https://www.luminessens.org/post/2018/06/11/sirius
Astronomie :
Selon Xavier Demeersman dans son article pour Futura Sciences,
"Sirius est l'étoile la plus brillante du ciel (hormis le Soleil). [...] Elle scintille de toutes les couleurs, relativement bas, lorsqu'elle culmine au-dessus de l'horizon sud (méridien). Cette étoile de magnitude négative (-1,46) brille dans la constellation du Grand Chien, qui suit le célèbre Orion.
Située à seulement 8,6 années-lumière, Sirius (Alpha Canis Majoris, α Canis Majoris) est la cinquième étoile la plus proche du Système solaire. (note : la 1° est dans le ciel Austral : alpha Centauris, Sirius est la plus brillante du ciel boréal)
Si nous la voyons si brillante, c'est avant tout de par son voisinage dans notre Galaxie.
Plutôt proche de nous relativement à la taille de notre Galaxie, Sirius a par conséquent un mouvement apparent dans le ciel assez rapide. En comparant la position de Sirius relevée par Hipparque avec celle qu'il observait au XVIIe siècle, Edmond Halley remarqua que l'étoile s'était déplacée d'environ 30 minutes d'arc (soit la taille de la Pleine Lune) en 18 siècles.
Symbolisme :
Selon Emmanuel Kant, dans son ouvrage Histoire naturelle générale et théorie du ciel ou Essai sur la constitution et l'origine mécanique de l'univers (1755, traduction C. Wolf) :
Il me semble très probable que Sirius est le corps central du système que forment les étoiles de la Voie lactée, et qu'il occupe le point vers lequel tendent toutes ces étoiles.
… la bande de la Voie lactée a sa plus grande largeur dans la portion comprise entre les constellations du Cygne - lieu où doit se trouver le corps central de l'Univers, vers lequel tendent dans une chute commune tous les éléments de cet Univers.
Quels sont les caractères de cette pierre fondamentale de toute la création, que se trouve-t-il à sa surface ? C'est un point que nous laisserons à déterminer à M. Wright de Durham. Cet auteur, plein d'un enthousiasme fanatique, plaçait en ce lieu fortuné, sur le trône de la nature entière, un Etre puissant, de nature divine, doué de puissances spirituelles d'attraction et de répulsion, qui exerçait son action dans une sphère infinie, attirant à lui toutes les vertus, et repoussant tous les vices.
Nous ne laisserons pas notre imagination, à laquelle nous avons peut-être déjà trop lâché les rênes, s'égarer dans de telles spéculations. La divinité est partout également présente dans l'infini de l'espace ; partout où il existe des êtres capables de s'élever au-dessus de la dépendance des choses créées jusqu'à la communion avec l'Etre suprême, il est également proche. La création entière est pénétrée par ses forces ; mais celui-là seul qui sait échapper aux liens de la créature, qui a le cœur assez haut pour croire que le comble suprême de la félicité ne peut se trouver que clans la possession de cette source première de la perfection, celui-là seul est capable de s'approcher, plus que toute autre chose dans la nature entière, de ce vrai point d'attraction de la souveraine Beauté.
Cependant si, laissant de côté la conception enthousiaste de l'auteur anglais, j'avais à me faire une idée des divers degrés de perfection du monde des esprits d'après le rapport physique de leur lieu d'habitation [c'est dans l'environnement] du Sagittaire [que mes yeux se tourneraient] ; par suite, c'est donc de ce coté que notre Soleil est le plus proche de la périphérie extérieure du système circulaire ; et dans cette portion, nous devrons regarder comme la plus proche de toutes la région des constellations de l'Aigle, du Renard et de l'Oie, puisque c'est là, à partir de l'intervalle où la Voie lactée se bifurque, que se manifeste le plus grand éparpillement des étoiles. Si donc on fait partir à peu près delà queue de l'Aigle une ligne qui traverse le plan de la Voie lactée jusqu'au point opposé, cette ligne doit passer par le centre du système, en fait elle passe à très peu près par Sirius, la plus brillante étoile de tout le ciel, qui, en raison de cette heureuse rencontre si bien en harmonie avec son éclat prépondérant, parait mériter d'être regardé comme le corps central."
