Etoiles, Orion, Sirius, croisement écliptique-galactique, naissance soleil
Photos après texte
Santillana et Von Dechemp : le moulin de Hamlet : transmission de la précession des équinoxes dans le mythe.
Sagittaire : vautour aux ailes déployées à Gobekle Tepe
Ecliptique= trajectoire solaire = chemin
https://images.math.cnrs.fr/Le-Moulin-d-Hamlet.html
Hamlet’s Mill, « Le Moulin d’Hamlet » [1], est le dernier livre de Giorgio de Santillana, publié avec Hertha von Dechend. Pour en résumer le propos en une phrase, l’ouvrage explore l’idée que certains thèmes récurrents des mythologies du monde sont la trace de tentatives d’apprivoiser le phénomène de la précession des équinoxes, qui aurait été découvert au moins 4000 ans avant J.C., c’est à dire bien avant sa découverte « officielle » par Hipparque environ 130 ans avant J.C.
Le modèle d’Hamlet, nommé Amlodhi, qui se trouve à l’origine de l’histoire contée par Saxo Grammaticus dont Shakespeare s’est inspiré, apparaît dans des récits skaldiques islandais. Dans ces récits on apprend l’existence des neuf vierges du moulin d’Hamlet qui « dans les temps anciens moulaient la farine d’Amlodhi ». A travers le Kalevala finlandais, l’histoire de Samson, la force de Krishna, et bien d’autres dans le monde entier, on trouve le fil directeur selon lequel l’axe du monde, c’est à dire l’axe autour duquel nous observons la rotation du ciel nocturne, est figuré par l’axe d’une meule. On retrouve aussi dans des mythes de diverses origines géographiques l’idée que cette meule est détruite ou sortie de son logement, souvent de façon symbolique et par un personnage d’une grande force comme Samson ou Krishna. Cela peut figurer le passage de l’axe du monde d’une constellation à l’autre lors de la précession.
Mais il y a plus : il y a environ 6500 ans, le soleil levant à l’équinoxe de printemps se trouvait dans la voie lactée ; c’est en fait la disparition progressive de cet alignement à cause de la précession qui, perçue comme une crise cosmique, aurait donné naissance, au moins en partie, aux mythes dont il est question dans le livre.
Je crois que lorsque j’ai lu ce livre pour la première fois en 1970, j’ai d’abord été frappé par la possibilité que la découverte d’une lente dérive dans le mouvement de rotation en apparence immuable des étoiles ait pu causer une très importante crise culturelle.
… le fait de « réaliser vaguement » les effets de la précession peut, dans une culture accordant une très grande importance aux phénomènes astronomiques, suffire à créer une profonde crise que l’on doit s’efforcer de surmonter en inventant des causes relativement rassurantes. Il faut imaginer un monde beaucoup moins « maîtrisé » que celui auquel nous sommes habitués, où l’importance des saisons et la diversité des phénomènes astronomiques conduisent à projeter beaucoup plus que nous ne le faisons les évènements célestes sur les évènements terrestres dans la recherche de causes.
« Le Moulin d’Hamlet » est plus spécialement concerné par la détection des périodicités et les analogies. La détection de la rotation du monde (c’est à dire de la voûte céleste) autour d’un axe fixe, l’analogie faite avec l’axe d’une meule, puis la réalisation qu’en fait cet axe n’est pas fixe, et l’invention pour « expliquer » cela d’actes de héros qui brisent la meule ou la sortent de son logement, ce qui correspond à la fin du monde, ou plutôt la fin d’un monde, et le fait annexe que cette meule se retrouve parfois (dans les mythes scandinaves en particulier) au fond de la mer où elle moud du sel. Une idée que l’on retrouve de la Scandinavie à l’Asie est celle du tourbillon, ou maelström (encore l’idée de moudre) comme passage entre le monde des vivants et le ciel, ou entre le monde des morts et le ciel, ainsi que le fait que le maelström a été créé parce qu’un arbre a été coupé, ou l’axe d’une meule dérangé.
Voilà une petite partie de ce que l’on retrouve de la Scandinavie à l’Inde et la Chine. Est-il vrai que c’était une science secrète transmise au moyen de mythes, un moyen inventé par les astronomes de l’époque pour transmettre une « connaissance » dont l’importance résultait d’une identification entre les phénomènes terrestres et les phénomènes célestes beaucoup plus forte et riche de détails que tout ce que nous pouvons imaginer aujourd’hui ?









