Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Base de données blog Troubadour
Publicité
lettre-g
26 septembre 2014

Graal, tresser, fêtes

On est ici proche du symbolisme de la Croix et l'on retrouve dans ... premiers objets contenants étaient confectionnés en tresses (corbeilles). ...

cena12.com/Documents/Graal%20et%20Ecossisme.doc

La référence indo-européenne renvoie l'origine du Graal à la racine KERT- soit tordre, tresser, car l'on peut penser que les premiers objets contenants étaient confectionnés en tresses (corbeilles). Curieusement, cette idée de claie, qui figure aussi dans la légende de la cathédrale d’osier de l’abbaye de Glastonbury, refuge supposé du Graal, est aussi celle du lien, de l'attache (cratis), et l'on voit bien en quoi le graal est le lien qui unit les chevaliers d'Arthur dans leur Quête. Elle a, en même temps, donné Hort, hourt (palissade) et behort (tournoi), en espagnol bohordo (petite lance), images qui sont loin d'échapper à l'univers arthurien. C'est sans doute pour cela que les fêtes allemandes du Moyen-Age étaient appelées des Graals.

 

Graal et astrologie++

http://ridoux.fr/page44.html

Baudrier, Tresses, Galaad, Graal

De l'Epée de David, l'Epée aux étranges renges ne conserve que la lame toute nue : autrement dit, la force martienne dans son énergie la plus condensée, source de puissance irrésistible mais par là-même porteuse de force destructrice ; c'est cette épée qui, dans la Queste, a porté le coup félon transformant le royaume de Logres en Terre Gaste. Cette énergie martienne à l'état pur doit être tempérée, équilibrée par son complémentaire vénusien du signe de la Balance : c'est la fonction du baudrier - les renges - véritable canalisateur d'énergie au regard d'une corporéité subtile qui étudie dans le corps humain la circulation et l'équilibre entre les centres d'énergie.

le baudrier est constitué avec les cheveux tressés d'une vierge qui, de plus, doit être « fille de roi et de reine » : elle confère l'équilibre et la mesure de la Balance à la force impétueuse du Bélier, tout en orientant cette force dans le sens d'un combat pour la justice (sens de l'exaltation de Saturne en Balance). Les cheveux - que l'on pense à Samson - sont considérés dans plusieurs traditions comme des conducteurs d'énergie.

Placés sur la tête (dont le signe du Bélier est le significateur en astrologie), ils sont comme des antennes captant l'énergie cosmique, ouranienne, véhiculée ensuite à travers le corps par la double circulation respiratoire et sanguine. On peut mettre ainsi en parallèle le double sacrifice auquel consent la soeur de Perceval : don du sang au Château de la Lépreuse et don de sa chevelure à Galaad : sur un plan spirituel, ce sacrifice non sanglant est, nous semble-t-il, le plus élevé. Le don du sang est en quelque sorte en rapport avec les éléments Terre et Eau, tandis que le don de la chevelure, véhicule de l'énergie cosmique ouranienne, est à mettre en rapport avec l'Air et le Feu. Du sang au feu ouranien - qui est comme un sang spiritualisé - se déploie un mouvement analogue à celui qui conduit du sacrifice du Christ sur la Croix à la descente de l'Esprit-Saint à la Pentecôte.

Pour former le baudrier, les cheveux de la soeur de Perceval sont tressés : à l'inverse de l'éclatement, de l'éparpillement énergétique dont témoigne l'histoire d'Absalon (il reste pendu à un arbre par les cheveux) , nous sommes ici en présence d'une concentration maîtrisée des énergies qui peuvent dès lors s'orienter vers une mission de justice. C'est le roi Salomon qui, à partir de la lame de l'épée de David, va constituer, par l'adjonction du pommeau, de la poignée et du fourreau, l'Epée aux étranges renges. Par son nom, le roi Salomon, figure emblématique de la sagesse, se rattache au symbolisme du saumon, significateur de la Connaissance, lui-même relié au signe zodiacal des Poissons. En efet, comme chacun le sait, le saumon remonte en nageant le cours des rivières; or, le signe double des Poissons est figuré par un Poisson d'Or qui remonte vers les « eaux supérieures » et par un Poisson d'Argent qui descend vers les « eaux inférieures » ; on peut donc assimiler le saumon au Poisson d'Or et y voir un symbole de la remontée vers la Connaissance et la Tradition primordiale, en dépit de la chute cyclique figurée par la flux incessant de la rivière et du temps. La mission de justice de Galaad est ainsi liée à l'idée d'un accomplissement à la fin d'un cycle. Plénitude cyclique qu'indique par ailleurs le nombre sept, qui est précisément celui de la Balance.

 

Tresses d'Ariane http://racines.traditions.free.fr/lienoeud/index.htm

Dans l’Arbre de Mai : « Le symbolisme des rubans est la matérialisation des chemins invisibles, des fils qui unissent le ciel, le soleil, les planètes et les étoiles, à la terre et aux hommes. Avec une circulation à double sens : vers le haut elle permet de recréer (manifester) et se réapproprier l’Univers ; vers le bas, d’intégrer la Terre au cosmique (…) Tresser ces liens est un gage actif, participatif, plus solide encore pour re-lier les mondes célestes et chthoniens, et s’attacher “le ciel”, son ordre et ses puissances, pour qu’il féconde la nature et l’homme en un nouveau cycle.

kate.lelfe@caramail.com (artisan céramiques trad.).

 

http://racines.traditions.free.fr/these/index.htm

d’une couronne de feuillage spiralée de lierre, fleurie et enrubannée de 24 rubans arc en ciel qui, d’une part la retiennent depuis la Croix du Nord Z.gif et, d’autre part, pendent jusqu’au sol où 24 danseurs pourront les tresser lors de la spectaculaire et rituelle Danse des Rubans… (tresse autour du tronc)

        Ces rubans fleurs symbolisent les 12 constellations zodiacales qui se lèvent chaque mois dans la zone des levers héliaques (écliptique) et figurent donc le zodiaque méditerranéen– mais aussi les 12 constellations polaires que seuls les septentrionaux voient en permanence : ces 24 constellations-rubans rayonnent donc sur le “Cercle de l’Année” des Nordiques, leur Grosongrmuhle ou "Moulin de la Grande Chanson" qui n'est autre que notre médiéval Ouroboros.

 

        Ce sont ces 24 constellations qui, représentées par des graphismes “filaires”, furent nommés des “astérismes”, ceux-là même que le “divin” Odhin/ Wotan* trouva au pied de l’Irminsul*/ Yggdrasil lors des 9 “nuits” (mois) où, (sus) pendu à ses branches il observait, tel Kronos, le ciel étoilé se reflétant dans un petit lac tranquille, astérismes qu’il appela des Runes* c’est à dire “des secrets, des murmures” d’initié* (Mimir) :

la Danse des Rubans –ou Danse des Cordeliers en Provence (cf. Fiche technique de l’association Racines…)– aie pour objet de célébrer le tissage du Destin* cosmique de notre Terre, quels que soient les aléas qu’elle pourrait rencontrer tels que catastrophe, cataclysme, séisme ; ou la répétition de ce final raz de marée qui mit fin à l’Âge d’Or de cette civilisation nordique du Maglemose que nous supposerons ici – pour débuter – avoir été l’Atlantide* boréenne : une des Moires (Parques, Nornes) ne s’appelle-t-elle pas d’ailleurs Klothé, “la Tisserande” ?

La Danses des rubans c’est à dire le tissage du destin cosmique

Publicité
26 novembre 2013

Kerridwen, grande déesse mère, Taliésin, Gwion

Retrouvé* sur http://antique.mrugala.net/Celte/Kerridwen.htm

UNE TRÈS VIEILLE RACINE POUR UNE ANTIQUE DÉESSE

« Venue du fond des âges, la Terre-Mère n'avait pas de nom car tous les hommes la vénéraient comme la seule divinité, à l'origine de toute chose. Mais avec le réchauffement post-glaciaire, tout se complique et même la déesse primordiale tend à prendre des visages nouveaux. Peu à peu, ses aspects différents génèrent des noms distincts. » (Myriam Philibert, Les Mythes Préceltiques, éditions du Rocher).