(Note astronomie : le centre de notre galaxie est un trou noir situé dans le sagittaire.
https://www.cosmovisions.com/cega.htm
Le centre de la Voie lactée se situe à 26 000 années-lumière du Système solaire dans la direction du Sagittaire. Cette région est inaccessible à l'observation dans le domaine visible à cause de l'interception de cette lumière par les poussières concentrées à proximité du plan du disque galactique.)
Sur forum Quora : Kant en 1755 avec l’aide des études de Wright émit l’hypothèse que la Voie lactée est un corps en rotation retenant des milliers d’étoiles par gravité comme le soleil retient les planètes de notre système solaire. )
Selon Jean-Baptiste Biot, auteur de Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyptienne, appliquées aux monumens astronomiques trouvés en Égypte. (F. Didot, 1823) :
On s'accorde aussi généralement à reconnaître l'emblème de Sirius dans la représentation d'une vache, dont la tête est surmontée d'une étoile, Plutarque nous apprenant encore que l'étoile Sirius était consacrée à Isis ; dont une vache était l'image, comme le bœuf était celle d'Osiris. Ce symbole de Sirius est placé sur le prolongement du rayon, mené du centre du monument à la figure emblématique substituée au Cancer.
Nicole Bertolucci, auteure de Chemin d'étoiles, Astrologie stellaire (Éditions Quintessence, 2014), présente Sirius :
Origines, mythologie et symbolisme : Également appelée « l’Étoile du Chien », la « Royale », la « Brillante », Sirius est l’étoile la plus brillante dans le ciel. C’est une étoile double, blanche et jaune, située dans la bouche du Grand Chien. En Perse, son nom signifie le « Créateur de Prospérité ». Les anciens croyaient que Sirius était le Soleil central de la voie lactée et le poète Manilius dit de cette étoile qu’elle était un « Soleil lointain illuminant les corps subtils ». Le Dr Gonzales Tamez dit de Sirius : « Parce que l’étoile Sirius est le centre de gravité de notre amas stellaire local et l’étoile la plus brillante de celui-ci, il a été avancé que Sirius était le Soleil du Soleil, ce dernier tournant autour de Sirius tout comme la Terre tourne autour du Soleil. Le Soleil symbolisant l’ego dans un thème astrologique, le centre de l’identité individuelle, Sirius semble dès lors signifier dans un thème un centre supérieur de l’être dans sa totalité, un sur Soi ».
Sirius est l’étoile qui nous relie à l’Égypte ancienne…
En Égypte, elle est « l’Étincelante » et est reliée à Osiris et à Horus. Elle chasse la haine et, par sa seule lumière, protège des forces négatives. Elle apporte élévation de l’esprit et développement de la vision intérieure. C’est l’étoile brillante de Sumer. Son rayon est le rayon or. Sirius représente la lumière des guides, celle qui illumine ou qui brûle.
…Lors de son lever héliaque, les initiés et les alchimistes allumaient de grands feux pour fêter ce passage.
Dans la méditation : Reliée au plan angélique des Séraphins, elle apporte son aide pour le contact avec les plans subtils les plus hauts vibratoirement. Cette étoile peut être une aide, lorsque l’on médite au moment de son lever héliaque, pour tout travail en lien avec la magie égyptienne et le travail alchimique.
Selon Fabien Maman et Terres Unsoeld, auteurs de La Musique du Ciel (Guy Trédaniel Éditeur, 2015), Sirius est associée au Sud et est la "Gardienne des mémoires initiatiques. Elle illumine la voie spirituelle - nous aide à retrouver le chemin. Elle envoie une énergie très subtile qui n'a pas encore été intégrée par l'humanité." Elle représente "Celui qui montre le Chemin.
Pendant les 70 jours avant que Sirius fasse son apparition annuelle dans le ciel oriental les anciens Égyptiens refusaient d'enterrer leurs morts, croyant que Sirius était la porte de l'au-delà, ils redoutaient que pendant tout ce temps, les portes restent fermées. Sirius, l'Etoile du Chien, se tenait sur le pont de la Voie Lactée, montant la garde sur l'abîme. Osiris, roi de l'au-delà (également soupçonné d'être Sirius), décidait qui devait traverser le pont vers le ciel, et qui serait renvoyé vers le bas, dans leur prochaine incarnation.
Les Chinois ont reconnu ce domaine comme le pont entre le ciel et l'enfer. Les astrologues ésotériques préfèrent l'appeler "la rivière d'étoiles", porte d'entrée de l'océan de la conscience supérieure, avec Sirius debout comme le gardien du seuil. Elle est celle qui montre le chemin...
