Templiers
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Voies de l'église St Pierre, St Jean /Templiers
En fait, la Gnose chrétienne renvoie indubitablement à lexistence dun ésotérisme chrétien présent dans lÉglise primitive et pourtant nié de tous temps par lÉglise de Pierre.
Il reste néanmoins, évoqué dans lÉvangile de Marc au travers des lignes suivantes :
« a vous disciples choisis, il est donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu mais à la multitude, ces choses sont dites en paraboles afin quils voient et nentendent pas, quils écoutent et ne comprennent pas »
Il est aussi attesté par le fait que jusquau IVe siècle , le cheminement qui devait mener le catéchumène à lentendement des doctrines et des rites chrétiens passait à un moment déterminé par « létape » de larcane.
Ce nest quultérieurement que deux voies se dessinèrent :
· La voie exotérique incarnée par lÉglise de Pierre qui en tant quÉglise Universelle « catholicos » fut fondée sur la Croyance (PISTIS) dévotionnelle et formelle.
· La voie ésotérique représentée par lÉglise de Jean, basée sur la Connaissance (GNOSIS) de linitié et ne se dévoilant que progressivement à travers la pratique rituélique des saints mystères et dont lOrdre Templier fut la remanifestation entre 1118 et 1314.
Sur un plan historico-symbolique, ces deux voies ne sont que les expressions des deux pontificats parallèles que lon retrouve dans lAncienne Alliance assimilés aux sacerdoces dAARON,et de MELCHISEDEQ : le Roi du Monde.
Cest dans cette optique quil faut percevoir la création du Temple, lOrdre fut en fait la « cristallisation » de lhéritage secret de Jean, il fut destiné à incarner le lien entre lOrient et lOccident, tous deux détenteurs au delà des formes, des rites, et dévotions dune portion de la Tradition Première.
LOrdre Templier uvrait pleinement à lavènement du second pontificat. En fait il a bel et bien existé pendant plusieurs siècles en Orient comme en Occident (à Lyon) une Église officielle de Jean
Au XIIe siècle, cette Église prospère possédait ses propres rites, son texte canonique : lAPOCALYPSE (du grec APOCALYPSIS : Révélation), et son clergé dont fut membre le Patriarche THEOCLETES, celui-là même qui donna au Temple ses pouvoirs lors de sa création.
En dépit de sa filiation et de sa mission johannique, lOrdre à son tour se scinda en un temple extérieur et un temple intérieur. Le temple extérieur suivait les enseignements de lÉglise de Rome et sadressait aux templiers non-initiés, le temple intérieur suivait ceux de Jean, privilégiant son évangile et célébrant son office selon vraisemblablement le rite Byzantin. LOrdre du Temple appartenait donc bien à la « Maison de Jean », nom quil donnait dailleurs à sa Maison cheftaine de Jérusalem.
Gardien du saint Graal, Jean incarne toute la puissance de la Tradition Originelle et Éternelle qui sexprime intensément dans la Révélation Christique car contrairement à la pensée émotionnelle de Pierre, celle de Jean privilégie lEsprit Saint, le Verbe, le Logos, cest à dire toute cette Énergie Secrète de lUnivers assimilée au Christ Solaire et victorieux, porteur de Lumière et de Vie.
LOrdre du Temple fut ainsi dans une certaine mesure davantage lÉglise du Saint Esprit que celle du Christ proprement dit, doù lexplication du rite de reniement que lon connaît.
A Jean de PATMOS, lOrdre associait Jean le Baptiste, tous deux étaient fêtés à loccasion des solstices quand les jours recommencent à croître comme à décroître, illustrant parfaitement cette parole de lÉvangile de Jean :
« Il faut que celui là croisse et que moi je diminue »
Le Temple avait ainsi symboliquement compris que les deux Jean à limage du Janus latin ne sont rien dautre que les pôles de linitiation aux mystères, Jean le Baptiste se confond en ce « vieil homme » qui doit mourir par la descente aux enfers au profit du « nouvel homme » incarné par Jean lÉvangéliste.
La « nouvelle naissance » permettant dès lors douvrir les portes du Ciel donnant accès aux réalités premières.
Voilà ici résumés tout le sens et contenu de la Quête du Graal auquel lOrdre faisait référence quand il demandait aux frères « de mourir saintement afin de renaître dans la Gloire du Seigneur Dieu ».
Cette association des deux Jean pourrait aussi fournir lexplication du mystère de la tête coupée des templiers souvent décrite dans les aveux comme une tête biface avec une face vielle et barbue( Jean le Baptiste) et une jeune imberbe ( Jean de PATMOS).
