Marelle, alchimie, initiation, escargot
https://dame-licorne.pagesperso-orange.fr/CHASSE/17-%20alchimie.htm
Le terme d'"alchimie" au sens strict du mot suggère un stade préliminaire ou primitif de la chimie. Cependant, l'alchimie n'a jamais été une proto-science bien qu'elle partage avec la science le même objectif, la conquête du savoir, le but ultime étant de parvenir à la connaissance de soi et à la complétude. Dès le début, l'alchimie a eu une dimension transcendantale, un souci éthique et une approche mystique tout à fait étrangers à la méthodologie scientifique moderne.
La Pierre Philosophale est le terme qui désigne l'objet du travail de l'alchimiste, il souligne le fait que la quête de l'alchimiste vise " la Connaissance d'Or " (aurea apprehensio). L'importance fondamentale de cette notion dans les écrits alchimistes provient du fait que l'alchimiste acquiert la connaissance à laquelle il aspire au cours de sa quête, la recherche étant plus importante que la récompense. La recherche est la récompense puisque la connaissance, autrement dit la conscience de soi, est la condition préalable à la liberté qui est le but ultime de l'alchimie " (pp.23-24)
" La confusion faite au sujet de la véritable nature de l'alchimie avait pour origine l'interprétation littérale de ce qui est censé être métaphorique. Quand les premiers alchimistes parlaient de transmuter un métal ordinaire en or, ils identifiaient le 'métal de base' plomb ou or métallique (aurum vulgi) à, respectivement, l'ignorant ou le néophyte, et l'or, appelé or philosophique (aurum philosophorum) à la Compréhension d'Or (aurea apprehensio) qui est l'objectif à atteindre par l'adepte. (p.44)
Arturo SCHWARZ, Kabbale et Alchimie, Oxus, 2005
Autrefois, la coquille que le pèlerin rapportait de Saint-Jacques de Compostelle ou du Mont Saint-Michel se nommait " la mérelle " ou " marelle ". La " mérelle ", c'est dans la Langue des Oiseaux " la mère de El " = " la mère de la Lumière " (El = Elohim = Dieu). Elle a donné sa forme au bénitier qui devient pour les alchimistes le réceptacle du Mercure.
Escargot http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/2014/02/13/29201143.html
dans la langue des oiseaux, l’ «escargot» deviendra «est-ce que argot».
L’argot est un langage codé utilisé entre initiés afin de garder secrète leur pensée. Nous allons donc retrouver notre escargot en des endroits aussi incongrus que les comptines pour enfants ou les chapiteaux romans, les crops circles même, chaque fois dans un langage initiatique particulier.
Tout d’abord intéressons-nous à la spirale, représentée sur la coquille de l’escargot ou du nautile par exemple. « La coupe d'une coque de nautile fait apparaître une séquence régulière de loges qui correspondent aux différents stades de développement de l'animal.
Chaque loge est géométriquement semblable à la précédente, seule la dimension augmente. Cette succession sous-tend une spirale. On passe d'une loge à l'autre par une rotation autour de l'origine de la spirale. La spirale est une courbe de croissance harmonieuse où les triangles sont des demi-rectangles d'or. »
Nous retrouvons cette « courbe qui tourne autour d'un point fixe en s'en éloignant » un peu partout dans la nature, de l’infiniment petit de la coquille du bébé limaçon aux nuages formant un cyclone, aux bras des galaxies.
La spirale est liée au mouvement et au temps. Elle figure un mouvement cyclique infini, partant d’un point central en évolution ou retournant au point central en involution. C’est une énergie qui part d’un point fixe, avec ses polarités, solaire dans un sens et lunaire dans l’autre, porteuse de vie et porteuse de mort.
Son symbolisme nous parviendra par l’intermédiaire des bénédictins, dépositaires du savoir des druides. Le rapport du nombre d'or qui préside à la construction de la spirale de la coquille de l’escargot en fera le signe spécifique des maçons, le limaçon.
La spirale est aussi un signe de fécondité, qu’elle soit physique ou spirituelle. La crosse de l’évêque participe de ce principe. Elle rejoint le symbolisme de la roue lié à la corne d’abondance, corne que l’on retrouvera bien sur chez notre escargot Margot.
Notre ami l’escargot, avec ses quatre cornes, participe des deux principes : il est d’ailleurs hermaphrodite. De la corne à la cornue il n’y a qu’un pas. Le bec de la cornue, en forme de corne, permettra aux alchimistes de transformer, purifier ou raffiner leurs matières premières. Le grand œuvre se fait lentement, à la vitesse d’un escargot.
L’escargot, par ses phases successives de mort et de renaissance rappelle les rites de passage initiatiques. Les premiers chrétiens posaient des coquilles d’escargots dans les sarcophages comme symbole de la résurrection et de l’immortalité de l’âme.
Dans l’art roman, l’escargot va reprendre toute cette symbolique. Il sera souvent sculpté près de la vigne. La vigne est symbole de connaissance et son rôle est d'enlever les barrières mentales empêchant la réception du spirituel.
http://misraim3.free.fr/divers2/esoterisme_dans_les_contes.pdf
Sachant que la mérelle est le nom donné à la coquille du pélerin de Compostelle,dont le pélerinage est initiatique (mérelle serait composé des mots grecs μητηρ etελη, mère de la lumière) nous pouvons alors retrouver, grâce au rapprochement avec le nom Marelle, les symboles que nous avons déjà interprétés dans nos autres études:
•Le claudiquant, le boiteux est le symbole de l’initiable, du Profane en marche versl’Initiation. En effet l’initiation a alors pour but de le faire “marcher droit”. C’est le Mat du jeude tarot, similaire à Saint-Roch et sa plaie découverte à la cuisse. Le fait d’être à cloche-pied permet d’ailleurs de montrer son genou, autre signe initiatique. Nous expliquons un peu plusloin pourquoi.
•Le caillou qui permet de progresser dans l’itinéraire initiatique. Nous le rapprocherons de lapierre philosophale des alchimistes, dont le rôle est le même: un support à la transmutation.
•Le dessin du chemin de la marelle lui-même, qui ressemble au plan d’une église, signe d’un itinéraire spirituel.
•Enfin dans nos deux cas montrés ci-dessus (et il y en a bien d’autres très semblables) examinons le symbolisme des nombres:
-les sept étapes dans la première marelle sont, sans surprise, celles du chiffre divin (7 estle symbole traditionnel de Dieu).
-Dans un même ordre d’idée, les neufs étapes de la seconde marelle mènent au Ciel (laneuvième étant l’Enfer à éviter, étonnamment placé juste avant le Ciel), le Ciel étant ladixième étape, ou le retour à une nouvelle unité (10=1+0=1) qui est l’atteinte du Centredu Monde. Remarquer que dans les deux cas la forme du Ciel n’est plus rectangulaire (le rectangle est le symbole du monde matériel) mais en arc de cercle, symbole de la perfection.
