Polyèdres et cosmos, Kepler, solides de Platon, Univers antique
Théorie de l’Univers chez les Latins(Et quelques remarques sur l’expression de l’espace et du mouvement) (Pline)
http://lettres.sorbonne-universite.fr/sites/default/files/media/2020-05/touratier_revu_22_9.pdf
Représentation cosmos selon Kepler
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02363709/document
s'arrêter un instant ici pour souligner le fait que l’une des structures centrales de la pensée scientifique qui perdure en Europe jusqu’aux XVIeet XVIIesiècle et en particulier chez Kepler est la pensée par analogie43.Analogie qu'il faut ici comprendre sous l'acception suivante:du fait que deux objets présentent une ou plusieurs propriétés communes (qu'ils présentent par exemple une similitude de forme) on déduira que d'autres propriétés du premier objet se trouvent chez le second. Ici, par un raisonnement de type analogique, Kepler va postuler une équivalence entre lumière,âme, chaleur, et vie. La question de l'analogie, de sa fonction, de sa pertinence et de ses limites, desa place particulière dans la licence Sciences et Humanités, mais aussi appliquée aux théories de la lumière deKepler, Descartes et Young étant développée par ailleurs44, nous ne nous étendrons pas sur la question ici. Signalons néanmoinsque fort de ses connaissances en optique, de ses observations astronomiques et météorologiques et de sa foi en l'existence de l'âme des hommes et des planètes, Kepler va fonder entièrement un système astrologique rationnel45rejetant en particulier les croyances anciennes et l'influence supposée du zodiaque, mais justifiant pleinement l'influence des planètes sur la Terre et les hommes.
Un premier exemple d'apport de l'astrologie à l'astronomie est lié à tous les systèmes astronomiques étudiés auparavant en première année du cours «Systèmes du Monde»(Babyloniens, Eudoxe, Aristote, Ptolémée, apports du Moyen Âgearabe puis occidental, Copernic, Tycho Brahé et Kepler). Du point de vue purement géométrique, tous ces systèmes permettent de très bien représenter la position des planètes dans le ciel au fil des mois. Et bien que de formes très diverses, ils rendent compte des observations de façon à peu près équivalente, malgré une lente et irrégulière amélioration de la précision au fil des siècles. Cependant quant à l'interprétation du mécanisme à l'origine des mouvements planétaires, il change très peu de la Grèce Antique à Copernic et reste invariablement lié à l'action d'êtres surnaturels ou de propriétés ontologiques de formes géométriques. Si bien qu'il semble peu probable que les observations incessantes du ciel au fil des générations aient pu servir à questionner ces mécanismes, comme elle le fait aujourd’hui. Il n'est donc pas incongru de penser que le travail énorme qu’a demandé le développement et l’affinement de ces systèmes de représentation ait eu pour buts premiers de développer non pas une science astronomique,mais d’abord une meilleure connaissance du calendrier, objet essentiel pour les sociétés religieuses et agricoles, dont la survie est tributaire de la reconnaissance des signes précurseurs du retour des saisons ou des événements climatiques. Or le Soleil ayantun rôle crucial et évident dansles changements du climat, le cycle des étoiles étantcontingent au cycle des saisons, et la Lune agissant clairement sur la Terre–etde manière spectaculaire –en réglant les marées, il n’est pas absurde d’affinerle système et d’attribuer aux planètes une possible influence sur les choses de notre monde et de chercher dans leurs mouvements d’autres indicateurs de changements saisonniers ou climatiques.Donc d’étudier et de relever de très près ces mouvements pour y trouver des signes utiles au travail de l’agriculteur, du navigateur ou du soldat–directement tributaires du temps qu’il fera –, du médecin et de sa théorie des humeurs, de l’artisan travaillant le feu ou l’eau51.Doncdes signes utilesà la stabilité de la sociététoutentière. On imagine facilement alors l’enjeu qu’il a pu y avoir à extrapoler cette influence des astres sur la météorologie à une possible influence sur les êtres vivants; menant à une complexification deces incroyables prédictions astrologiquesqui ont pu alors favoriser ou défavoriser les destins de millions d'hommes quand elles ont tenu sous leur emprise la pensée d'Auguste, de Tibère, de Charles-Quint, de