Nombreux noms, car nombreux mythes. Correspondant aux nombreux peuples qui se succèdent et qui, à chaque fois, tentent de s'approprier le fond culturel et cultuel ambiant tout en l'enrichissant (ou le pervertissant) de leurs apports personnels.
Pourtant, dans cette liste que nous sommes loin de connaître dans son intégralité, la linguistique a permis de faire des recoupements. Des racines primordiales émergent, certaines propres aux langues indo-européennes, d'autres plus anciennes encore.
Pour Kerridwen, puisque tel est le nom qui nous intéresse, la racine KR est flagrante. Cette racine a un rapport avec la Pierre, la Terre, la Porte. Lorsqu'on ajoute un N final, pour obtenir KRN, on introduit une idée d'élévation. Or les travaux de Myriam Philibert tendent à prouver que ces deux racines, KR et KRN, seraient antérieures aux Indo-Européens et représenteraient le couple primordial, la Terre-Mère et son époux, principe mâle indispensable à la procréation, dont les plus anciennes représentations sont le dieu couronné de cornes de taureau ou de bois de cerf, en un mot le Dieu Cornu.
Ce Dieu Cornu, seigneur des bêtes et des troupeaux, est aussi le Ciel-Père, puisque le taureau comme le cerf se partagent la symbolique solaire de l'homme antique, même si le taureau est davantage lié à des notions d'immortalité par la fécondité, étant plus féminin et lunaire, tandis que le cerf, dont les bois meurent et renaissent, symbolise le renouvellement cyclique et s'approprie le double royaume, le monde lumineux des vivants et l'enfer ténébreux des défunts en attente de germination, tel le grain enfoui sous terre et rêvant au printemps. A noter cependant que les mythes les plus anciens faisaient du soleil une divinité féminine, ce qui a perduré chez les Germains ou encore chez les Celtes (voir notamment Yseult, la femme-soleil auprès de laquelle vient se régénérer, chaque mois, Tristan l'homme-lune).
Pour en revenir aux racines linguistiques, KRN a donné, notamment en grec ancien : bâton, couronne, corneille, foudroyé (frappé par la foudre)… et, au niveau des noms propres, les dieux Carnos (dieu des troupeaux), Cronos (également couronné de cornes et qui, armé de sa faucille courbe, émascule son père Ouranos, le Ciel), Karna (mythologie indienne, dieu-héros fils du soleil), Saint Cornely et ses boeufs (inventé pour expliquer le nom et l'existence des alignements de Carnac), et surtout Cernunnos (ou Kernunnos), dieu celte, roi de l'année et amant de la Déesse.
Or, dans la mythologie celte, la Déesse-Mère est surtout Dana (ou Danu, Dôn ou Anna), nom qui se rattache à la lettre N qui, isolée du groupe KR, évoque l'Eau primordiale, source de toute vie. Anna-Dana (voir aussi Danaé chez les Grecs et Nana au Moyen-Orient), dont vient le mot « année », est devenue grand-mère de Jésus dans la mythologie chrétienne. Tout semble concorder pour en faire le nom le plus ancien de la Déesse-Mère. Tout… sauf la linguistique, qui révèle que cette racine N est sans doute celle des noms les plus récents.
Avec la racine KR, on ne manque pas de trouver, toujours chez les Grecs anciens, des déesses primordiales très archaïques : Kèr, qui préside à la mort ; Koré reine des Enfers et fille doublet de Déméter la déesse des moissons. A noter que, parmi les langues indo-européennes, on distingue deux branches : l'orientale (sanskrit, iranien, arménien, grec et albanais) et l'occidentale (baltique, slave, germain, celtique et italique). Or les Latins, de langue italique, connaissent une déesse Cérès (prononcer Kéres) qui est l'équivalent de Déméter mais dont le nom recouvrait à l'origine une très vieille puissance de la végétation, ainsi qu'une Cardéa dont la légende rappelle Anis, la déesse celte aux lèvres bleues qui s'introduit dans les maisons pour sucer le sang des petits enfants, aspect sombre de la Déesse-Mère qui règne sur la Vie et la Mort et qui, comme la Nature qu'elle représente, peut se montrer extrêmement cruelle.
Quelques mots communs bâtis sur la racine KR en langue grecque : tête, corne, casque, coeur, corbeau, jeune fille, jeune homme, tondre, atteindre, joie, main, pierre, choeur. En italique : céréale, charnière…

Alors, quels noms fondés sur la racine KR la langue celtique propose-t-elle pour la Déesse-Mère ? Un seul. Il s'agit de Kerridwen, dont seul le mythe gallois concernant la naissance du barde sacré Taliésin a conservé la trace.

ÉTYMOLOGIES ET MYTHOLOGIES

Pour les déesses-mères dont le nom est bâti sur la racine KR, l'animal emblématique traditionnel est la truie blanche. A Rome, on sacrifiait du porc à Carnéa. En Grèce, la victime de prédilection de Déméter-Cérès est la truie. On trouve également chez Pausanias référence à une déesse-truie Cerdo, épouse de Phoronée, frère de Io et Argus Panoptès, héros inventeur du feu auquel les Argiens rendaient un culte.
Pour les Celtes, la truie blanche est l'animal symbolisant la déesse de la Mort, c'est-à-dire l'un des aspects de leur Triple Déesse, laquelle est la façon dont leur mythologie a intégré les différents visages de la Déesse des Origines (jeune vierge-mère, guerrière farouche et initiatrice, femme âgée sage et mystérieuse). Et, justement, quel animal rattache-t-on à Kerridwen ?
La truie blanche.

Citons ici Robert Graves, Les Mythes Celtes : la Déesse Blanche, éditions du Rocher :
« Or, dans le Roman de Taliésin, Caridwen, ou Cerridwen [Kerridwen], l'ennemie de Gwion, était aussi une déesse blanche de la truie selon le Dr Mac Culloch qui, dans sa Religion des Anciens Celtes, bien documentée, invoquele témoignage de Geoffroy de Monmouth et du celtologue français Thomas et rappelle qu'elle était également décrite par les bardes gallois comme une déesse du grain. Il l'assimile à la Déméter à la truie […]. Son nom est composé des mots cerdd et wen. Wen signifie « blanche » et cerdd, en irlandais et en gallois, signifie « profit » aussi bien que « les arts inspirés » et spécialement « la poésie », comme les mots grecs cerdos et cerdeia, dont dérive le latin cerdo, « artisan ». En grec, on appelait cedro la belette, déguisement favori des sorcières de Thessalie, et on le traduisait habituellement par « l'artificieuse » ; d'autre part « cerdo », un vieux mot d'origine incertaine, signifie « porc » en espagnol. […] La fameuse sardane, danse des moissons des Pyrénées espagnoles, fut peut-être exécutée d'abord en l'honneur de cette déesse [Cerdo] qui avait donné son nom à la meilleure terre à blé de la région, la vallée de Cerdana dominée par la ville de Puigcerda ou colline de Cerdo. […] Cerridwen est nettement la truie blanche, la déesse de l'orge, la Dame Blanche de la mort et de l'inspiration ; elle est, en fait, Albina, ou Alphito, cette déesse de l'orge qui donna son nom à la Grande-Bretagne [Albion]. »
A noter que les habitants de la vallée de Cerdana (Cerdagne en français) sont appelés les Cerdans et les Cerdanes et que, à ce prénom, l'Encyclopédie des Prénoms d'Elaine Chastenier, éditions de Vecchi, a écrit : « Cerdane, Serdane, Cerdana, Serdana : ce prénom d'origine occitane tire son origine de la Cerdagne. Il fut très à la mode au Moyen Age dans le Midi. Il fait peut-être allusion à une personne originaire de Sardaigne ou au sarde, groupe de parlers romans italianisés. Il peut se fêter le 1er novembre »
Rattacher la vallée de Cerdagne à l'île de Sardaigne paraît logique en terme d'étymologie. Mais, à mon sens, c'est uniquement parce que la Sardaigne tire elle aussi son nom d'une déesse-mère à racine KR, que l'on vénérait aux temps anciens en lui élevant des nuraghes (constructions cyclopéennes en pierres sèches pratiquement sans ouverture et qui peuvent rappeler les tumulus-utérus d'Europe occidentale).
Un autre lieu qui tire son nom d'une déesse à racine KR est le Kerry, la région la plus fertile d'Irlande, et la déesse patronymique est bien, en l'occurrence, Kerridwen. Le prénom Kerry est très en vogue dans les pays anglo-saxons et si les dictionnaires de prénoms anglophones lui donnent comme signification « originaire du Kerry, comté le plus fertile d'rlande », ils oublient de préciser que l'étymologie doit remonter jusqu'à la déesse…

La langue brittonique peut permettre une autre traduction de Kerridwen. En décomposant le nom : Ker-Rig-Wen.

