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26 septembre 2014

Marelle/Moulin

MARELLE, Moulin

http://lespierresdusonge.over-blog.com/pages/LA_TRIPLE_ENCEINTE_COMME_SYMBOLE_ARCHITECTURAL_1-2309530.html

 l'origine et les raisons de l'emploi du terme "moulin" pour désigner les figures de marelle à main, point essentiel qui nous intéresse ici. Or dans le français médiéval, le terme mole signifie précisément "modèle". Mole, ou modle, qui donnera aussi "moule" vient du latin modulus, "mesure", et plus particulièrement mesure pour régler les proportions d'un bâtiment (71). Le mot désigna plus particulièrement, dans le vocabulaire médiéval de la construction, un patron pour la taille de la pierre, dont la géométrie était définie par l'appareilleur ou "parlier", sous les ordres directs de l'architecte (72). Y aurait-il là plus qu'une simple coïncidence? Le terme "moule" dans le sens de "mesure" a d'ailleurs appartenu longtemps au vocabulaire professionnel des métiers du bois: "mouler était synonyme de "mesurer dans le cas du "mouleur de bois" ou "compteur de bois", qui désigna dès le Moyen-Age et jusqu'au XIXe siècle celui qui mesurait au moyen d'un anneau de fer appelé "moule" les lots de bûches destinées à la vente (73). Enfin le "moulet" était un calibre de bois utilisé en menuiserie (74).

La racine même du mot mérel (méreau), d'où est issu "marelle" nous ramène encore à l'art de mesurer, et plus précisément à l'une de ses visées principales, telle au moins que la définissaient les constructeurs gothiques comme nous le verrons plus loin. Le terme merel vient du grec meros, partie, division, portion (75), ou de l'indicatif meiro, je partage. Il désignait ordinairement un jeton, une pièce de monnaie de convention servant de marque, de signe, d'indice pour la réalisation de toutes sortes de comptes, de dénombrements ou de partages. Mais au milieu du XXe siècle dans le langage solognot, on nommait encore "marelles" les assemblages en colombages et en torchis des maisons à pans de bois, et plus exactement les intervalles entre ces colombages, c'est-à-dire les partitions de la structure (76). La notion de "partage" attachée au  mot "marelle"a donc été précisément utilisée dans un sens purement architectural, c'est-à-dire géométrique. On peut alors supposer que le terme "marelle" a pu  désigner originellement toute forme de construction géométrique partageant (c'est-à-dire mesurant) la surface d'un plan (77) avant d'évoquer le dessin d'une charpente à colombages, puis simplement celui d'un tableau de jeu. Et ce premier sens est de toute évidence technique et professionnel. Il paraît peu probable que les seuls charpentiers de Sologne aient inventé cet usage. Mais on ne sait rien hélas de l'époque à laquelle il remonte.

Quoiqu'il en soit, la racine grecque du mot "marelle" propose un sens qui recoupe la définition même que les constructeurs gothiques donnaient de la géométrie: c'est "à cause du départage des terres" que pour le Cooke, Euclide inventa le nom de géométrie; "(...) Par géométrie / il mesura le pays et le départagea / en divers lots, / et invita chacun à clôturer son / propre lot avec des / fossés (...) (78)." Et avant lui "Jobelle (fils de Lameth) fut le premier homme / à inventer la géométrie (qui ne portait pas encore ce nom) et / la maçonnerie. Il fit des maisons (...) / Le maître des histoires / dit avec Bède, le De Imagine / mundi, le Polychronicon et / beaucoup d'autres, qu'il fut le premier à départager / le pays, afin que tout homme puisse / savoir quel est son propre lot, / et travailler à cet endroit pour / lui-même. En sus il / départagea les troupeaux de moutons afin / que tout homme puisse savoir / quel était son propre bétail. / A cela nous pouvons / voir qu'il fut le premier / inventeur de cet art (...) (79)". On voit dans ce texte que le comptage, en ce qu'il divise en part ou portion, pouvait être appelé géométrie. Ou bien est-ce parce qu'en Occident, les comptes s'effèctuèrent longtemps "à get" c'est-à-dire sur l'abaque, avec son tablier fait de divisions géométriques en lignes et en colonnes? Ce mode de calcul hérité de la civilisation gréco-romaine restait au XVe siècle encore, malgré l'introduction des méthodes que nous connaissons aujourd'hui (les chiffres arabes), très répandu (l'usage de l'abaque se poursuivra dans les administrations européennes jusqu'aux XVIIe et XVIIIe siècles) (80). Les marguilliers de Sologne, c'est-à-dire ceux qui avaient soin des affaires temporelles d'une église, apuraient les comptes de la fabrique sur un tablier géométrique en un lieu de l'église appelé "banc de marelle". L'ethnologue Bernard Edeine signale que le dessin de ce tablier était justement celui d'une "marelle simple" (81).