-Si nous devions faire une analogie risquée avec l’alchimie, au niveau des difficultés rencontrées dans ces deux versions du jeu, la deuxième marelle est plus élaborée et qualifiable d’”initiatique” (la voie humide plus longue et pleine d’embuches en alchimie?) tandis que la première marelle est plus de l’ordre de l’”ascèse” chrétienne (la voie sèche?).Dans l’intérêt de la suite de cette étude, nous tenons à faire remarquer que le nom grec de la Marelle est
Par le biais du grec, on comprend maintenant pourquoi le boiteux est le symbole de l’initié: c’esten effet aussi un jeu de mot pour exprimer le fait qu’il parle le langage des oiseaux, qu’il parle un langage secret!
Escargot (comptine souris verte)
Ça fera un escargot tout chaud – le colimaçon
Cet être de grâce est l’escargot. Et il ne faut pas se tromper: il s’agit d’un véritable baptême dans le Saint-Esprit qui est aussi le baptême du feu, principe intérieur de perfectionnement spirituel. Alors notre escargot est tout neuf mais c’est aussi un escargot tout chaud à cause de cela. Nous voici revenu au symbole mystérieux de l’escargot, que nous avons rencontré lors de l‘analyse du jeu de l‘Oie, en forme de spirale. Nous allons devoir nous y arrêter un instant.
-La spirale est fréquente dans le règne végétal (vigne, volubilis) et animal (escargot, coquillages, etc...). On la retrouve depuis l’origine des temps gravée par les Celtes sur les dolmens ou monuments mégalithiques.
-Symboliquement elle représente une involution vers un centre.
-Contrairement au labyrinthe, c’est un symbole optimiste: car rien n’est plus facile lorsqu’on part d’une extrémité de la spirale que d’en atteindre le centre. Il s’agit donc d’un état de voyage spirituel supérieur pour le pélerin qui est déjà initié. C’est pourquoi notre pélerin initié doit logiquement et symboliquement boiter ou claudiquer comme nous l’avons montré plus haut. C’est son aspect involutif .
-L’aspect évolutif de la spirale est le rôle dynamique de moteur que représente son centre, identique au moteur d’une roue : le centre reste immobile, bien que moteur, et la spirale évolue, la roue tourne. Si vous relisez notre étude sur le Centre du Monde, vous retrouverez cette propriété dans le symbole de la Rose qui se développe au centre de la croix. C’est le symbole de Dieu se manifestant sur terre.
Puisque nous abordons la Rose-Croix, nous allons prendre le risque de faire le raisonnement suivant:
-L’escargot est aussi appelé en argot un limaçon, et à cause de sa coquille en forme de spirale, un colimaçon . Sachant que l’on retrouve ce gastéropode sur de nombreux portails d’églises et de cathédrales, nous pensons que l’escargot représente en fait le maçon, le compagnon qui au Moyen-âge construisit les cathédrales et pour qui le travail atteignait une dimension spirituelle primordiale. La confrérie des compagnons maçons étant plus tard devenue Franc-maçonnerie, nous pensons que l’escargot reste un des symboles des franc- maçons, comme une dernière preuve nous le montrera à la fin de l’étude sur cette comptine.
-Un autre point important est que l’escargot est un symbole universel lunaire. L’escargot montre et cache ses cornes comme la lune apparait et disparait. Ce symbolisme de la CoRNe d’ailleurs (notez la sonorité en KRN) que l’on rapprochera de la CouRoNne de l‘élu.
-Enfin, et ce n’est pas négligeable, l’escargot est un animal hermaphrodite. Or le symbole de l’androgynat est primordial en hermétisme car il exprime la réunion des contraires, la disparition des dualités, le retour à une unité similaire à celle qu’exprime l’involution de la spirale. C’est l’Adam initial, celui formé de terre rouge (voir plus haut les réflexions sur le Sinople). La couleur symbolique de l’escargot pourrait donc être le rouge. La souris verte ainsi révèle sa véritable forme en un escargot rouge, ce qui parfait encore l’unité du symbolisme de cette comptine.
Je la mets dans mon tiroir, Elle me dit : il fait trop noir.
Je la mets dans mon chapeau, Elle me dit : il fait trop chaud – la Terre et le Ciel
Il est difficile ici d’interpréter sans prendre parti pris. A partir de l’hypothèse que nous avons prise, qui est celle d’une cérémonie d’initiation maçonnique, il nous semble que ces “épreuves” sont celles de la connaissance des “extrêmes” (l’adverbe “trop” montrant l’excès de l’épreuve). Cela nous fait penser en fait à l’épreuve de l’absynthe au goût trop amer, suivi de l’absorption de breuvage à base de miel, que nous avons rencontré dans certains livres de rituels maçonniques, qui permet à l’initié d’apprendre à “relativiser” les choses. En effet, comment apprécier la vie sans connaitre la souffrance et l’amertume? Une fois encore, nous vous laissons libres de juger par vous-mêmes sur ce point précis. Toutefois nous nous permettrons de justifier notre hypothèse en rapport au déchiffrement suivant: Tiroir en langue verte peut se dire Terroir, en rapport avec la Terre. On peut alors lire: Je la mets dans mon TERROIR, Elle me dit : il fait trop noir. Je la mets dans mon CHAPEAU, Elle me dit : il fait trop chaud. Nous avons alors la Terre (le terroir), le Ciel (le chapeau), dont les attributs extrêmes ne conviennent pas à l’escargot, et enfin, le CUL (la culotte), dans la phrase finale, qui correspond au milieu du corps et où s’arrête l’escargot: c’est-à-dire entre le Ciel et la Terre, qui comme nous allons le confirmer ensuite, rappelle le concept purement maçonnique de médiateur.
Je la mets dans ma culotte, Elle me fait trois petit crottes.– l’initié
L’escargot dans la culotte, est mis en rapport avec le CUL, ou la lune, emblème du gastéropode à cause de ses cornes. Quant aux trois crottes, elles nous font immédiatement penser aux trois points maçonniques, à cause bien entendu de notre analyse précédente. Pure imagination? Ce n’est pas si sûr lorsque l’on constate que crotte en grec se dit Κουτσουλια, mot dans lequel nous retrouvons la racine qui est celle du boiteux, de l’argoteur, de la marelle... c’est-à-dire celle de l’initié. Alors nous pouvons désormais poser la question qui est en elle-même une comptine: “Escargot Margot?” (Est-ce qu’argote m’argote?)