Les Anciens croyaient que Sirius était le soleil central de la Voie Lactée. Certains astronomes modernes s'accordent à dire que notre système solaire et notre soleil, tournent effectivement autour de Sirius, prenant 800 000 années pour en faire le tour, et 250 révolutions pour parcourir entièrement le circuit de la Voie Lactée. Si c'est juste, notre héliocentrisme deviendrait "sirio-centrisme", avec Sirius au centre, agissant comme le Père, qui ferait tourner notre monde et notre soleil, en orbite autour de son axe.
Influence sur l'Âme : "Le Soleil apparaît pendant la journée... La nuit, le Père montre la voie." (Terres Unsoeld)
Lorsque nous sommes perdus dans la vie, nos nous tournons vers le sud pour faire face à la lumière de Sirius, afin de clarifier les choses et essayer de savoir où nous en sommes. Avec le feu de Sirius, nous brûlons tout ce qui ne sert plus, pour créer un espace dans notre âme et retrouver notre chemin.
Dans la Méditation : Faisant face à Sirius, avec ses couleurs de l'arc-en-ciel comme un pont vers la source de Lumière blanche, nous nous perdons, afin de trouver la voie. Comme Kether, dans l'Arbre séphirotique, une fois que nous entrons dans la Lumière, nous n'en "sortons plus". Nous devenons un avec le Divin.
Adela-Marinela Stancu dans un article intitulé "Le champ sémantique du loup" (in - Literature, Discourses and the Power of Multicultural Dialogue (Iulian Boldea (Editor), Arhipelag XXI Press, Tîrgu Mureș, 2017) mentionne une analogie entre Sirius et le loup :
La Chine connaît également un loup céleste (l‘étoile Sirius) qui est le gardien du Palais Céleste (la Grande Ourse), comme terme d‘une constellation céleste. Ce caractère polaire se retrouve dans l‘attribution du loup au nord. On remarque toutefois que ce rôle de gardien fait place à l‘aspect féroce de l‘animal : ainsi, dans certaines régions du Japon, l‘invoque-t-on comme protecteur contre les autres animaux sauvages.
Symbolisme celte :
Hans-Rudolf Hitz dans un article intitulé "L'Ecriture de Glozel - Son déchiffrement - Son authenticité." (In : Revue archéologique du Centre de la France, 1979, vol. 18, no 1, pp. 73-84) montre comment il a assimilé la Swastika à Sirius :
Si on observe donc les diverses tablettes de Glozel, même superficiellement, on ne peut pas ne pas voir qu'un seul symbole très spécifique se répète fréquemment dans les inscriptions : le Swastika. Cette croix gammée est un signe graphique dont les branches ont la forme coudée de gammas tournés dans le même sens (A. Morlet, 1930). On dit de ce Swastika qu'il représente un symbole solaire ; en Irlande existait la coutume suivant laquelle les filles tressaient des croix en forme de Swastika pour le jour « d'Imbolg » — c'était le 1er février — en l'honneur de sainte Brigid. Mais, le Swastika était aussi connu chez les anciens peuples dans diverses parties du globe, et il semble qu'il représentait le « symbole de la génération ».
Poursuivant l'étude de ce Swastika, je reçus un jour une indication inattendue sur la signification de ce symbole. Quand j'étudiais les coutumes liées au solstice d'hiver chez les indiens dits « Hopis » de l'Amérique du Nord, je fis la découverte remarquable que le Swastika ne représentait pas le soleil, mais un autre astre encore plus brillant : Sirius !
Les Hopis se considèrent comme les premiers habitants de l'Amérique et ils sont d'après leur foi un peuple choisi. Ils nous racontent l'histoire de son origine et de sa survivance des trois anciens mondes submergés.
Leur conception du monde est une religion de la nature, et leurs coutumes, leurs danses, leurs prières et chants religieux ne se comprennent que par l'harmonie de l'univers.
Une de ces tablettes avait été donnée aux Hopis par « Masaw », le dieu du « Clan du feu ».
description du rite « WUWUCHIM », la première festivité lors du solstice d'hiver chez les Hopis, et cette partie du texte porte comme titre « le contrôle des étoiles » :
« II y a sept chants, et nous devons faire attention de les chanter avant que les sept étoiles, Chôôchôkam (ce sont les Pléiades) aient disparu du ciel. Au moment où le chant de la récolte est terminé, Hotomkam (c'est Orion) disparaît au couchant (environ 2 h 30).
