'à travers sa manifestation angélique. Dans son face à face avec l 'ange, l'âme découvre, dans l'archange auquel elle s'unit, son alter ego. Du soufisme, Sohrawardî a reçu l'idée d'un maître intérieur qui, dans sa réalité foncière, n'est autre que l'ange de la Révélation, l'archange Gabriel.

Un des plus beaux textes de Sohrawardî, L'Archange empourpré, se termine par ces mots : « Si tu es Khezr, toi aussi tu peux franchir la montagne de Qâf. » Et, dans un autre de ses récits, L'Exil occidental, le narrateur prouvera sa capacité à rejoindre Khezr, à refaire, « à la première personne », la quête prophétique d'Al-Khadir. Le récit sohrawardien instaure une voie opérative de l'écriture qui est celle des afrâd.

Lorsqu'une âme singulière rencontre l'archange Gabriel, c'est son « ange personnel » qu'elle voit. L'ange personnel est ce que la doctrine sohrawardienne de la Lumière nomme « Nature parfaite ». L'ange Gabriel est l'ange archétype de l'humanité. Dans un récit d'initiation d'une beauté sublime, Le bruissement des ailes de Gabriel, Sohrawardî montre le symbole de la dualité de la « Nature parfaite » à partir des ailes de l'Archange : son aile droite est blanche et son aile gauche est noire, symboles respectifs de l'esprit et du psychisme (Noûs et Psychê).

Ainsi l'esprit-saint, envoyé à Maryam, se montre avec deux ailes, l'une pure et l'autre, non pas la ténèbre ahrimanienne, mais comme un bruissement cendré, lunaire – et pourtant, dans ce reflet de la lumière qui constitue l'aile gauche de l'ange, les ténèbres, par la volonté de Dieu, peuvent s'engouffrer.

La Science d'Hermès est la science de l'Invocation de cette « Nature parfaite ». René Guénon a défini l'hermétisme comme appartenant au domaine de l' " Initiation royale ". C'est une tradition d'origine égyptienne hellénisée, transmise par les arabes au monde chrétien médiéval et dont le nom est en rapport avec le dieu Hermès - que les Grecs considéraient comme identique au Thoth égyptien et qui correspondait au Mercure romain. L'hermétisme est " une application de la doctrine principielle à la connaissance de ce que nous pouvons appeler le "monde intermédiaire", c'est-à-dire du domaine de manifestation subtile où se situent les prolongements extra-corporels de l'individualité humaine. (26)

Le culte des Vierges noires intègre la figure mariale dans le symbolisme du Grand œuvre alchimique – qui est la finalité même de la doctrine. La relation des Vierges noires à l'Art royal est inscrite dans le cœur de nos cathédrales, cette crypte souterraine où Marie symbolise la « matière » des alchimistes.

On n'ignore plus que le sens du Grand œuvre est d'opérer une transmutation de la matière simultanément à la transfiguration de l'âme de l'adepte. Comme toute science traditionnelle opérative, la méthode alchimique se fonde sur l'imitation de l'acte cosmogonique primordial.

On retrouve dans la scène de l'Annonciation la grande cosmogénèse védantique où le rôle de Purusha serait tenu par Gabriel et celui de Prakriti par Marie. Il s'agira pour le philosophe de réaliser le mariage hermétique entre l'igné, l'âme sulphur, et le volatil, l'esprit mercure – on se rappellera qu'en Inde le mercure est la semence de Shiva à qui l'on consacre des linga mercuriels. Le mercure est donc le principe masculin, le yang : il a le pouvoir de purifier et de fixer l'or, c'est une nourriture d'immortalité, symbole du soma, dont le Tantrisme s'applique à contrôler la sécrétion et la circulation.

Sur la voie alchimique, la Vierge noire joue le rôle de Grande initiatrice : elle est le modèle auquel l'âme de l'initié doit se conformer. Dans cette perspective, l'âme devra s'anéantir, entrer dans la Nuit obscure, afin que l'éclair de l'Esprit puisse infuser la noirceur, rendre blanche la terre noire et la transfigurer en Eau vive.

Il y a une technique initiatique et mariale qui est celle des afrâd. Cette science permet de pénétrer dans le mundus imaginalis, c'est une alchimie spirituelle qui repose sur l'invocation du nom et sur la contemplation de l'image sainte.

Le Rosaire – dont Frithjof Schuon disait qu'il était la « prière du cœur » de l'occident – est une technique de prière incantatoire et invocatoire. La répétition du Nom divin actualise le Souvenir de Dieu – le « pacte primordial » – dans la conscience de l'orant, en même temps que ce dernier visualise et dramatise les mystères de son propre cœur. L'orant doit revivre, en son propre nom, le mystère des Noms divins : telle est l'initiation reçue par Marie. Il doit s'identifier à la Vierge de l'Annonciation et recevoir les paroles de l'Ange.

Il la salue : Ave Maria ! Le noyau fondamental de toute l'hymnologie mariale est toute en cette bénédiction. La salutation angéliqueAum hindou de l'Ave Maria est la formule-clé de l'initiation mariale. « Ave Maria », ces paroles mantriques acquièrent non seulement une valeur théologique mais aussi initiatique. Traditionnellement « Ave Marie » évoque l'– équivalent de l' Amen hébraïque – puisque, si l'on tient compte de l'équivalence en latin des deux lettres « U » et « V », on obtient : AV(e)M(aria)(27).

Ainsi les trois noms divins de l'invocation du Rosaire sont Ieschoua (Jésus), Mariam (Marie) et Aum (Ave Maria). Ce sont en ces trois noms que réside la force opérative de la prière.

Il y a une pratique chrétienne des mantra : l'influence puissante des mots, prononcés intérieurement, est une initiation alchimique. À ce sujet, on notera aussi que les adeptes définissent leur « feu secret, esprit vivant et lumineux » comme un cristal translucide et vert.

La bénédiction de l'Ange Gabriel, « Ave Maria », équivalente du nom sacré « Amen », est donc l'Alpha et l'Oméga de la christogénèse alchimique. En effet, ce Nom divin, « Amen », est le dernier mot de l'apocalypse de Jean – il ferme le dernier livre en l'ouvrant autrement. La parole de l'ange est ce lieu de passage – qui est le lieu de l'ange –, ce lieu où s'opère le renversement final entre deux cycles et que l'hindouisme nomme Paravrtti.

Car le mystère de Gabriel et de Marie, le mystère de la parole christique, doit se révéler aux temps apocalyptiques – elle se révèlera en se revoilant autrement.

C'est pourquoi la sourate18 du Coran apparaît essentielle dans cette perspective eschatologique : elle est le seul lieu du récit abrahamique où intervient, Al-Khadir, la forme prophétique de l'ange.

LA SOURATE DES DERNIERS TEMPS

Le personnage d'Al-Khadir n'apparaît dans le Coran qu'à la sourate 18, celle des « Compagnons de la Caverne » (Ahl al-Kahf). Ce titre évoque le symbolisme polaire. En effet la caverne est intimement liée à la montagne et à l'axialité des pôles (28).

La lettre arabe Qâf a d'ailleurs été qualifiée de « hiéroglyphe du Pôle » par René Guénon, puisqu'elle est non seulement l'équivalent phonétique du mot signifiant « caverne » (Kahf), mais qu'elle représente aussi, dans la tradition arabe, le nom même de la Montagne sacrée ou polaire (29).

Al-Khadir est donc présent dans chacun des trois récits (30) qui composent cette sourate. Toutefois, il n'y est pas explicitement nommé – c'est la tradition exégétique qui l'identifie au « chien » des Compagnons ou même à ce « Serviteur de Dieu » que rencontre Moïse dans le deuxième récit.

On ne considérera ici que le premier récit qui donne son titre à la sourate. C'est la légende célèbre des Sept Dormants d'Ephèse dont la particularité remarquable est d'être commune au Christianisme et à l'Islam.

 

En l'an 250, rapporte la tradition, au temps de la persécution des chrétiens par l'empereur Decius, trois, cinq, ou sept jeunes gens, selon le Coran – sept d'après la légende chrétienne – se réfugièrent dans une caverne pour se soustraire aux cultes idolâtres. Sous l'ordre de Decius, ils furent emmurés vivants. C'étaient de jeunes chrétiens « soumis à Dieu dans la religion de Jésus fils de Marie », commente Tabarî (31) : « Dieu fit mourir les âmes des jeunes gens de la mort du sommeil et leur chien demeura sur le seuil ». (Tafsir, XV, 126). Après une dormition de 309 ans, ils furent réveillés et purent ainsi témoigner du miracle de leur résurrection. Louis Massignon considérait ce récit des sept martyrs ressuscités comme l' « Apocalypse de l'Islam » (32).

Le chien qui veille au seuil de la caverne joue le rôle d'un Kerub (chérubin) : « (...) Leur chien, les pattes étendues, était sur le seuil », peut-on lire au verset 17 de la sourate. On observera que sa situation, au seuil de la caverne, correspond à celle de la tombe de Sainte Marie Madeleine, à l'entrée de la crypte des Sept Dormants vénérés à Ephèse. Selon Massignon, le chien de la caverne serait Al-Khadir, des textes islamiques lui attribuent en effet un rôle non seulement de gardien mais encore d'instructeur des Dormants.

Il est d'ailleurs intéressant d'observer les deux séries de nombres qui apparaissent au verset 21 : « Tel dira : ils étaient trois, leur chien était le quatrième. Tel autre dira : ils étaient cinq, leur chien était le sixième. On scrutera le mystère. Tel dira : ils étaient sept, et leur chien était le huitième. Réponds : Mon seigneur connaît leur nombre ; et seul un petit nombre le connaît » (Coran, 18,21).

On pourra observer que la première série de nombres (3,5,7) s'applique aux Dormants et que ce sont les trois premiers nombres impairs : nous pouvons ainsi reconnaître que les « Compagnons de la Caverne » sont des afrâd.

Le chien est considéré à part, il ne faut donc pas l'additionner aux sept dormants : il se place « devant » eux, ce qui donne 17. On remarquera que si l'on divise 357 par 17, on obtient 21 – qui est le nombre correspondant au Shin, lettre de l'aleph-beith représentant le Saint-Esprit.

Ce nombre 21 est précisément le numéro du verset. D'autre part si l'on soustrait 357 (correspondant à la série des nombres s'appliquant aux « Dormants ») de 468 (correspondant à la série des nombres s'appliquant au « Chien »), on obtient 111, nombre dont la puissance symbolique est grande puisqu'il s'agit du nombre polaire, l'aleph hébraïque - ou l'alif arabe. Ce nombre représente l'unité exprimée simultanément dans les trois mondes, ce qui caractérise la fonction même du Pôle : Qutb chiffre aussi 111 (100+9+2).