Coquille saint-Jacques, Mérelle, Géométrie sacrée
http://hermetism.free.fr/Jacques_Coeur_facade.htm
Selon Fulcanelli, dans Le Mystère des Cathédrales p. 178, à propos du palais de Jacques Cœur à Bourges :
"Parmi les hiéroglyphes favoris de notre argentier, la coquille saint jacques tient, avec le cœur, une place prépondérante. Les deux images sont toujours accouplées ou disposées symétriquement. Des balustrades, des panneaux et du marteau de porte, etc. Sans doute, dans la dualité de la coquille et du cœur, un rébus imposé sur le nom du propriétaire ou une signature sténographique. genre peigne (pecten jacoboeus des naturalistes) ont toujours servi d'insigne aux pèlerins de Saint-Jacques… La Mérelle de Compostelle… dans le secret symbolique, le principe Mercure (le Mercure est l'eau bénite des philosophes. Les grandes coquilles servaient autrefois à contenir l'eau bénite; sur les rencontres encore fréquemment dans beaucoup d'églises rurales.), appelé encore voyageur ou pèlerin. Elle est portée mystiquement par tous ceux qui entreprennent le travail et à la recherche de l'étoile (compos stella)... Rien de surprenant, dès lors, que Jacques Cœur a fait reproduire, à l'entrée de son palais, l' icône Peregrini si populaire chez les souffleurs du Moyen Age…
https://www.pelerins-compostelle.org/parchemin/parchemin9.pdf
Ainsi, je verrais bien le pèlerin avec, au lieu d’une coquille strictement profane, puisqu’elle vient des rivages de l’Atlantique, une étoile à cinq branches, parce qu’elle illustre universellement (figure de l’homme bras et jambes écartés plaquée sur un pentagramme) notre nature humaine que nous avons à travailler pour recouvrer notre état originel. Une fois arrivé à Compostelle il conviendrait de lui substituer une étoile à six branches car, construite avec un double triangle dont les pointes inversées réunissent le bas (la terre) et le haut (le ciel) et dont l’harmonie symbolise la perfection, elle traduit bien le changement de notre conscience, la redécouverte de ce rayon de lumière qui est inné en nous et qui reflète notre aptitude à la vie divine (Paul I C o 6,19)
http://convergences-et-perspectives.com/2019/03/08/coquille-saint-jacques/
Le « Veneranda dies », sermon extrait du Codex Calixtinus(1) confère une légitimité à ce symbole et le codifie en précisant que les deux valves du coquillage représentent les deux préceptes de l’amour du prochain auxquels celui qui les porte doit conforter sa vie, à savoir aimer Dieu plus que tout et son prochain comme soi-même. Et nous voici ramenés à la notion d’Amour déjà signifiée par la coquille dans la mythologie. Et en s’appuyant sur le premier épître de Jean (1Jn 4,16) « Dieu est Amour et celui qui demeure dans l’Amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » ce sermon précise que cet Amour de Dieu n’est pas seulement une idée ou une espérance, mais que, dans la foi, il est une rencontre avec ce Dieu qui nous a aimés le premier et nous permet de répondre à l’Amour divin. Car l’Amour est une énergie. Nous pouvons même dire qu’il est l’Energie Une, celle qui n’est pas limitée par l’ego, celle dont découlent toutes les autres. C’est l’agapè, terme grec qui exprime l’Amour infini de Dieu, l’Amour gratuit, traduit en latin par caritas, qui est devenu charité, celle qui conduit à la plénitude. Certes, le pèlerin ignorait peut être tout ce développement du symbolisme de la coquille qu’il arborait sur ses vêtements. Mais le Chemin, au fil des jours et des rencontres le lui rappelait résolument et , presque à son insu, il aimera son prochain comme soi-même, en application du commandement le plus important.(Mc, 12,31) et sous l’influence bénéfique de la coquille.
La coquille saint Jacques est aussi appelée Mérelle ou Mérelle de Compostelle. Mérelle signifie Mère de la Lumière. Elle évoque les eaux, c’est-à-dire la fécondité, l’énergie qui renferme quelque chose de délicat, de précieux. La perle est un trésor identique au grain de sénevé, à la pierre philosophale; symbole essentiel de la féminité créatrice. Cachée dans sa coquille, la perle est Connaissance nécessitant effort et persévérance. La perle a un caractère noble, dérivé de sa sacralité. C’est pourquoi elle orne la couronne des rois ; elle signifie le mystère du Soi rendu sensible. Elle joue un rôle de centre, lorsque les instincts sont maîtrisés : il s’agit de spiritualiser la matière, le corps, de transfigurer les éléments grâce à l’introversion de l’énergie, à la concentration que la perle cachée, puis découverte, représente justement. Nous sommes maintenant plongés dans un vocabulaire et un environnement alchimique, où Mérelle sert à désigner le principe Mercure, appelé encore Voyageur ou Pèlerin, ou encore « l’eau benoîte » des Philosophes. Car le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle est celui de la quête de l’intériorité, de cette perle précieuse comme l’est la démarche alchimique. Cette quête prend son départ en nous, tel que nous sommes (notre matière première) et nous conduit de dépouillement en dépouillement, de révélation en révélation, jusqu’à notre centre, source d’une vie nouvelle. Un guide intérieur, en qui nous mettons toute notre confiance, nous accompagne dans ce voyage, il est symbolisé par saint Jacques. Et, en arrivant à Compostelle, la coquille portée au chapeau, se transforme en astre éclatant, en auréole de lumière, car le premier but de transformation de la conscience est atteint. L’Adepte sait lire le Grand Livre de la Nature. L’étoile qui lui a servi de guide tout le long du parcours, maintenant illumine son esprit. Il peut la traverser et se rendre à Fisterra et, devant l’infini de l’océan, se préparer à la rencontre de l’Absolu.
Le logo européen a été établi par les graphistes espagnols Macua et Garcia-Ramos à la demande du Conseil de l’Europe. Nous connaissons tous cet emblème jaune sur fond bleu servant de balisage sur les chemins de saint Jacques. Nous étions tous, un jour très heureux de le revoir, nous croyant perdus sur le Chemin.

Que signifie-t-il exactement?
Nous pouvons lui trouver quatre niveaux de lecture différents :
1 – C’est l’emblème traditionnel des pèlerinages vers Saint Jacques. La représentation stylisée de la coquille saint Jacques dont nous venons d’évoquer le symbolisme.
2 – L’idée de convergence des chemins. Une représentation symbolique de l’ensemble des chemins de saint Jacques en Europe qui convergent tous vers cet unique point, situé dans la partie la plus occidentale de l’Espagne.
3 – Ce logo transmet également cette notion de dynamique des mouvements vers l’Ouest, de cette transhumance occidentale qui existe depuis l’aube de l’humanité, représentant en ceci la poursuite de la course de l’astre solaire, symbole primitif de la divinité.
4 – Mais le quatrième niveau de lecture est certainement le plus intéressant, car le plus ésotérique. Ce logo est obtenu à partir d’un cercle. Un cercle s’appréhende par une lecture double: il est ce que l’on voit, c’est-à-dire une forme pleine, homogène et statique, parfaitement fermée sur soi. Mais il est tout autant ce qui ne se voit pas : un vide, un abîme cachant en soi un chemin invisible, principe de toute ouverture. Il est donc l’intermédiaire nécessaire entre le visible et l’invisible. Il est au delà de la frontière qui existe entre le créé et l’incréé. Atteindre le centre du cercle c’est rejoindre l’origine et la fin, l’ Alpha et l’ Omega, c’est donc se libérer définitivement de sa situation terrestre et matérielle, c’est la finalité de toute initiation. Comme nous le savons tous, le cercle est composé d’un centre (qui vient d’être évoqué dans le chapitre précédent) et d’une circonférence. Celle-ci est divisée en douze parties égales. (Douze mois, douze apôtres, douze signes du zodiaque, deux fois douze heures, etc.) Le point ainsi obtenu et situé le plus à gauche, à l’occident, est le point d’où tout émane et où tout converge : le Principe.
