Pensée, mesure, Logos, Verbe, Cosmos
Lien pensée, (étymologie=peser), mesure, cosmos, logos +++
Quelques extraits:
P2 L'expression kata kosmon devait certainement signifier cette idée de convenance, ce qui est approprié, et par suite, beau et ordonné. Elle ne devait pas désigner « l'ordre » en tant que tel. C'est progressivement qu'un tel sens lui est donné.
L'expression kata kosmon a le même sens que kata metron.
Si ce qui est mesuré est ce qui approprié au système de valeurs établi, il reste à déterminer ce sytème. Le lien dans la pensée archaïque de la société humaine avec la société des immortels rappelle que la hiérarchie humaine des valeurs dépend de l'ordre divin. Par ce biais, le kosmos s'affranchira progressivement de son sens religieux pour devenir une notion philosophique adaptée à la désignation de l'univers.
la mesure et le cosmos sont des réalités ou, en termes philosophiques, des principes supérieurs à l'individu auxquels celui-ci doit se conformer pour agir bien.
La convenance est dictée par les saisons. La temporalité présentée par Hésiode est donc cyclique et laisse apparaître le thème du devenir cosmique structuré par des moments principaux. Le temps humain se modèle sur le temps des astres, des saisons, et en dernier ressort sur le temps divin. Certes, la notion même de kosmos n'est pas encore constituée comme telle, mais le verbe kosmein revêt clairement la signification d'un ordre à respecter; et cet ordre est temporel. Cet ordre est aussi dicté par "la loi des champs".
le ciel est rythmé par un mouvement temporel précis plus que par des mesures spatiales. Les « mesures » deviennent un véritable principe d'organisation sous-jacent à l'apparente irrégularité de certains phénomènes célestes. C'est la connaissance de cet ordre qui permet au marin de partir et de revenir aux moments propices.
P6 Sens cosmologique du kosmos et du metron. La notion de kosmos, appliquée à la nature, ne peut être constituée que par l'intermédiaire de la notion de mesure.
Le kosmos des philosophes est cet ordre harmonieux qu'il s'agit de contempler et de connaître. Le cosmos est une totalité qui unifie une multiplicité d'éléments. La mesure désigne précisément un principe d'organisation de la multiplicité des éléments qui composent le cosmos. Il revient à la mesure d'être comme un principe d'unification. Aristote propose une telle compréhension de la mesure lorsqu'il définit l'Un comme mesure (metron) de toutes choses en Métaphysique, Ι. En somme, la notion d'ordre est renouvelée en correlation
avec l'idée de mesure suivant trois axes majeurs: 1) « ordre » et « mesure » seront désormais liés au logos, et prendront progressivement un sens cosmologique et physique avec le développement des mathématiques et de
l'astronomie; 2) ensuite, « ordre » et « mesure » sont intégrés dans une réflexion sur l'opposition entre l'Un et le Multiple; 3) lié à l'idée précédente, ces deux notions s'inscrivent dans le problème du devenir de la nature à
partir de l'origine (archè). Ces trois axes s'inscrivent dans une compréhension nouvelle de l'espace et du temps.
C'est particulièrement en astronomie que la relation entre mesure et kosmos s'opère. Comme l'a remarqué A. Finkelberg, kosmos pouvait signifier dans certains passages le ciel: il s'agit du ciel étoilé rempli d'astres. Le lien rendu possible par l'astronomie est le fait de rendre « manifeste » les « mesures » qui gouvernent le monde. Le travail astronomique a consisté à appliquer la géométrie à l'espace étoilé, et l'arithmétique à calculer et à prévoir le temps astral.
LOGOS La « mesure » est comme une conséquence de l'action du logos sur l'ensemble des choses, des éléments et des astres. Cette action consiste à rendre possible le kosmos, l'ordre du monde. D'une part, l'ordre du monde est redevable du logos, d'autre part, la connaissance consiste à saisir les articulations véritables qui sont réalisées par le logos dans le monde, c'est-à-dire en « divisant selon la nature et montrant ce qu'il en est ». La division du monde n'est rien d'autre que l'existence de mesures qui déterminent les rapports que les choses entretiennent entre elles.
Produire signifie faire advenir à la génération suivant le logos. Cette production donne donc aux notions d'ordre et de mesure une dimension cosmique. Il s'agit d'abord de l'art humain, comme la musique;
Sur le blog Amour troubadour, chapitre III Roman du Graal dévoilé
Eon: Il se dit "fils de Dieu", juge des vivants et des morts et maître du monde, faut-il entendre mètre, c'est-à-dire mesure du monde par rapport aux normes cosmiques - la vieille Loi-?
... rectangle solsticial qui détermine une géométrie particulière. Donnerait-il la mesure?
- Je me souviens que le premier sanctuaire de Chartres était dédiée à la Grande Déesse-mère puis à la Vierge noire. La coudée est localement déterminée par référence à la "géométrie solaire", le rectangle solsticial étant subdivisé en coudées (avec un nombre rond pour faciliter les calculs, la coudée est la longueur d'environ un avant-bras). Ainsi on peut effectivement dire que le 48° parallèle détermine sa mesure.
- OK, dit Clarance, c'est vrai que pour nos ancêtres tout était en cohérence, les oeuvres de l'homme devaient se mettre en harmonie avec le cosmos et comme le rappelle Fernand, tout est relié par le Nombre, le poids et la mesure.