Puisque nous en sommes à ces considérations numérologiques, disons tout de suite que le chien de la sourate, assimilé à Al-Khadir, n'est pas sans rappeler le mystérieux « Veltro », personnage énigmatique qui apparaît lui-aussi sous l'aspect d'un chien dans La Divine Comédie et auquel, selon la prédiction de Béatrice, on assigne le nombre 515, représentant le Messie à venir, le destructeur des puissances contre-initiatiques à la fin du cycle : « Un cinquecento diece et cinque, messo di Dio » (Purgatorio, 33, 43-44). Mais ce qui est remarquable c'est que ce nombre est une des valeurs numériques de « Shaddaï » (33).

Dès son premier article dans Études Traditionnelles, paru en 1950 (34) , Denys Roman insistait déjà sur la valeur symbolique de la couleur verte dont le nom « est composé des mêmes consonnes que les mots " vertu ", " vertical ", " vérité ". Vert, en latin, se dit Viridis qui a pour racine vir - d'où proviennent des mots comme virtualité, virulence, virilité. Il y a entre la couleur verte et l'idée de force une relation mystérieuse. Le vert, poursuivait Denys Roman, est symbole d'espérance, la vertu théologale qui correspond à la "force" de la Maçonnerie. L'ordre chevaleresque de l'Annonciade avait pour devise "Fert", dont on a voulu donner les explications les plus bizarres, mais qui signifie vraisemblablement "Fort" et qui n'est que le mot "Vert" dont la première consonne a été durcie ».

Cette référence à l'Ordre de l'Annonciade – fondé en 1362 par le duc Amédée VI de Savoie et qui se trouve placé sous l'invocation de la Vierge Marie – nous semble particulièrement intéressante parce qu'elle établit une convergence entre la Vierge et El Shaddaï.

Ce nom divin, Shaddaï, vient de l'hébreu Shéd, « le sein », symbole de la nature nourricière. Dans la Kabbale, toute la création et toutes les créatures sont liées aux forces de la nature en tant que terre, eau, feu, air. Ces forces de la nature sont appelées Shédim. Le maître des forces naturelles est donc El Shaddaï. (35)

Nous avons vu que le 515 de Dante, identifié à la figure du chien, chiffrait le nom divin Shaddaï, mais il existe une autre valeur numérique de ce nom qui l'apparente au Schiloh de la prophétie de Jacob : « Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schiloh ». (Genèse, 49, 10).

Pour la tradition hébraïque comme pour la tradition chrétienne, ce texte annonce l'avènement messianique de la fin des temps. Il est remarquable que Schiloh ait la même valeur numérique simple que le nom divin El-Shaddaï, c'est-à-dire 345. (36)

 

La figure de l'ange Gabriel s'identifie à cette même fonction initiatique et eschatologique : Gabriel en hébreu signifie « force divine », « Dieu s'est montré fort » . Cette même connotation de « force » se retrouve en arabe où le nom de l'ange Gabriel, Jabrïl, est très proche du nom divin al-Jabbar, « le Tout-Puissant ». Selon la tradition hébraïque, à l'ère messianique, Gabriel combattra contre Léviathan.

La doctrine islamique rejette l'idée que le Très Haut, al-Alî, puisse être le père du Christ manifesté, car cela impliquerait que l'Unique puisse entrer dans une relation de couple, ce qui est inconcevable. C'est pourquoi l'Esprit-Saint a un statut angélique et non divin puisqu'il s'identifie à l'ange Jibrïl. En revanche, dans le christianisme, l'ange Gabriel garde un simple rôle d'annonciateur et l'Esprit-Saint est considéré comme une personne divine.

Mais comment ne pas considérer l'annonciateur de la parole comme une forme hypostatique du Verbe ? Car, en tant qu'annonciateur du Verbe, Gabriel doit être rapproché de Jean-Baptiste, dernier des prophètes de l'Ancien Testament et précurseur qui annonce l’Information nouvelle, « messager qui ouvre la route » selon Malachie (3, 1) : « Voici que je vais envoyer mon messager, pour qu'il fraye un chemin devant moi. Et soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur, le Seigneur que vous cherchez, et l'Ange de l'alliance que vous désirez le voici qui vient ! »

Or, cet « Ange de l'alliance », n'est-il pas « l'Ange de Yahvé » ? Celui qu'Agar nomme « El Roï » (Genèse, 16, 13) et qui, quelques versets plus loin, s'annoncera lui-même ainsi : « Je suis El Shaddaï ». (Genèse, 17, 1)

 

On fera observer que dans l'iconographie médiévale de l'Eglise orthodoxe, saint Jean-Baptiste, le précurseur du Christ, est figuré avec des ailes. Celui « qui ouvre la route », désigne cette voie du sacrifice qui est celle des afrâd, doctrine secrète qui se manifeste dans la kénose divine de l'Incarnation – l'acte absolu de l'Amour par lequel Dieu se dépouille, se vide de sa puissance, parce qu'il veut ressembler à sa créature, l'approcher et la sauver : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave et devenant semblable aux hommes ». (Philippiens, 2, 6-7)

Au sujet de saint Jean-Baptiste, on connaît la vénération que lui portaient les Chevaliers du Temple – ainsi d'ailleurs qu'à la Vierge Marie. La figure du Précurseur peut être assimilée à celle du prophète Elie. En effet, au début de l'évangile de Luc, l'archange Gabriel, annonçant à Zacharie la naissance de Jean-Baptiste, lui prédit que ce fils « unira le cœur des pères au cœur des enfants ». Or, cette expression se trouve également à la fin de l'Ancien Testament, dans un verset de Malachie : « Voici que je vous envoie Elie le prophète, avant que vienne le jour redoutable du Seigneur. Et il unira le cœur des pères à celui des enfants ».

Cette identification est très remarquable, surtout lorsqu'on sait qu'Elie, sous sa forme musulmane Ilyas, est souvent donné comme un autre nom d'Al-Khadir. Rencontrerions-nous ici la figure énigmatique du Baphomet ?

Sous une forme ludique, John Charpentier (37) avait déjà suggéré que Baphomet pourrait être une contraction de Bap(tiste) et (Ma)homet. Cette remarque est plus sérieuse qu'elle n'y paraît, ne serait-ce que parce qu'elle reconnaît de façon implicite la transmission par la voie islamique d'une tradition hermétique et son incorporation dans l'ésotérisme chrétien.

 

Mais, plus sérieusement, ce qui devrait nous intéresser ici, au point de vue initiatique, c'est davantage le décompte des lettres - dont la pertinence est patente dans le langage secret de la Tradition.

 

Observons ainsi, dans un premier temps que, parmi toutes les autres graphies de sept lettres (Bafomet, Bofumet, Bahomet), notre « Baphomet » en compte huit. (38) On se rappellera ici le verset de la « sourate des derniers temps » : « Ils étaient sept, leur chien était le huitième ». Dans " « Baphomet », c'est donc en quelque sorte le « H » , la huitième lettre de l'alphabet, qui représente le chien. Ainsi le choix graphique du « phi » grec serait d'ordre initiatique. Fulcanelli a montré la valeur symbolique de la lettre « H » dans le langage de certaines corporations médiévales hermético-mystiques. On retiendra son évocation d'un caisson du merveilleux plafond hermétique du château de Dampierre-sur-Boutonne, en Charente-Maritime, où l'on voit une couronne trinitaire au dessus d'un grand « H » entouré d'un phylactère qui dit : « In Te Omnis Dominata recumbit ». Fulcanelli traduit ainsi : « En Toi repose Toute Puissance » et, par ailleurs le grand alchimiste déclare, dans l'étude qu'il consacre à ce caisson : « la lettre H, ou du moins le caractère graphique qui lui est apparenté, avait été choisi par les philosophes pour désigner l'Esprit, âme universelle des choses ». (Les Demeures philosophales, p.182)

Selon Eugène Canseliet, on peut voir la représentation la plus sûre du Baphomet dans l'illustration de la page du titre de Toutes les Œuvres du Philosophe anonyme Philalèthe : « Le mercure – mercurius de mercurio – est debout sur la sphère et coiffé d'une couronne que surmonte le signe métallico-astrologique désignant ensemble la planète et le vif argent ; il a les ailes déployées et les bras horizontalement étendus ».

Faut-il pour autant assimiler Al-Khadir au Baphomet ? On pensera à ces quatre statues baphométiques retrouvées naguère, au début du 19ème siècle, au musée impérial de Vienne, par l'archéologue autrichien Hammer-Purstall. (39)

 

La plus importante de ces statues est un personnage en pied, revêtu d'un costume pharaonique. Il porte la barbe et il est coiffé de cornes recourbées comme un Hermès. On remarque une inscription, en caractères arabes, sur ses bras pendants. Probst-Biraben et Maitrot de la Motte-Capron la déchiffrèrent ainsi : « Le seigneur Kouïder (celui qui trouble) ». Or, Al ou El signifie « seigneur » et le nom Kouïder est très proche de Khadir...

Mais pourquoi Al-Khadir serait-il « celui qui trouble » ? On se rappellera ici les terribles paroles de Léon Bloy annonçant la venue du Paraclet : « Il est tellement l'Ennemi, tellement l'identique de ce Lucifer qui fut nommé Prince des Ténèbres, qu'il est à peu près impossible – fût-ce dans l'extase béatifique – de les séparer... Que celui qui peut comprendre comprenne. La Mère du Christ a été dite l'Épouse de cet Inconnu dont l'Église à peur, et c'est assurément pour cette raison que la Vierge très prudente est invoquée sous les noms d'Etoile du matin et de Vaisseau Spirituel ». (40) C'est de sa plus grande puissance parmi les hommes (El Shaddaï = 345) dont Dieu se dépouille, pour revêtir sa plus extrême pauvreté parmi les hommes (Jésus) ; et le corps de Marie est le lieu de ce sacrifice

Car la puissance de Dieu réside en son nom – qui est « le Nom » ( He Schem = 345) et c'est de son nom qu'il se dépouille. En tant que Fils d'homme, Jésus – comme tout homme – est relié à son ange personnel qui le protège et canalise sur lui les plus hautes énergies du Père. L'Ange gardien de Jésus n'est autre que « l'Ange du Seigneur » du récit de Matthieu (1, 20), celui que Luc assimile à l'Ange Gabriel et qui se révèle sous le nom d'El Shaddaï, celui que l'Islam nomme Al-Khadir et qu'il reconnaît dans Elie (Ilyas).