Ker, c'est la ville en breton moderne, mais seules les villes qui furent autrefois des forteresses militaires voient leur nom composé avec Ker, les autres villes étant nommées à partir du mot Plou ou Pleu, qui évoque la paroisse.
Pour en revenir à Kerridwen, je propose donc de traduire Ker par Forteresse. Ensuite vient Rig, le Roi ou la Reine. Kerrigwen fut peut-être l'orthographe originelle du nom de la déesse. Rig, Rix, Rex, Roy, Roi… A toutes ces variations sur la racine indo-européenne, on peut peut-être ajouter Rid. Pour finir, Wen est la couleur blanche, pour cela la plupart des traductions concordent. On obtient donc « la Reine Blanche de la Forteresse », qui recouvre la notion, avec la couleur blanche, de Forteresse de l'Autre Monde.
Cette traduction de mon cru est parfaitement compatible avec la mythologie connue concernant la Déesse-Mère Kerridwen.
Reste à signaler, pour Kerridwen, une étymologie tardive et, selon moi, très imprégnée de cette tendance du christianisme à diaboliser les anciennes divinités : le professeur Pierre-Yves Lambert, dans les notes sur sa traduction du Mabinogion gallois, cite un certain Ifor Williams. Pour ce dernier, la forme ancienne de Kerridwenserait Cyrridfen, de ben « femme » et d'un dérivé de cwrr « tordu, bossu »Kerridwen serait donc la femme bossue, la fée Carabosse penchée sur son chaudron maléfique. Carabosse, dernier avatar d'une Déesse-Mère que les peuples modernes ne comprenaient plus et dont ils n'avaient conservé que l'aspect le plus obscur, oubliant qu'elle est aussi la Vie et la Renaissance, la détentrice des mystères de l'autre monde, du chaudron de connaissance et d'inspiration poétique, celle qui dispense aux hommes l'abondance, qui préside à la poésie, la science, l'art, la forge, la médecine et la divination…

KERRIDWEN ET TALIESIN : VERSIONS OFFICIELLES

Selon le manuscrit Hanes Taliesin, la sorcière Kerridwen, l'un des aspects de la Déesse-Mère, habitait une île sise au coeur du lac Bala ou Tegid avec son époux Tegid Voël (réputé chauve), dans lequel transparaît le vieux dieu pré-celtique Kernunnos.
La légende leur prête trois enfants (mais il existe plusieurs versions qui font des deux garçons un seul et unique personnage). D'abord, une fille de toute beauté : Creirwy ou Creirfyw, « le joyau ». Puis un fils très laid : Morvran « le corbeau de mer », personnage qui appartient aussi à la saga primitive d'Arthur dont il est l'un des chevaliers (cycle Kulhwch et Olwen). Les Triades Galloises disent que Morvran est d'ailleurs l'un des trois uniques survivants de la bataille de Camlan.
Troisième enfant : un autre garçon, plus horrible encore que Morvran. Il est nommé Affang Du « le castor noir » ou le « monstre noir ». On retrouve dans son nom l'Addanc, monstre du lac ou de la grotte, qui figure dans des textes parallèles, comme l'histoire de Peredur (le Perceval gallois). Certains textes disent d'Affang Du qu'il est aussi bête et méchant que laid, ce qui justifierait sa réputation de monstre.
Notons ici qu'il existe une version rattachant la légende de Kerridwen à un mythe archaïque : la déesse-mère Kerridwen a deux enfants qui sont jumeaux : une fille magnifique et un garçon monstrueux de laideur. Il s'agit de la Lune et du Soleil, mais la version ne précise pas qui est mâle et qui est femelle et les deux hypothèses possibles sont aussi valables l'une que l'autre.
La légende officielle veut que Kerridwen, souhaitant réparer ce qu'elle estime une injustice, décide de préparer pour Affang Du une potion magique qui devra lui donner la connaissance et l'inspiration, c'est-à-dire la beauté de l'esprit à défaut de celle du corps.
Elle rassemble les herbes appropriées, les jette dans son chaudron saison après saison. Ce chaudron devait bouillir sans interruption durant un an et un jour (soit un cycle complet). Durant ses phases de cueillette, Kerridwen confie la surveillance du chaudron à deux personnages mystérieux : l'aveugle Morda et l'enfant Gwyon Bach.
Ici encore, les versions divergent. Tantôt, Morda tient la cuiller pour remuer la mixture tandis que Gwyon entretien le feu, tantôt c'est l'inverse. Tantôt, Gwyon n'est pas un enfant mais un nain. Tantôt, Morda n'existe pas et Gwyon est seul devant le chaudron…
Or, quelques jours avant la fin du délai de un an et un jour, trois gouttes jaillissent sur le doigt de Gwyon. Pour apaiser la cuisante douleur, il porte ce doigt à sa bouche et, soudain, est investi de toute la magie du chaudron : connaissance et inspiration. (Il existe une version disant que Gwyon plonge délibérément le doigt dans le liquide, une autre affirmant qu' Affang Du était en place, prêt à recevoir les gouttes, et que Gwyon l'aurait poussé pour prendre sa place et lui dérober les pouvoirs du chaudron).
Un détail : hormis les trois gouttes, le chaudron ne contient que du poison.
Et dès que ces trois gouttes sont bues, l'action du poison fait exploser le chaudron. Le nombre de morceaux va de « deux » à « une infinité ».
A présent, Gwyon est clairvoyant. Il découvre que Kerridwen, furieuse de la perte de son travail et du tort fait à Affang Du, va le poursuivre de sa rancune. (Une autre version dit que Kerridwen avait décidé de tuer Gwyon sitôt son oeuvre achevée et que telle est la raison de la fuite de l'enfant). Donc, Gwyon décampe au plus vite. Kerridwen, qui rentre de cueillette, constate les dégâts. Furieuse, elle bât Morda comme plâtre (dans les versions où elle l'a sous la main) jusqu'à ce que les yeux de l'aveugle lui tombent sur les joues. Morda déclare alors « Tu m'as défiguré sans raison car je suis innocent » et Kerridwen lui répond « Tu dis vrai ; c'est Gwyon Bach le coupable ». Sur ce, elle se lance à sa poursuite.

La légende décrit alors une succession de quatre couples de métamorphoses, chaque couple évoquant une saison. Il devint lièvre, elle se changea en lévrier. Il se fit poisson, elle prit la forme d'une loutre. Il devint oiseau, elle fut un faucon (ou un épervier). Il se changea en grain de blé caché dans un tas de grains de blé ordinaires. Alors, elle prit l'apparence d'une poule noire à queue courte et picora tout le grain, avalant Gwyon du même coup. Ce grain-Gwyon la féconda. Neuf mois plus tard,Kerridwen mit au monde un enfant. Parce qu'il était sans père, elle aurait dû le tuer, mais il était si beau qu'elle ne put s'y résoudre et se contenta de l'abandonner aux eaux de l'océan, couché dans un coracle (ou cousu dans un sac de peau).

Les courants déposèrent le tout dans les filets du roi Elphin, qui pêcha l'enfant, s'émerveilla de sa beauté, le baptisa Taliésin (Front Brillant) et l'éleva à sa cour. Taliésin devint l'un des bardes sacrés du Pays de Galles. Sa science était telle qu'il sauva Elphin de bien des embarras, et ce dès son plus jeune âge. Il écrivit des poèmes énigmatiques dont le célèbre Cad Goddeu (Le Combat des Arbres). Il célébra aussi le roi Uryen, époux de Morgane et père d'Owein le chevalier au Lion. Mais ceci est une autre histoire et relève de la Geste Arthurienne.

RÉHABILITATION DE KERRIDWEN : LE RETOUR AUX SOURCES

Qui est Gwyon ? Un enfant ou un nain, créature des mondes souterrains ?

Déroba-t-il sciemment les trois gouttes magiques destinées à Affang Du, ou le hasard est-il seul responsable ?

