Antériorité de Barbe bleue, remonter au Mythe (1)
Conte de Psyché et Eros?
Perrault et les classiques à son époque ++++++++++
http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=POETI_154_0161#re12no12
http://bcs.fltr.ucl.ac.be/fe/02/apulee.html
Conte d'APULÉE http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Apul/amorplan.html
APULÉE++++++++++++++++
http://www.adhes.net/reflets-de-l-ame.aspx
Tout comme l’anima est un dérivé de l’imago de la mère chez l’homme, l’animus est une forme rajeunie de l’image du père. En tant que « père », il représente un esprit hérité de la tradition, qui s’exprime sous forme de « convictions sacrées » auxquelles la femme elle-même n’a souvent jamais vraiment réfléchi. Par contre, l’animus, en tant que « puer aeternus » divin, apparaît comme celui qui, en tant qu’esprit créateur, peut inciter une femme à entreprendre une démarche spirituelle personnelle. Cet esprit est un esprit de l’amour, c’est-à-dire qu’il est le secret personnel intérieur et vivant qui trouve son accomplissement P.187 dans l’Eros, entre l’homme et la femme ; Psyché, dans le conte d’Apulée, peut donc être comme la voit Erich Neumann, le modèle de la femme qui se libère d’une forme d’existence étouffante, matriarcale, exclusivement féminine, pour accéder à une féminité plus élevée et plus individuelle, après bien des souffrances par l’expérience du monde masculin. Mais que Psyché, dans l’histoire atteigne l’Olympe, signifie que pour la femme, ce chemin vers l’individuation n’est pas encore parvenu au niveau de la réalité humaine. Il semble être dans la nature de l’animus d’attirer parfois la femme en dehors de la réalité. Alors que l’anima apparaît dans la plupart des cas comme une séduction dans la vie, l’animus se révèle souvent comme un esprit de mort ; il est même des contes dans lesquels une femme épouse un bel inconnu se révélant être par la suite la mort personnifiée. Une révélation dont meurt la femme elle-même. (Barbe bleue) Ceci est en rapport avec le fait que chez l’homme, l’anima en tant que facteur de projection, forme principalement des projections passives, c’est-à-dire empathiques, liant l’homme aux objets ; l’animus, au contraire, crée des projections plus actives chez la femme, c’est-à-dire des projections de jugements qui couperont la femme du monde des objets. Dans les deux cas, l’animus et l’anima provoquent un éloignement de la réalité, car les projections empathiques de l’anima sont de nature illusoire, et les jugements de l’animus tombent la plupart du temps « à côté ».
Si nous comparons les deux grands daimons anima et animus tels qu’ils apparaissent dans nos deux exemples, on voit qu’Isis, qui est l’anima pour Apulée représenterait par contre le Soi pour une femme, tout comme le berger cosmique apparaît comme son animus dans les visions de Perpétue, mais en tant que personnification du Soi dans les textes relatant l’expérience intérieure vécue par des hommes. L’aspect archétypique absolu de ces deux figures se situe donc fondamentalement au-delà de toute distinction de sexe. Elles sont des images intérieures concernant l’homme et la femme, bien que différemment. Elles sont de ce fait des symboles d’une signification collective de large rayonnement, qui pour parler dans le langage d’Apulée ne sont presque déjà plus des daimons, mais des dieux. Comme dans le cas des mauvais démons, nous voyons ici que la structure archétypique de ces figures ne pénètre que peu à l’intérieur du domaine psychique personnel, et qu’en grande partie elles sont supra-personnelles. Et justement ces parties non intégrables sont, comme l’a montré Jung, les facteurs qui produisent les projections, autrement dit, ceux qui tirent les ficelles de notre destinée et qu’il nous est si terriblement difficile de dépister. Dans « La Psychologie du Transfert », Jung a essayé de représenter ce qui se passe dans le cas d’une grande attirance amoureuse entre un homme et une femme. Il s’agit d’une forme de relation en six combinaisons pour quatre figures, notamment de l’homme et son anima et de la femme et son animus.
L’anima et l’animus, tels que nous avons appris à les connaître dans les deux exemples ci-dessus, sous la forme d’Isis et du berger (Hermès psychopompe) apparaissent dans la tradition alchimique comme le roi et la reine. … Ces figures de roi et de reine, ou de dieu et de déesse, sont les partenaires du « mariage sacré », l’union des contraires dans le monde, que recherchent les alchimistes. Sous une forme apparemment « anodine » se tient cet archétype du « hierosgamos » à l’arrière plan de la plupart des épilogues des récits populaires et des contes où le héros et l’héroïne se retrouvent. P.193 L’amour est de ce fait un facteur très important de la destinée de chacun, parce que, plus que toute autre chose, il peut délivrer les humains de leur unique attachement au Moi, et leur fait soupçonner l’existence d’un accomplissement transcendant ; il nous fait participer au jeu divin de l’union de Shiva et de Shakti, dieu et déesse, par-delà la banalité de la vie terrestre. C’est le mystère dont personne n’a encore levé le voile et qui semble pourtant installé en chacun comme but de la vie. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que cela représente un mystère d’individuation réciproque, un devenir conscient et une réalisation de totalité dans la rencontre avec l’autre. Ce symbole apparaît également à la fin de la vie, en « mariage de mort » dans de nombreux rêves de personnes âgées proches de leur mort. Quelque chose d’éternel, de signifiant, commence à transpercer le voile sombre de l’existence terrestre.
Quand un être humain n’a pas la moindre intuition de l’éternité qui habite l’amour, il en fait alors facilement une tragédie personnelle et ensuite il devient « une étincelle du feu éternel qui s’éteint dans une mare »; l’enfant divin du couple de l’au-delà ne peut donc naître, lui qui représente le symbole d’une individuation accomplie. Si nous comparons les projections qui viennent du complexe de l’ombre avec celles du complexe anima-animus, on peut dire que comprendre les projections de sa propre ombre signifie pour l’individu, en premier lieu, une humiliation morale et une intense souffrance. Par contre, la connaissance des formes de projection de l’animus et de l’anima exige moins d’humilité que de réflexion dans le sens de sagesse et d’humanité, car ces figures veulent nous écarter de la réalité en nous ravissant ou en nous submergeant. Quiconque ne peut s’y abandonner n’a jamais vécu, et quiconque y succombe, n’a rien compris. P.195