Catherine de Médicis, de Wallenstein ou deRichelieu52. Sinon pour connaître l'avenir, pourquoi observer et décrire si longuement et assidûment le ciel? C'est certainement que l'on y cherchait autre chose que la simple satisfaction de connaître la position de boules de gaz ou de terre insignifiants. La charge d’astrologue –prédicateur chargé de lire dans les étoiles –a donc évidemment été couplée à celle d’astronome –observateur des étoiles –depuis la Mésopotamie ancienne jusqu’à Kepler, sans pouvoir en être dissociée. Et les progrès des observations etdes systèmes de représentationvisant à l’amélioration des prédictions ontfourni une base de données colossale, sur laquelle a pu se développer l’astronomie que nous connaissons aujourd'hui.Avec l'affinement des théories du ciel dans le but de perfectionner l'astrologie, il nous semble observer un exemple de travaux ayant historiquement été développés pour des fonctions bien précises, mais qui suite à un changement radical de paradigme ont été laissés sans fonction, ou bien ont légèrement muté et ont été réutilisés à de toutautres fins. Les observations du ciel, accumulées et affinées sur de nombreux siècles dans le but d'améliorer la lecture et la connaissance des signes divins, ont progressivement été réutilisées pour rechercher la structure géométrique et dynamique de l'univers(autre signe de la présence de Dieu), et réinterprétées aujourd'hui dans le cadre d'un affinement quotidien de modèles scientifiques de plus en plus techniques et essentiellement athées.
Orbes des planètes selon Kepler
https://media4.obspm.fr/public/ressources_lu/pages_lois-kepler/kepler-histoire_impression.html
http://www.resonance-cosmique.com/GEOMETRIE/HTML/Formes_Platon_Generalite.htm
Que le cube est le premier des corps et qu’il se trouve entre les planètes les plus éloignées.
Venons-en maintenant aux trois corps primaires, et attribuons à chacun son espace. Le Cube devait se trouver au voisinage des fixes et définir le premier rapport, celui qui existe entre les orbes de Saturne et de Jupiter, parce que les fixes constituent la plus éminente partie du monde en dehors de la Terre, tout comme dans le cercle, après le centre, la partie la plus éminente est la circonférence.
Que la pyramide se trouve entre Jupiter et Mars.
Maintenant personne ne se demandera avec étonnement pourquoi la Pyramide vient à la suite du Cube puisque:
1) elle a presque osé entrer en rivalité avec le Cube pour le premier rang.
2) En outre, la Pyramide elle-même ou bien des corps irréguliers de forme correspondante entrent dans la composition des autres corps.
Que le dodécaèdre se trouve entre la Terre et Mars.
Nous tenons là la raison pourquoi entre Jupiter et Mas, en deuxième lieu, se trouve la Pyramide. Plus haut, on était resté indécis quant à savoir quel corps vient en troisième lieu, entre la Terre et Mars. C’est maintenant chose facile à décider. En effet, parmi les corps primaires il ne reste que le Dodécaèdre: c’est donc lui qui sera le troisième, entre Mars et la Terre: quant à ce qu’il faut penser de ses propriétés, c’est ce qui apparaîtra clairement, lorsqu’on l’aura comparé avec les corps qui précèdent.
De l’ordre et des propriétés des solides secondaires.
En ce qui concerne les solides secondaires, étant donné que l’Octaèdre est antérieur à l’Icosaèdre, on pourrait bien se demander avec étonnement pourquoi ce qui est postérieur dans l’ordre de la nature, est au premier rang dans le monde.
Que l’octaèdre se trouve entre Vénus et Mercure.
Or ce qui aurait dû, en vertu de ces considérations, suivre dans le monde immédiatement après le dodécaèdre ne suit pas.
1) En effet, puisqu’il s’agit de deux ordres véritablement distincts, leurs termes initiaux peuvent aussi regarder vers des régions opposées.
2) Et puisque le Dodécaèdre était le dernier de son ordre, il convenait que lui succédât celui qui était son semblable dans l’autre ordre. Il appartient également à la dignité de la Terre qu’elle soit entourée autant qu’il pouvait se faire de la même manière des deux côtés.
3) Par conséquent ces deux ordres dans les cinq corps ont été ramenés à l’unité par le Très Sage Créateur d’une manière telle que par rapport à la Terre, qui constitue leur séparation, ils ont les talons tournés en sens contraire, tandis que par leur terme initial ils regardent des régions opposées du monde.