On peut rapprocher le gallois Gwyon Bach / Taliesin du héros irlandais Demné/ Finn, qui acquit ses pouvoirs après avoir léché son pouce, brûlé par le jus du saumon de la connaissance. Sans doute sont-ils deux exemples d'évolution, terre brittonique / terre gaëlique, du même mythe originel. Or tout le cycle Ossianique, célébrant les exploits de Finn, est placé sous le signe du cerf, symbole du dieu Kernunnos. Finn est l'un des avatars du dieu.
Lien de transitivité, Gwyon est Kernunnos, le premier époux de la Déesse-Mère ainsi que l'atteste son nom, fondé sur l'archaïque racine KRN.
Qu'en est-il, à présent, de la fureur de Kerridwen envers Gwyon ? Elle m'apparaît suspecte car elle se manifeste non par une oeuvre de destruction mais par le don d'une vie nouvelle, l'état supérieur du barde sacré Taliesin, qui n'aura de cesse de chanter la Déesse-Mère, suivant bien en cela la Voie du Dieu Cornu.
D'ailleurs, comment imaginer que la Déesse-Mère, omnipotente et omnisciente, ait pu se laisser abuser par les manoeuvres de Gwyon, ou qu'elle n'ait pas prévu, si l'on retient la version du hasard, ce qu'il adviendrait des trois gouttes fusant de son chaudron où mijotaient science et inspiration? N'a-t-elle pas, de plus, confié le chaudron à la surveillance de Morda, aveugle et donc clairvoyant ? Je suis persuadée que Gwyon était bien l'élu,l'amant de toute éternité, le dieu qui jamais n'a trahi et s'est toujours soumis au jeu de la déesse en sachant que mourir en son sein équivaut à renaître.
Référons-nous à présent à Jean Markale. Son analyse du mythe de Kerridwen dans La Femme Celte, Petite Bibliothèque Payot, est intéressante.
« Lorsque Gwyon Bach […] boit par mégarde les trois gouttes interdites, il a la vision parfaite de la divinité représentée par Keridwen. Mais ce faisant il a transgressé un tabou fondamental. Il est donc puni par Keridwen qui le poursuit et finit par l'avaler. Cette punition n'est que la traduction culpabilisée du contrecoup de la connaissance : Gwyon Bach ne peut supporter la vision du monde imparfait et se trouve exilé, en quelque sorte, dans le monde de la relativité, d'où ses transformations successives en animaux, puis en grain de blé. Il doit être éliminé. Mais comme il a la connaissance parfaite, il ne peut plus mourir vraiment : il participe maintenant à la divinité de Keridwen. C'est pourquoi Keridwen l'avale sous la forme d'un grain de blé. Elle ne pouvait pas faire autre chose que de l'absorber, un peu comme le prêtre catholique qui est tenu de nettoyer le calice en absorbant les moindres parcelles d'hostie qui pourraient demeurer sur la patène ou dans le ciboire. Car la divinité, si elle est écartelée, perd sa puissance. […] Quand Gwyon Bach s'empare, sans le vouloir, des secrets de Keridwen, il y a effectivement une catastrophe comparable à celle de la naissance, qui est un déchirement. A partir de ce moment, il y a nécessité de reconstituer l'unité perdue, il y a nécessité du retour en arrière, vers la mère, et de cette façon il y aura nouvelle naissance. Dans le cas de Gwyon Bach, qui n'appartient pas vraiment à la caste des mortels, il ne meurt pas, il féconde sa propre mère (c'est-à-dire qu'il est lui-même Dieu, père et fils), et il renaît une seconde fois sous l'aspect de Taliésin, le barde qui connaît les secrets du monde et de la divinité. On notera encore […] l'attitude de Keridwen qui abandonne l'enfant. Mais le fait qu'elle l'abandonne dans un sac de peau, et sur les flots, en dit long sur le sens du mythe. Cela rejoint d'une part tous les cas de fécondation buccale que l'on relève dans la tradition celtique, et aussi tous les mythes celtiques ou autres, de l'enfant abandonné sur les eaux, symbole de la naissance dans l'utérus entouré d'eau, comme c'est le cas pour Moïse, Rémus et Romulus et bien d'autres. […] Ce conte nous fait remonter au fond des âges, à la croyance que l'homme n'a rien à voir dans le phénomène de la parturition qui est la fonction spécifique de la Femme. » Et, plus loin, dans le même ouvrage : « Il est évident que le Chaudron de Keridwen est une des figurations du Graal primitif, dispensateur de richesses intellectuelles. Il est non moins évident que ce Chaudron a des rapports avec le Philtre que boivent Tristan et Yseult. Le liquide qu'ils contiennent tous deux est interdit à ceux à qui il n'est pas destiné. Or Gwyon Bach, comme Tristan, le boit par mégarde : ce qui veut dire que l'un et l'autre ont transgressé un interdit. En buvant le philtre, Tristan se lie définitivement et obligatoirement à Yseult. Yseult métamorphose complètement l'ancien Tristan et en fait un homme nouveau, qui est à la fois son fils et son amant. En buvant les trois gouttes du chaudron préparé oar Keridwen, Gwyon Bach se lie définitivement et obligatoirement à Keridwen. Il essaie de s'échapper : il ne réussit pas, car les trois gouttes ont la valeur du geis. Et Keridwen l'avale. L'image est claire : il s'agit tout simplement de l'acte sexuel, de l'engloutissement de l'Amant par la Maîtresse, réalisation fantasmatique qui découle de l'absorption du pénis par le vagin. Gwyon Bach revient dans le sein de sa mère pour une nouvelle maturation, et quand il renaît, ce n'est plus sous la forme ancienne de Gwyon Bach, c'est sous la forme nouvelle de Taliesin. Keridwen a donné une nouvelle vie à celui qu'elle a englouti, celui qui est à la fois son fils et son amant. C'est l'illustration la plus éclatante de la métamorphose que la Femme fait subir à l'homme qu'elle a choisi et qu'elle aime. L'acte d'amour débouche sur une nouvelle naissance. »
Puis suivent des considérations sur l'acte d'amour lié à la mort, et le fait que nous naissons du fumier, et qu'au fond du chaudron, ou dans le philtre, se trouve des choses diablement intéressantes, et que y goûter, en ayant transgressé un interdit posé par l'ordre établi d'une société patriarcale et « civilisée » équivaut à remettre en cause cet ordre établi, à ouvrir une brèche pour un retour de l'âge des sorcières, quand la Femme dominait le monde, encore sauvage et « naturel ».
Kerridwen est présentée comme terrible car c'est ainsi qu'est perçue la Maîtresse dominatrice par l'homme, lequel porte en lui mille terreurs inconscientes, comme celle du vagin denté, ou la crainte d'être absorbé tout entier par sa compagne lors de l'acte sexuel. La Femme est la Déesse et la Terre, puisque c'est dans ses profondeurs que la vie humaine germe, comme le grain sous la terre. Elle paraît ainsi détenir un pouvoir qui effraie et fascine à la fois. Certaines sociétés ont vénéré et chanté ce pouvoir, d'autres l'ont diabolisé. Le monde judéo-chrétien a décrété une la femme devait être brisée, soumise, et que celles qui relèveraient la tête et assumeraient leur nature devraient être brûlées comme sorcières.

Pourtant, il est encore des hommes et des femmes pour se souvenir, ou pour retrouver le sens premier du mythe. Il existe une Bande Dessinée, Slaine Mac Roth, dont le scénariste Pat Mills, très bien documenté, a su faire une véritable réhabilitation de la Déesse Blanche et du Dieu Cornu. Il existe aussi une très belle chanson du groupe nantais Tri Yann, dans leur album Belle et Rebelle ». Cette chanson, Korydwen et le Rouge de Kenholl, est riche de références mythologiques et symboliques. Des notes explicatives accompagnent le texte de la chanson. Ces notes expliquent entre autres choses que Korydwen vient « de Keridwen, nom gallois de Dana, déesse aérienne dont la tribu, le « Peuple-fée », envahit l'ancienne Irlande ; divinité assimilable à l'Athéna grecque, Dana et son peuple apportaient la sorcellerie, la poésie et l'artisanat ; également nommée Brigantia, elle fut détournée par le christianisme en Sainte Brigitte, patronne des médecins, écrivains et forgerons. »
Mais si Dana a son peuple, les Tuatha de Danaan, Kerridwen a aussi le sien : les Korrigans de petite Bretagne, c'est à dire « les gens de Kerridwen ».