(75) "Méreau", du grec méris ou méros, part, portion dans la distribution d'une chose. marque qu'on distribue à des gens pour servir à être admis en quelque lieu, ou pour témoigner qu'ils y ont été, et avoir part à une distribution. Se disait surtout des marques de ce genre données aux chanoines pour leur assistance aux offices (Napoléon Landais, op. cit. p. 408). Le Nouveau dictionnaire de la langue francaise de M. Noël et Chapsal, à Paris, 1833, donne la même étymologie. le Dictionnaire étymologique de la langue françoise,

t. 1er, par B. de Roquefort, Paris, 1829, ajoute à cette racine grecque une source latine: de merenda (en grec, méris, méros), part, portion que l'on donne dans la distribution d'une chose; fait du latin méréo; en grec méirô, je partage, je distribue, je divise. Le mot grec pour "se partager" signifie aussi "obtenir en partage par le sort" (Dictionnaire grec-francais, A. Bailly, Paris). On comprend pourquoi en ancien francais, "mérelle" put désigner le sort, bon ou mauvais: un trait de merele, un coup de la fortune; avoir cette merele, avoir telle chance, éprouver tel sort; laisser quelqu'un dans la merele: dans l'embarras, etc... On appelait aussi merel tout ou partie d'une écluse (sans doute en ce qu'elle partage les eaux) et certains fossés (fossé méreau, peut-être à propos d'une sorte de fossé appelé mere, servant à collecter les eaux d'un champs venant de divers petits fossés) (Frédéric Godefroy, op. cit.). Cette étymologie grecque s'accorde parfaitement au sens des termes "méreau" et son féminin "mérelle" dans les diverses acceptions qu'on leur donnait au Moyen Age. Elle a été pourtant inexplicablement abandonnée dans le cour du XIXe siècle pour d'autres plus incertaines: d'un type matrellus, matrella, d'où mairelles, marellus, qui serait un dérivé du latin matara, mataris, materis, sorte de javeline (sic?), mot d'origine gauloise d'après Strabon, etc...

(P. Larousse, Grand dictionnaire du XIXe siècle, Nïmes, 1991 pour la réédition. Ménage et Furetière faisaient déjà, au XVIIe siècle, dériver le terme d'un hypothétique ancien gaulois ou celtique madrella, madrellum). D'autres sont très obscures: peut-être d'un radical pré-roman marr, signifiant pierre, étymologie qu'on trouve aujourd'hui dans les dictionnaires, et qui n'est justifiée par le fait qu'on usait parfois de petits cailloux dans le jeu de marelle.

(81) Marguillirer, de "mârelle", fabrique d'une église: "Nous ont remonstré la pouvreté de ladicte marrelle et la charge d'icelle" (1472). Banc des marguilliers: il a été s'asseoir à la mârelle, au banc de mârelle. "Que son corps soit inhumé en l'église de Villebarou pres le pilier ou on met la chandelle de la marelle" (8 déc. 1605, arch. mun. de Villebarou) (Adrien Thibault, Glossaire du pays Blaisois, Blois-Orléans, p. 215-216). Pour mémoire, N. Landais (op. cit.) fait dériver "marguillier" du latin matricularius, de matricula, matricule, rôle. Le matricule était un registre public où l'on inscrivait les pauvres qui demandaient l'aumône à l'église. les marguilliers ont d'abord été gradiens de ces registres et distributeurs de ces aumônes. On a ensuite donné ce nom à ceux qui avaient soin du revenu des églises (marguilliers comptables), puis au bedeau et au sacristain. les marguilliers étaient encore appelé "marelliers" ou "marregliers" (Frédéric Godefroy, op. cit.).