Les deux points immédiatement adjacents sont reliés entre eux. Ainsi ils ne convergent pas vers le point focal, mais forment avec lui une trinité, la transcendance du ternaire. Les neuf autres points convergent vers le point focal, le Principe, et forment ainsi l’image d’une coquille symbolique. Ces neufs rayons qui irradient représentent les neuf degrés d’émanation du Principe, ils sont donc porteurs des neufs noms de Dieu, ceux que Dieu donna à Moïse sur le mont Sinaï. Ils représentent aussi les neuf niveaux de la hiérarchie angélique. Il résulte de ce schéma que nous avons désormais un moyen d’appréhender le Dieu incognicible par le biais de ses degrés d’émanations successifs et ses intermédiaires. Le Deus Absconditus ne se cache plus, mais se révèle à l’aide de ces neuf rayons, dans une nuit obscure, nous indiquant ainsi, à tous, la voie du retour, celle qui nous fait passer du multiple à l’Unité, celle qui nous replacera dans notre état primordial, celui de la Connaissance, quand nous étions nous même Dieu.
Gilbert Buecher
Document très étrange... mais évoquant la coquille saint Jacques et son symbolisme astronomique (aide-mémoire)
Le berceau des Cathédrales Maurice Guinguand
http://excerpts.numilog.com/books/9782851995568.pdf
labyrinthe de Saint-Quentin
https://ultreia.pagesperso-orange.fr/labyrnte.htm
mètre, phi, pi, origine égyptienne, géométrie
Révélation des pyramides (film)
Quadrature et Phi
https://messagedelanuitdestemps.org/index.php/2013/05/15/le-metre-est-une-unites-connues-depuis-la-nuit-des-temps/
Juste après la révolution Française, Napoléon lança une expédition en Egypte avec des centaines de scientifiques. Ils passèrent des semaines et des mois à désensabler la grande pyramide, à la mesurer sous toute les coutures, on raconte même que Napoléon dormit dans le coffre de la chambre haute. Or, il se trouve que le mètre est une unité dont l’étalon est contenu dans la grande pyramide. La chambre haute en granit inébranlable contient le mètre pour qui possède les clefs géométriques.
Talleyrand aurait proposé le mètre comme 1/10000 de la moitié du méridien de la terre. Mais là encore, la Grande Pyramide contient les dimensions de la terre, et pour les découvrir, il fallait désensabler la grande pyramide. Les premiers étalons très précis ayant été fabriqué en 1806, après la campagne de Napoléon en Egypte, par un certain Delambre… qui avait participé à la campagne !
En 1983, le mètre fut redéfini comme étant 1/299 792 458 ème de ce que parcours la lumière en une seconde.
Phi=environ 5/6 Pi
http://messagedelanuitdestemps.org/wp-content/uploads/2019/11/coudee-royale-epreuve-statistique.pdf
Isaac Newton avait déjà compris que la coudée royale mesurait 1,719 pied anglais, soit 52,39 cm. Et pourtant, à cette époque là, nous n’avions pas encore re-trouvé d’étalon gradué en bois ou en pierre. Newton à déduit cette mesure des dimen-sions et de la géométrie de la chambre haute de la grande pyramide. En effet, d’après les mesures, ce dernier constate qu’il s’agit d’un double carré, et que si l’on applique la valeur de 10 et 20 coudées, cela donne une mesure d’environ 52,36 cm.Enfin, au début du 19ème siècle, furent découvert les premiers étalons gradué. C’est Jomard, le premier qui publia une étude quant aux dimensions des 4 étalons à sa dispo-sition. Il en conclu que la coudée royale devait mesurer 52,35 cm. Son travail est confirmé par J F Saigey qui mesure la coudée de d’Amenemope et lui attribue la valeur de 52,35 cm. Les plans très précis de la grande pyramide par Gilles Dormion viennent 13conforter que la coudée employée mesurait 52,36 cm ± 0,01.
les Pythagoriciens qui pratiquaient une science à partir des nombres, la géométrie, l’astronomie et la musique. Expliquer les lois de l’univers via les nombres et la géométrie était le support des savants de l’antiquité.
il n’y a que 3 mesures possibles qui sont des multiples en nombre entier de PI et PHI2 , soit 1 chance sur 643 avec une précision de 99,9%.
ces 3 mesures sont la coudée royale (52,4 cm), sa moitié (26,2 cm) et son quart (13,1 cm) . On peut donc bien dire que seule la coudée royale est susceptible d’être un multiple de PI et PHI2 , avec une précision de 99,9 en admettant une coudée qui mesure entre 52,3 et 52,4 cm. Il y a finalement 1 chance sur 1931 que cette relation entre la coudée royale, PI et PHI2 , et le mètre soient une coïncidence.
https://messagedelanuitdestemps.org/index.php/2019/11/21/pi-phi-le-metre-et-la-coudee-royale-simple-coincidence-le-test-de-probabilite/
il est simple d’évaluer parmi toutes les mesures potentielles de la coudée, celles qui pourront présenter des rapports en nombre entier avec des constantes mathématiques connues ou aléatoires.
A partir d’un simple programme sur Excel, développé par Pierre Coussy, ingénieur programmeur de formation, nous avons pu voir que parmi les 19 000 unités de mesures potentielles entre la paume et la toise, il n’y en a que une seule qui est un multiple en nombre entier du nombre PI et simultanément du nombre d’or exprimé en mètre.
Il y a au mieux, une chance sur 19000 que la coudée royale soit un multiple de PI et PHI en mètre sans que la longueur de la coudée fut pensée en fonction du mètre et des constante PI et PHI.
De plus nous apportons une preuve matérielle souvent négligée à propos des mesures employées en Egypte. Il s’agit de la coudée longue découverte près de la pyramide de Lisht en 1915 et qui mesure 70 cm et qui est graduée en 7 sections de 10 cm, mettant ici en évidence l’emploi du système métrique en base décimale.
Commentaire: Je remarque que le rapport PI / PHI donne 1,94 et correspond en mètre à la toise utilisée en France avant la Révolution.
Mètre et rectangle solsticial égyptien prédynastique
http://www.univ-irem.fr/exemple/reperes/articles/87_article_586.pdf La naissance de la géométrie (égypte)
Voir figures + +
Aphrodite/bien-tôt Vénus représente un progrès : son mythenous explique la sexualité des poissons (quandle ciel vient féconder l’écume de mer). La figure du Vesica Piscis (Composée de deux cer-cles jumeaux -le centre de l’un sur le cercle del’autre) est l’une des plus simples, et doncdes plus anciennes. De celles qui servent dediapason aux géomètres du sacré pour iden-tifier leurs valeurs.