EN CONCLUSION

Prénom encore porté, sous sa forme Kerridwen, au Pays de Galles, je pense qu'on peut lui attribuer comme signification « Déesse Blanche », tout simplement, avec tout ce que cela recouvre de mythes et de symboles. Et je le fête le 31 octobre au soir, quand commence Samain, fête de la déesse, que nous fêtons aujourd'hui sous le terme Halloween.

Participation et remerciements à Nathalie DAU


Bibliographie :

Marcel BRASSEUR - Les Celtes : les Dieux Oubliés - Terre de Brume Editions
Yann BREKILIEN - La Mythologie Celtique - Brocéliande / Editions du Rocher
Elaine CHASSENIER – Encyclopédie des Prénoms – Editions de Vecchi
Georges DUMEZIL - Mythe et Epopée Tomes I, II, III - NRF Editions Gallimard
Robert GRAVES - Les Mythes Celtes : La Déesse Blanche - Editions du Rocher
Christian-J. GUYONVARC'H et Françoise LEROUX - La Civilisation Celtique - Petite Bibliothèque Payot
Christian-J. GUYONVARC'H et Françoise LEROUX - Les Druides - Editions Ouest-France / Université
Pierre-Yves LAMBERT - Les Quatre Branches du Mabinogi et autres contes gallois du Moyen Âge - L'aube des peuples - Gallimard
Jean MARKALE - La Femme Celte - Petite Bibliothèque Payot
Jean MARKALE - Les Celtes et la Civilisation Celtique - Bibliothèque Historique Payot
Jean MARKALE - Les Mystères de l'Après-Vie - Pygmalion
L.H.R.R. MERLHYN - Les Druides et la Quête du Graal - Brocéliande / Editions du Rocher
Jean-Paul PERSIGOUT - Dictionnaire de mythologie Celte - Editions du rocher / Gnose
Myriam PHILIBERT - Les Mythes préceltiques - Editions du Rocher
Marie-Louise SJOESTEDT - Dieux et Héros des Celtes - Terre de Brume Editions
Robert-Jacques THIBAUD - Dictionnaire de Mythologie et de Symbolique Celte - Dervy


*URL d'origine : http://www.lodace.com/histoire/outils/kerriden.htm (site fermé)

12 novembre 2013

Graal, Grolle et Quaich

1 Coupe d'amitié, grolla, 

http://www.lovevda.it/turismo/scopri/la_tradizione/artigianato/materiali/legno/oggetti_torniti_f.asp

L a « grolla » : objet roi de l'artisanat du Val d'Aoste : il s'agit d'une coupe de vin dont l'étymon est le Graal paléochrétien. Elle naît entre les découpes et les immersions dans le vin bouillant et son élégance originale se retrouve dans sa convivialité.

La coupe de l'amitié : version modifiée de la « grolla », petite et pansue, dotée de plusieurs becs, elle est utilisée pour siroter entre amis le café à la valdôtaine, en faisant dans l'air des dessins qui parlent d'amitié.

Son origine est à la fois religieuse et conviviale : du calice paléochrétien, le Graal légendaire, à la coupe du paysan. De ses lointaines origines, elle a su conserver son élégance, sa forme et la richesse de ses décorations. Le terme « grolla » provient de « graal » qui, en langue d'Oïl, signifie « coupe » et dont les origines remontent au terme latin « gradalis » ou « cratalis » et au terme grec « krater ». La grolla était réservée aux boissons conviviales lors d'occasions spéciales alors que pour tous les jours, il était courant d'utiliser des bols en bois. Certains avaient la forme typique d'une écuelle, d'autres étaient dotés de deux anses et d'autres étaient plus élaborés avec une ébauche de bec et leur bord divisé en plusieurs parties par des morceaux de bois qui en recouvraient partiellement la partie supérieure en créant des motifs géométriques.

 

http://bogliedom.proboards.com/thread/2241/18-quaich-ceremony

Usage du Quaich dans une cérémonie de mariage, chants et poèmes gaéliques.

(Pour traduire, par exemple, sélectionner bogliedom.proboards.com/thread/2241/18-quaich-ceremony dans la case de recherche de Google, cliquer sur traduire…)

 

3 Coupe de vie, quaich écossais

http://books.google.fr/books?id=u-w3eJXC9FUC&pg=PA83&lpg=PA83&dq=quaich+coupe+du+savoir&source

=bl&ots=qNXagbLfnd&sig=G0QpBzpB8OeVhaPNgGXgDZ6YQRU&hl=fr&sa=

X&ei=pI9oUrQax7vRBdiIgNAH&ved=0CD8Q6AEwAw#v=onepage&q=

quaich%20coupe%20du%20savoir&f=false

Mariages: cérémonies sur mesure par Jeltje Gordon-Lennox

Usage traditionnel lors d'un mariage: le contenu de deux verres qui représente la réunion des deux lignées est versé dans le quaich (coupe de vie) par le couple qui le boit. La coupe de vie symbolise un amour profond et sacré.

 

4 Le quaich était un hanap ou une corne de bovin à l'origine

Guide de l'amateur de whisky par Collectif,Dominique Auzias,Jean-Paul Labourdette

http://books.google.fr/books?

id=6xHtQqjZEJIC&pg=PA44&lpg=PA44&dq=quaich+coupe+du+savoir&source=bl&ots=-

te195GDXH&sig=smgwSPa_Uem6ybHp316wEfEv2W0&hl=fr&sa=X&ei=

EpBoUtnnF8SS1AX90IHYDg&ved=0CF8Q6AEwCQ#v=onepage&q=quaich%20coupe%20du%20savoir&f=false

Le Quaich est un mot qui vient du gaélique coach et du latin caucus désignant une coupe à libation rituelle. Ce récipient était utilisé pour le porridge (donc l'avoine en tant que céréale) et la bière (boisson fermentée).

Les anses ou oreilles du quais sont appelées "lugs", et parfois en forme de coquille (type Saint-Jacques dont les rayons symbolisent les rayons solaires). Rappelons qu'un des dieux solaires celte se nommait Lug.

 

http://chrsouchon.free.fr/oermain.htm

Coupe débordante: "Quaich": un récipient originaire des Hautes Terres occidentales utilisé pour le porridge et la bière. Le mot provient du gaélique 'cuach', lequel à son tour est le mot latin "caucus" (coupe à libation). Ces coupes ont connu leur heure de gloire du temps des covenants. Le "quaich" sert aujourd'hui à porter des toasts de bienvenue.

 

6 Cuach en gaélique siginifie aussi coucou:

http://www.dicovia.com/cuach-en-gaelique-(irlande).htm

http://en.wiktionary.org/wiki/cuach

Pour le lien avec le coucou, voir bâton-coucou sur http://chantsdamour.canalblog.com/archives/2010/09/27/19170652.html

 

http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.67:241./var/artfla/encyclopedie/textdata/image/

Les libations dans les campagnes pouvaient être des offrandes des premiers fruits de la terre (fruits, boisson…). Les fruits étaient présentés dans des petits plats, les "patelloe" dont la forme évoque une coquille-patelle. (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Patelle#.C3.89tymologie_et_histoire)

 

8 Coupe du savoir (science sacrée, breuvage d'immortalité)

Christian Mandon Les origines de l'Arbre de Mai

http://racines.traditions.free.fr/symbwota.pdf

Wodhanaz dont le nom Wotan dérive exprime la maîtrise ("an") de l'extase ou inspiration divine (Wodh). Cet état est dû à une boisson à base de miel et probablement d'un champignon hallucinogène, le "Mead" anglais, le "Met"nordique ou "Hydromel poétique".

Selon la légende, Wodhanaz dérobe l'Hydromel après avoir charmé la gardienne dans la montagne. Sous la forme d'un faucon il ramène dans son bec l'Hydromel dont quelques gouttes tombent sur terre (d'où les champignons hallucinogènes). De retour chez lui, il le dispose dans trois cornes à boire ou hanaps. 

Ces trois hanaps entrelacés ou corne triple étaient le symbole primitif de Wotan, Wodhanaz. Sous la forme du triskèle, il évoque le Valknot de Wotan, lien des hommes entre eux et avec le dieu. Ce récipient pour l'Hydromel d'inspiration divine peut être mis en rapport avec le Graal.