Sans doute est-ce ainsi qu'il nous faut comprendre ces paroles du Sheikh al-Akbar : « Le Sceau des Saints puise à la même source où puisa l'Ange qui inspira l'envoyé de Dieu. Si tu comprends ce à quoi je fais allusion, tu as atteint la science pleinement efficace ». (41)

Il y a un hadîth où le prophète parle de l' « Oiseau vert » dont le jabot offre un abri dans l'autre monde, un refuge, aux esprits des « témoins en vérité ». Le jabot de l'Oiseau, c'est cette terre dont Al-Khadir est le roi, la terre de Var qui conserve la semence des corps de résurrection, l'Eau de vie. Et la « science pleinement efficace » dont parle Ibn Arabî est la science de la formation et de l'éclosion des corps de résurrection, la science des afrâd. Car la formation du corps de résurrection est un don de l'Ange et l'éclosion du corps de résurrection est un don de Marie.

Alain Santacreu

NOTES

 

1. Selon d'autres versions encore, on trouve Khidr ou Khezr et, en Inde, il est désigné sous les noms de Khwâjâ Kkadir, Pîr Badar ou Râjâ Kidâr.

 

2. Cité par Jean Robin, René Guénon, témoin de la Tradition, Trédaniel, 1986, p.308.

 

3. Numéro 224-225, août-septembre 1938, pp. 304-318.

 

4. Conformément à son nom : « Le Verdoyant » – dérivé de l'arabe akhdar qui signifie « vert ».

 

5. Il est remarquable que l'alchimie considère le sang et le lait comme les deux symboles des éléments originels (sulphur et mercurius).

 

6. René Guénon, « Le Sanglier et l'Ourse », in Symboles de la Science sacrée, Gallimard, 1986, p.160.

 

7. Abdul-Hâdî est le surnom islamique du peintre suédois John Gustav Agelii, dit Ivan Aguéli (1869-1917) . C'est lui qui aurait transmis à René Guénon, en juin 1912, la barakah du sheikh Elish El-Kébir.

 

8. Abû Bakr Muhammad ben Alî, né à Murcie le 17 de Ramadan de l'an 560 de l'hégire (28 juillet 1164), est plus connu sous le nom d'Ibn Arabî, ainsi que sous son titre honorifique de Sheik al-Akbar (« le plus grand maître » ).

 

9. Abdul-Hâdî, Écrits pour « la Gnose », Archê, 1988, p.144.

 

10. Concernant nos références à l'œuvre de Ibn Arabî, nous renvoyons principalement aux travaux de Michel Chodkiewicz, Le Sceau des saints, Gallimard, 1986.

 

11. Sur le symbolisme du sabre et de l'épée, cf. René Guénon, « Sayful-Islam », in Symboles de la Science sacrée, Gallimard, op.cit.

 

12. Sur la « Voie du Milieu », cf. chap.26 de La Grande Triade, René Guénon, Gallimard, 1957.

 

13. La Sagesse des prophètes, Albin Michel, 1974, p. 49

 

14. Numéro 253, août 1946.

 

15. Le néologisme « marienne » n'est évidemment utilisé par Abdul Hâdî que pour éviter l'emploi de l'adjectif « marial » qu'il devait sans doute juger trop catholique à son goût. L'anarchisme militant d'Ivan Aguéli provoquait en lui une hostilité radicale envers l'Église catholique et son « système clérical ». Nous ne l'avons pas suivi dans sa répulsion sémantico-idéologique.

 

16. Le nom musulman de René Guénon qui se traduit : « Le Serviteur de l'Unique, Jean ».

 

17. Sur cette notion, on consultera principalement le chap. 5 du très beau livre de Charles-André Gilis, Marie en Islam, Éditions Traditionnelles, 1990.

 

18. De façon étonnante, Luc désigne les lignées ancestrales des trois autres parents de Jésus – Zacharie « de la classe d'Abia », Elisabeth « de la descendance d'Aaron », Joseph « de la famille de David » (Luc, 1, 5 et Luc, 1, 27), mais il ne dit rien concernant Marie. Il y a là un silence éloquent.

 

19. Commentaires sur le Coran, Sacelp, Paris, 1981, p. 463.

 

20. Il Henoch slave, LXX-LXXI, in Écrits intertestamentaires, Paris, Gallimard, 1987, pp.1218-1223.

 

21. Charles-André Gilis, op. cit., pp. 55-56.

 

22. On citera par exemple le Traité sur la vertu et la composition des eaux de Zozime, le Songe-Verd ou encore l'Hermès dévoilé de Cyliani.

 

23. Corps spirituel et Terre céleste, Buchet/Chastel, 1979, p.85.

 

24. Les récits mystiques de Sohrawardî ont été traduits par Henry Corbin dans l'ouvrage L'Archange empourpré, Paris, Fayard, 1976.

 

25. Abdol-Karim Gili, L'Homme parfait, traduction d'Henry Corbin, cité in Corps spirituel et Terre céleste, p.185.

 

26. René Guénon, « Quelques considérations sur l'hermétisme », in Aperçus sur l'Initiation, Éditions Traditionnelles, 1977, p. 261.

 

27. Jacques Viret, « Stella Maris : Registres et thèmes de l'hymnologie mariale latine », in Connaissance des Religions, n°47-48, 1996, p. 98.

 

28. Cf. René Guénon, " Symbolisme de la forme cosmique ", in Symboles de la Science sacrée (et particulièrement le chap.31 : " La Montagne et la Caverne ").

 

29. Ibid. chap.15 : " Un hiéroglyphe du Pôle ".

 

30. Le premier récit comprend les versets 9-25 ; le second récit, les versets 27-59 ; et le troisième récit, les versets 60-98.

 

31. Parmi les très nombreux commentaires coraniques, ceux de Tabarî (m.311/923) jouissent d'une autorité incomparable, tant parmi les musulmans que parmi les islamologues. Il a recueilli dans un monumental ouvrage, le Tafsir, un nombre impressionnant de récits traditionnels.

 

32. " Les Sept Dormants, Apocalypse de l'Islam ", in Mélanges Peeters 11, Analecta Bollandiana, 1950, pp. 245-260.

 

33. Sur cette valeur numérique de " Schaddaï ", cf. F.Warrain, La Théodicée de la Kabbale, éd. Véga, 1949, p.95.

 

34. En mars 1950 parut, dans la revue Etudes Traditionnelles (n°282), le premier article de Denys Roman. C'était un compte-rendu sur La Symbolique maçonnique de Jules Boucher.

 

35. Cf. Georges Lahy, Kabbale Extatique et Tserouf, éd.Lahi, 1993, p.72.

 

36. Cf. Jean Reyor, Pour un aboutissement de l'œuvre de René Guénon, Archê, 1991, chap.9.

 

37. L'Ordre des Templiers, éd. Tallandier, Paris, 1987.

 

38. L'interprétation de Jean-Claude Danis - in Toulouse, Capitale mystique, éd. Arlet, 1985, qui avance la graphie avec redoublement du " f ", Baffomet, ne nous semble pas contradictoire : le " f " redoublée suggérant par les deux barres horizontales des lettres, de façon voilée, le " H " hermétique.

 

39. Cf. John Charpentier, op. cit., pp. 178-180.

 

40. Léon Bloy, Le Salut par les Juifs, éd. G. Crès, Paris, 1905, pp.117-118.

41. Ibn Arabî, La Sagesse des prophètes, op. cit., p.52.

 

 

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26 septembre 2014

Graal, Goral, tirage au sort

GRAAL / GORAL hébreu, Joseph “d’Arimathie

http://www.hemmelel.fr/blog/2005/08/07/la-quete-du-graal/

Or nul ne semble s’aviser que Graal vient directement du mot hébreu (féminin) Goral, GWRL, qui signifie “sort”, au double sens de “hasard” (tirer au sort) et de “destin” (tel est mon sort…). En Esther 3,7, pour déterminer le jour de l’extermination des Juifs, “on tire, sous les yeux d’Aman, le “Pour”, c’est-à-dire le sort (haGoral)”. Les premiers mots du Livre de Josué sont Aaré Mot, “Après la mort” (de Moïse). On le désignait donc comme le “Livre d’après la mort”, le Sefer Aaré Mot. Cela a donné le nom de Joseph “d’Arimathie”, cité dans les quatre Evangiles comme recueillant le corps (donc le sang) du Christ, après la Crucifixion, sous les yeux de Marie-Madeleine. Bernard Dubourg a démontré que le “Chat botté”, de Perrault, venait par midrach du BarAbbas des Evangiles. Nous voici dans les légendes du Roi Arthur. Décidément, le choix par Goral entre le bouc émissaire et son identique a une immense descendance.  

 

 

http://carnetspi.canalblog.com/archives/decouverte_judaisme/p20-0.html

La tradition issue de la Kabbale et du Ari-zal nous apprend que, contrairement à Pessa‘h, où l’intervention divine a été visible, Pourim et Yom Kippour sont caractérisés par une intervention du « hasard ». Les « sorts » tirés par Haman sont à rapprocher de ceux qui désignaient le bouc émissaire (Wayiqra 16, 8).

 

http://www.kabbale.be/kabbale-pratique/le-mauvais-il.html

Ce qui suit est selon la Kabbale pratique un Goral, qui est une méthode utilisée afin de découvrir les secrets de Dieu concernant certaines affaires humaines (santé, chance, ...). Nous retrouvons ce genre de Goral dans le Lévitique 16 : 8-10 : « 8 Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour l’Eternel et un sort pour Azazel. 9 Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour l’Eternel, et il l’offrira en sacrifice d’expiation ». Le mot ici utilisé pour « sort » est « gowral » qui signifie à la fois une récompense ou un lot, ou encore une méthode de divination. Nous retrouvons encore ce mot dans Nombres 25 et dans Josué 7 : 16-18.