 

Le jeu de la Marelle

L'exemple du jeu de la marelle est remarquable à ce effet. Il sera développé ici l'aspect de la Marelle "à cloche-pied" (plus tard cette étude sera étendue à la Marelle "assise"). L'enfant doit partir de la Terre et atteindre le Ciel en passant suivant les cas par sept cases chiffrées à cloche-pied, au moyen d'un caillou qu'il doit lancer dans chaque case. Il existe aussi un cas plus élaboré avec neuf cases dont huit chiffrées (la neuvième, l'enfer, étant à éviter). L'enfant doit monter jusqu'au Ciel, en évitant l'Enfer, puis récupérer la pierre au retour, à chaque étape.

Sachant que la mérelle est le nom donné à la coquille du pélerin de Compostelle, dont le pélerinage est initiatique (mérelle serait composé des mots grecs mhthr et elh, mère de la lumière) on peut alors retrouver, grâce au rapprochement avec le nom Marelle, les symboles qui ont déjà été interprétés dans les autres études de ce site:

 

 

  • Le claudiquant, le boiteux est le symbole de l'initiable, du Profane en marche vers l'Initiation. En effet l'initiation a alors pour but de le faire "marcher droit" (de le foudroyer = fout droit). C'est le Mat du jeu de tarot, similaire à Saint-Roch et sa plaie découverte à la cuisse. Le fait d'être à cloche-pied permet d'ailleurs de montrer son genou, autre signe initiatique. Il sera expliqué un peu plus loin pourquoi.
  • Le caillou qui permet de progresser dans l'itinéraire initiatique. Nous le rapprocherons de la pierre philosophale des alchimistes, dont le rôle est le même: un support à la transmutation.
  • Le dessin du chemin de la marelle lui-même, qui ressemble au plan d'une église, signe d'un itinéraire spirituel.

 

marelle7

marelle9

 

  • les sept étapes dans la première marelle sont, sans surprise, celles du chiffre divin (7 est le symbole traditionnel de Dieu).
  • Dans un même ordre d'idée, les neufs étapes de la seconde marelle mènent au Ciel (la neuvième étant l'Enfer à éviter, étonnamment placé juste avant le Ciel), le Ciel étant la dixième étape, ou le retour à une nouvelle unité (10=1+0=1) qui est l'atteinte du Centre du Monde. Remarquer que dans les deux cas la forme du Ciel n'est plus rectangulaire (le rectangle est le symbole du monde matériel) mais en arc de cercle, symbole de la perfection. Dans l'intérêt de la suite de cette étude, il faut faire remarquer que le nom grec de la Marelle est Koutso .

Le boiteux

L'Oye est parfois un jeu de mot pour signifier l'ouïe, le fait d'écouter. On l'utilise ainsi pour nommer le langage des oiseaux. D'ailleurs le jargon, qui est le cri du jars (mâle de l'oie, arsenikh chna en grec, remarquer la présence du premier mot arsenic...), est un autre synonyme d'argotique (art gothique). C'est le langage des initiés par excellence. En grec, jaser, caqueter, cancaner, et autres langages des oiseaux se disent Koutsompoeuw.

Remarque: jaser s'appuie donc sur la racine Koutso qui signifie Marelle en grec (ou inversement)!

mat.jpg

Le nom commun du pas de l'Oie est la claudication. Or la claudication est aussi, pour l'être humain, le boitement, marque en iconographie de l'initié. En grec l'homme qui boite se dit Koutsoz.

Remarque: Il s'agit encore du même mot que celui signifiant Marelle en grec et qui sert de racine au mot grec signifiant le langage des oiseaux...

 

On retrouve donc un boiteux sur un parcours labyrinthique, comme pour le jeu de la marelle, comme aussi pour le jeu de tarot avec le mat, fol pélerin blessé à la cuisse qui démarre son parcours parmi les arcanes majeures.

 

Par le biais du grec, on comprend maintenant pourquoi le boiteux est le symbole de l'initié: c'est en effet aussi un jeu de mot pour exprimer le fait qu'il parle le langage des oiseaux, qu'il parle un langage secret!

 

Le centre

Enfin, et c'est capital, le parcours du jeu de l'oie est en spirale, parsemé d'embuches, et le but du jeu est d'en atteindre le centre (le Ciel pour la marelle). La spirale est aussi la forme de la coquille de l'escargot, nous demandons au lecteur de garder ce détail à l'esprit en préparation à la lecture de l'interprétations de la comptine de la Souris Verte.En conclusion, Marelle (Koutso) ÛMérelle de Compostelle Û Pélerin boiteux (Koutsoz) Û Mat du tarot Û Claudication Û jeu de l'oie Û langue des oiseaux (Koutsompolhz) Û parcours initiatique. Tout se tient dans l'unité des jeux qui ont été abordés, le lien se faisant aussi bien par le symbolisme que par le grec ancien.