Parallèles entre le Roi Pêcheur du Graal et Wotan:

Jung supposait que les deux représentent le même archétype divin : Ils sont tous deux blessés par des lances; ils sont associés à un printemps sacré, à la présence d'une tête coupée, aux vases sacrés contenant une boisson ayant des pouvoirs miraculeux.

 

Mythe du Roi Pêcheur: Thor et la pêche de la Niddhog, serpent de mer

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jörmungand

fr
8 août 2013

Graal-Wolfram Von Eschenbach-Iran

Graal_Wolfram_Iran

Graal_origine_Iran

Articles 1931, Von Suhtschek, Université de Graz, Autriche

8 août 2013

Graal, Perle, tableau Perceval et autre

GRAAL, PERLE...

 

http://www.graal-initiation.org/Le-Cortege-de-Wolfram.html

Jean FOURQUET, dans son étude intitulée Wolfram d’Eschenbach et le conte du Graal a passablement mis à mal les hypothèses donnant au Parzival une origine exotique. Cependant, il y a de nombreuses failles dans la thèse de Fourquet. Le Parzival et le conte du Graal divergent notamment sur un passage essentiel du roman : le cortège du Graal lui-même. [1]

Chez Wolfram, le service du Graal - devenu exclusivement féminin - ne traverse plus la salle pour aller d’une porte à l’autre, mais les demoiselles apportent devant le roi pêcheur, selon un cérémonial compliqué et en guise de prélude à un repas prodigieux, quatre sortes d’objets.

Wolfram à donc démultiplié le nombre de porteuses ; il décrit avec un grand luxe de détails leur beauté, leur parure, leurs vêtements. :

- Viennent d’abord quatre nobles pucelles vêtues de "sombre écarlate". Les deux premières tiennent des candélabres d’or, les deux suivantes portent chacune deux fins bâtons d’ivoire.

- Suivent huit nouvelles dames vêtues de vert, quatre portant des cierges tandis que les quatre suivantes portent une table taillée dans une hyacinthe. Elles posent la table sur les pieds d’ivoire et rejoignent le groupe précédent.

- Le troisième office du Graal est accompli par deux princesses portant des couteaux merveilleux, précédées de quatre dames portant des flambeaux. Wolfram insiste alors sur le nombre de pucelles en précisant : "Si j’ai bien fait le compte, ce sont dix-huit dames qui se tiennent là, debout en groupe".

 

Six dames s’avancent ensuite avec des "vases de terre, longs, transparents et beaux, où une huile embaumée brûlait en donnant une haute flamme". Derrière elles vient la reine repanse de joie ( en bon français : pensée de joie d’après Frappier ).

Repanse de joie pose le Graal sur la table taillée dans l’hyacinthe. La troupe des porteuses s’entr’ouvre et la reine prend place au milieu de ses compagnes partagées de chaque côté d’elle en deux groupes de douze.

 

Le cortège de Wolfram, très différent de celui de Chrétien de Troyes, fourmille d’indications symboliques : les couleurs des vêtements, les différents objets, les 5 types de lumières et surtout les nombres. En effet, c’est par la symbolique des nombres, sur laquelle il insiste d’ailleurs lourdement, que Wolfram donne la clefs de la signification de ce service du Graal.

Dans les romans a clef du moyen âge [2], les pages et dames qui effectuent le service dans les réceptions princières représentent les forces à l’oeuvre dans le candidat. Le château est le corps du candidat lui-même, les personnages principaux sont des aspects de la conscience du candidat et la foule des serviteurs représente les forces de transformation à l’oeuvre. Ces forces peuvent avoir une polarité positive ( les pages et chevaliers) ou négative ( les dames).

Dans la description du cortège du Graal de Wolfram, on distingue clairement deux phase : la première étape aboutit à la constitution d’un groupe de 18 dames ou forces ; la deuxième nous montre la reine, porteuse du Graal, descendant entre deux groupes de 12. [3]

 

Pour comprendre la première phase, il faut savoir que le chiffre 9 désigne l’être humain originel [4]. L’Enseignement universel parle de la composition nonuple de l’homme : les 3 aspects fondamentaux - la forme spirituelle, la forme psychique et la forme matérielle - comportant chacun trois aspects.

Le nombre 18 représente donc l’homme originel - 9 - selon ses deux pôles : masculin et féminin. La première phase du cortège de Wolfram décrit donc la reconstruction de l’homme - microcosme complet.

Une fois la structure divine de l’homme rétablie, l’Esprit divin descend en lui et enflamme ("le visage de la reine rayonnait d’un tel éclat que tous crurent voir le jour se lever" nous dit Wolfram) la pinéale au milieu des 12 paires de nerfs crâniens. Le nouveau penser est né. Les 3 principes de l’esprit central : le principe directeur (volonté), le principe constructeur/conservateur ( sagesse/amour) et le principe formateur (activité) rayonnent dans la forme spirituelle. 1 esprit central, 2 groupes (positif - négatif) de 12 forces. La reine au milieu des deux groupes de douze dames, l’homme - âme - esprit de l’origine.

 

Les objets et les lumières qui les accompagnent ainsi que l’ordre dans lequel ils sont amenés donnent un résumé de la méthode de reconstruction de cet homme originel divin.

 

Voir pdf, cortège de Wolfram, cortège de Chrétien

 

Notes :

 

[1] Voir notamment Jean Frappier, Le cortège du Graal - Lumière du Graal ed. cahiers du sud en 1951

 

[2] Mais on peut étendre ce mécanisme à presque toute la littérature ésotérique voilée : le nouveau testament, les manifestes de la Rose-Croix...

 

[3] la description du cortège du Graal et les différentes citations sont tirées de la traduction de E. TONNELAT - Ed. AUBIER-MONTAIGNE

 

[4] on retrouve cette notion dans la lecture cabalistique de la bible. Dans la cabale, ADAM s’écrit ADM et les valeurs associées à chaque lettre sont 1 + 4 + 40 : 1440 = 9. Il en va de même pour les 144000 de l’apocalypse, qui signifie donc l’humanité entière ayant passé par 3 cycle de régénération, ou inversement l’humanité déchue : 666 symbolisée par trois 9 inversés - c’est à dire selon le corps, l’âme et l’esprit - dont la somme fait à nouveau 9

 

Cort_ge_Chr_tien_pdf

 

Cort_ge_Wolfram_pdf

 

Perle_Graal

Perle_Graal

 Gr1

Gr2

Gr3

Gr4

Gr5

 

 

Gr6 

Gr7

 

Graal, tableau Perceval et autre

tel

tel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité
28 juillet 2013

Lumière de Gloire, corps de Gloire

Lumière de Gloire, corps de Gloire. 

http://www.pneumatis.net/tag/adam/

Le vêtement de Gloire, nudité d’Adam et Eve comme conséquence de la chute. suivant la mystique hébraïque, Adam avant le péché n’était pas nu: il était vêtu, mais vêtu de lumière, vêtu de cette splendeur et de cette gloire dont la grâce ornera l’homme — vêtu de cette robe nuptiale avec laquelle il convient de se présenter devant le Seigneur. Après le péché, Adam reconnaît qu’il est nu, privé de ce vêtement de lumière. 