 

http://www.judeopedia.org/blog/2007/07/25/de-goral-a-graal/

D e G o r a l ‡ G r a a l S a v e z - v o u s q u e G o r a l , “ º ’ π Ë ∏ ‹ , G W R L e n h È b r e u , s i g n i f i e s o r t , a u d o u b l e s e n s d e h a s a r d ( t i r e r a u s o r t ) e t d e d e s t i n ( t e l e s t m o n s o r t & ) ? C e m o t a t o u t e c h a n c e d Í t r e l o r i g i n e c o n t r o v e r s È e d u m o t G r a a l , c e t t e c o u p e m y t h i q u e a y a n t r e c u e i l l i l e s a n g d u C h r i s t , d o n t l a Q u Í t e o c c u p e l e s C h e v a l i e r s d e l a T a b l e R o n d e . E n E s t h e r 3 , 7 , p o u r d È t e r m i n e r l e j o u r d e l e x t e r m i n a t i o n d e s J u i f s , o n t i r e , s o u s l e s y e u x d A m a n , l e P o u r , c e s t - ‡ - d i r e l e s o r t ( h a G o r a l ) , d o ˘ l e n o m d e l a f Í t e d e P o u r i m . E n J o n a s 1 , 7 , l e s m a r i n s v i c t i m e s d e l a t e m p Í t e s e d i s e n t l e s u n s a u x a u t r e s : T i r o n s d o n c l e s s o r t s ( G o r a l o t ) , p o u r s a v o i r d e q u i n o u s v i e n t c e m a l . I l s j e t Ë r e n t l e s s o r t s ( G o r a l o t ) e t l e s o r t ( h a G o r a l ) t o m b a s u r J o n a s . O n p e n s e È v i d e m m e n t ‡ l a c o u r t e p a i l l e d u P e t i t N a v i r e : L e s o r t t o m b a s u r l e p l u s j e u n e & G o r a l a p p a r a Ó t e n L È v i t i q u e 1 6 , 8 , q u a n d , p o u r d È s i g n e r l e b o u c È m i s s a i r e , I l ( A a r o n ) t i r e r a l e s s o r t s ( G o r a l o t ) p o u r l e s d e u x b o u c s , a t t r i b u a n t u n s o r t ( G o r a l E h a d ) ‡ Y H W H e t l a u t r e ( v e G o r a l E h a d ) ‡ A z a z e l . D a n s l e l i v r e d e J o s u È , G o r a l r e v i e n t s o u v e n t , l e p a r t a g e d e l a t e r r e d e C a n a a n e n t r e l e s d o u z e t r i b u s s e f a i s a n t p a r t i r a g e a u s o r t , c o n f o r m È m e n t ‡ N o m b r e s 2 6 , 5 5 : c e s t a u s o r t ( b e G o r a l ) q u e s e f e r a l e p a r t a g e d u p a y s . C o u p e s e d i t e n h È b r e u K o s s , ∞ € ’ π · , K W X , e t d È s i g n e , e n G e n Ë s e 4 0 , 1 1 e t s u i v a n t s , l a c o u p e d u r Í v e d u M a Ó t r e - E c h a n s o n , p r È s e n t È e ‡ P h a r a o n e t i n t e r p r È t È e p a r J o s e p h . K o s s e t G o r a l s o n t a s s o c i È s d a n s l e v e r s e t 5 d u P s a u m e 1 6 : Ÿ ∞ ‘ ’ ∏ ‘ fi ∞ ‡ ∏ Í æ ◊ ∂ ‹ ∞ Á ¥ Ÿ ’ ∞ € ’ π · ¥ Ÿ – ∑ Í ∏ º ‘ Í º ’ π fi ¥ Ÿ ⁄ ∞ “ º ’ π Ë ∏ ‹ ¥ Ÿ Y H W H M N T - E L Q Y W K W X Y A T H T W M Y K G W R L Y A d o n a y M e n a t - H Ë l e q y v e K o s s y A t a h T o m y i k h G o r a l y L E t e r n e l e s t l a m e s u r e d e m a p a r t e t d e m a c o u p e ; t o i , S e i g n e u r , t u s o u t i e n s m o n s o r t .

 

Graal / Coupe

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Graal#Etymologie_h.C3.A9bra.C3.AFque

Le mot Goral, GWRL, signifie "sort" en hébreu. Il est utilisé quand il y a "tirage au sort", par exemple pour le "bouc émissaire", ou dans l'histoire de Jonas, jeté par dessus bord. De même, la "coupe", Koss, KWX en hébreu, calix en latin, est souvent comparée à la vie, au destin de chacun. Voir les expressions : "boire la coupe jusqu'à la lie", "il y a loin de la coupe aux lèvres". Il est probable que l'Évangile de Nicodème dérive d'un Midrash combinant le bouc émissaire et l'histoire de Joseph emprisonné chez Pharaon et expliquant les rêves de l'échanson (où intervient une coupe) et du panetier (Genèse 40), pour en faire Joseph d'Arimathée, Joseph "après la mort".

Michel Louis LEVY  

 

 

Royauté, tirage au sort

http://fr.wikipedia.org/wiki/Royaut%C3%A9#Modes_de_d.C3.A9signation_des_rois

Des procédures et des rituels, mélanges d'épreuves et d'interrogation du sort, peuvent s'ajouter au concours des votes pour renforcer la croyance en ses hautes capacités et en sa maîtrise du destin, et asseoir ainsi sa légitimité et son autorité chez ceux qui auraient préféré un autre candidat. Il s'agit donc réellement de choisir le meilleur et d'assurer à l'ensemble du groupe la prospérité, la paix, la réussite des entreprises, etc...

 

Tirage au sort, Klérotorion

http://racines.traditions.free.fr/pretre/index.htm

D’autres mots grecs nous sont aussi restés dans la traduction de la Bible… Le mot "clergé" vient, par le mot "clerc", du grec Kléros, "morceau de bois pour tirer au sort" (cf. divination runique*) ainsi que “fonction de prêtre, devin”

 

Klérotorion, tirage au sort

Persée : Nouvelles observations sur la « Mosaïque des chevaux » et ... À propos d'un motif de la mosaïque des chevaux urne de tirage au sort ou ..... au sort les couleurs des factions (sur le modèle, en somme, du kleroterion de ... www.persee.fr/.../crai_0065-0536_1991_num_135_3_15000

 

Clitoris/ Kléis

Kléis / Clitoris

La revanche du clitoris

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Au début était le Verbe et, parce que l'histoire du clitoris est presque aussi torturée que celle des femmes excisées, son étymologie l'est aussi. ...

www.numilog.net/package/extraits_pdf/e243999.pdf

 

Kléis = clé en Grec

Masturbation féminine encouragée par l’église au Moyen âge, croyance en une éjaculation féminine indispensable pour la procréation.

http://projetbabel.org/forum/viewtopic.php?t=10676

CLITORIS

- la métaphore de la porte pour le sexe féminin est utilisée par Aristophane (Assemblée des femmes, v. 990) où il joue sur les ambiguïtés d'un verbe qui peut signifier frapper (à une porte) ou chatouiller - la ville de Klitoria en Arcadie est bien située sur une éminence mais celle-ci bloque le débouché de plusieurs vallées, elle est exactement ce qu'on appelle un verrou ;

- les Grecs n'ont probablement pas attendu les sexologues modernes pour savoir que le clitoris est une clef du plaisir féminin …

 

Amour… Prostitution sacrée, castration, Marie-Madeleine, Vierges sacrées = prostituée sacrée

http://www.lecoindelenigme.com/MM-p-sacree.htm

 

Royauté sacrée et tirage au sort

désignation, tirage au sort (ordalie), onction, hiérogamie en Israël, Mésopotamie

Persée : J. de Fraine. L'aspect religieux de la royauté israélite

L'aspect religieux de la royauté israélite. Analyses et Comptes rendus ... divine suivie de l'onction ; le tirage au sort — ordalie qui double l'élection divine, ... Yahwe ayant été depuis la très haute Antiquité le dieu national dirigeant ... 92 REVUE DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS savants qui se sont penchés sur ces ...

www.persee.fr/.../rhr_0035-1423_1955_num_148_1_7045

 

http://www.memo.fr/article.asp?ID=ANT_GRE_021

Le cycle des Olympiens

Lorsque les Olympiens succèdent aux Titans, trois d'entre eux se partagent l'univers après tirage au sort. Zeus obtient le ciel, Poséidon la mer, et Hadès le monde souterrain. Ils séjournent sur l'Olympe, gardé par les Saisons, où ils connaissent une félicité parfaite, alternant banquets et assemblées, se gorgeant de nectar et d'ambroisie au son de la lyre d'Apollon.

 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/ville/Delphes_Ville_de_la_Gr%C3%A8ce_ancienne,_en_Phocide,_sur_le_versant/116038

Delphes, tirage au sort pour consulter l'oracle

vers le bas : L'architecture du bâtiment ... Omphalos/Pierre sacrée, chaudron sur trépied à Delphes

L'omphalos, le seul accessoire que l'on ait retrouvé, était une pierre sacrée qui passait pour être tombée du ciel. On expliqua ensuite qu'elle marquait l'endroit où s'étaient rencontrés deux aigles lâchés par Zeus, l'un du Levant, l'autre du Couchant, marquant ainsi le centre ou nombril de la Terre. Et, de fait, l'omphalos que l'on a mis au jour à Delphes était percé, de part en part, par un canal central où était fixé une tige de métal qui servait sans doute à maintenir un réseau de bandelettes ou un filet de laine constituant le vêtement de ce bétyle, mais aussi à assujettir les deux aigles (en bronze doré) de Zeus. L'omphalos exhumé à Delphes, qui semble dater du VIIe s. avant J.-C., porte une inscription en caractères archaïques mentionnant uniquement le nom de la divinité (ΓΑΣ, au génitif, la Terre), précédé d'un epsilon (E). L'omphalos, qui était aussi le monument funéraire du serpent Python, le fils de la Terre, qu'Apollon avait tué pour s'emparer de l'oracle, était placé, disait-on, sur une profonde crevasse d'où s'échappaient des exhalaisons (pneuma) délétères, provenant de la décomposition du corps de Python, et qui mettaient la Pythie en état de délire prophétique.

Maintes fois représenté sur des vases ou des bas-reliefs, le trépied de la Pythie était composé d'un chaudron en métal supporté par trois pieds, au-dessus duquel on plaçait un couvercle pour le transformer en siège sur lequel la Pythie devait s'asseoir pour prophétiser.

 

Oracle de Delphes et désignation du roi sacré

Pierre/ Chaudron / Vase/ Arca/ écriture

tirage au sort et chaudron sacrificiel dans l'Antiquité

ARTICLE ++++

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5102_1990_num_102_2_1691

Sorts et divination inspirée. Pour une préhistoire des oracles italiques

Jacqueline Champeauxlien Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité lien Année 1990 lien Volume 102 lien Numéro 102-2 lien pp. 801-828

divination antique, tirage au sort de cailloux, baguettes ou disques de bronze marquées d'un signe de propriétaire puis tablettes écrites

Germains : chaudron du sort : baguettes dedans pour tirage au sort.