La vulve explicite qu’il représente, féminine donc, est pudiquement qualifiée de «déïque»,et les Pythagoriciens la considèrent commesacrée. Ce symbole est aussi attribué à Vénus,ou plus exactement aux entités qui portent le mêmetype de sens avant elle : le féminin sacré. Or selonle théorème de Pythagore, la hauteur de l’inter-section fait √3 fois le rayon. La racine exprime l’origine, la source, le mystère d’un élément. Maismême sans cette définition/explication qui entr-era tôt ou tard dans la tradition, le Vesica Pis-cis se rapporte explicitement au 3, entrainant aveclui les deux valeurs symboliques qu’il porte :féminin et sacré. Pythagore «découvre» ainsiun 3 féminin et céleste. Et à cette occasion, l’onpeut noter que le mot «céleste» gagne en nuancepar rapport au ciel de la fécondité évoqué plushaut. Cette nouvelle définition est en rupture avecles mythes archaïques, où le ciel est masculin.Mais Pythagore doit choisir entre un héritagede type primitif et la vérité que les mathéma-tiques dévoilent à ses yeux. La symbolique,qui deviendra tradition avec le temps, lui don-nera évidemment raison de choisir les mathé-matiques ! Dernière réflexion : les anciens serelient à des croyances quand ils n’ont pas lesmoyens de faire autrement, mais dès que l’outild’observation ou de construction le permet,leur raison se met en marche.
L’Antiquité a vécu deux étapes dansl’approche du nombre d’or. La plus connue,et même la seule que révèle l’écrit (l’his-toire ne se réfère qu’à lui, particulièrementquand il s’agit de peinture et de mathématiques),correspond à l’école grecque. Evaluer, mesur-er, comparer à l’unité, sont ses obsessions. Cetteécole prend l’irrationalité des nombres pourune provocation, et comme tout ce qui lapréoccupe, le nombre d’or est le résultat d’uncalcul, d’une équation. Pour les Grecs, l’expres-sion la plus puissante du nombre d’or est lePentagramme, et ses projections en troisdimensions dans les solides de Platon. Pythagorele prend pour signe de ralliement. C’est sonmandala, son viatique, la question éternelleattisant ses instincts de pugiliste et d’hommedressé. La version cachée du nombre d’orest égyptienne. Les Egyptiens inventent lagéométrie «juste avec les yeux», sur unquadrillage grâce auquel ils peuvent tout construire et tout démontrer (sans calcul et sansirrationnel). Leur figure de référence est le triangle sacré,qui sert soit-disant (?) à l’arpentage dans lescivilisations avoisinantes (Sumériens, Baby-loniens etc). Les Égyptiens identifient la pro-portion dorée du triangle, et ils en compren-nent le rôle autant que l’intérêt. Bien après lesPyramides, Pythagore va à cette école, et ildécouvre le « ∆ du Nil » désignant la diago-nale du double carré (révélation du Soleil deLouxOr). Il émet alors une option : et si ∆ =√5 ? Et tout s’éclaire ! Il dispose désormaisde deux exemples avec les triangles 1-2-√5 et3-4-5. Son célèbre théorème est né. Le pen-tagramme est connu de toutes les civilisa-tions antiques. Son rôle n’est cependant pasle même. La géométrie comparée établit le statutexact des figures, leur rôle et leur rapportavec les autres à l’intérieur des systèmes decomposition. Le triangle sacré est selon les cas,une simple corde à treize nœuds pour tracerdes angles droits ou la figure de base d’unegéométrie sacrée à la complexité époustou-flante... Le pentagramme est, de même, sujetà différents statuts dans l’antiquité et c’estPythagore qui en développe le premier lesaspects miraculeux...Les Egyptiens ne pensaient pas lagéométrie comme nous, arrière-petits enfantsd’Euclide. Ils se fiaient à l’évidence que lequadrillage offrait à leurs yeux.
L’origine du nombre d’or, en tant que pratique, remonte à l’Égypte pré-dynastique(vraisemblablement la civilisation de Nagada). À cette époque, le désert ne l’a pas encore séparée de l’Afrique noire. Nagada se développe sur le haut Nil, à une latitude où le solstice trace précisément, sur la table d’orientation, la diagonale d’un double-carré. La civilisationégyptienne est une civilisation du Soleil, et elle pratique le nombre d’or comme les anglesavec virtuosité. Curieusement, un même type de civilisation s’épanouit en Amérique cen-trale, à la même latitude...— Le nombre d’or est en grande partie responsable de la solidité des systèmes de composi-tion. C’est grâce à ses propriétés que les figures géométriques trouvent les coïncidences, lesliens qui les unissent. Ce nombre est dans la nature profonde du triangle 3-4-5, enfoui dans sastructure interne. En cela, la logique dorée ne se résume pas à une série de rectangles emboîtés.Le pentagramme expose également cette proportion, mais il s’appuie toujours sur une trame,un quadrillage dirigé par la figure initiale du triangle. De façon générale, l’on attribue à tort àla géométrie sacrée un esprit de proportions (ou de canons). Mais l’harmonie ne se suffit pasd’une simple multiplication, qui deviendrait magique dès qu’elle fait intervenir le nombre d’or.
Marelle, Labyrinthe, géométrie sacrée, triple enceinte, coquille saint-Jacques
https://folleautonomie.com/parcours-initiatique/
Le labyrinthe prend aussi la forme du jeu (entre autre celui du jeu de l’oie) où les créateurs multiplient les arabesques. Enfin, le labyrinthe est devenu le jeu de la marelle. Le radical de ce mot signifie « pierre », ce qui n’est pas sans rapport avec la construction de l’architecte Dédale. Mais par la forme même du tracé, ce jeu évoque les églises avec leur nef, leur transept et le chœur. Pareille christianisation du mythe initial montre qu’il s’agit maintenant non plus de s’égarer ou d’interdire à quelqu’un de trouver la sortie, mais insiste sur le cheminement spirituel à suivre : l’âme doit passer de la terre (l’entrée de l’église) au ciel (symbolisé par le chœur) en connaissant diverses vicissitudes (les cases de la nef et du transept).
Dans le jeu de la marelle, il s’agit de partir de la Terre et d’atteindre le Ciel en passant suivant les cas par sept cases chiffrées à cloche-pied, au moyen d’un palet, ou caillou, qu’il faut lancer dans chaque case.
Une variante de la marelle classique que nous connaissons tous, le passage enfer avant le ciel.
Il existe également un cas avec neuf cases dont huit chiffrées. Là, il faut monter jusqu’au Ciel en évitant l’Enfer et en récupérant un petit palet appelé Mérel à chaque étape. Ce Mérel est à rapprocher de la Mérelle (Mère de la Lumière), cette coquille qui ornait le couvre-chef de tout pèlerin de Compostelle, soit un parcours initiatique par excellence. La Mérelle et la Marelle sont donc à mettre en parallèle avec la symbolique suivante :
· Le claudiquant, le boiteux est le symbole de l’élève, de celui qui marche vers l’Initiation, de celui qui apprend à “marcher droit” malgré les embûches. C’est le Mat du jeu de tarot, le fol pèlerin blessé à la cuisse qui démarre son parcours labyrinthique parmi les arcanes majeures.
Note : Il s’agit du même mot que celui signifiant Marelle en grec qui sert de racine au mot grec signifiant le langage des oiseaux.