Une telle représentation pourrait bien avoir exprimé cette image dun « Baptême par le feu » représentation de lEsprit Saint johannique, venant compléter le « Baptême par leau » autre symbole du Baptiste car : « seul lEsprit Saint infusé en lêtre lui permet laccession à la Gnose et à la Grâce de la compréhension des Mystères divins »
LOrdre templier fut aussi dès sa création lié à la personnalité de Saint Bernard de Clairvaux dont la pensée en modela la destinée. Cette pensée prenait appui sur « Dame Charité » ainsi que sur lAmour Divin que lâme peut atteindre par lextase.
Charité et Amour ne sont toutefois pas donnés spontanément à lhomme, ils ne peuvent sacquérir que par un effort constant et intense qui aboutit à une connaissance absolue ainsi quà un don entier de soi.
Conformément à la doctrine de Jean, il est dit que Charité et Amour concernent tous les hommes une fois reconstitués les liens de lUnité Première (lAndrogynie Originelle) par la réactivation dun centre dépositaire de la Sagesse Primordiale.
De ce principe découleront le concept de Terre Sainte de la pensée bernardine et templière ainsi que lentière fonction de lOrdre. LOrdre du Temple se conçoit en effet en terme de « Milice de Dieu » destinée à « servir de chevalerie au Souverain Roi » et à recréer en tant que telle les liens spirituels entre les hommes, cest pourquoi il nhésitera pas à contacter dautres ordres initiatiques traditionnels(ASSACIS, COPTES, DRUZES etc.) sans pour autant hésiter, quand cela sera nécessaire, à faire preuve de rudesse comme « dagir par le fer ».
Lautre grand apport de Saint Bernard au Temple fut celui de la vénération pour la Vierge Marie, remanifestation, christianisée de la Grande Protectrice génésique qui chez les peuples pré-chrétiens répondait aux noms dISIS, dISHTAR ou de VENUS.
Archétype de la femme sublimée, la Vierge est ainsi la Voie, lintermédiaire qui permet au Verbe de sincarner, elle dessine un chemin par où passe la force cosmique, elle symbolise lAmour éternel et indifférencié, la Dame au sens chevaleresque du terme, qui fournit à tous cherchants : formes et âmes. Au sein de lOrdre Templier et comme précédemment, la thématique de Marie connut deux niveaux dinterprétation :
· Un niveau exotérique à base strictement dévotionnelle où la Vierge est définie comme la mère du Sauveur, conformément à lenseignement de lÉglise de Pierre.
· Un niveau ésotérique où Marie image voilée d la « Sophia grecque » nest autre que la SCHEKINAH kabbalistique, la présence immédiate et sensible de la Divinité au sein du monde comme de lhomme.
Marie est dès lors le lien qui relie le fini à linfini, les mondes supérieur et inférieur, la médiatrice sublime qui fait communiquer Dieu et les hommes.
Ce concept est dailleurs exprimé dans les ultimes paroles prononcées par le Christ mourant comme relaté dans lÉvangile de Jean :
« Jésus donc voyant sa mère et auprès delle le disciple quil aimait, dit à sa mère : Femme, voici ton fils, ensuite il dit au disciple : voilà ta mère et depuis lors le disciple la garda dans sa maison » (JEAN XIX :26).
Une fois encore, Jean apparaît donc pleinement être ce gardien de la Tradition Apostolique du Christianisme Originel, Tradition que lon assimile à Marie et à sa virginité, « la virginité de Marie est comparable à celle des Écritures du Seigneur, ces écritures sont fécondes par la lumière qui en rayonne, et par la vérité quelles mettent au monde, mais elles demeurent vierges et enveloppent dun voile saint et pur les mystères de la Vérité »
Bien que la pensée de Jean privilégie lEsprit Saint, Marie nest pas étrangère à cette primauté, lOrdre du Temple eut connaissance de celle-ci au travers dune tradition de tos temps rejetée par lÉglise de Rome et qui veut que la Vierge fut parmi les Apôtres lors de leur transfiguration par lEsprit Saint le jour de la Pentecôte. Mieux encore, cette même tradition précise que cest sur elle même que sest initialement posé lEsprit Saint pour se répandre ensuite en langues de feu sur tous ceux qui lentouraient.
Marie est ainsi, un personnage fondamental dans lÉglise de Jean, à la fois médiatrice et dispensatrice de lEsprit Saint, il était légitime que lOrdre lui porte une profonde dévotion et puisse percevoir à travers elle le commencement et lachèvement de toutes religions.
Templiers++
Homme du 8° jour++
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