Corps de gloire, nudité

http://gloireadieu.fr/featured/comprendre-la-premiere-resurrection-celle-du-corps-bible-4438

 

Vêtement de gloire, nu, rusé (en commentaires)

http://www.pneumatis.net/2013/04/le-vetement-de-gloire/

 

jeu de mots en hébreu serpent, rusé, nu

http://books.google.fr/books?id=d_H3XHZmY6cC&pg=PT97&lpg=PT97&dq=nahash+serpent+rusé+nu&source=bl&ots=SFhelHdEAL&sig=Jy9Us9j6PDkotOWUH-SVfT2eGyo&hl=fr&sa=X&ei=XwiyUYPwG4TSPMbIgfAG&ved=0CDsQ6AEwAg

 

Vêtement de Lumière, Revêtir l'habit de Lumière

Ecrit par un Pasteur

http://www.nouvellealliance.ch/attachments/File/Rev__tir_l_habit_de_lumi__re.pdf

VETEMENTS SACRES : UN ASPECT UNIQUE DE L’ANTIQUITE CHRETIENNE

Selon Blake Ostler (© BYU Studies 22, n° 1, 1981), les documents provenant de partout au Proche-Orient et allant de 2000 av. J.-C. à 400 apr. J.-C., racontent tous une histoire chargée de sens pour les saints des derniers jours. L’histoire est une unité organique que l’on peut faire remonter jusqu’aux rites les plus anciens connus de l’homme, des rites qui se regroupent tous autour de l’idée du temple. La signification symbolique ancienne du vêtement lui-même esquisse une histoire assez familière : (1) le vêtement antique représentait la gloire préexistante qui avait été mise de côté tandis que (2) nous mettions un autre vêtement qui représentait notre condition mortelle à la suite de la Chute ; (3) le vêtement antique était non seulement un rappel mais également une protection contre le Malin pendant notre séjour dans ce monde désolé ; (4) il représentait aussi la gloire du corps ressuscité et (5) une robe supplémentaire représentait la justice supplémentaire acquise pour entrer dans le royaume de Dieu et pour passer devant les anges placés là ; (6) quand on mettait le vêtement, on prenait aussi sur soi un nom pour franchir la porte, le nom de Jésus- Christ, avec qui l’unité finale devenait possible grâce à ces ordonnances anciennes. Rendel Harris fait observer que les Odes de Salomon contiennent également les idées « de l’âme préexistante qui doit quitter le ciel pour la terre et de la création non déchue de Dieu, dont l’environnement est transformé d’un habit de lumière en un habit de peau. » Le « vêtement de peaux » devint « le vêtement de lumière » probablement parce que l’hébreu תונתכ רוע (vêtement de peaux) ressemble tellement à תונתכ רוא, signifiant « vêtement de lumière ».

 

28 juillet 2013

A de Souzenelle, Genèse, analyse à partir de l'hébreu

Alliance de Feu, Annick de Souzenelle, Albin Michel, 1995, Tome I

A noter que Homme est mis pour le genre humain en général.

 

 

Dans l'Alliance de Feu I, Annick de Souzenelle examine la structure du texte hébreu, en donne des traductions qui en éclairent le sens et les commente. Ce qui suit n'est pas toujours une citation littérale, mais parfois une interprétation simplificatrice d'un texte qui pour rester au plus près de l'hébreu est très ardu.

 

Adam image, ressemblance et mâle-femelle

P364-365 Gen 1 26 Elohim dit : " faisons Adam dans notre image, comme notre ressemblance…"

Le mot hébreu "image" est construit sur le mot hébreu "ombre". L'ombre est à la lumière ce que l'inaccompli est à l'accompli. Adam est l'inaccompli de Dieu, l'infinie potentialité divine.

 

L'image en elle-même porte la vocation de la ressemblance. En hébreu "dans notre image" peut aussi être traduit : "image son fils", Adam est potentiellement fils de Dieu.

Si Adam est d'emblée dans l'image, il n'est qu'en potentialité de ressemblance.

L'Homme ne pourra atteindre à la ressemblance qu'à partir de l'image. (Or dans la Chute, il perdra la conscience de l'image, il sera alors incapable d'atteindre à la ressemblance. Mais dès qu'il en reprendra conscience, il pourra reprendre le chemin de la réalisation.

 

La ressemblance s'acquiert dans la transmutation du sang (A Dam: Elohim dans le sang, et la tradition dit "l'âme est dans le sang") en passant par des morts (mutations à chaque niveau d'évolution). L'acquisition de la ressemblance à partir de l'image est comparable à l'évolution du germe jusqu'au fruit.

Le germe meurt pour sa résurrection dans le fruit qui à son tour sera germe pour ensemencer une nouvelle terre… jusqu'à ce que tout soit accompli. Alors Adam pourra manger ce dernier fruit car il aura accompli toute la montée, il sera devenu son NOM*, il entrera alors dans la ressemblance d'Elohim. (On repère à ce niveau la conséquence de l'acte de manger le fruit avant la fin du processus…)

 

*Le NOM représente le potentiel divin accompli qui est le germe de Dieu en l'homme selon le sens en hébreu de A Dam: Dieu (A) dans le Sang (dam).

 

Adam doit travailler et garder la Terre

Elle commente les mots travailler et garder: 

p664-665 Dans le jardin d'Eden, le travail d'Adam consiste à cultiver la Adamah, sa Terre devenue vivante par la conscience … Il doit travailler, accomplir ses espaces intérieurs, ses niveaux de conscience.

P646-647 Garder est essentiellement garder le principe du NOM*, (veiller sur le Principe même)…, afin d'en retourner (réorienter) les énergies et d'en verticaliser la force. Mais aussi de le garder des mauvaises influences...

 

Manger et mourir

P652-653

A de Souzenelle traduit au plus près de l'hébreu ce verset (Gen 2 16). Elle utilise "accompli ou non-accompli" pour bien ou mal, et le verbe "muter" au lieu de mourir. (Et en effet, Adam après la faute ne meurt pas, mais change de façon de voir et de rapport à Dieu.)

 

Ce verset devient donc: De l'Arbre de Connaissance de l'accompli et du non-encore accompli, tu ne mangeras pas de lui (nous) car dans le jour où tu mangeras de lui (nous) muter absolument, tu muteras.

Il ne s'agit plus de mourir au sens physique mais de changer, muter. Elle nous en donne le sens suivant: le fruit de l'Arbre de la Connaissance, de celui-là (qui est de "nous", le divin lui-même) tu ne mangeras pas car tu dois muter et dans le jour où tu mangeras de lui (de nous) cesseront tes mutations.

 

P657 Pour atteindre à la ressemblance, l'Adam-image d'Elohim, doit se nourrir de tous les arbres du jardin, images des énergies divines.

Elohim s'identifie à l'Arbre de Connaissance, n'en faisant plus une image de ses énergies, mais une image de "Lui". Et l'Arbre est intimement lié à l'Homme, en tant que celui-ci est appelé à devenir dieu. 

 

Mâle et femelle, Adam et Eve, Ish et Isha

P 380-381 Gen 1 27 Elohim crée le Adam dans son image, dans l'image d'Elohim Il crée lui mâle et femelle, Il crée eux*. 

Mâle et femelle peuvent être traduit de l'hébreu "se souvenant" pour mâle, "contenant" pour femelle.

P 388-391 Mâle est lié à accompli-sec-lumière-pureté, n'est mâle que celui ou celle qui a commencé de voir, d'être conscient et de faire le travail intérieur.

Femelle est lié à inaccompli-humide-ténèbre-impur, la racine de ce mot signifie trouer, mais aussi nommer: la "femelle" est le lieu secret de l'Adam où Elohim a déposé le secret du NOM. 

 

L'Adam ne peut découvrir son Nom qu'en épousant son féminin et en venant "nommer" les énergies qui le constituent, ce qu'Elohim lui apprendra à faire (Gen 2 19-20)

Si Adam ne fait pas ce travail, il n'est que trou vide, totalement confondu avec son féminin et n'accomplit pas le NOM. Une population qui ne fait pas oeuvre mâle est dite "femelle" comme au temps de Noé. Le Le Christ se dit "Fils de l'Homme" et il parle de "fils de la femme"…

 

P398-399 Il crée eux: mâle et femelle, c'est-à-dire capable de "se souvenir" de cette partie féminine de lui-même qui contient sa force d'accomplissement.

 

p771 Gen 1 25 Et ils sont deux eux nus (ou connaissants) l'Adam et son épouse (ishah) et ils ne sont pas confondus.

Elle établit un lien entre Nu, Connaissant, Rusé et Serpent, dont les mots proches en hébreu forment des jeux de mots.

p 772-773 Elle commente: cet état de nudité est savoir-faire dans la perspective du chemin qui est à parcourir, le long duquel Dieu sera guide.

L'Homme éveillé à la connaissance est celui qui sait qu'il est deux! L'Adam est devenu conscient qu'il doit épouser sa femme intérieure.

 

Gen 1 28 Elohim dit "croissez", c'est-à-dire grandissez, allez vers la totalité de vous-même. Il dit aussi "multipliez", ce qu'elle commente ainsi: la multiplication est le fruit de la croissance, le fruit correspond à un niveau de "terre intérieure" accompli et est le germe du fruit de la terre suivante.  Le dernier fruit, total accomplissement de l'Arbre de la Connaissance, sera celui de l'unité absolue avec le NOM (Tétragramme).