Le palet, le caillou qui permet de progresser dans l’itinéraire initiatique peut être rapproché de la pierre philosophale des alchimistes, son rôle est le même, un support à la transmutation.
· Le dessin du chemin de la marelle lui-même, qui ressemble au plan d’une église, signe d’un itinéraire spirituel.
Dans “Symboles de la Science sacrée” de René Guénon, on y découvre que la marelle représente l’Axe du Monde, le passage vertical entre la Terre et le ciel, et que monter et descendre (sur un seul pied) le long de cet axe en suivant différents degrés – chaque case étant associée à un état de l’être – permet à celui qui s’y exerce d’être totalement unifié, il peut ainsi s’identifier à l’Axe du Monde et monter vers le ciel ou descendre sur la Terre comme bon lui semble.
Le jeu en vaut la chandelle lorsque nous avons gagné par rapport à nous-mêmes, quand notre unification a eu lieu.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_du_moulin
Le jeu du moulin est un jeu de société traditionnel en Europe. Le tablier de jeu existait déjà dans la Rome antique. Aussi appelé jeu du charret (en Suisse), certains lui donnent le nom médiéval de jeu de mérelles, voire de marelle.
Marelle, jeu du moulin, triple enceinte
https://www.cathedrales-gothiques.com/geometrie-et-symbolisme-gothique-esoterisme-&-jerusalem-celeste-24
Pourtant, l’étymologie qui relie marelle au Grec meros est la plus séduisante. Meros comporte une idée de parts, de mesure, de répartition, ce qu’exprime parfaitement la trame géométrique d’une marelle.
La figure est indistinctement appelée triple enceinte, labyrinthe, carré magique, jeu du moulin ou marelle. Son origine se perd dans la nuit des temps. On en trouve en Égypte, à Troie il y a plus de 5000 ans, dans la vallée de l’Indus, en Irlande à l’âge de bronze. En France, on peut en voir sur des murs de châteaux, d’églises, de commanderies, sur des dallages, des grottes, des endroits très divers. Mais la liberté qui préside à ces dispositions interdit d’établir toute corrélation.
Le rapport de la triple enceinte avec le labyrinthe évoqué plus avant peut surprendre. Mais tout s’éclaire si on étudie le plan du site religieux d’Uruk en Mésopotamie. On aperçoit distinctement (fig. 5) une triple enceinte, dont chaque polygone présente une ouverture. Le tout constituant une sorte de labyrinthe simplifié.
Il s’est passé à Uruk ce qui s’est passé en Occident des millénaires plus tard : « Le labyrinthe prend la forme du jeu (notamment celui du jeu de l'oie). [...] Enfin, ultime avatar, le labyrinthe [devient] le jeu de la marelle ». Une nouvelle fois les symboles se télescopent, se renvoient les uns aux autres. Dans cet exemple, le rapport entre la triple enceinte et l’architecture est évident.
Reste la signification ésotérique du tracé. À la lumière du Liber chronicarum également appelé « Chronique universelle » ou « chronique de Nuremberg », on comprendra qu’il figurait un archétype architectural biblique, la Jérusalem céleste, (fig. 6). Ce dessin schématise la vision prophétique de la Jérusalem céleste donnée par Ézéchiel.
La croix celte, laquelle reprend sans conteste une symbolique druidique, se dissimule innocemment derrière la croix de la religion unique. Ainsi, peut-on tout à fait concevoir qu’un syncrétisme tardif ait permis la fusion de la croix celtique avec la symbolique de la Jérusalem Céleste. On remarquera que, de la même manière, la triple enceinte se cache au centre de la cathédrale, de la croix latine. Quant aux marelles dites « ordinaires » ou « des jours », elles semblent directement inspirées par des plans de sol d’églises chrétiennes.
Jusqu’ici, les marelles ont recelé un contenu opératif et symbolique. Il faut donc se demander si elles ne constituent pas une sorte de mode d'emploi, de guide des cathédrales. Nous sommes ici cousins d'un « argot de la cabane » ou d’un art goth de la cabale, que ne réfuterait pas François Villon. Avant toute chose déterminer les règles, dégager des corrélations. On observera que le dessin de la marelle détermine un chemin progressant de l'extérieur vers l'intérieur. Par la suite s'opère un mouvement de giration, aboutissant sur l'étape ultime, celui de la « Lune » ou du « Paradis ».
Si l'on accepte le parallèle entre ce jeu et un plan d'église, l’adepte rentre par le portail occidental et remonte la nef. Parvenu à la croisée du transept, qui dans la marelle ordinaire porte parfois le nom de « table », il emprunte le déambulatoire dans le sens indiqué par la succession des jours de la semaine. C'est-à-dire en sens inverse des aiguilles d'une montre. Cette giration sénestrogyre correspond au sens de la rotation terrestre, car chaque jour est gouverné par une planète. Ainsi dimanche correspond-il au Soleil, lundi à la Lune, mardi à Mars, mercredi à Mercure, jeudi à Jupiter, vendredi à Vénus, samedi à Saturne.
Selon les règles, le joueur s'engage ensuite dans le Paradis. Avec le « reposoir », c'est le seul endroit où la progression à cloche-pied n'est plus obligatoire et/où ils peuvent rester simultanément posés. On peut donc convenir que le cloche pied représente la marche, et le reposoir ou paradis, les endroits où l'on doit se recueillir, méditer les pieds collés au sol, en contact avec le tellurisme.
C'est donc un véritable labyrinthe que l'initié doit accomplir dans le sanctuaire pour en puiser les bienfaits. Ce concept de parcours mystique n’était pas inconnu d’Henry Vincenot qui en donnait une autre version et l'appelait « le petit labyrinthe » :
« Ils montèrent toute la nef centrale, la redescendirent gravement, prirent le bas-côté nord qu'ils remontèrent, passèrent devant le chœur, où ils firent une prosternation à genoux, redescendirent le bas-côté sud, remontèrent encore une fois la nef centrale, à pas très lents et s'arrêtèrent sur la croisée du transept, les yeux levés vers le fond de l'abside pendant un long instant ».Je vais rapprocher ce « petit labyrinthe » du parcourt des Tables du Grall (voir Les cathédrales retracées p.163) : « Les tables sont ici des creusets mystiques et symboliques, des réceptacles portant le Graal. Quiconque voudrait trouver ce Graal, doit le chercher sur les trois tables. De fait, l’agencement d'une cathédrale gothique les révèle immédiatement sous la forme d'une nef rectangulaire, d'une croisée carrée et d'un chœur circulaire.
Celui qui rentre par la nef marche à contresens du courant tellurique, il s'en imprègne. Apercevant la lumière du chœur, il avance, danse sur le labyrinthe, et une fois purifié prend place sur la croix du transept, table où la lumière des roses lui révèle l'axe du monde (axis mundi). L'esprit gagne deux directions supplémentaires.
S'il est digne de prendre place sur la table ronde, il se détournera du monde profane, faisant face au courant pour mieux s'en imprégner. L'esprit deviendra circulaire, transcendant les directions.