 Une souris verte - l'élue Le vert est couleur d'eau, et correspond en astrologie à Vénus, la déesse de l'Amour. C'est aussi la couleur associée en hermétisme au cuivre. En effet, ce métal aux reflets roux, se recouvre de vert-de-gris sous l'effet de l'oxidation. Cette couleur et ce métal ont déjà été rencontrés dans l'étude sur la gueule du dragon.

  • On retrouve cette ambivalence vert/rouge dans le terme sinople, qui représente la couleur verte en langage du blason. Ainsi sinople vient du bas-latin sinopis qui désigne d'abord la terre rouge de Sinope, avant de prendre au XIVème siècle le sens de vert pour des raisons inexpliquées et qui signifiait à la fois rouge et vert. La couleur rouge (Roux ou Rouel à l'époque) devint alors gueule et il a été montré alors l'analogie avec le symbole du dragon (vert) avec sa gueule (rouge) transpercée d'une lance. Voilà qui justifie d'ailleurs l'emploi des termes langue verte pour la langue des oiseaux et le langage à double sens.
  • D'un point de vue alchimique, la souris est aussi la matière première de l'oeuvre, dont l'ambivalence vert/rouge est aussi une de ses propriétes (soufre/mercure).

L'hypothèse de départ donc est que la couleur verte de la souris signifie sa qualité d'élue dans le sens où, étant verte, elle contient déjà le rouge, qui est la couleur du feu sacré (le feu de roux - voir la gueule du Dragon). Comme on le verra par la suite, cette idée se trouvera confirmée de multiples fois dans la comptine.

Qui courait dans l'herbe- sur terreL'herbe est verte aussi et peut symboliser la Nature, ou la surface de la terre. Cela suggère l'aspect purement matérialiste de cette souris qui, à quatre pattes, erre dans un monde horizontal. La souris erre sans but.

Je l'attrape par la queue- retournementCet aspect horizontal, on le retrouve avec cette queue de souris, image même du reptile. C'est par la queue, reliée au derrière, donc à la lune en argot, que la souris est attrapée par une intervention supérieure (verticale car il s'agit apparemment d'un humain). Nous retrouverons la lune dans une autre comptine célèbre.

Remarque: Pour justifier cette qualification de lune pour les fesses, il est aisé de faire le raisonnement suivant, en langue des oiseaux:
Le Soleil est opposé à la Lune.
Le Soleil est source de Lumière. En latin c'est la LUX.
Or l'opposé littéral de LUX est XUL.
Le X (Khi grec) se prononce K en langue verte (tiens donc... verte) ou langue des oiseaux.
Le Soleil/LUX est donc opposé à la Lune/CUL...

D'autre part, cette manipulation par la queue fait que la souris est maintenant tête en bas: elle a été retournée. Pour elle, "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et vice versa". Cette qualité d'élection par la Grâce a déjà été rencontrée dans l'étude sur le N inversé. Il semble que l'on puisse en déduire là encore que la souris est une élue, une initiable.

ESCARGOT

Ça fera un escargot tout chaud. - le colimaçonCet être de grâce est l'escargot. Et il ne faut pas se tromper: il s'agit d'un véritable baptème dans le Saint-Esprit qui est aussi le baptème du feu, principe intérieur de perfectionnement spirituel. Alors notre escargot est tout neuf mais c'est aussi un escargot tout chaud à cause de cela. Nous voici revenu au symbole mystérieux de l'escargot, que nous avons rencontré lors de l'analyse du jeu de l'Oie, en forme de spirale. Il va falloir devoir nous y arrêter un instant. La spirale est fréquente dans le règne végétal (vigne, volubilis) et animal (escargot, coquillages, etc...). On la retrouve depuis l'origine des temps gravée par les Celtes sur les dolmens ou monuments mégalithiques. Symboliquement elle représente une involution, ou une évolution, vers un centre. C'est le même symbole que le labyrinthe: car rien n'est plus facile lorsqu'on part de l'entrée du labyrinthe que d'en atteindre le centre (ce qui n'est pas le cas du dédale) L'aspect évolutif de la spirale est le rôle dynamique de moteur que représente son centre, identique au moteur d'une roue: le centre reste immobile, bien que moteur, et la spirale évolue, la roue tourne. Si vous relisez notre étude sur le Centre du Monde, vous retrouverez cette propriété dans le symbole de la Rose qui se développe au centre de la croix. C'est le symbole de Dieu se manifestant sur terre. L'escargot est aussi appelé en argot un limaçon, et à cause de sa coquille en forme de spirale, un colimaçon. Sachant que l'on retrouve ce gastéropode sur de nombreux portails d'églises et de cathédrales, nous pensons que l'escargot représente en fait le maçon, le compagnon qui au Moyen-Age construisit les cathédrales et pour qui le travail atteignait une dimension spirituelle primordiale. La confrérie des compagnons maçons étant plus tard devenue Franc-Maçonnerie, il semble que l'escargot reste un des symboles des franc-maçons, comme une dernière preuve le montrera à la fin de l'étude sur cette comptine. Gravure de l'homme à l'escargot.