2 modes divinatoires : 1°lancement du bois (loudun, loudin : mettre en mvt), en irlandais luas: vélocité, on « secouait les sorts = baguettes »; 2°laget réf à l'immobilité, racine legh= poser, placer.

pour Scythes et Germains, surtout baguettes de bois marquées (runes, signe distinctif) pouvant être disposées dans un chaudron empli d'eau (sens ordalique++ conservé au moyen âge) ou vase ou casque ou arca (ex:mélange des tablettes dans l'arca où elles étaient condervées ) éventuellement. Druides: « chaudron de vérité » ou ordalie par les pierres (dans récipient d'eau noircie ar la terre... on jette 3 pierres: on plonge en repêcher une : blanc, noir, mouchetée. Même recours aux baguettes en Iran. Cf p 805-806 + notes++

P 807 sorts au moyen de sorts-cailloux dont l'inscription se détache en relief en donne une justification sacrée – comme si la parole divine sortait de la pierre – et rappelle l'oracle de Thries et les cailloux qui s'agitaient sur le trépied de Delphes.

N 16 Les Thries st à la fs les Nymphes du Parnasse (Hyne à Hermès) et les pierres divinatoires qui à Delphes étaient dans la cuve posée sur le trépied. La Pythie énonçait la prophétie sous l'inspir d'Apollon.

Autre mode de divination par les oiseaux: colombes à Dodonne, corbeau perché sur un bois (bois oraculaire) de Faunus cité par Virgile

Dormir dans la peau d'un animal sacrifié jq la dispar des étoiles

Importance des oracles liés à des lieux naturels, lieu élevé, ou sources, fleuves, mer.

Terre-mère mais plus important secondairement avec la prise de pouvoir des dieux masculins (importance / guerre?)

Divination: 2 modes, celle de la parole spontanée, en transe; celle de l'écriture contrôlée, consultée sur des tablettes fixant la parole divine comme un Don des Dieux.

L'écriture est fille de la parole inspirée.

Danger / parole inspirée, + libre donc les puissants privilégient les « sorts » plus figés, + « prévisibles »

 

 

26 septembre 2014

Schékinah, Connaître, Noé

 

http://jec2.chez.com/idelmetasex.htm

Métaphores et pratiques sexuelles dans la cabale Moshé Idel

Article ++ (schekinah/ homme dans union sexuelle, procréation et schekinah, symbolisme sexuel du Temple et Saint des Saints;

 

Lilith et le mythe, sexualité sacrée,

http://www.paganguild.org/pissier/divers/lilith_et_le_mythe02.htm

“Ishtar laissera à la septième (porte) le vêtement de sa pudeur. De même que la vie sexuelle s'interrompt chez les animaux et chez les hommes tant que Ishtar demeure aux enfers, ainsi les enclos demeurent stériles tant que Tammuz est absent" (Ishtar Astarté, J. Plessis).

Perso donc si perte de la Schekinah, stérilité, le fait pour Noé qu'il soit moqué / tout le monde lui fait perdre son honneur donc...

Tous ces symboles ignés colorent les origines des cultes solaires de la vieille Déesse Mère, venant du Levant dont l'Inde du sud Dravidienne a gardé encore les traces du Matriarcat primitif.

Toujours magnifiée dans le culte de Shakti, Avatar de la Déesse, Durga, née de la lumière et du feu de tous les dieux réunis. De la Déesse Kâlî, le noir ciel d'orage qui contient l'éclair de l'Illumination.

Cette vocation vers la lumière qui éclaire et inspire les hommes verra naître toutes sortes de sectes religieuses, dont le SEPHER HA ZOHAR, "Le Livre de la Splendeur", créant sa propre école de Kabbale, développera une symbolique sexuelle, ésotérique, des commentaires sur l'union en rapport avec le divin et dans l'homme.

"Tout âme mâle est déjà unie à une âme femelle, de sorte que le mariage d'ici-bas ne fera que confirmer cette union céleste". (Z., I, 85.G)

De là à trouver les structures propres au tantrisme indien relatif à l'union sacrée était inévitable. Sans, toutefois, lui retirer son originalité propre et inspirée qui appartient à ce courant de pensée dont la mission s'adaptait à une autre forme de culture.

Si dans Dieu il y a deux épouses identifiées sous les aspects de la double Shekhina, il serait tout à fait impossible de ne pas voir la parenté avec le couple divin Çiva et ses deux épouses, la GANGA d'origine céleste (la voie lactée) et PÂRVATÎ d'origine terrestre, la fille de la Montagne.

Je dois m'arrêter ici afin de ne pas “susceptibiliser“ davantage les traditions propres du Judaïsme, et rappeler que Dieu est unique et essentiellement un pour Israël qui fut le champion du monothéisme, ces principes étant coexistentiels en Lui.

Tantrisme indien

Cette identification du couple suprême du Dieu et de la Déesse est une recréation de l'état primordial, le YICHOUD de la tradition Judaïque.

Certes, la Déesse Mère bénira toujours l'homme uni à son épouse et ses enfants comme l'ancienne Innini. Mais celui qui, audacieusement, recherche l'amour de la Déesse comme son amante s'engage dans la voie périlleuse du héros "VIRA" dans le tantrisme, dont la Déesse elle-même deviendra l'héroïne.

Cette étude appartient à la Kabbale dont le but ultime est l'union du Saint et de sa Shékhina. Mais cette Shékhina a deux pôles mystérieux consécutifs à la chute adamique : la Matrona dans le monde supérieur et LILITH dans le monde inférieur.

Note (1) Dans les anciennes versions, elle est connue comme LILITH STRIGA en ESTRELIA ou STRELIA, puis étoile MARGARITA (p. 658, Encyclopedia of Religions, BIRTH’JEWISH).

Voir et connaître dans la Bible

http://books.google.fr/books?id=hutj3Dwq4b8C&pg=PA316&lpg=PA316&dq=conna%C3%AEtre+et+voir+peuvent+%C3%AAtre+interchangeables&source=bl&ots=CQ2ZZjEvZo&sig=x7nPegT6Ke6Tpx784VkqMlGjjT0&hl=fr&ei=BKyuStHcB8yY4gb2voWtCg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2#v=onepage&q=conna%C3%AEtre%20et%20voir%20peuvent%20%C3%AAtre%20interchangeables&f=false

Lectures et relectures de la Bible: festschrift P.-M. Bogaert - Résultats Google Recherche de Livres de Jean-Marie Auwers, André Wénin, Pierre Bogaert - 1999 - Philosophy - 489 pages 54.82.99.113.114, et les paraboles se rapportant au Royaume (20.57.76.96.97. 98.107.109). 28. Connaître et voir peuvent être interchangeables (comparer ... comme vision et connaissance

 

Michel Louis LÉVY Connaître, au sens biblique http://www.hemmelel.fr/blog/2006/05/14/connaitre-au-sens-biblique/

Le mot “GNoSe” signifie “Connaissance” en grec. On retrouve le verbe correspondant dans le célèbre « connais-toi toi-même » (gnóthi seautón) de l’Oracle de Delphes. Ce verbe est à l’origine du cognoscere latin, d’où dérive notre “connaître” et le to know anglais, et aussi le “können” allemand, qui signifie plutôt “pouvoir” (d’où I can anglais) que “savoir”, encore que Ich kann deutsch se traduit par “Je sais l’allemand”.

Perso : yad = main

Toujours est-il que la “Gnose” grecque correspond en hébreu au verbe YDŒ (ayin), yada’‘, savoir, et au substantif DOT Da’at , science, connaissance (translittération). GN, Gan en hébreu, c’est le Jardin. ”

Genèse” 4,1 : “Et l’Adam connut Eve, sa femme”, WHADM YDŒ AT-EWH ASTW, vehaAdame yada’ et’-'Hawa ichto. ”Genèse” 2, 8 et 9 : “YHWH Elohym planta un jardin en Éden (GN BŒDN, Gan beEden), à l’Orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé. YHWH Elohym fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance (HDŒT, haDa’at) du bien et du mal”.

Le rapport entre le GN-Gan hébreu, jardin, et le Guné grec, femme, est limpide dans le chef d’oeuvre de la littérature érotique qu’est le Cantique des Cantiques. Chapitre 4 : 12. Ma sœur, mon Épouse, (tu es) un jardin (GN, Gan) fermé, une source close, une fontaine scellée ; (…) 15. Une source des jardins (GNYM, ganym), une fontaine d’eaux vives et les ruisseaux du Liban ! 16. Lève-toi, Aquilon; accours, Autan! Soufflez sur mon jardin (GNY, gany), que ses parfums se diffusent ! Que mon Bien-Aimé vienne dans son jardin (LGNW, legano) et mange de ses fruits exquis !

En grec, c’est précisément la racine GN qui sert à la fois à désigner la connaissance et l’accouplement érotique, comme le YDO yada‘ hébreu. Comparez donc GNose à GeNeSis et à GeNoS. Le GéNéticien Henri Atlan fait oeuvre de GNostique quand il publie Connaître, au sens biblique! Le Da Vinci Code en fournit au moins trois autres confirmations.

  1. La Bible hébraïque est pleine d’”arbres GéNéalogiques”. Or l’Evangile de Matthieu commence précisément par l’arbre GéNéalogique de Jésus, d’Abraham à David et à Babylone. L’Evangile de Luc (3, 23-38) en contient un autre, ascendant celui-là, de Jésus à David à plusieurs Juda, à Abraham et à Adam. Si les Mérovingiens descendent d’une supposée fille de Jésus, c’est que la France est la “fille aînée” de l’Eglise : le baptême de Clovis, inspiré de l’”onction” du Roi David, est à l’origine de la Sainte Ampoule utilisée dans le rituel du sacre des Rois de France à Reims.

  2. 2. Da Vinci Code tourne autour d’une sombre histoire d’”"Eternel Féminin”. Nul besoind’être GyNécologue ni misoGyNe pour connaître le lien du GyNécée féminin avec l’enGeNdrement !

  3. 3. Le symbole de cet “Eternel Féminin” serait le V, pointe en bas. Dans “Les Mystères de l’alphabet” (Éditions Assouline, 1997), Marc-Alain Ouaknin trouve l’origine de la forme triangulaire du Delta grec dans “le signe cunéiforme qui dessine le triangle pubien, signe de la femme” (p. 150). “Les marques produites par les “clous”, caractéristiques de cette écriture, reproduisent toutes des triangles (trigones ? note de MLL) pubiens. Un Y fermé par une horizontale, un Y et un Delta imbriqués, ressemblant à une coupe de champagne remplie, serait le trait de base de l’écriture cunéiforme. Le mot “cunéiforme” (on devrait sans doute dire et écrire GuNéiforme) veut-il dire “en forme de coin”, avec quatre lettres, ou “en forme de c..”, avec trois lettres ?