L'œuvre alchimique s'est accomplie, l'esprit du monde (spiritus mundi) a fait son œuvre. L'initié, le chevalier a fini sa queste, il a trouvé le Graal. »
C’est le moment de vous faire découvrir l'église wisigothe de la province de Lugo, en Galice. Elle illustre parfaitement ce propos. C’est son portail occidental, plus précisément son tympan, qui va retenir notre attention
On distingue à son sommet une croix grecque (dont les branches sont de taille identique) flanquée d’une lune à senestre et d’un soleil à dextre. Ces figures dominent un ensemble composé d’une marelle assise simple et d’une triple enceinte.
Nous sommes sur une terre celtique, traversée par le labyrinthe pèlerin menant à Compostelle. Au hasard de ces chemins sacrés, Romains, Wisigoths, Carolingiens, moines, compagnons et autres Cagots se sont rencontrés, ont travaillé, ont partagé leurs techniques. Demeurent en témoignage ces pétroglyphes qui, à chaque étape, témoignent de cette histoire secrète des hommes, des religions et des savoirs.
http://lespierresdusonge.over-blog.com/page-2455853.html
la figure appelée "triple enceinte" depuis le début du XXe s., utilisée par ailleurs de longue date comme tableau de jeu, était en fait, au Moyen Age, une représentation schématique de la Cité céleste biblique , et dans ce sens particulier, constituait un symbole en usage dans la charpenterie.
La Cité céleste ayant parfois dans l'exégèse médiévale un sens restreint de "forteresse", et puisque certains graffiti de "triples enceintes"en association avec des arcs schématiques pourraient laisser supposer que leurs auteurs furent effectivement des militaires, j'en conclus qu'une telle hypothèse méritait d'être étudiée.
Le sens symbolique de l'échiquier à l'époque de Charles V nous est bien connu, il nous est révélé par les textes nous l'avons vu. Il est d'ailleurs bon de préciser que le manuscrit de Jacques de Cessoles fut l'objet d'une très large diffusion dans toute l'Europe. Il eut de nombreuses adaptations ou inspira d'autres traités jusqu'au XVe siècle. Ill fut par exemple adjoint à plusieurs versions du Libvre du bon Jehan duc de Bretagne écrit par le chanoine breton Guillaume de St-André pour le duc de Bretagne Jean V, sous le règne de Jean II qui fut père de Charles V, mais sous une forme versifiée. Il n'est pas au XVe siècle encore, de bibliothèque princière qui n'en possédât au moins un exemplaire. Il eut un impact considérable, et on peu tenir comme acquis qu'il inffluenca et modela profondément la conscience aristocratique. L'échiquier y représente donc la cité terrestre, celle que les rois, les princes et l'ensemble de la noblesse sont précisément chargés de gouverner; cité allégorique car, précise Jacques de Cessoles, elle signifie aussi tout le royaume, et au-delà, le monde lui-même. Nous avons vu également que, selon une hypothèse que je crois confirmée par l'exégèse architecturale répandue encore à la fin du Moyen Age, la "triple enceinte" est une représentation schématique de la Cité céleste, construite par Dieu et lieu de sa "résidence", archétype qui trouve son expression scriptuaire et prophétique dans le Temple-ville de la visison d'Ezéchiel et la Jérusalem céleste de l'Apocalypse de Saint jean. Si l'on retient donc mon hypothèse de départ, on ne peut manquer de constater que cette dialectique des deux tableaux de jeu prend sens, celui des deux cités, terrestre et Céleste, cosmologique et métaphysique, traduites géométriquement sur le reliquaire de Charles V sous une forme allégorique et ludique, parce qu'elle est d'abord un topos bien connu de la culture médiévale, dont l'origine pourrait achever d'expliquer la présence conjointe de ces figures d'apparence triviale sur un objet sacré. Ce thème en effet a été développé par Saint Augustin dans sa Cité de Dieu (De Civitate Dei contra paganos), ouvrage majeur qu'il composa dans sa viellesse entre 411 et 427, et qui ne cessera d'être copié et recopié jusqu'à la fin du Moyen Age. On sait d'ailleurs que Charles V en possédait au moins un exemplaire, dans sa traduction par Raoul de Presle. Il y est question de la coexistence et de la lutte entre la cité terrestre et la Cité céleste, dont l'origine se trouve dans la lutte entre les mauvais et les bons anges. Dans la première c'est-à-dire la cité temporelle, type de toutes les cités construites par les hommes, l'homme recherche à tort la paix dans la jouissance des biens du monde.
C'est donc très généralement de dualité des contraires dont il est question dans l'allégorie du jeu d'échecs, dualité ou division qui marque ce monde et la condition de l'homme: vertu et vice chez Jacques de Cessoles, amour et combat dans la rhétorique courtoise de Nicolas Nicolaï, vie et mort, grâce et faute, mais aussi homme et femme (chevalier et Dame chez Nicolaï), époux et épouse, clerc et laïc, riche et pauvre dans les Gesta romanorum à l'honneur durant tout le Moyen Age, qui s'inspirent aussi de ce thème. Et il est naturel qu'il en soit ainsi puisque la cité terrestre trouve son origine dans les mauvais anges ainsi que le suggère saint Augustin. Le Tentateur n'est-il pas diabolos, c'est-à-dire littéralement celui qui désunit, qui divise? On comprend alors pourquoi, au XVIe siècle encore, Albrecht Dürer fit figurer le diable auprès d'un chevalier, dans sa gravure Le chevalier, la mort, le diable.
L'échiquier propose donc un modèle cosmologique et sacré, et le jeu d'échecs un modèle d'action licite pour ceux qui sont appelés à organiser et gouverner ce monde de la chute, modèle rappelons-le d'origine cléricale, ainsi qu'il était d'usage au Moyen Age. C"est dans ce sens qu'il convient à mon sens d'interpréter la présence d'un échiquier sur les murs du château de René d'Anjou à Tarascon, dans la salle dite aujourd'hui "des galères". Il est accompagné d'un jeu de tables (tric-trac), lui aussi incontestablement chargé de sens, et surmonté d'une représentation du calvaire, indiquant la nature spirituelle des symboles dont il est question. La salle comporte aussi des représentations très documentées de bateaux et le dessin simplifié d'une forteresse, tous éléments qui indiquent bien que l'ensemble participe de l'allégorie architecturale (11). On peut noter pour mémoire que Charles d'Orléans était très lié au roi René et fut recu dans son chateau alors qu'il était sur le chemin de l'Italie.
L'ouvrage est illustré, on devait donc y trouver le schéma des parvis et des portes du Temple qui figurent, avec diverses variantes, dans tous les manuscrits de cet ouvrage qui nous ont été conservés, et qui inspira rappelons-le la gravure de la Chronique universelle (1493) dont j'ai parlé dans ma précédente étude. Charles d'Orléans était un prince lettré, grand amateurs de livres, et de plus très pieux comme le rapportent les chroniqueurs.