  • Un autre point important est que l'escargot est un symbole universel lunaire. L'escargot montre et cache ses cornes comme la lune apparait et disparait. Ce symbolisme de la CoRNe d'ailleurs (notez la sonorité en KRN, expliquée sur le forum La gueule du Dragon) que l'on rapprochera de la CouRoNne de l'élu.
  • Enfin, et ce n'est pas négligeable, l'escargot est un animal hermaphrodite. Or le symbole de l'androgynat est primordial en hermétisme car il exprime la réunion des contraire, la disparition des dualités, le retour à une unité similaire à celle qu'exprime l'involution de la spirale. C'est l'Adam initial, celui formé de terre rouge (voir plus haut les réflexions sur le Sinople). La couleur symbolique de l'escargot pourrait donc être le rouge. La souris verte ainsi révèle sa véritable forme en un escargot rouge, ce qui parfait encore l'unité du symbolisme de cette comptine.

Tiroir en langue verte peut se dire Terroir, en rapport avec la Terre. On peut alors  lire: Je la mets dans mon TERROIR, Elle me dit : il fait trop noir. Je la mets dans mon CHAPEAU, Elle me dit : il fait trop chaud. Nous avons alors la Terre (le terroir), le Ciel (le chapeau), dont les attributs extrêmes ne conviennent pas à l'escargot, et enfin, le CUL (la culotte), dans la phrase finale, qui correspond au milieu du corps et où s'arrête l'escargot: c'est-à-dire entre le Ciel et la Terre, qui comme nous allons le confirmer ensuite, rappelle le concept purement maçonnique de médiateur.

Je la mets dans ma culotte, Elle me fait trois petit crottes. - l'initié.L'escargot dans la culotte, est mis en rapport avec le CUL, ou la lune, emblème du gastéropode à cause de ses cornes. Quant aux trois crottes, elles font immédiatement penser aux trois points maçonniques, à cause bien entendu de notre analyse précédente. Pure imagination? Ce n'est pas si sûr lorsque l'on constate que crotte en grec se dit Koutsoulia, mot dans lequel on retrouve la racine Koutso qui est celle du boiteux, de l'argoteur, de la marelle... c'est-à-dire celle de l'initié.Alors on peut désormais poser la question qui est en elle-même une comptine: "Escargot Margot?" (Est-ce qu'argote m'argote?)

Gravure d'un franc-Maçon : l'h aux escargots. Mais ce qui frappe le plus, après analyse, c'est la forme des bras de l'homme aux escargots: observez le bras du haut en forme d'équerre vers le ciel et le bras gauche dont la main prend la forme d'un compas, dirigée vers la terre.
L'homme-colimaçon est placé entre l'équerre et le compas, médiateur entre le Ciel et la Terre, attributs mêmes du franc-maçon. Ceci pour montrer qu'en langue des oiseaux, depuis les temps les plus reculés, Arlequin signifie le boiteux et Pierrot l'accompagne toujours."C'est en effet le représentant du serpent qui séduisit Ève et dont il a conservé les vêtements bigarrés et les formes onduleuses. Depuis le commencement des siècles, il est décapité et Pierrot pendu." Maintenant considèrons l'information suivante, toujours donnée par Grasset d'Orcet, en page 23

"[...] le "sans bras" ou le "manchot" est le nom scandinave du reptile "gorm", qu'il soit "ver, limace, chenille" ou "serpent". Mais en Auvergne, le héros de cette singulière épopée, l'ennemi du feuillage, représentant de l'aristocratie et de la fainéantise, c'est le "perceval" ou "escargot"."