  4. Mais le mot grec Gonia signifie Angle ( triGoNométrie, GoNiomètre et tous nos polyGoNes), ce qui n’est pas forcément sexué : les GeNoux peuvent être masculins.

     

    http://www.hemmelel.fr/blog/2006/04/30/sophie-et-madeleine/

    Le mot “gnose”, en grec, signifie “connaissance”. En hébreu le verbe “connaître”, YDŒ, Yod Dalet Ayin, a le double sens de “savoir” et de “féconder”, en parlant de l’union conjugale, d’où l’expression “Connaître au sens biblique“.

    4. Sagesse se dit Sophia en grec et EKMH, ‘Hokhmah, en hébreu : EKM, ‘Hakham, le Sage, est souvent traduit par “Sophiste”. Il y a plusieurs livres de “sagesse” dans la Bible hébraïque, dont Qohelet, transcrit par “Ecclésiaste”. Myriam (MRYM), soeur aînée de Moïse (MSH, Moché), qui joue le rôle essentiel quand celui-ci est “sauvé des eaux” (Exode 1,15 à 2, 10), est, selon la tradition talmudique, le prototype de la sage-femme, qui extrait l’enfant de sa mère et en voit la première le sexe.

 

Connaître

http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2003/clb_031219.htm

Il semble plutôt que l'arbre symbolise le pouvoir absolu. En hébreu, comme dans les autres langues sémitiques, on aime indiquer une totalité par ses deux extrêmes. Ainsi, « le ciel et la terre » signifie l'univers (voir Ex 20,11; 31,17; 2 R 19,15; Is 37,16). De cette manière, « le bien et le mal » ne signifierait pas l'un ou l'autre de ces deux réalités, mais les deux, c'est-à-dire « tout » (comparer 2 S 14,17 avec 14,20 où dans un cas on utilise l'expression « bien et mal » et dans l'autre le mot « tout »). Quant au mot « connaissance », il n'a pas le sens abstrait que nous lui donnons dans nos langues. Dans les langues sémitiques, il implique connaissance profonde, intimité, pouvoir. Quand on connaît, on a créé des liens intimes et puissants avec le connu. Les lecteurs de la Bible connaissent aussi le sens sexuel du mot; en effet, pour une femme, « connaître un homme » implique la relation sexuelle intime (voir Gn 4,1.17.25; 19,5.8; 24,16; Lc 1,34). L'arbre de la connaissance du bien et du mal symboliserait donc un autre désir profond de l'humain : celui d'être en mesure de connaître tout et d'utiliser ce pouvoir de façon absolue. En ce sens, le serpent dit à la femme, en reprenant l'expression « connaître le bien et le mal », que la manducation du fruit de cet arbre les rendrait comme des dieux (3,5). Être comme un dieu, avec un pouvoir absolu, c'est-à-dire ne plus être limité par la condition humaine, c'est bien là une tentation universelle pour tout humain à toutes les époques.  

 

26 septembre 2014

Clé d'Hermès, Salomon

 

http://www.viamenta.com/textesesoteriques/ritueldelahautemagie/ritueldelahautemagiechapitre22-livrehermes.htm

Clé d'hermès ou de Salomon++++

La clef universelle des arts magiques, c'est la clef de tous les anciens dogmes religieux, la clef de la kabbale et de la Bible, la clavicule de Salomon.

Or, cette clavicule ou petite clef, qu'on croyait perdue depuis des siècles, nous l'avons retrouvée, et nous avons pu ouvrir tous les tombeaux de l'ancien monde, faire parler les morts, revoir dans toute leur splendeur les monuments du passé, comprendre les énigmes de tous les sphinx et pénétrer dans tous les sanctuaires.

L'usage de cette clef, chez les anciens, n'était permis qu'aux seuls grands prêtres, et on n'en confiait pas même le secret à l'élite des initiés. Or, voici ce qu'était cette clef.

C'était un alphabet hiéroglyphique et numéral exprimant par des caractères et par des nombres une série d'idées universelles et absolues ; puis une échelle de dix nombres multipliés par quatre symboles et reliés ensemble par douze figures représentant les douze signes du zodiaque, plus quatre génies, ceux des quatre points cardinaux.

La quaternaire symbolique, figuré dans les mystères de Memphis et de Thèbes par les quatre formes du sphinx, l'homme, l'aigle, le lion et le taureau, correspondait avec les quatre éléments du monde antique figurés : l'eau, par la coupe que tient l'homme ou le verseau ; l'air, par le cercle ou nimbe qui entoure la tête de l'aigle céleste ; le feu, par le bois qui l'alimente, par l'arbre que la chaleur de la terre et celle du soleil font fructifier, par le sceptre enfin de royauté, dont le lion est l'emblème ; la terre, par le glaive de Mithra, qui immole tous les ans le taureau sacré et fait couler avec son sang la sève qui gonfle tous les fruits de la terre.

Or, ces quatre signes, avec toutes leurs analogies, sont l'explication du mot unique caché dans tous les sanctuaires, du mot que les bacchantes semblaient deviner dans leur ivresse lorsqu'en célébrant les fêtes d'Iacchos elles s'exaltaient jusqu'au délire pour Io Évohé ! Que signifiait donc ce mot mystérieux ? C'était le nom des quatre lettres primitives de la langue mère : le Jod, symbole du cep de vigne ou du sceptre paternel de Noé ; le Hé, image de la coupe des libations, signe de la maternité divine ; le Vau, qui unit ensemble les deux signes précédents, et avait pour figure dans l'Inde le grand et mystérieux lingam. Tel était, dans le mot divin, le triple signe du ternaire ; puis la lettre maternelle paraissait une seconde fois pour exprimer la fécondité de la nature et de la femme, pour formuler aussi le dogme des analogies universelles et progressives descendant des causes aux effets et remontant des effets aux causes. Aussi le mot sacré ne se prononçait-il pas ; il s'épelait et se disait en quatre mots, qui sont les quatre mots sacrés : Jod Hé Vau Hé.

Le savant Gaffarel ne doute pas que les théraphim des Hébreux, au moyen desquels ils consultaient les oracles de l'urim et du thumim n'aient été les figures des quatre animaux de la kabbale, dont les symboles étaient résumés, comme nous le dirons bientôt, par les sphinx ou chérubins de l'arche. Mais il cite à propos des théraphim usurpés de Michas, un curieux passage de Philon le Juif qui est toute une révélation sur l'origine ancienne et sacerdotale de nos tarots. Voici comment Gaffarel s'exprime : « Il dit donc — Philon le Juif — parlant de l'histoire cachée dans le chapitre susdit des Juges, que Michas fit de fin or et argent trois figures de jeunes garçons et trois jeunes veaux, autant d'un lion, d'un aigle, d'un dragon et d'une colombe : de façon que si quelqu'un l'allait trouver pour savoir quelque secret touchant sa femme, il interrogeait la colombe ; si touchant ses enfants, par le jeune garçon ; si pour des richesses, par l'aigle ; si pour la force et la puissance, par le lion ; si pour la fécondité, par le chérub ou veau ; si pour la longueur des jours et des ans, par le dragon. » Cette révélation de Philon, bien que Gaffarel en fasse peu de cas, est pour nous de la plus haute importance. Voici en effet notre clef du quaternaire, voici les images des quatre animaux symboliques qui se trouvent à la vingt et unième clef du tarot, c'est-à-dire au troisième septénaire, répétant ainsi trois et résumant tout le symbolisme qu'expriment les trois septénaires superposés ; puis l'antagonisme des couleurs, exprimé par la colombe et le dragon ; le cercle ou ROTA, formé par le dragon ou le serpent pour exprimer la longueur des jours ; enfin la divination kabbalistique du tarot tout entière, telle que la pratiquèrent plus tard les Égyptiens bohèmes, dont les secrets furent devinés et retrouvés imparfaitement par Etteila.

On voit dans la Bible que les grands prêtres consultaient le Seigneur sur la table d'or de l'arche sainte, entre les chérubs ou sphinx à corps de taureau et à ailes d'aigle, et qu'ils consultaient à l'aide des théraphim, par l'urim, par le thumim et par l'éphod. L'éphod était, comme on sait, un carré magique de douze nombres et de douze mots gravés sur des pierres précieuses. Le mot théraphim, en hébreu, signifie hiéroglyphes ou signes figurés ; l'urim et le thumim, c'était le haut et le bas, l'orient et l'occident, le oui et le non, et ces signes correspondaient aux deux colonnes du temple Jakin et Bohas. Lors donc que le grand prêtre voulait faire parler l'oracle, il tirait au sort les théraphim ou lames d'or qui portaient les images des quatre mots sacrés, et les plaçait trois par trois autour du rational ou éphod, entre l'urim et le thumim, c'est-à-dire entre les deux onyx qui servaient d'agrafes aux chaînettes de l'éphod. L'onyx de droite signifiait Gédulah ou miséricorde et magnificence ; l'onyx de gauche se rapportait à Géburah et signifiait justice et colère, et si, par exemple, le signe du lion se trouvait près de la pierre où était gravé le nom de la tribu de Juda du côté gauche, le grand prêtre lisait ainsi l'oracle : « La verge du Seigneur est irritée contre Juda. » Si le théraphim représentait l'homme ou la coupe et qu'il se trouvât également à gauche, près de la pierre de Benjamin, le grand prêtre lisait : « La miséricorde du Seigneur est lasse des offenses de Benjamin, qui l'outrage dans son amour. C'est pourquoi il va épancher sur lui la coupe de sa colère », etc. Lorsque le souverain sacerdoce cessa en Israël, quand tous les oracles du monde se turent en présence du Verbe fait homme et parlant par la bouche du plus populaire et du plus doux des sages, quand l'arche fut perdue, le sanctuaire profané et le temple détruit, les mystères de l'éphod et des théraphim, qui n'étaient plus tracés sur l'or et les pierres précieuses, furent écrits ou plutôt figurés par quelques sages kabbalistes sur l'ivoire, sur le parchemin, sur le cuir argenté et doré, puis enfin sur de simples cartes, qui furent toujours suspectes à l'Église officielle, comme renfermant une clef dangereuse de ses mystères. De là sont venus ces tarots dont l'antiquité, révélée au savant Court de Gébelin par la science même des hiéroglyphes et des nombres, a tant exercé, plus tard, la douteuse perspicacité et la tenace investigation d'Etteila.