Certains exemplaires de l'ouvrage présentent même curieusement, en dépit du texte scriptuaire, une illustration où quatre chemins traversent les parvis du Temple, achevant d'identifier cette figure avec notre "triple enceinte"
Une autre figure fréquemment relevée dans les graffiti en association qui intéresse directement ce qui vient d'être dit mérite par contre qu'on s'y arrête. Il s'agit des représentations de grille orthogonale, en général tracées hâtivement et à main levée, avec une forme générale et un nombre de divisions variables. Leur structure visualise un principe des plus élémentaires de division géométrique d'une surface, qui ne peut manquer d'évoquer le maillage-même de l'échiquier, c'est-à-dire, en somme le maillage symbolique du monde (14). Le rapprochement semble se justifier parce que la grille est fréquemment représentée en association directe avec la "triple enceinte", par exemple dans le couloir sud-ouest du 2e étage du grand donjon de Loches
On retrouve donc là cette dialectique Céleste/terrestre (spirituel/mondain) dont il a été parlé plus haut, en lien avec des conceptions géométriques et architecturales ainsi que je l'ai brièvement expliqué dans l'étude qui a servi de base à ce travail.
https://www.luminessens.org/post/2017/02/23/la-coquille-saint-jacques
En effet, "le vrai nom de la coquille Saint-Jacques est la mérelle d'ou le nom du jeu de la marelle. Un jeu extrêmement populaire. Ce jeu symbolise le pèlerinage. Le dessin du chemin de la mérelle lui-même, ressemble au plan d'une église, signe d'un itinéraire spirituel. Ce jeu aurait été réactualisé par les compagnons constructeurs qui en auraient fait une carte spirituelle, une carte symbolique du chemin de Saint-Jacques".
La Marelle des enfants, ou Marelle à cloche-pied, connaît beaucoup de formes différentes. Il existe une Marelle des jours de la semaine et une autre de l'alphabet. La forme la plus courante est celle d'une cathédrale simplifiée. La nef est d'ailleurs appelée Ciel dans le jeu. Il s'agit donc d'un parcours initiatique destiné à mener le palet de la Terre vers le Ciel en évitant de le faire tomber dans l'Enfer.
"Un travail intéressant a été également effectué par Maurice Guinguand dans Le Berceau des cathédrales (Éditions Henri Veyrier, 1991) et Guy Le Berre dans L'Evasion des polyèdres (Mathématières, 2006) sur la forme de la coquille, forme où on retrouve les principes de la géométrie sacrée, principes géométriques harmoniques.


Posée à plat, la coquille donne 7 largeurs de doigts dans sa plus grande dimension et 6 dans la plus petite. Sa partie inférieure forme un demi-cercle, elle permet donc de tracer le cercle entier. L'extrémité arrive à la limite d'un carré qui a le même pourtour que le cercle, et la largeur des oreilles plates indique, sur le cercle, l'endroit ou un carré de même surface le coupera."
Marelle : Le mot se rattache à un radical " marr " qui signifie " pierre " : dans ce jeu, la pierre que l'on poussait était associée à l'âme."
Symbolisme solaire (schéma complets sur http://excerpts.numilog.com/books/9782851995568.pdf)
https://amelier.blog4ever.com/les-labyrinthe
Et enfin, à positionner à la place qui leur revient de droit, la ½ sphère céleste et le double carré de la terre. Apparaissent alors à nos yeux les silhouettes de « Trois Arches Romanes ».
Rappelons que l'art Roman est un art symbolique qui s'est épanoui en France dés la seconde moitié du 10ème siècle (abbatiale de Cluny, aujourd'hui disparue), et en Europe aux 11ème et 12ème siècles. Cet art tend avant tout à représenter à l'aide d'une architecture de pierres assemblées et sculptées, des scènes dotées d'attributs symboliques, lesquelles représentent sous une forme allégorique des phénomènes qui transcendent l'humain.
Il peut aussi se définir en partie comme un art ayant pour fonction de relier spirituellement le terrestre au céleste, ou bien encore, de relier le présent au passé, ce qui revient à dire: de relier le passé au présent; de relier l'esprit à la matière, et la matière à l'esprit.
Continuons sur la même voie, mais cette fois en partageant en trois parties le diamètre de notre cercle initial.
Ce sont maintenant trois arches gothiques bâties sur le triangle équilatéral qui apparaissent.
Les 5 sixièmes de 3,1416 = 1,618 ²
Et on retrouve exactement les proportions des voûtes de la Cathédrale de Chartres si on compare celles de la nef centrale et celles des absides !
Enfin, amusons-nous à trouver quelques autres particularités dans cette étude…

Equivalences proportionnelles approchées
|
à droite en mesures actuelles |
à gauche en 21èmes |
Tolérance |
|
1 |
21/21èmes |
0 |
|
2 |
42/21èmes |
0 |
|
3 |
63/21èmes |
0 |
|
1,618... (ᵠ le nombre d'or) |
34/21èmes |
0,001... |
|
2,618... (ᵠ² le nombre d'or au carré) |
55/21èmes |
0,001... |
|
3,1416... (п nombre transcendant) |
66/21èmes |
0,002... |
|
(Racine de 5) +1 = (2 fois le nombre d'or) |
68/21èmes |
0,002... |
Coupe ou bateau, vaisseau du soleil
Symbolisme du bateau utilisé par les égyptiens, transposé en coupe...
Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de la nature...

Sirène Isis Inondation
Déformation de la représentation égyptienne des 3 Isis présidant aux fêtes des 3 mois de l'inondation
Histoire du ciel, où l'on recherche l'origine de l'idolatrie, et les méprises de la philosophie, sur la formation des corps célestes et de toute la nature: tome premier, Volume 1
https://books.google.fr/books?id=yYGNT_HESm0C&pg=PA310&dq=isis+et+la+sir%C3%A8ne+symbole+de+l%27inondation&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi1seqk1ZfpAhWPHRQKHR93DPQQ6AEIKDAA#v=onepage&q=isis%20et%20la%20sir%C3%A8ne%20symbole%20de%20l'inondation&f=false
Rectangle solsticial à 30° de latitude (comme Le Caire), rite de royauté Perse (égyptien), Vénus
Pour rites de royauté: du Roi ni homme ni dieu, mais être double grâce à la rencontre divine/ au Roi-Dieu (voir à la fin de l'ouvrage)
Rosette: représente étoile, rosette ou rose: symbole d'Ishtar (Vénus)
https://books.google.fr/books?id=KselBwAAQBAJ&pg=PA346&lpg=PA346&dq=rectangle+solsticial+%C3%A0+30%C2%B0+de+latitude&source=bl&ots=SQAgx33La5&sig=ACfU3U2Lp6cYj16ddMzM7H50_k3_Aq6W-g&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj9wezzwZPpAhUsAmMBHcCvCVYQ6AEwAXoECAoQAQ#v=onepage&q=rectangle%20solsticial%20%C3%A0%2030%C2%B0%20de%20latitude&f=false
Le Jardin Terre de rêve en suspens... Gérard Desnoyers (illustré ++)











