 

Alliance de Feu, Tome II

Mais après le péché, ils voient qu'ils sont nus et confondus. 

P90 Gen 2 7 Et s'ouvrent les yeux de eux deux et ils connaissent parce qu'ils sont nus eux et ils font croître une montée de rut et ils font pour eux des ceintures.

Elle commente: La "nudité" dont il s'agit est exprimée par un mot légèrement différent de celui qui traduisait en Gen 2 25 "la connaissance du chemin que ish et ishah devaient parcourir". Ce mot nouveau affirme que le chemin est parcouru et le but atteint. L'Homme se croit éveillé. L'illusion est totale.

 

P100-101 "Ils font croître une montée de rut" est habituellement traduit par "ils cousent des feuilles de figuier". Figuier et rut partagent le même mot hébreu. Il symbolise la montée de l'énergie dans le travail d'accomplissement, la vigueur érotique la plus verticalisante qui ontologiquement (selon la science de l'être) dresse l'Homme vers Dieu. 

(Adam qui épouse son ishah devient à son tour féminin pour Dieu - épouse de Dieu-)

Mais avec le péché, la verticalisation ne peut plus se faire, l'énergie fuse à l'horizontale et s'investit dans le monde extérieur. Fermé à son féminin intérieur, Adam réduit à sa dimension animale, se tourne vers la femme biologique qui à la fin de ce chapitre sera nommée Hawah, Eve. Il se tourne vers elle et c'est vers elle désormais que se dirige sa montée d'énergie (montée du désir).

Rappelons que le sens de péché est "mal viser", "se tromper de cible"!

P103 Lorsque l'Homme reprend le chemin ontologique, l'énergie "reciblée" peut être rendue au devenir Verbe, Verbe créateur qui est la ressemblance à Dieu.

P104 Après le péché, le souffle du Verbe est bloqué, englouti dans celui de la sexualité. 

Ils se font des ceintures, symboles ici du blocage des énergies retenues dans le bassin, rendant l'Homme étranger à lui-même car étranger à son épouse intérieure avec à cet étage du corps fermeture de la Porte des Hommes. 

 

P118 L'Homme dans le péché reste image de Dieu, mais le Souffle divin (Rouah ou Rûah) n'agit plus en lui pour le mener vers la ressemblance.

P130 Seul Dieu au coeur de Ishah peut faire savoir. Car le "face-à-face" ish-ishah est nécessaire pour "communiquer" et savoir. Or le coeur de Ishah est maintenant habité par le Satan qui a donné à Adam l'illusion d'une nudité conquise, c'est-à-dire l'illusion d'une vraie connaissance totale.

 

P182 Elohim travaille en l'Homme et l'Homme est déchiré entre ses deux natures.

Dans une première étape, l'Homme reconduit dans son état du sixième jour, dans l'inconscience totale est parasité par le Satan; il génère lui-même et sans le savoir sa propre souffrance qu'il impute aux autres ou à un dieu vengeur.

Dans une deuxième étape, celle où obéissant à la loi, l'Homme a retrouvé l'écoute du NOM, il est dit "juste" et prêt à accomplir ses enfantements intérieurs dans une ontologie retrouvée, mais dans une relation où le Satan entend rester maître. Le "juste souffrant" rencontre alors en lui-même la semence de son ishah et celle du serpent. Elohim et le Satan jouent l'un avec ou contre l'autre pour sa nouvelle chute ou son accomplissement. 

Attentif, entrant dans un discernement de plus en plus subtil et avec l'aide de Dieu, l'Homme qui se laisse alors porter par le Souffle Rouah, peut atteindre malgré l'épreuve à la non-souffrance et à cause d'elle à un enfantement nouveau.

28 juillet 2013

Fleur de vie, géométrie sacrée...

Fleur de vie

1° approche : http://www.lespacearcenciel.com/la-fleur-de-vie-les-origines.html

Passionnant +++ http://www.editions-trajectoire.fr/bibliotheque/documents/9782841975174.pdf

° Mathématique

http://www.math.jussieu.fr/~hernandez/platon.pdf

* Spéculations avec une animation

https://sites.google.com/site/laportesecrete/la-kabbale

L'ancien secret de la fleur de vie Géométrie sacrée (spéculations????)

http://terrenouvelle.ca/PDF/livres/L'Ancien_Secret_de_la_Fleur_de_Vie_tome1.pdf

http://terrenouvelle.ca/PDF/livres/L'Ancien_Secret_de_la_Fleur_de_Vie_tome2.pdf

 

Géométrie de l'arbre de vie

http://www.matemius.fr/articles/geometrie/geometrie-de-l-arbre-de-vie.html

Géométrie dans la Kabbale

http://membres.multimania.fr/merlin345/images/dkab_kabbale.html

 

24 juillet 2013

Connaissance, Gnose

L'apparition du gnôthi seauton ne s'est pas fait avec Socrate. Bien avant, c'est un précepte gravé dans le marbre d'un temple delphique.
Contrairement à ce que l'on pense généralement en regardant l'historiographie philosophique, ce n'était pas un précepte qui instaurait un rapport moral de connaissance de soi, mais une règle de consultation, une recommandation rituelle avant de s'adresser aux dieux. Il y a le mêden agan, les egguê et le gnôthi seauton. Ce dernier signifierait selon Roscher, ne pose pas trop de questions, juste celles qui te sont nécessaires. Selon Defradas, ce serait bien plus un précepte rappelant à l'humain qu'il ne doit pas affronter Dieu, car il n'est qu'un petit mortel.

Je trouve cette vision des choses assez intéressante. D'abord, on observe les lentes mutations d'un précepte dont on a oublié la provenance et qui ne signifie, pour la plupart des gens que la fameuse maxime du "connais-toi toi-même", utilisé par Socrate.

La deuxième chose à signaler, c'est que contrairement à la vision de nos contemporains, legnôthi seauton n'était pas la maxime supérieure de laquelle dépendaient les rapports entre Sujet et Vérité, mais, comme l'observe judicieusement Foucault, cette notion était subordonnée (et Socrate le mentionne assez souvent) à l'Epimeleia Heautou, ou cura suilatin (Sénèque et Epictète en particulier), qui signifie: "soucie-toi de toi-même", ou encore "prends soin de toi". 
Ces préceptes avaient un sens éminemment différent de celui qui peut lui être imputé maintenant, étant donné l'oubli quasi complet pendant une vingtaine de siècles de ce précepte supérieur. Bien que remis au goût du jour, il reste, pour une majorité de personnes étranger à la philosophie ou marginal, ce qui est étonnant pour une prescription ayant été déterminante pour l'antiquité gréco-romaine mais qui semblent de nos jours revêtir un caractère superficiel! (d'autant qu'avant d'être une phrase philosophique dont on attendait beaucoup, c'était une maxime typique lacédémonienne, utilisée par tout le monde)

Il signifiait une attitude générale, un comportement face au monde: il implique un rapport à soi, aux autres, et au monde. Il implique un certai regard sur soi, une certaine attention portée sur les choses (cea va avec les exercices de méditation).
Il est aussi un précepte d'actions, de transformations, de conversionde soi à soi.

C'est à la fois un précept qui a eu un grad sens au niveau social, mais aussi à tous les niveaux de la pensée.

Cet Epimeleia Heutou dépend fondamentalement de critères traditionnelles selon lesquels l'âge, la fonction, ou l'insuffisance de l'éducation nécessitent cette forme de subjectivation. On voit bien que le précepte prudentiel qu'est le gnôthi seauton, n'est pas un universel, ni un principe supérieur mais plus un principe de base pour la formation d'une éthique du gouvernement de soi et des autres.

Je m'arrête là. j'ai pris cela du premier cours de 1982 (06/01) de Michel Foucault. Et j'ai pensé que c'était intéressant à discuter. Plutôt que de lever les doutes, autant s'interroger sur les raisons de la prise de pouvoir au long de l'histoire du principe delphique plutôt que le principe auquel il est subordonné...
http://france-intelligente.bbflash.net/t116-gnothi-seauton-et-epimeleia-heautou
24 juillet 2013

Guénon, Symboles de la Science sacrée

http://electrodes.files.wordpress.com/2008/12/guenon_symboles-de-la-science-sacree.pdf

Publicité
<< < 1 2 3 4 > >>
Publicité
Publicité