Court de Gébelin, dans le huitième volume de son Monde Primitif, donne la figure des vingt-deux clefs et des quatre as du Tarot, et en démontre la parfaite analogie avec tous les symboles de la plus haute Antiquité ; il essaie ensuite d'en donner l'explication et il s'égare naturellement, parce qu'il ne prend pas pour point de départ le tétragramme universel et sacré, Le Io Évohé des bacchanales, le Jod Hé Vau Hé du sanctuaire, le de la kabbale.

Nous avons retrouvé intacte et ignorée encore cette clef de tous les dogmes et de toutes les philosophies de l'ancien monde. Je dis une clef, et c'en est véritablement une, ayant le cercle des quatre décades pour anneau, et pour tige ou pour corps l'échelle des vingt-deux caractères, puis pour tournant les trois degrés du ternaire, comme l'a compris et figuré Guillaume Postel dans sa Clef des choses cachées depuis le commencement du monde, clef dont il indique ainsi le nom occulte et connu des seuls initiés :

 

 

mot qui peut se lire ROTA, et qui signifie la roue d'Ézéchiel, ou TAROT, et alors il est synonyme de l'Azoth des philosophes hermétiques. C'est un mot qui exprime kabbalistiquement l'absolu dogmatique et naturel ; il est formé des caractères du monogramme du Christ, suivant les Grecs et les Hébreux. L'R latine ou le P grec se trouve au milieu, entre l'alpha et l'oméga de l'Apocalypse ; puis le Tau sacré, image de la croix, enferme le mot tout entier, comme nous l'avons représenté dans notre Dogme.

Sans le tarot, la magie des anciens est un livre fermé pour nous, et il est impossible de pénétrer aucun des grands mystères de la kabbale. Le tarot seul donne l'interprétation des carrés magiques d'Agrippa et de Paracelse, comme on peut s'en convaincre en formant ces mêmes carrés avec les clefs du tarot et en lisant les hiéroglyphes qui se trouveront ainsi rassemblés.

Voici les sept carrés magiques des génies planétaires suivant Paracelse :

Voir document

Correspond lettre hébreu et tarot

Telles sont les vingt-deux clefs du tarot, qui en expliquent tous les nombres. Ainsi le Bateleur, ou clef des unités, explique les quatre as avec leur quadruple signification progressive dans les trois mondes et dans le premier principe. Ainsi l'as de denier ou de cercle, c'est l'âme du monde ; l'as d'épée, c'est l'intelligence militante ; l'as de coupe, c'est l'intelligence aimante ; l'as de bâton, c'est l'intelligence créatrice ; ce sont aussi les principes du mouvement, du progrès, de la fécondité et de la puissance. Chaque nombre, multiplié par une clef, donne un autre nombre qui, expliqué à son tour par les clefs, complète la révélation philosophique et religieuse contenue dans chaque signe. Or, chacune des cinquante-six cartes peut se multiplier par les vingt-deux clefs tour à tour ; il en résulte une série de combinaisons donnant tous les résultats les plus surprenants de révélation et de lumière. C'est une véritable machine philosophique qui empêche l'esprit de s'égarer, tout en lui laissant son initiative et sa liberté ; ce sont les mathématiques appliquées à l'absolu, c'est l'alliance du positif à l'idéal, c'est une loterie de pensées toutes rigoureusement justes comme les nombres, c'est enfin peut-être ce que le génie humain a jamais conçu tout à la fois de plus simple et de plus grand.

La manière de lire les hiéroglyphes du tarot, c'est de les disposer soit en carré, soit en triangle, en plaçant les nombres pairs en antagonisme et en les conciliant par les impairs. Quatre signes expriment toujours l'absolu dans un ordre quelconque, et s'expliquent par un cinquième. Ainsi la solution de toutes les questions magiques est celle du pentagramme, et toutes les antinomies s'expliquent par l'harmonieuse unité.

Disposé ainsi, le tarot est un véritable oracle, et répond à toutes les questions possibles avec plus de netteté et d'infaillibilité que l'androïde d'Albert le Grand : en sorte qu'un prisonnier sans livres pourrait, en quelques années, s'il avait seulement un Tarot dont il saurait se servir, avoir acquis une science universelle, et parlerait de tout avec une doctrine sans égale et une éloquence inépuisable. Cette roue, en effet, est la véritable clef de l'art oratoire et du grand art de Raymond Lulle ; c'est le véritable secret de la transmutation des ténèbres en lumière, c'est le premier et le plus important de tous les arcanes du grand œuvre.

Au moyen de cette clef universelle du symbolisme, toutes les allégories de l'Inde, de l'Égypte et de la Judée deviennent claires ; l'Apocalypse de Saint Jean est un livre kabbalistique dont le sens est rigoureusement indiqué par les figures et par les nombres de l'urim, du thumim, des théraphim et de l'éphod, tous résumés et complétés par le Tarot ; les sanctuaires antiques n'ont plus de mystères, et l'on comprend pour la première fois la signification des objets du culte des Hébreux. Qui ne voit, en effet, dans la table d'or, couronnée et supportée par des chérubins, qui couvrait l'arche d'alliance et servait de propitiatoire, les mêmes symboles que dans la vingt et unième clef du Tarot ? L'arche était un résumé hiéroglyphique de tout le dogme kabbalistique, elle contenait le jod ou le bâton fleuri d'Aaron, le thé ou la coupe, le gomor, contenant la manne, les deux tables de la loi, symbole analogue à celui du glaive de justice, et la manne contenue dans le gomor, quatre choses qui traduisent merveilleusement les lettres du tétragramme divin.

Gaffarel a prouvé savamment que les chérubins, ou chérub de l'arche, étaient en figures de veaux ; mais ce qu'il a ignoré, c'est qu'au lieu de deux, il y en avait quatre, deux à chaque extrémité, comme le dit expressément le texte, mal entendu à cet endroit par la plupart des commentateurs.

Ainsi, aux versets 18 et 19 de l'Exode, il faut traduire de cette manière le texte hébreu :

« Tu feras deux veaux ou sphinx d'or travaillés au marteau de chaque côté de l'oracle. Et tu les placeras l'un tourné d'un côté, l'autre de l'autre. »

Les chérub ou sphinx étaient en effet, accouplés par deux de chaque côté de l'arche, et leurs têtes se retournaient aux quatre coins du propitiatoire, qu'ils couvraient de leurs ailes arrondies en voûte, ombrageant ainsi la couronne de la table d'or, qu'ils soutenaient sur leurs épaules, et se regardant l'un l'autre par les coupes et regardant le propitiatoire.

 

l'arche d'alliance

L'arche avait ainsi trois parties ou trois étages, représentant Aziluth, Jezirah et Briah, les trois mondes de la kabbale : la base du coffre, à laquelle était adaptés les quatre anneaux des deux leviers analogues aux colonnes du temple Jakin et Bohas ; le corps du coffre, sur lequel ressortait en relief celui des sphinx, et le couvercle, ombragé par les ailes des sphinx. La base représentait le royaume du sel, pour parler le langage des adeptes d'Hermès ; le coffre le royaume du mercure ou de l'azoth, et le couvercle le royaume du soufre ou du feu. Les autres objets du culte n'étaient pas moins allégoriques, mais il faudrait un ouvrage spécial pour les décrire et les expliquer.

Saint Martin, dans son Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et la nature, a suivi, comme nous l'avons dit, la division du Tarot, et donne sur les vingt-deux clefs un commentaire mystique assez étendu ; mais il se garde bien de dire où il a pris le plan de son livre et de révéler les hiéroglyphes qu'il commente. Postel a eu la même discrétion, et, en nommant seulement le Tarot dans la figure de sa clef des arcanes, il le désigne dans le reste du livre sous le nom Genèse d'Hénoch. Le personnage d'Hénoch, auteur du premier livre sacré, est en effet identique avec celui de Thot chez les Égyptiens, de Cadmus chez les Phéniciens, et de Palamède chez les Grecs.

Médaille clé du tarot et alphabet

Anciens tarots

C'est aux époques des hérésies gnostiques et manichéennes que le tarot a dû se perdre pour l'Église, et c'est à la même époque que le sens de la divine Apocalypse a été également perdu. On n'a plus compris que les sept sceaux de ce livre kabbalistique sont sept pentacles dont nous donnons la figure, et qui s'expliquent par les analogies des nombres, des caractères et des figures du tarot.

 

 

26 septembre 2014

Templiers

http://hautsgrades.over-blog.com/30-archive-4-2005.html

Voies de l'église St Pierre, St Jean /Templiers

En fait, la Gnose chrétienne renvoie indubitablement à l’existence d’un ésotérisme chrétien présent dans l’Église primitive et pourtant nié de tous temps par l’Église de Pierre.

Il reste néanmoins, évoqué dans l’Évangile de Marc au travers des lignes suivantes :

« …a vous disciples choisis, il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu mais à la multitude, ces choses sont dites en paraboles afin qu’ils voient et n’entendent pas, qu’ils écoutent et ne comprennent pas… »

Il est aussi attesté par le fait que jusqu’au IVe siècle , le cheminement qui devait mener le catéchumène à l’entendement des doctrines et des rites chrétiens passait à un moment déterminé par « l’étape » de l’arcane.

Ce n’est qu’ultérieurement que deux voies se dessinèrent :

· La voie exotérique incarnée par l’Église de Pierre qui en tant qu’Église Universelle « catholicos » fut fondée sur la Croyance (PISTIS) dévotionnelle et formelle.

· La voie ésotérique représentée par l’Église de Jean, basée sur la Connaissance (GNOSIS) de l’initié et ne se dévoilant que progressivement à travers la pratique rituélique des saints mystères et dont l’Ordre Templier fut la remanifestation entre 1118 et 1314.

Sur un plan historico-symbolique, ces deux voies ne sont que les expressions des deux pontificats parallèles que l’on retrouve dans l’Ancienne Alliance assimilés aux sacerdoces d’AARON,et de MELCHISEDEQ : le Roi du Monde.

C’est dans cette optique qu’il faut percevoir la création du Temple, l’Ordre fut en fait la « cristallisation » de l’héritage secret de Jean, il fut destiné à incarner le lien entre l’Orient et l’Occident, tous deux détenteurs au delà des formes, des rites, et dévotions d’une portion de la Tradition Première.

L’Ordre Templier œuvrait pleinement à l’avènement du second pontificat. En fait il a bel et bien existé pendant plusieurs siècles en Orient comme en Occident (à Lyon) une Église officielle de Jean

Au XIIe siècle, cette Église prospère possédait ses propres rites, son texte canonique : l’APOCALYPSE (du grec APOCALYPSIS : Révélation), et son clergé dont fut membre le Patriarche THEOCLETES, celui-là même qui donna au Temple ses pouvoirs lors de sa création.