Ce qui peut se résumer par: le boiteux (Harlequin), père du chevalier Perceval en langue des oiseaux (synonyme phonétique de Bliaucadras), est donc aussi le père de l'escargotqui est sans bras, donc un manchot.

LE DRAGON

Ainsi observons que lorsqu'il est terrassé, le dragon est représenté avec une lance qui lui transperce la gueule.La lance est un symbole de l'Axe du Monde.

Or l'Axe du Monde symbolique passe, sur Terre, par un Centre du Monde, appelé ou représenté aussi parfois comme le moteur d'une roue: on le nomme alors le feu de roue.

La couleur rouge est donc la couleur symbolique que nous donnerons désormais à notre Centre du Monde, ou Feu de Roux.A noter, toujours en rapport avec l'unité du symbolisme du Centre du Monde, que le Christ, dont nous avons montré qu'il était l'archétype même du Centre du Monde (en tant que manifestation de Dieu se déployant dans les quatre directions de la croix), est souvent figuré en ésotérisme comme ayant les cheveux... roux.Or, pour revenir à notre sujet, en langage des blasons, qui est un jargon du Moyen-Age similaire au langage des oiseaux, le mot Gueule est utilisé pour désigner la couleur Rouge...

Reprécisons notre idée: un dragon, dont une lance passe par sa gueule pour le terrasser, gueule d'où les légendes font sortir du feu...

Il est aisé de faire l'analogie avec l'Axe du Monde qui passe, sur Terre, par un Centre du Monde, appelé aussi Feu de Roux.

Ainsi, derrière le monstre répugnant qu'est le dragon se cache ce secret tant convoité: ce que certains nomment le Graal, d'autres le feu de roux. D'ailleurs, il est intéressant de noter le fait que le sang, de couleur rouge (comme la rose à l'intersection de la croix), est le contenu du Graal...

Ce n'est pas pour rien, aussi, que l'on dit des dragons (comme des gnomes) qu'ils sont gardiens de trésors!!! Et l'on comprend alors que pour le domestiquer (comprendre: pour le terrasser), il faille lui transpercer la gueule d'une lance.

Sauf que l'agent terrasseur n'est pas de cette terre (l'Archange est de nature divine) ou s'il l'est (Saint-Georges est de nature humaine) il lui faut une monture, pour ne pas se mouiller... Il lui faut une cabale?

FULCANELLI ET LE DRAGON :

le dragon est choisi comme représentant le hiéroglyphe de la matière minérale brute avec laquelle on doit commencer l'Œuvre. Dracon a pour racine dercomai,regarder voir, et, par extension, vivre, mot voisin lui-même de derceunhz,qui dort les yeux ouverts. La langue primitive nous révèle, à travers l'enveloppe du symbole, l'idée d'une activité intense, d'une vitalité perpétuelle et latente enclose dans le corps minéral.

" Les mythologues nomment notre dragon Ladon, vocable dont l'assonance se rapproche de Laton et que l'on peut assimiler au grec Lhqw,être caché, inconnu, ignoré, comme la matière des philosophes.

" L'aspect général, la laideur reconnue du dragon, sa férocité et son singulier pouvoir vital correspondent exactement avec les particularités externes, les propriétés et les facultés du sujet. La cristallisation spéciale de celui-ci se trouve clairement indiquée par l'épiderme écailleux de celui-là.

" Semblables sont les couleurs, car la matière est noire, ponctuée de rouge ou de jaune, comme le dragon qui en est l'image. Quant à la qualité volatile de notre minéral, nous la voyons traduite par les ailes membraneuses dont le monstre est pourvu. Et parce qu'il vomit, dit-on, quand on l'attaque du feu et de la fumée, et que son corps finit en queue de serpent, les poètes, pour ces raisons, l'ont fait naître de Typhaon et d'Echidna. Le grec Tujawn, terme poétique de Tujwn ou Tujwz, - le Typhon égyptien,- signifie remplir de fumée, allumer, embraser." 'Ecidna n'est autre que la vipère (Python?). D'où nous pouvons conclure que le dragon tient de Typhaon sa nature chaude, ardente, sulfureuse, tandis qu'il doit à sa mère sa complexion froide et humide, avec la forme caractéristique des ophidiens. "

/www.regnabit.com/artgauth/

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