Nous avons alors un moment de repos, tandis qu'un des anciens s'en va en dehors (l'observation des astres se fait par une ouverture du Kiva, du temple souterrain) pour viser Natupkom (c'est Castor et Pollux), suivi peu après par une grande étoile, Talawsohu (c'est Procyon). Notre dernière partie du rite doit être achevée avant que le plus ancien, qui observe le ciel, voit apparaître la grande étoile par l'ouverture du toit du temple... Alors, continue le chef, apparaît dans le Sud-Est une autre étoile, Ponochona (c'est Sirius = l'étoile des chiens). C'est l'astre qui contrôle la vie de tous les êtres vivants dans le royaume des animaux. Son apparition traduit l'intention harmonieuse du créateur qui demande que les hommes vivent en harmonie avec tous les animaux de ce monde. Le chant dans la Kiva s'arrête quand se lève sur l'horizon le soleil. Avec son apparition notre cérémonie est terminée. »
En lisant ces phrases, j'eus tout à coup une certaine inspiration et je ré-examinai la tablette avec la figuration du Swastika (fig. 1). Parce que j'avais déjà antérieurement soupçonné (nie le signe du Swastika ne représente pas le soleil, mais Sirius, je tenais tout à coup en main cette ultime preuve. En comparant donc la citation du rite astral avec les symboles gravés sur la tablette, j'aboutis à la conclusion suivante :
« En haut à gauche, on constate le Swastika — c'est Sirius ; à droite de lui on voit un cercle avec trois points — ça devrait être Procyon. Dessous est figuré un autre cercle avec trois (ou quatre) branches et à côté un angle droit, cela représenterait donc, toujours d'après la citation du rite, " Castor et Pollux ". A gauche de cette figure on voit un serpent — c'est la désignation de la voie lactée, et plus à gauche, au-dessous de Sirius on constate un symbole en forme de V — ce serait donc la partie supérieure de l'Orion. Mais ici, il manque le coin de la tablette cassée ! Sans doute, on y aurait trouvé la figuration du reste de l'Orion, mais plus bas on aurait aussi observé le symbole pour les Pléiades, comme cité dans le rite. »
Ainsi, je trouvai mes suppositions confirmées sur l'atlas céleste et toutes mes réflexions coïncidèrent avec les constellations de ces astres sur cette carte. On pourrait donc seulement y ajouter que l'homme sans tête sur le revers de la tablette représente sans doute Orion, le chasseur décapité selon d'autres mythes, lorsqu'il cherchait à chasser les Pléiades, dont les sept étoiles étaient considérées comme « sept oiseaux ».
François Delpech, Le cycle des septuplés. Examen de quelques versions folkloriques et hagiographiques celtiques (Première Partie: Les Sept Saints de Bretagne). Boletín de Literatura Oral, 2012, vol. 2, p. 25-54.
L’une des spécialités les plus constantes des Dioscures et autres divinités géminées est le sauvetage in periculo maris, fonction qu’ils partagent avec la blanche et aurorale Leucothée, que les latins ont identifiée à Mater Matuta. Remarquons le fait que ce plongeon est ici associé à une ordalie, plus particulièrement une ordalie de pureté sexuelle. Beaucoup d’épreuves de ce genre prennent en effet la forme d’une précipitation dans les flots, comme c’est le cas dans le thème du « saut de Leucade ».
Il est fort probable que le thème des jumeaux jetés à l’eau, qui est au centre du cycle légendaire que nous examinons et de toute une série de récits de jumeaux exposés ou largués au fil des eaux dans un coffre flottant, est en relation directe avec l’incertitude traditionnelle sur leur légitimité et avec des rituels analogues à celui du « jugement du Rhin », dans lequel on rend le fleuve arbitre des paternités douteuses.
L’apparition d’un épisode de ce genre dans la légende des sept jumeaux de la reine d’Irlande est particulièrement digne d’être relevée car l’une des plus anciennes occurrences du thème se trouve précisément associée d’une part à l’Artémis d’Ephèse, d’autre part aux Sept Dormants.