En dépit de sa filiation et de sa mission johannique, l’Ordre à son tour se scinda en un temple extérieur et un temple intérieur. Le temple extérieur suivait les enseignements de l’Église de Rome et s’adressait aux templiers non-initiés, le temple intérieur suivait ceux de Jean, privilégiant son évangile et célébrant son office selon vraisemblablement le rite Byzantin. L’Ordre du Temple appartenait donc bien à la « Maison de Jean », nom qu’il donnait d’ailleurs à sa Maison cheftaine de Jérusalem.

Gardien du saint Graal, Jean incarne toute la puissance de la Tradition Originelle et Éternelle qui s’exprime intensément dans la Révélation Christique car contrairement à la pensée émotionnelle de Pierre, celle de Jean privilégie l’Esprit Saint, le Verbe, le Logos, c’est à dire toute cette Énergie Secrète de l’Univers assimilée au Christ Solaire et victorieux, porteur de Lumière et de Vie.

L’Ordre du Temple fut ainsi dans une certaine mesure davantage l’Église du Saint Esprit que celle du Christ proprement dit, d’où l’explication du rite de reniement que l’on connaît.

A Jean de PATMOS, l’Ordre associait Jean le Baptiste, tous deux étaient fêtés à l’occasion des solstices quand les jours recommencent à croître comme à décroître, illustrant parfaitement cette parole de l’Évangile de Jean :

« … Il faut que celui là croisse et que moi je diminue… »

Le Temple avait ainsi symboliquement compris que les deux Jean à l’image du Janus latin ne sont rien d’autre que les pôles de l’initiation aux mystères, Jean le Baptiste se confond en ce « vieil homme » qui doit mourir par la descente aux enfers au profit du « nouvel homme » incarné par Jean l’Évangéliste.

La « nouvelle naissance » permettant dès lors d’ouvrir les portes du Ciel donnant accès aux réalités premières.

Voilà ici résumés tout le sens et contenu de la Quête du Graal auquel l’Ordre faisait référence quand il demandait aux frères « de mourir saintement afin de renaître dans la Gloire du Seigneur Dieu ».

Cette association des deux Jean pourrait aussi fournir l’explication du mystère de la tête coupée des templiers souvent décrite dans les aveux comme une tête biface avec une face vielle et barbue( Jean le Baptiste) et une jeune imberbe ( Jean de PATMOS).

Une telle représentation pourrait bien avoir exprimé cette image d’un « Baptême par le feu » représentation de l’Esprit Saint johannique, venant compléter le « Baptême par l’eau » autre symbole du Baptiste car : « seul l’Esprit Saint …infusé en l’être lui permet l’accession à la Gnose et à la Grâce… de la compréhension des Mystères divins… »

L’Ordre templier fut aussi dès sa création lié à la personnalité de Saint Bernard de Clairvaux dont la pensée en modela la destinée. Cette pensée prenait appui sur « Dame Charité » ainsi que sur l’Amour Divin que l’âme peut atteindre par l’extase.

Charité et Amour ne sont toutefois pas donnés spontanément à l’homme, ils ne peuvent s’acquérir que par un effort constant et intense qui aboutit à une connaissance absolue ainsi qu’à un don entier de soi.

Conformément à la doctrine de Jean, il est dit que Charité et Amour concernent tous les hommes une fois reconstitués les liens de l’Unité Première (l’Androgynie Originelle) par la réactivation d’un centre dépositaire de la Sagesse Primordiale.

De ce principe découleront le concept de Terre Sainte de la pensée bernardine et templière ainsi que l’entière fonction de l’Ordre. L’Ordre du Temple se conçoit en effet en terme de « Milice de Dieu » destinée à « servir de chevalerie au Souverain Roi » et à recréer en tant que telle les liens spirituels entre les hommes, c’est pourquoi il n’hésitera pas à contacter d’autres ordres initiatiques traditionnels(ASSACIS, COPTES, DRUZES etc.) sans pour autant hésiter, quand cela sera nécessaire, à faire preuve de rudesse comme « d’agir par le fer ».

L’autre grand apport de Saint Bernard au Temple fut celui de la vénération pour la Vierge Marie, remanifestation, christianisée de la Grande Protectrice génésique qui chez les peuples pré-chrétiens répondait aux noms d’ISIS, d’ISHTAR ou de VENUS.

Archétype de la femme sublimée, la Vierge est ainsi la Voie, l’intermédiaire qui permet au Verbe de s’incarner, elle dessine un chemin par où passe la force cosmique, elle symbolise l’Amour éternel et indifférencié, la Dame au sens chevaleresque du terme, qui fournit à tous cherchants : formes et âmes. Au sein de l’Ordre Templier et comme précédemment, la thématique de Marie connut deux niveaux d’interprétation :

· Un niveau exotérique à base strictement dévotionnelle où la Vierge est définie comme la mère du Sauveur, conformément à l’enseignement de l’Église de Pierre.

· Un niveau ésotérique où Marie image voilée d la « Sophia grecque » n’est autre que la SCHEKINAH kabbalistique, la présence immédiate et sensible de la Divinité au sein du monde comme de l’homme.

Marie est dès lors le lien qui relie le fini à l’infini, les mondes supérieur et inférieur, la médiatrice sublime qui fait communiquer Dieu et les hommes.

Ce concept est d’ailleurs exprimé dans les ultimes paroles prononcées par le Christ mourant comme relaté dans l’Évangile de Jean :

« … Jésus donc voyant sa mère et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils, ensuite il dit au disciple : voilà ta mère… et depuis lors le disciple la garda dans sa maison… » (JEAN XIX :26).

Une fois encore, Jean apparaît donc pleinement être ce gardien de la Tradition Apostolique du Christianisme Originel, Tradition que l’on assimile à Marie et à sa virginité, « …la virginité de Marie est comparable à celle des Écritures du Seigneur, ces écritures sont fécondes par la lumière qui en rayonne, et par la vérité qu’elles mettent au monde, mais elles demeurent vierges et enveloppent d’un voile saint et pur les mystères de la Vérité… »

Bien que la pensée de Jean privilégie l’Esprit Saint, Marie n’est pas étrangère à cette primauté, l’Ordre du Temple eut connaissance de celle-ci au travers d’une tradition de tos temps rejetée par l’Église de Rome et qui veut que la Vierge fut parmi les Apôtres lors de leur transfiguration par l’Esprit Saint le jour de la Pentecôte. Mieux encore, cette même tradition précise que c’est sur elle même que s’est initialement posé l’Esprit Saint pour se répandre ensuite en langues de feu sur tous ceux qui l’entouraient.

Marie est ainsi, un personnage fondamental dans l’Église de Jean, à la fois médiatrice et dispensatrice de l’Esprit Saint, il était légitime que l’Ordre lui porte une profonde dévotion et puisse percevoir à travers elle le commencement et l’achèvement de toutes religions.

 

Templiers++

Homme du 8° jour++

http://hautsgrades.over-blog.com/30-archive-4-2005.html

26 septembre 2014

Bénédiction, malédiction

 

Malédiction : léger

http://oheltorah.free.fr/paracha/5759/reeh.html

Il convient de prendre conscience du sens du mot kelala, malédiction. Le radical de ce mot est kal, qui signifie "léger". Et c'est là la confrontation au choix bénédiction/malédiction, car justement la malédiction, la kelala, se présente comme une vie légère dans le sens "non pesante". Elle fait miroiter une vie douce et agréable, de permissivité et de loisirs, une vie facile sans contraint et sans comptes. C'est là que la Torah nous "informe" que cette apparence n'est qu'une façade, derière laquelle se découvrira (mais alors "trop tard") incontournablement la malédiciton...

 

Perso: or « être lourd », peser de tout son poids=personnage important

 

Bénédiction : origine des choses

http://www.relation-aide.com/art_description.php?id=194&cat=25

Le mot hébreu pour bénédiction, berakha, peut avoir deux sens.

1° - Dans le premier sens, la bénédiction est une forme d’énergie. Dire à quelqu'un qu’on le bénit, cela le signifie qu’on lui donne une certaine énergie. Cette énergie se traduit par l’accroissement. La bénédiction dans la Bible, c’est la force spirituelle, l’énergie spirituelle par laquelle une chose ou une personne devient plus que ce qu’elle était initialement ou que ce qu’elle serait devenue naturellement.

2° - dans le deuxième sens, le verbe bénir baroh’ est à rapprocher de la racine bereh’a qui signifie source. La bénédiction, c’est donc aussi la possibilité pour quelqu'un de connaître la source, l’origine des choses.

 

Bénédiction : genou

http://www.massorti.com/La-benediction-des-pretres

la signification de Berakha se rattache, peut-être, non pas à l’acte de s’agenouiller, mais au symbole du genou lui-même. Le genou est une articulation, c’est à dire qu’il permet la communication entre deux membres, a priori indépendants, mais qui vont pouvoir fonctionner en harmonie grâce à lui. Nous pouvons donc en conclure que la bénédiction au sens juif du terme est avant tout une communication, quelque chose qui passe de l’un à l’autre. Dieu éloigné, transcendent, a gardé un lien avec le monde, une communication grâce à sa bénédiction, et cette présence divine, cette immanence, est la plus importante des bénédictions qu’il nous a donné. On comprend ainsi le commentaire de Rashi qui pour expliquer cette bénédiction du septième jour la relie à la manne du désert. C’est que la manne est le seul élément qui a été créé ex nihilo en dehors des six jours de la création. Il symbolise le miracle de la présence de Dieu dans ce monde malgré sa décision de s’en retirer. Complétons cette idée de la bénédiction en rapportant ce que le grand commentateur Ibn Ezra nous dit à propos de la bénédiction des Cohanim : "La signification du mot bénédiction est un supplément de bonté". Ainsi, cette communication de la bénédiction consiste à apporter quelque chose de positif à l’autre. Les prêtres, en bénissant la communauté, sont comme un appareillage vivant qui permet à Dieu, l’absent-présent, de nous transmettre ses bontés. La bénédiction de Dieu ne peut nous atteindre que si les Cohanim, les prêtres, font leur travail d’intermédiaires.

 

Rque Onction des mains du confirmant par l’évêque sur son trône épiscopal : dc entre les genoux de l’évêque et à genoux, oint les mains pour qu’elles puissent à leur tour transmettre la bénédiction.  

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