Il s’agit de la double ordalie de pureté sexuelle imposée à Leukippé et à Mélitté — deux surnoms d’Artémis — dans le roman grec des Amours de Leucippe et Clitophonέ où la première doit prouver sa virginité en se soumettant à l’épreuve de la grotte de Pan, et la seconde sa fidélité conjugale en subissant l’épreuve de la fontaine de Styx, dont l’eau bouillonne au contact des femmes adultères.
Ces rites et légendes de lustration, ici réinterprétés dans le contexte d’une ordalie, relèvent sans doute d’une symbolique calendaire plus générale liée à la période dite « caniculaire » et au régime des eaux, dont la régulation est particulièrement critique en cette seconde moitié du mois de juillet, où se massent les fêtes respectives des Sept Dormants, de saint Jacques, de sainte Madeleine, de saint Samson, et de sainte Marthe, dont j’ai essayé ailleurs de montrer la dimension caniculaire, de saint Elie, dont le nomΝ se retrouve dans « Elyas », héros de l’une des versions les plus connues de la légende du chevalier au Cygne, et dans les « Elies », souvent au nombre de sept, du folklore ossète. Période où, sous le signe des Pléiades et de Sirius, s’affrontent les forces de l’humide et du sec, où alternent les rituels d’exposition solaire et d’immersion, où enfin l’échauffement et le pourrissement général de la nature provoquent un dérèglement sexuel, canalisé par des rites orgiastiques présidés par une entité sacrée féminine particulièrement liée à la luxure, que ce soit pour la réprimer sous son aspect artémisien, ou pour l’exalter sous son aspect aphrodisiaque (cf. les deux « Marthe » et le soupçon d’impureté qui plane sur les épouses des sept rishis dans les équivalents indiens de cette mythologie.
Venceslas Kruta rappelle dans un article intitulé "Têtes jumelées » et jumeaux divins : essai d’iconographie celtique". (In : Études celtiques, 2016, vol. 42, no 1, pp. 33-57) que Sirius a un lien avec Lug :
Quelle que soit l’identification du second jumeau, il semble que les «têtes jumelées» de l’iconographie de l’art celtique représentent les Dioscures, les jumeaux divins de la tradition indo-européenne. Des deux, Lug était particulièrement vénéré chez les Celtes, car il était le sauveur des dieux, le porteur de la lumière du jour, de la belle saison et donc de la vie en général. Sa fête, Lugnasad, aurait été déterminée par le lever héliaque de Sirius, l’étoile la plus lumineuse de notre firmament. Son omniprésence dans l’iconographie préromaine n’a donc rien de surprenant.
Mythologie :
Eugène Huzar, auteur de La fin du monde par la science. (Librairie de E. Dentu, 1858) met en lien Sirius avec des mythes eschatologiques :
« Les Égyptiens dans leur mythologie reconnaissaient des périodes ou cycles de 1400 ans et même plus considérables qui devaient être terminés par des révolutions générales dans la nature tous les 3000 ans, disait la tradition, » à l'équinoxe du printemps, quand la sécheresse exerce son empire. Quand on attend la corne de salut et d'abondance, au lieu de l'inondation du Nil survient un déluge de feu, le monde entier est la proie des flammes, et la terre sacrée d'Hermès s'évanouit elle-même en fumée, puis Sirius revient, et avec lui l'inondation préservatrice. »
Il faut remarquer ceci, c'est que chez les Hindous Wichnou est le principe de l'eau et Siva le principe du feu, comme en Égypte Typhon est le feu, et Sirius est l'eau. Le grand rôle de Sirius et de Wichnou est donc d'éteindre l'incendie allumé par Siva et par Typhon. La fin du monde arrive donc par le feu, c'est-à-dire par Siva et Typhon qui consument tout : puis le déluge représenté par Wichnou et par Sirius vient éteindre l'incendie, et une nouvelle création sort du sein des flots qui la portaient en germe. Aussi les anciens adoraient-ils Wichnou et Sirius, ou l'élément liquide, comme symboles de régénération, et considéraient-ils Siva et Typhon ou le feu, comme les destructeurs du monde.
En Égypte, Hermès ou Sirius est encore l'esprit des esprits, c'est lui qui mène et ramène les âmes par toutes les sphères et assiste à la fin et au commencement de la grande carrière du monde et des temps, carrière fatale qui n'est autre chose que la grande année de trois millénaires après laquelle toutes choses se trouvent à leur première place et sont renouvelées.